Sur le féminisme et les gender studies

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Sur le féminisme et les gender studies

Message  Malcolm le Lun 29 Fév 2016 - 14:23

Dans une université où je reprenais des études voilà quelques années, intervient une gender studist de renom en France - ne me demandez pas son nom, je n'ai pas voulu le retenir. Néanmoins, cette femme s'attaque aux protocoles expérimentaux dans les études sur la sexuation, apparemment eux-mêmes sexistes, dit-elle, et macérant dans un sexisme des mentalités scientifiques, au niveau international. Aussi bien, nous apprend-elle, la plasticité du cerveau/plasticité cognitive, est absolument folle, et il n'y a pas de sexe cervical/cognitif. Mais, quelques mois plus tard, un autre scientifique - de moindre renom, en ce qu'il n'est pas une figure de proue d'un mouvement à la mode tel que les genders - nous apprend qu'il y a bel et bien du sexe dans la nature et dans le crâne, mais que les cultures tendent à le récupérer pour le porter à la dignité du symbolique, comme les humains ont fait partout et de tout, en le portant à la dignité du symbolique. De là, il est des cultures qui vont toujours et plus marquer la sexuation, et d'autres qui vont conserver une - si vous me permettez ce raccourci en forme de boutade, qui n'est peut-être pas si bête que cela - friendzone plus ou moins vaste (en Occident aujourd'hui, dans les milieux les plus open, cette friendzone est apparemment énorme, si j'en crois mes inductions et autres abductions plus ou moins personnelles, au point que certains parlent d'unisexe et de confusionnisme, voire de mentalité pré-œdipienne/infantile nous dominant, mais là n'est pas exactement la question).

Ce que je veux apporter, tient en ce que les zoologues (on préfère dire éthologues aujourd'hui) constatent des cultures chez les autres animaux, et notamment - sans surprise - chez les grands primates, à commencer par les chimpanzés qui sont de type homo comme nous. Mais cela se retrouve un peu partout. Aussi bien, la culture appert comme un prolongement de la nature, comme une partie de la nature en tant que la nature se différencie selon les contextes et acteurs de chaque contexte. A ce point, donc, on ne saurait affirmer aussi certainement avec Margaret Mead (aujourd'hui certes datée) mais surtout certains performativistes entre les gender studists, une artificialité aussi grande de la culture par rapport à la nature, confinant au dualisme voire à un double-système épistémique, l'un spiritualiste-idéaliste - voire gnostique - pour tout ce qui concerne "le fait culturel", l'autre matérialiste-empiriste - voire dogmatique - pour tout ce qui concerne "le fait naturel" ... faits dont toute philosophie du journalisme sait bien qu'ils sont créés par l'observateur - ce qui en dit assez long, en ce qui me concerne, sur tout le journalisme et toute l'opinion gouvernant ledit type d'études, à commencer par le féminisme.

Féminisme qui, porté par des hommes ou des femmes, fit dire à certains scientifiques, au prétexte qu'on trouva des statuettes de grosses femmes - genre bouddha au féminin, mais en plus répandu et plus solennel car ayant plus subi l'outrage du temps - qu'il exista un matriarcat originel, à tout le moins une parité, dont l'équilibre fut renversé par la jalousie des hommes à l'égard du mystère de la génération/de la gestation/de l'enfantement. Or, cette théorie ne tient qu'en spéculations-extrapolations à partir de ces statuettes muettes. A partir de là, le terrain était prêt pour partir en quête de sociétés matriarcales parmi les sociétés perçues comme "primitives" encore, début vingtième. Mais, par-devers certaines élucubrations toujours soutenues encore, on ne tomba jamais bien sur un matriarcat : dans tous les cas les hommes, du fait de leur dotation physique naturelle, doivent adopter des fonctions guerrières qui, par voie de conséquence, les dotent plus facilement de fonctions politiques et/ou publiques. Néanmoins, l'on tomba sur des sociétés matrilocales et/ou matrilignées, à savoir, donc, que les hommes rejoignent la famille de leur épouse (matrilocation) ou bien l'héritage se fait par la femme, plus explicite dans la génération par enfantement que l'homme, lui, inséminateur douteux dans le secret des ébats (matrilignage).
Voilà pourquoi on taxa négativement le passé de patriarcat, la sémantique de se terme glissant de dignité de patriarche au vingtième, pour finir par signifier, dans la bouche des féminismes (qui sont au font des égalitarismes, originellement) une superstructure sociohistorique allant au détriment des femmes, au prétexte exact que les femmes n'ont jamais vraiment eu pignon sur rue (fonctions politiques, publiques) en dehors des ... prostituées, à savoir, donc, en dehors de leur fonction sexuelle, sinon quelques prêtresses. Ce qui est certes ignorer la poigne dont surent faire preuve de nombreuses gouvernantes dans l'Histoire, que lesdits féminismes mettent en exergue pour dire que les femmes peuvent assumer des fonctions politiques et publiques en elles-mêmes sans répercussion anthropologique majeure. Il faut dire : les conditions de pacification et de sophistication de nos sociétés, soutiennent ces égalitarismes-là et tendent à rendre effectivement désuète l'attribution spontanée des fonctions politiques et publiques aux hommes. Où le féminisme n'existe vigoureusement que par et grâce à l'industrialisme et la diffusion technologique, confinant au transhumanisme.

