Platon - Déconditionnement social

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Platon - Déconditionnement social

Message  Malcolm le Lun 29 Fév 2016 - 14:30

Eh bien, après cela, dis-je, compare notre nature, considérée sous le rapport de l’éducation et du manque d’éducation, à la situation suivante. Voici des hommes dans une habitation souterraine en forme de grotte, qui a son entrée en longueur, ouvrant à la lumière du jour l’ensemble de la grotte ; ils y sont depuis leur enfance, les jambes et la nuque pris dans des liens qui les obligent à rester sur place et à ne regarder que vers l’avant, incapables qu’ils sont, à cause du lien, de tourner la tête. Il leur parvient la lumière d’un feu qui brûle en haut et au loin, derrière eux et entre le feu et les hommes enchaînés, une route dans la hauteur, le long de laquelle voici qu’un muret a été élevé, de la même façon que les démonstrateurs de marionnettes disposent de cloisons qui les séparent des gens. C’est par-dessus qu’ils montrent leurs merveilles.
— Je vois, dit-il.
— Vois aussi, le long de ce muret, des hommes qui portent des objets fabriqués de toute sorte qui dépassent du muret, des statues d’hommes et d’autres êtres vivants, façonnées en pierre, en bois, et en toutes matières. Parmi ces porteurs, comme il est normal, les uns parlent, et les autres se taisent.
— C’est une image étrange que tu décris là, dit-il, et d’étranges prisonniers.
— Semblables à nous, dis-je. Pour commencer, en effet, crois-tu que de tels hommes auraient pu voir quoi que ce soit d’autre, d’eux-mêmes et les uns des autres, que les ombres qui, sous l’effet du feu, se projettent sur la paroi de la grotte en face d’eux ?
— Comment auraient-ils fait, dit-il, puisqu’ils ont été contraints, tout au long de leur vie, de garder la tête immobile ?
— Et en ce qui concerne les objets transportés ? N’est-ce pas la même chose ?
— Bien sûr que si.
— Alors, s’ils étaient à même de parler les uns avec les autres, ne crois-tu pas qu’ils considéreraient ce qu’ils verraient comme ce qui est réellement ?
— Si, nécessairement.
— Et que se passerait-il si la prison comportait aussi un écho venant de la paroi d’en face ? Chaque fois que l’un de ceux qui passent émettrait un son, crois-tu qu’ils penseraient que ce qui l’émet est autre chose que l’ombre qui passe ?
— Non, par Zeus, je ne le crois pas, dit-il.
— Dès lors, dis-je, de tels hommes considéreraient que le vrai n’est absolument rien d’autre que l’ensemble des ombres des objets fabriqués.
— Très nécessairement, dit-il.

Platon, livre VII de la République

Du conditionnement (et du déconditionnement ?) social.
"Conformement" éthique-aperceptif ?

La vérité platonicienne, elle se présente comme élévation, libération, délivrance, illumination géométrique.

Cette vérité, enseigne finalement Platon, est inaccessible sans élévation, libération, délivrance, illumination géométrique.

Ceux qui n'y ont pas atteint, sont esclaves d'un conditionnement social ou sociétal, leur interdisant tout déconditionnement, et at least tout accès à la vérité-vraie.

Seulement voilà - me dis-je - comprendre le projectionnisme, et surtout (contrairement à la démarche du philosophe platonicien), aller saccager l'écran ou au moins aller jeter un œil du côté des marionnettistes, cela ne suffirait-il pas pour se déconditionner ? Pour accéder à une certaine vérité ? ... Et pourquoi faut-il que tout cela se passe si sûrement dans une caverne, sinon pour accentuer le contraste avec la lumière, et donner envie de mieux respirer libre de ses mouvements, quand cette caverne pourrait aussi bien être recouverte de champignons fluorescents, ou bien n'être pas caverneuse du tout, mais correspondre à une tente-marabout avec mechoui organisé, à une salle des fêtes ou à une église ?

On muse, on glose, on rêvasse ...

En tout état de cause, la vérité platonicienne correspond-là à une vérité au carré déjà, rapport au système projectionniste-marionnettiste en place comme vérité du projectionnisme-marionnettisme ; à une hyper-vérité si l'on veut, qui selon Platon vaut mieux que la vérité prime, ou qui du moins fait de la vérité prime quelque chose d'ascientifique.

A-t-il raison, a-t-il tort ?

*

J'en connais un "qui lui donne tort" :
Ortega y Gasset, la Révolte des masses, p.70 a écrit:Toute idée est un échec à la vérité.
*Lol*

A bon entendeur.
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Re: Platon - Déconditionnement social

Message  Kenshin (Bigone) le Mer 9 Nov 2016 - 9:15

je ne suis pas sur de bien comprendre cette dernière citation.
Je me lance en marchant sur des œufs!

Avoir une idée, faire une idée sienne, c'est réduire la vérité à sa propre compréhension, c'est donc dénaturer la vérité. C'est plus ce que je pense, ce que je ressens, plus que ce que les choses, sont. En gros, faut essayer de pas juger pour ne pas transférer ce que l'on est, sur l'idée ?
Donc plus je saurai qui je suis, moins j'aurai besoin d'être à travers l'extérieur, moins j'aurai besoin de juger, plus je saurai ce que les chose sont d'elles mêmes ?




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Re: Platon - Déconditionnement social

Message  Malcolm le Mer 9 Nov 2016 - 14:06

Lis quelques Platon, ce sont des ouvrages - pour riches qu'ils sont - relativement brefs, puis seulement renseigne-toi en large sur le platonisme.
Ensuite, tu pourras mesurer l'écart avec la critique d'OyG, adressée au modernisme.
La valeur de l'idée n'est pas toujours où l'on croie.
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Re: Platon - Déconditionnement social

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