Du Crétinisme Universitaire

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Du Crétinisme Universitaire

Message  Anormal le Jeu 14 Jan 2016 - 20:23


En France, l'éducation vise l'excellence. Ainsi, l'école publique propose un programme qui donne toutes leurs chances aux meilleurs, sans pour autant faire des moins brillants les laissés- pour-compte de l'institution. Personnellement, je trouve ce système détestable, parce qu'il ne permet pas une harmonie humaine, bien qu'il est présenté comme le modèle le plus "démocratique", avec l'idée d'ascenseur social etc.

Ce dispositif ,visant à permettre le trie des individus selon leur capacités intellectuelles, agit comme une suite de tamis sélectifs. Le même programme est appliqué à tous et chacun est censé, selon ses qualités, trouver sa place. Les moins "conformes" sont éjectés dès le collège vers des filières manuelles, les autres passent au travers du premier tamis et son dirigés vers le lycée ou s'offre encore aux moins prometteurs la possibilité de quitter le cursus long qui se profile pour s'orienter vers des filières "techniques", les plus "fins", eux, iront à l'Université selon des critères convenus.

J'entends encore des profs me dire: " tu verras cela plus tard" pour me signifier que le savoir qu'il me délivrait n'était pas un "vrai savoir", mais une nécessité dans l'ordre du programme officiel. Ce qui en d'autres termes signifiait qu'on me baratinait légitimement...C'est ainsi qu'en Histoire, par exemple, la version officielle vaut jusqu'à l'Université, à la suite de quoi elle peut être remise en question puisque l'étudiant devient autonome.
Platon , déjà, parlait d'un "mensonge salvateur"...

Que faut-il donc sauver, qui nécessite le mensonge dans l'ordre de la connaissance ( qui est dite: " désintéressée) ?

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Re: Du Crétinisme Universitaire

Message  Prince' le Jeu 14 Jan 2016 - 21:36

Je ne suis avec rien de ce que tu dis *Lol*.

L'enseignement français, de la primaire à la licence incluse ne vise qu'à faire passer un maximum d'élève. On plébiscite l'élève moyen par rapport à celui qui excelle dans quelques matières - on parle alors d'irrégularité.
C'est ce qui me fait dire qu'on ne pousse pas les élèves à l'épanouissement. Pour preuve, on les envois dans des sections qui "offrent du travail" - c'est une connerie sans nom que de conduire à l'abattoir des séries d'élèves qui vont suer sang et eau en S pour la gloriole, alors qu'une série littéraire les aurait sublimé (exemple caricatural mais parlant).
D'ailleurs, "les plus fins" ne vont pas à l'Université, qui est une voie de garage, mais en prépa' ou en école de commerce.

C'est ainsi qu'en Histoire, par exemple, la version officielle vaut jusqu'à l'Université, à la suite de quoi elle peut être remise en question puisque l'étudiant devient autonome
En aucune manière. en Licence on apprend une méthode stricte, indispensable. On y apprend que l'Histoire n'offre que peu de certitude, et que l'interprétation se doit d'être renseignée au plus haut point.
Prenez le temps de suivre un cours en auditeur libre, vous verrez qu'on y apprend rien qui s'apparente à une "version officielle".Par contre, pointé du doigt des programmes (primaire-terminale) trop dense et sans sohérence d'ensemble, là nous sommes d'accord.

Quand je vais proposer une synthèse de mes recherches à une classe de L1, je ne leur sert pas la version officielle, mais la version de Princeps : en matière de goûtje ne sais pas si la chose est préférable, mais je suis seul déçisionnaire de ce que je propose.
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Re: Du Crétinisme Universitaire

Message  Anormal le Jeu 14 Jan 2016 - 22:44


Je suis plus d'accord avec toi qu'avec moi-même. ( probablement parce que je n'ai rien arrêté, et que ton point de vue vaut pour l'instant le mien, à mes yeux bien sûr)

Quels problèmes pose notre système ? Sachant par exemple que le modèle Anglo-saxon vise davantage "la normalité", la conformité et que cela permet un "corpus national" mieux constitué et mieux partagé par les différentes classes sociales ( encore que le modèle a peut-être changé et qu'il n'y a plus que deux classes sociales...) Enfin, ce que j'entrevois, c'est que les gamins embarqués dans le "machin" ne sont en rien préparés à l’échec et qu'ils n'ont d'autre parachute que le "chôme-du". Leur faire admettre que s'ils ont échoué, c'est de leur faute, semble être l'option retenue alors qu'on pourrait leur faire entrevoir un avenir honorable et gratifiant dans des domaines peu valorisés par " l'excellentisme".

Bon, c'est pas fameux... d'autant que je vois venir la remise en question de toute la structure sociétale.( pas évident de gamberger en direct !)

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Re: Du Crétinisme Universitaire

Message  Prince' le Jeu 14 Jan 2016 - 23:13

Le système anglo-saxon, avec son coût exorbitant, vise l'excellence. S'ajoute la difficulté de définir la "normalité. Sur le chomage, je ne vois pas bien le rapport : le but de l'éducation c'est d'obtenir un emploi ? Si oui, alors nous sommes perdu. Littéralement.