Or là intervient la rétorsion idéologique à mon avis : alors que les gender studits accusent plus ou moins facilement les sciences instituées (dites traditionnelles, afin de connotation (néo-sémantique) patriarcale, réactionnaire, passéiste, anti-progressiste, etc.) de s'illusionner sur le compte de la sexuation, voilà qu'il me semble les prendre à leur propre jeu idéologique, où ils s'illusionnent eux-mêmes sur le compte de ladite sexuation (sans parler dudit dualisme nature-culture confinant à la forclusion psychoïde). Car l'attribution apparemment sommaire du bleu aux garçons et du rose aux filles (pour ne reprendre que ce cliché éculé, cette image d'épinal, ce poncif battu et rebattu de la lutte morale actuelle, nouvelle forme de la guerre des sexes - au fond ... ) eh bien, cette attribution n'est à mon sens rien d'autre que l'accession à la dignité du symbolique, des fonctions sexuelles, et donc une invitation culturelle (naturelle par définition) à la reproduction, sinon que l'humain a besoin, comme pour tout, de ladite dignité du symbolique - sans quoi nous boufferions encore la viande toute crue, ni surtout nous n'aurions la gastronomie, culture alimentaire forcément naturelle. Donc, sans accession à la dignité du symbolique, le sexe (par définition hétéro, en ce qu'il implique étymologiquement section, séparation, coupure, frontière plus ou moins régentée et/ou moralisée, différentiation, bref : sexe - les autres sensualités relevant, précisément, d'exploitations asexuelles de l'érogène) vire fatalement au porno, à l'appauvrissement/étalement public (cynique ?) du désir, à la "sexualité" comme gymnastique sportive ou artistique (culte de la performance physique et technique, à travers diverses technologies de l'orgasme) - où l'ex-sexe se trouve enrôlé dans des (idéo)logi(e)(que)(s) productivistes-progressistes-consuméristes, qui sont des problématiques de mœurs jusqu'à la moelle, ayant perdu tout risque d'enjeu sexuel, à savoir la responsabilité inhérente à toute dynamique de projet éducatif. Néanmoins, la revendication homoparentale ou autre, témoigne d'un besoin de projet éducatif aussi, d'un besoin de transmettre, besoin de faire famille (alors que contradictoirement la contre-culture homosensuelle rejetait ces modèles "traditionnels" dans les eighties), afin de retrouver de l'authenticité dans tous ces artifices psychosociaux. Malheureusement, cette authenticité a nécessairement le caractère de la facticité - ce qui n'en fait pas pour autant quelque chose de mauvais. Après tout, en effet, l'enfance est et a été bien plus mal-traitée, sous-traitée et commercialisée, en d'autres temps et d'autres lieux. Mais alors, à ce point, on voit que l'enfance est devenue une valeur par elle-même, valeur floue, un peu comme il y a une valeur-travail, ce qui - à tout le moins - "n'est pas très catholique" ; pardon : je voulais dire sexuel ... ou alors, un sexuel pris dans des sublimations telles, que cela fait longtemps qu'il n'a plus de sexe que le nom, qu'il n'en est qu'une virtualité, ce qui précisément était le point de départ de ma réflexion.

Enfin, pour conclure sur un certain féminisme et un certain gender, ils retordent eux-mêmes la science idéologiquement, par ... égalitarisme ! ... mais je n'ai jamais vu que la nature était "juste" (au sens où ils emploient ce terme de "justice" : dans une logique vindicative égalitariste) ; elle est de façon magnifique et terrifiante indifférente, et indifféremment cruelle (la fameuse "loi de la nature, loi du plus fort, loi de la jungle").

A la toute fin, cette fameuse plasticité cervicale/cognitive dont la science nous rabâche actuellement les oreilles, me semble singulièrement analogue à une tentative de nous embrouiller, à une tentative d'auto-persuasion de notre propre malléabilité-suggestibilité intellectuelle et morale, afin, précisément, de modeler le monde à la manière de designers idéologiques. Où la science "exacte" rejoint la rétorsion du storytelling mercatique et politique de la comm' généralisée à tout l'univers, mais au vrai ce sont des histoires qui font des histoires. Bref : une autre "culture" ...
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Ragnar II le Mar 1 Mar 2016 - 17:11

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Dès qu'on soulève la question du féminisme, je ne peux pas m'empêcher de signaler l'existence du livre de ma copine Peggy Sastre intitulé Ex utero.

Un peu de publicité ne lui fera sans doute pas de mal ...





« Et si les femmes étaient au fond les premières responsables des injustices dont elles sont encore victimes ? Et si le désir d'enfant dans un couple et la grossesse étaient nos principaux adversaires ? Et si, pour changer réellement les choses, il fallait avant tout s'atteler à connaître l'histoire de l'évolution féminine, son inscription dans les gènes, dans les corps et dans les comportements ?

Telles sont quelques unes des nombreuses questions que pose Ex utero de Peggy Sastre où se côtoient, dans un mélange pour le moins détonnant, biologie, philosophie et mythologie, mais aussi pornographie, sado-masochisme, libertinage et prostitution.

Un regard absolument neuf sur des questions où les préjugés ont la dent dure et où la science a tôt fait d'être vue en ennemie.

Un texte d'une rare intelligence qui incitera toutes les femmes qui ne se reconnaissent ni dans le " vous " complaisant de certains hommes ni dans le " nous " censeur et moralisateur du discours féministe officiel, à dépasser ce que leur sexe a fait d'elles pour peut-être, enfin, en finir avec le féminisme. »

---

Autre bouquin de ma copine sur à peu près la même question, intitulé La domination masculine n'existe pas, titre qu'il ne faut cependant pas prendre à la lettre, au premier degré, en passant ...





« L'homme (avec un petit h et un pénis de taille variable) est une pourriture : c'est lui qui vole, viole, tape, tue, refuse de laver ses slips et préférerait crever plutôt que de vivre dans un monde où des bonniches ont le droit de devenir PDG. Voici la " version officielle " de notre histoire. L'histoire humaine est, dit-on, l'histoire d'une domination masculine, faite par et pour des hommes prêts à tout pour tenir les faibles femmes à leur botte.

Sauf que cette histoire est fausse.

Du moins en partie.

Si les hommes ont le pouvoir, c'est parce que les femmes l'ont bien voulu, tout au long des 99,98 % de l'histoire de notre espèce. Et ces millions d'années qui nous ont vus devenir lentement ce que nous sommes, elles les ont passés à frétiller du derche au moindre indice de force, de puissance et de brutalité.

Pourquoi ?

Parce lorsque votre organisme renferme des ovaires et un utérus, que votre reproduction vous fait courir un danger vital aussi extrême qu'indispensable, et que vous vivez dans un environnement hostile, de tels attributs sont encore les meilleurs pour vous protéger, vous et le fruit de vos entrailles, et vous aider à transmettre vos gènes aux générations suivantes.

En d'autres termes, il n'y a pas de domination masculine. Un tel système oppresseur, vertical et unilatéral n'existe pas.

Ce qui existe, c'est une histoire évolutive qui aura poussé les deux sexes à des stratégies reproductives distinctes. En décortiquant les principaux territoires de la " domination masculine " – les inégalités scolaires et professionnelles, le harcèlement, les violences familiales et conjugales, le viol et les violences sexuelles, la culture de l'honneur, l'agressivité, la guerre et le terrorisme –, cet ouvrage non seulement les éclaire d'une lumière radicalement nouvelle dans notre paysage intellectuel, mais il permet surtout de mieux les comprendre et de les expliquer, quitte à risquer de saisir, au passage, que les femmes ne s'en sortent vraiment pas si mal... »


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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Anormal le Mer 2 Mar 2016 - 13:22



MC a écrit:
Dans une université où je reprenais des études voilà quelques années, intervient une gender studist de renom en France - ne me demandez pas son nom, je n'ai pas voulu le retenir.