Sur la relégation de filières, je te rejoins, mais cela vaut même pour des domaines prétendument "élitiste" : les sciences humaines sont une voie dans laquelle il ne faut pas espérer faire fortune, et dans laquelle trouver un emploi rime quasi-exclusivement avec fonctionnariat (la chose n'a rien de dégradante mais encore faut-il le savoir avant de s'engager sur le chemin).
Le vrai problème c'est cette absence d'autonomie : on a des générations de suiveurs qui se réveillent tardivement. En terme de pression sociale, je n'ai pas le sentiment que "nous" soyons plus libre. On a bien des exceptions, des gens qui suivent une voie qu'ils estiment être la leur, sans tenir compte de l'avis d'autrui, mais je n'ai pas le sentiment qu'il s'agisse d'une majorité.

NB : Décidément, je fais du gloubiboulga de comptoir, mi figue-mi raison, mi sociologie, mi psychologie. Je retourne à mon droit antique : Herakleia aurait déchiré le manteau de Diosistheos, qui lui réclame 200 drachmes (apparemment le manteau c'était du Channel *Lol*).
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Re: Du Crétinisme Universitaire

Message  LibertéPhilo le Ven 15 Jan 2016 - 9:17

Princeps a écrit:
C'est ainsi qu'en Histoire, par exemple, la version officielle vaut jusqu'à l'Université, à la suite de quoi elle peut être remise en question puisque l'étudiant devient autonome
En aucune manière. en Licence on apprend une méthode stricte, indispensable. On y apprend que l'Histoire n'offre que peu de certitude, et que l'interprétation se doit d'être renseignée au plus haut point.
On ne m'enlèvera pas la conviction que derrière toute cette science historique ou sociologique, il y a des opinions politiques marquées. Ainsi, je te vois mal interpréter l'histoire à la façon d'un communiste ! *Lol* J'ajoute que tu dois être assez isolé, car la plupart des universitaires, étant des fonctionnaires, sont de gauche, et beaucoup de la gauche "de gauche", voire de l'extrême-gauche.

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Re: Du Crétinisme Universitaire

Message  Anormal le Ven 15 Jan 2016 - 9:19

Je me souviens que les Allemands avaient valorisé les métiers durant les années 80, notamment en développant les filières techniques du second degré.Mais il est vrai qu'ils optaient alors pour une industrialisation tous azimuts quand les Français prétendaient rayonner dans le tertiaire avec les services et le "luxe". Cela m'est apparu, a postériori, comme une concertation entre les membres Européens: aux Allemands l'industrie, aux Français les services, aux Anglais la finance... et la valeur travail dans tout ça ? En cela, l'Europe n'a pas été une addition de nations, mais une conformation nouvelle de ces nations, un partage en négatif, un abandon d'autonomie dans le domaine du savoir aussi.

On en revient toujours à la vision d'ensemble qui questionne la structure pyramidale de la Société Marchande.

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Re: Du Crétinisme Universitaire

Message  Prince' le Sam 16 Jan 2016 - 10:32

Pour répondre à Philo :
Voilà bien une question à laquelle je ne parviens pas à trouver de réponse satisfaisante.

L'historien ne peut s'extraire de sa circonstance, fatalement, il est influencer par son vécu et ses positions. Pourtant, l'appui de la méthodologie et la connaissance fine de "sa période" - qui finit invariablement par faire partie intégrante de "la circonstance" de l'historien, parce qu'il va intégrer des éléments qui ne lui sont pas contemporains, mais infiniment familiers - me semblent limiter "la casse".
L'exemple le plus intéressant est celui d'Hobsbawm. Il est léniniste, spécialiste du XIXe (ce qui pour un historien permet de remonter jusqu'au XVIIIe). Ces bouquins sur la colonisation sont ce que j'ai trouvé de mieux (pour le XXe c'est encore autre chose). Son léninisme ne le fait pas se fourvoyer, même si évidemment il a tendance à accentuer certains faits ou dynamiques. Il va aussi écrire un bouquin sur la 2nde G.M, et là son parti pro-soviétique est flagrant. Pourtant, il ne se trompe pas forcément, il réévalue à juste titre certaines choses, et surtout : ce n'est pas un livre d'historien mais une quasi-biographie.

Un autre exemple et celui de Cl.Nicolet, le maitre spirituel de chaque romaniste. Il est un proche des radicaux (Mendès France, Jean-Pierre Chevènement), et pourtant ses travaux font l'unanimité.

Finalement, il faut s'interroger sur ce qu'est le métier d'historien, et comment il se pratique. J'ai bon espoir de ne pas faire la promotion du libéralisme en faisant de l'histoire romaine (*), et je m'astreins à une méthode stricte. Toujours est-il que si j'affectionne untel ou untel, c'est que le propos me plait et en règle générale, c'est que j'y vois un écho libéral.
S’ajoute que les questions qui sont les miennes, leurs formulations, sont bien souvent, influencées par la pensée libérale. Est-ce important ? Du moment que la méthode est sérieuse, que la réponse apporte quelque chose, je pense qu’on peut s’en ficher.

Par contre, les libéraux romanistes (peu nombreux) sont quasi exclusivement des néo-libraux. Un bouquin est sorti sur un prétendu libéralisme romain, et on y trouve que des éléments de réflexions d’ordre économique. C’est illisible. Ce qui est certain, c’est que connaitre la biographie d’un auteur n’est jamais un mal.

(*) S’ajoute que si j’étais reconnu comme tel, je serai cataloguer comme tel et disqualifier. A l’inverse, un socialiste n’émouvra personne.

Cela m'est apparu, a postériori, comme une concertation entre les membres Européens
La plomberie aux Polonais et le vêtements aux Italiens ? Au-delà de la plaisanterie, cette thèse tombe vite sur des obstacles insurmontables : la France et "la mode" sont indissociable, au même titre que chez les Italiens voire les Anglais.
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