Judith Butler, peut-être ?

Je reprends ton mot pour qualifier Peggy Sastre : surgeon de Butler.

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Prince' le Mer 2 Mar 2016 - 13:28

Le fléau touche aussi l'Histoire... C'est ridicule mais il paraît que je suis un "crétin machiste". Crétin, sans nul doute, mais machiste sûrement pas.
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Anormal le Mer 2 Mar 2016 - 13:42



Avant, j'étais peut-être machiste et on me cassait les c... pour ça. Maintenant que je ne le suis radicalement pas ; on veut me les couper.... *Clown*

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Prince' le Mer 2 Mar 2016 - 13:49

*Lol* je plussoies comme disent les jeunes.
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Anormal le Mer 2 Mar 2016 - 14:08






Et, je crains qu'à cet effet, l'on ait diligenté Ragnar II pour me ceinturer. J'ai peuuuuuurrrrrrr! :face:




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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Anormal le Mer 2 Mar 2016 - 17:58




Dis-donc Ragnar II, tu trouves pas qu'elle est mignonne la Peggy ; je lui trouve un petit air de ressemblance avec Dorothy Parker.... *Soupçonneux*

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Ragnar II le Mer 2 Mar 2016 - 18:32

anormal a écrit:

Entièrement d'accord avec ce type, à quelques détails près, de peu d'importance.

Il existe aujourd'hui-même dans de nombreuses universités américaines un totalitarisme orienté « gender » dont on a pas idée si on ne le connaît pas. Une véritable catastrophe.

Notons aussi qu'il y a en science - comme dans tout secteur d'activité - des tricheurs de première. Hé bien c'est dans les sciences humaines qu'on les débusque presque tous.

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Malcolm le Mer 2 Mar 2016 - 21:02

Je n'ai pas regardé la vidéo, mais je ne suis pas sûr de comprendre la dialectique Ragnar/Anormal : Anormal ~s'oppose~ au féminisme en s'opposant à Ragnar, mais Ragnar s'oppose au féminisme en brandissant Peggy Sastre, donc l'un et l'autre semblent dire la même chose. Ceci étant, je ne connais pas Peggy Sastre, et elle sur-sauterait sur des thèses butleriennes ? ...

En tout état de cause, l'auteure dont je parlais est Catherine Vidal, qui fait de l'extorsion idéologique des sciences, tandis que l'autre universitaire est un Toulousain, avec un nom somme toute assez commun - impossible de remettre la main dessus.

Eh oui, quand on se pose en homme, on s'expose à la culpabilisation féministe ; quand on se rend à la critique, on veut encore nous châtrer. De vraies salopes sartriennes, celles-là, d'une mauvaise foi à nulle autre pareille.
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Anormal le Mer 2 Mar 2016 - 21:43



Pour ma part, c'est aux "ismes" que je m'oppose. Le féminin doit nécessairement être détaché, voire libéré du "isme", pour prétendre en parler objectivement. La démarche de Catherine Vidal ( la Butler française) est idéologique, et en cela le fémin-isme est son moyen, de fait elle défend le fémin-isme et certainement pas le féminin. Puisque le féninisme est une projection idéologique de ce que devrait être la part sexuée des individus, non pas vue sous une perspective féminine mais féministe....

Or les faits scientifiques sont têtus et moi avec eux. D'ailleurs les faits politiques aussi ; il suffit de voir les scores des féministes...

Il n'est pas question pour moi de discuter d'une pseudo opposition qui n'existe pas. L'homme et la femme sont un binôme. Une complémentarité naturelle, et la nature n'est pas un problème pour moi, ni pour le couple, mais la condition de toutes choses, or elle est un problème, une imperfection radicale pour les Vidal et les Butler. Normal, elles ont foi en le transhumanisme et en leur toute puissance de faire advenir un "hommefemme" ( dividu) nouveau, libéré de la Nature. Si ce n'est pas du totalitarisme : qu'on m'explique ce que c'est ?

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Jérôme le Mer 2 Mar 2016 - 23:52

La tenaille est délicate à gérer entre ceux qui s'appuient sur le passé récent (historique) ou lointain (de l'espèce humaine) pour émettre des préconisations sur le comportement que hommes et femmes devraient adopter aujourd'hui et ceux pour lesquels toute réflexion un peu distanciée par rapport aux émotions provoquées par les différences et inégalités hommes-femmes semble intolérable, auquel cas les sciences sont volontiers prises à témoin si elles servent la cause, quitte à arranger un peu, et fascisantes ou misogynes dans le cas contraire.

Ce matin sur france info une dame était interviewée et la discussion a finalement abouti sur une musique déjà entendue : les hommes ont le même désir sexuel que les femmes, les pulsions sexuelles n'existent pas, etc. Il y a de mon point de vue une erreur complète sur le point où les enjeux sont placés. On a tendance à mettre un enjeu et une dramatisation monumentaux sur la question de savoir si oui ou non nous avons des instincts, des penchants naturels, quand la question est bien plutot de savoir si, aujourd'hui, avec l'environnement dans lequel nous baignons, il est pertinent oui ou non de contrarier lesdits penchants.

Exemple de penchant naturel : manger. La gourmandise existe-t-elle ?

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Malcolm le Lun 31 Oct 2016 - 1:51

Oui Jerôme, c'est que nous vivons une époque qui s'oublie, se désincarne, se virtualise, s'asexualise sous couvert de "pan-"sexualité autoproclamée.

***

Le Toulousain auquel je faisais référence, c'est Michel Raymond. Ouf. Et il n'est pas exactement Toulousain ...

***

Le féminisme est un sub-égalitarisme parmi d'autres ramifications de l'égalitarisme, consacré au féminin, de ce que le féminin a été marginalisé socioéconomiquement, écoculturellement & géohistoriquement. Mais à partir de quand, au juste ? Notre époque inventa-t-elle la poudre clitoridienne ? ... Certes non.

Le viril, qualité largement associée au masculin, est une virtu (vertu amorale, excellence démarchande) a pourtant été reconnu au féminin plusieurs fois dans l'Histoire. En effet, d'autres époques connurent de plus vastes parités que ces deux-trois derniers siècles.

Géohistoire:  Ces deux-trois derniers siècles, en effet, virent la discrétarisation massive du féminin : où le féminin dû s'en tenir à son corset de parade pendant les Lumières, sa robe noire bien serrée pendant l'Industrialisme perchrétien protestant  - procédant du christianisme protestantv- principalement germain-anglosaxon : répandu à tout l'univers capitalistique, et son pavillon ou son appartement Moderniste conséquemment. Voici pour l'européisme euro-américain (démographiquement). Quant au reste du monde, il est notoirement les tribalismes-royalismes noir-africains, islam-africains & -asiatiques, indo- & sino-asiatiques (qui discrétisèrent le féminin).
Mais, concernant le natif-américanisme, le sibérisme, l'océanisme & l'arctisme : leurs clanismes n'ont pas ainsi discrétisé le féminin : ils l'ont fait paritaire. Ceci, sans parler de l'Histoire universelle, où le celtisme, le vikingisme, etc. ont accordé une parité au féminin avec le masculin.

Or la parité, c'est la qualité de ceux qui sont pairs. Et, ceux qui sont pairs, sont ceux qui ont statutairement une reconnaissance équivalente. Équivalente, non-égalitaire ; différentielle, non-identifiée.
Alors, à ce point les gender studies signalent judicieusement que le culturel marque diversement la sexuation corporelle : confirmées par l'anthrologie culturelle & historique, qui souligne la plus et moins grande démarcation selon les collectivités.

Néanmoins, elle n'en fait pas un motif idéologique-militant (que les gender studies contiennent trop souvent), pour dire "qu'il s'agirait d'une aberration devoirs-de-l'hommistes" (où les droits-de-l'homme seraient la "panacée anti-devoirs", qlors que leur bonne entente suppose des devoirs légaux, mais moraux avant tout - de même qu'il y a une moralité de la dotation-de-droits, impliquant intrinsèquement un sens moral des responsabilités).

Supplément idéo-analytique:  De fait, il n'y a aucune raison de conspuer la répartition des tâches : les sociétés postféministes en sont logiquement là, quand bien-même le libéral-libertarisme moral laisse aux couples le soin de définir leur fonctionnement répartitif ou distributif, dans leur organisation des tâches, alternativement à la structuration plus marquée du tiers- ou quart-monde désormais : pays émergents capitalistiquement comme submergés par le capitalisme.
D'ailleurs, ce serait une contrevenance aux droits-de-l'homme, que de leur refuser leurs souverainetés nationales : souverainisme pour lequel l'anticolonialisme s'est toujours battu intrinsèquement, encontre l'ingérence d'un pays l'autre, alors que se le permettent militaro-industriellement les États/gouvernements occidentaux, ou morales/organismes humanitaires.
Il y a là une équilibration loi/morale qui n'a toujours pas été trouvée, et nous subissons lourdement les déséquilibres chaot-idéologiques (féminisme, certes, mais aussi islamisme, humanitarisme, négationnisme, révisionnisme, nationalisme, internationalisme, universalisme moral, lucrativisme, sécuritarisme, éco- & humanitaro-citoyennisme "responsables", etc. ad lib. ad nauseam).
Aussi vivons-nous une ère singulièrement postféministe, amalgamant allègrement extrême-féminisme (dont certains discours vont jusqu'à l'androcide - génocide des hommes) avec paritarisme (équivalence in-égalitaire, différence non-identifiée des H/F, socioéconomiquement, écoculturellement & géohistoriquement ... décohéremment droits-de-l'hommiste, de ce que les droits-de-l'homme posent l'égalitarisme autant que le souverainisme, où un peuple souverain devrait pouvoir inégalitariser/différentialiser souverainement les rôles H/F).
Je dis donc que l'égalitarisme est de trop, et qu'il devrait se poser en équivalentisme/paritarisme seulement, afin de respecter les souverainetés autant que les valorisations de chaque humain (matériautistiquement homme ou femme) en dehors de nos démocraties individualistes-commerciales-humanitaires.

Supplément parasexo-analytique:  De même concernant les parasexualités : comme leur nom l'indique, elles ne sont pas des sexualités (fécondité potentielle), mais des à-côté (grec para : pourvu que ce para ne devienne pas idéologiquement ès gender studies par exemple, quelque contre insexuel [symboliquement incestuel] car schizoïdement généralisés à tout l'univers, dans un double-bind reconnaissant les paraversions tout en récusant la sexoversion spéciologique différentielle).
Parce que le sexe,
c'est étymologiquement la section, la sexuation, qui permet la copulation/l'accouplement d'organes génitaux (du pénis & du vagin) nécessaires à l'espèce.
Qu'on puisse en jouir sensuellement n'est pas un contre-argument, pas plus que l'insémination artificielle, ni non plus la gestation artificielle (dont la recherche est plus et moins interdite selon les régions du monde, sans parler du clonage).
De sorte que
pléthore de civilisations/cultures reconnurent institutionnellement un "troisième sexe LGBTQIA assimilable, que nous pourrions très bien inscrire sur les cartes d'identités en plus des H/F, avec un 3 pour la Sécurité Sociale.
Diversement toujours,
la Grèce antique ou la Nouvelle-Guinée, pratiqua & pratique une éphébophilie initiatique, que nous prendrions occidentalistement/chao-droits-de-l'hommistement, pour une espèce de "pédophilie" ou de "détournement de mineurs". Qu'est-ce à dire sur leur souveraineté/pédagogie ?
Là encore, nous voyons que nous reconnaissons légalement (puritainement toujours dans nos mœurs WASPement "américaines-évangélistées") une majorité sexuelle à 15 ans (fort judicieusement d'ailleurs, puisqu'à cet âge la puberté - maturité sexuelle - est statistiquement acquise par nos corps désirants) : de sorte que nous devrions calmer nos ingérences, légales-gouvernementales comme morales-organistiques - si seulement nous n'en étions pas au néghumanisme contemporain, sous couvert d'humanitarisme selon nos bons plaisirs WASP-like !).
Bref : les préjugés vont bon train, chez ceux-là-même qui s'écharnent à le dénier idéologiquement/distorsement.

Complément sur le viril associé au masculin:  Le viril fut largement associé au masculin, en ce que Dame-Nature dota le masculin d'une constitution (musculature) & d'une dispersion (génitale) plus dynamiques que les féminines, quant à elles plus statiques : dotées de l'investiture du masculin & gestation de l'espèce naissant prématurée à cause de son cerveau, donc à éduquer plus lontemps. Deux pouvoirs féminins immenses, valant bien qu'on recherche la protection masculine au plan musculaire, ainsi que son insémination (deux pouvoirs équivalemment mais différentiellement intéressants), notamment dans des époques plus inquiétantes que la nôtre (qui a ses Nouvelles peurs, certes).
Aussi bien, en tant que le masculin fut doté de sorte à garantir la sécurité du féminin, et assuma ce rôle dans toute l'Histoire universelle - sans quoi nous ne serions pas là - lui attribua-t-on de meilleur gré la qualité virile, car manifeste. Mais tout aussi manifeste est le courage féminin, à bien regarder, ce que certains féminismes & gender studies non-idéologiques veulent bien nous faire comprendre.
Au reste, le masculin engendré est presque toujours l'orgueil d'une mère, sans parler de tous les enfants, sur lesquels une mère a un pouvoir de destitution paternelle, abusivement employé aujourd'hui - et les extrêmes-féministes & idéologico-gender-studists ont très mauvais jeu d'accuser le patriarcat comme ils le font.
Cessons donc de nous entre-reprocher ce qui ne tient jamais que des hasards génomiques-historiques.

***

Lisez voir cet article, tout à fait croustillant :
* https://interstrates.wordpress.com/2017/01/10/theorie-du-genre-la-guerre-des-pronoms-au-canada/


Dernière édition par Mal' le Mer 26 Avr 2017 - 15:24, édité 2 fois
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Malcolm le Ven 17 Mar 2017 - 21:08

Qu'est-ce qu'on se marre bien, avec le Philomag, quand même : Les Femmes sont-elles plus morales que les hommes ? ... Le plus drôle, c'est qu'on ne veut pas voir que la féminisation des métiers est proportionnelle à l'intérêt économique productif des femmes, en termes de docilité et de fluidité (liquidité ?) - et on appelle cela "être moral" ! Soit donc : il n'y a aucune mise en perspective contextuelle.

Sans parler - évidemment - de la virilisation des femmes, afin de concurrentialité, durant tout le XXème siècle. Soit là que : 1. le XIXème siècle inventa une sur-virilité stakhanoviste-productiviste-machiniste-lucrativiste, alors qu'auparavant les hommes peuvent largement exprimer leurs émotions (du moins, en dehors des aristos d'Ancien Régime, car les Féodaux "se lâchaient" encore) ; 2. l'austérité (fortement prostestante, de base) soumet bourgeoisement le féminin tout en le pomponnant, à la Saint-Paul mâtiné d'Aux Bonheur des Dames ; 3. contexte au cœur duquel, une Georges Sand est donc emblématique de tout ce qui se fera ensuite (lesbianisme de convention pendant les seventies, imaginaire "trouble dans le genre" dans les années 2000) ; 4. avec les Grandes Guerres "permises" par l'avènement du capitalisme, de l'ère des masses idoine, et du TPT (technicisme-pour-tous, militaro-consumériste), les hommes (petit h), soldats, passent pour de sales bons gros vrais violents devant "la morale" dite (alors que les femmes "d'avant" était de sacrées ! aussi) ; 5. ce qui est sans parler des effets publicitaires du consumérisme, exaltant la sur-virilité dite dans un cadre pavillonnaire ; 6. par quoi les femmes "revendiquent" "leurs droits" "à l'égalité" - c'est-à-dire à la bêtise. Ce qui me rappelle toujours cette image circulant sur Internet :


Finalement, le monde actuel entretient une bête & méchante androphobie voir misaudrie, sinon qu'on ne veut pas bien le réaliser, de ce que "ça ne peut pas être vrai, il n'y a jamais que des gynophobes et des misogynes". Finalement, "la morale" roule tout le monde. Mais, après tout, ton corps t'appartient ! *Lol*

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Kal' le Ven 17 Mar 2017 - 21:22

L'égalité des hommes et des femmes est une entreprise purement lucrative ; et c'est uniquement parce que cela arrange tout le monde, particulièrement les hommes, qu'on y advient. On oublierait souvent que la femme d'Ancien Régime n'était pas mineure éternelle, et que c'est un des nombreux fruits de la Révolution et du bonapartisme impérial. Que les femmes soient plus morales que les hommes, au sens chrétien, il n'y a rien de plus vrai, mais ce qui est stupide dans cette conclusion c'est qu'elle entretient parfaitement une certaine vision typique du beau sexe. En tout cas, cette publication de Philosophie Magazine semble imprégnée d'exercices ressentimentaux et de tentatives désespérées de réécrire l'Histoire ; et tente de procéder à divers jugements de valeur et procès d'intention.
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Malcolm le Mer 26 Avr 2017 - 15:21

Voir aussi : http://www.slate.fr/story/137519/sexe-rend-hommes-fous-prets-a-tout

***

Je me faisais récemment cette réflexion, que les notions de phallocentrisme et de phallocratisme n'avaient aucun sens, aucune pertinence réelle, et n'existaient jamais que dans l'imagination des antipatriarcat-réflexes, sachant déjà que le terme patriarcat ne désignait avant eux que la dignité de patriarche et qu'ils en firent sidéralement un système d'exploitation antiféminin sociohistoriquement général *Lol*

C'est-à-dire en effet, que "le phallocentriste", s'il existe, ne se centre jamais sur quelque phallus, que s'il en éprouve le manque. Or, étant donné que le phallocentrisme est souvent identifié au phallocratisme, on voit mal comment il en manquerait, soit donc en quoi il se centrerait sur quelque phallus si le phallus règne : il s'orientera sur des tâches au-delà. De plus, à supposer que ces deux termes ne se recoupent pas, il faut supposer que "le phallocentriste" sera infiniment moins homme que femme, de ce que les hommes en sont pragmatiquement dotés. Donc : sauf à faire un minable complexe d'infériorité, on voit mal comment les excitations au phallocentrisme ... exciteraient, justement, les hommes - en dehors des gays, en fait.

Quant au "phallocratiste" alors, dans la mesure ou ce terme est construit sur le modèle d'autocratisme, aristocratisme, démocratisme, ochlocratisme, médiocratisme, etc. - pour gouvernement de soi-même, des meilleurs, du peuple, des foules, de la moyenne, etc. - il faut conclure qu'il désigne le gouvernement du phallus. Or, on voit mal comment une bite, organe génital pur, gouvernerait ; c'était le premier point. Le deuxième point, c'est que, dans la mesure où l'on se servirait du mot phallus comme métonymie pour homme, on voit mal comment les hommes l'appliqueraient à eux-mêmes, d'autre part. Il faudrait vraiment être infantile, car je ne vois que les garçons pendant leur période de latence (du sortir de la petite enfance à la puberté) pour ainsi faire joujou de leurs pénis, tandis que mêmes les concours de bites entre ados (quand ils ont lieu, car on est loin d'avoir tous sorti notre appendice publiquement, par quoi elles concernent surtout les franés & entraînés-par-le-groupe entre les hommes) ... même les concours de bites entre ados, se font sur le mode ironique. Finalement, ceux taxant les hommes de "phallocratistes", les résument par l'insulte, irrespectueusement, à leur phallus (qui ne saurait être rigide en permanence qu'en cas de priapisme, soit donc de maladie aussi gênante qu'une hypersensibilité clitoridienne).

Bref : aucun homme n'aurait jamais pu se sentir ni "phallocentriste" ni "phallocratiste", à moins d'être aussi intellectuellement affecté que ceux qui employèrent le mot patriarcat dans l'ordre de ces fallacieux phallocentrisme et phallocratisme. Où finalement, Freud aurait bien plus raison qu'on ne le croit, à supposer une envie de pénis féminine - équivalente de l'angoisse de castration masculine, - de ce que ces items fonctionnèrent surtout auprès de certaines féministes, milieux des féminismes massivement investis par des femmes. Mais attention : je n'y résume pas tous les féminismes, qu'on soit clair.

En tout cas, ces féministes-là et autres genderists, donnent assez raison à Sigmund Freud pour que ça mérite d'être souligné : par mécanisme projectif, ils projettent leur propre inconscient, voire leur propre psychose, sur tous les hommes. Hommes qui, au contraire, n'en sont massivement pas là puisque, angoissés par la castration, ils sont plutôt dans des stratégies d'évitement, d'écartement, de démantèlement, de tout ce qui les exposerait à la castration, serait-elle symbolique. Au hasard : ces fous entre les féministes et autres genderists :roll:


Dernière édition par Mal' le Mer 26 Avr 2017 - 15:49, édité 2 fois
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Kal' le Mer 26 Avr 2017 - 15:40

Ce n'est pas toi qui citais Montaigne : « On naît comme on est avec le nez qu'on a » ? Sentence profonde et véritable, à l'encontre de laquelle certains se vengent, et du fait historique, en reprenant Cioran, de ne pas être morts dans un canapé.
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  LibertéPhilo le Mer 28 Fév 2018 - 17:52

France Info - Violences sexuelles : 12% des femmes ont déjà subi un viol, selon un sondage

Ambiance.

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Re: Sur le féminisme et les gender studies

Message  Mal' le Mer 28 Fév 2018 - 21:29

Tout cela entérine tristement, mais entérine, la sexuation. Il y a du sexe, à ne pas confondre avec le genre.

Voir quand même.
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Re: Sur le féminisme et les gender studies

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