Camus, hédoniste ?

Aller en bas

Camus, hédoniste ?

Message  Malcolm le Jeu 21 Avr 2016 - 16:44

Dans la mesure où Michel Onfray hédonisa récemment Albert Camus, mais dans la mesure où chez Albert Camus je vois cela :
Malcolm Cooper a écrit:Albert Camus, lui, dit (notamment dans le Mythe de Sisyphe), que l'existence est prise dans une espèce de sensitivisme (1, 2), lui faisant dire que nos tentatives de rationalisations se heurtent au mutisme du monde, par-devers les sciences et les philosophies, sans parler des religions.
Aussi bien avance-t-il le sentiment de l'absurde comme émergence de cette inadéquation sensibilité mutique/rationalité discursive, aboutissant à ce qu'il n'appela pas lui-même un absurdisme.
Absurdisme qui ne préconise pas spécialement d'attitude existentielle, sinon l'éjouissance personnelle du monde en tant que monde, pour ainsi dire phénoménologiquement (cf. Michel Henry), puisqu'il n'y a pas de sens certifiable. Par quoi entre-t-il dans une espèce d'hédonisme voire de cyrénaïsme, dont Michel Onfray sut faire son pain - un peu trop moralisateur à mon goût.
Néanmoins, Sartre accusa Camus de moralisation.
Loin de se poser en moraliste, en effet, Camus moralise l'existence, en avançant une façon de vivre anarchisante (il fréquentait volontiers les milieux libertaires), pacifisante (il accusa le premier l'usage de la bombe atomique à Hiroshima et Nagazaki, quand toute la presse saluait la prouesse technologique guerrière mettant fin à la guerre) et amusante (toutes ses œuvres en témoignent - témoignent de cette façon sardonique de vivre une vie ludique). Naturellement, face à cette légèreté, le balourd & politique Jean-Paul Sartre, ne pouvait pas agréer, ni encore moins adhérer.

La trajectoire camusienne de l'absurde à cet amour de vivre léger, elle passa certes par une révolte face à la condition humaine soumise à l'arbitraire des maux, encontre toute théodicée (quand bien même il donna des conférences dans les milieux dominicains, où il reconnaissant alternativement son espèce de christisme). Par quoi Albert Camus prône clairement l'humanitarisme, et un humanitarisme qui - pour autant qu'il est contredit par X opérations contemporaines, n'en reste pas moins intrinsèquement contemporain au plan des comportementalités (des mœurs). Soit : la vie misarchisante (réprouvant toute espèce d'autorité par-devers les structures), standardisante (réprouvant toute espèce d'expression débordant le cadre de la compassion, sectairement et violemment idéologique parfois - contradictoirement) et stimulante (adorant toute espèce de festivités & praticités frénétiques).
Dira-t-on Albert Camus hédoniste ?
Il est chez lui une striction existentielle absurdiste, quand bien même aspirant à profiter de la vie, dont la moralité pseudochrétienne et l'ascétisme philosophico-littéraire, permettent de douter.

Qu'en dîtes-vous ?
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Camus, hédoniste ?

Message  Kal' le Ven 22 Avr 2016 - 14:17

Ceci me semblant rejoindre cela (Camus étant lecteur de Nietzsche) :

Nietzsche, dans De l'utilité et de l'inconvénient de l'Histoire pour la vie §1, a écrit:La faculté de pouvoir sentir, en une certaine mesure, d’une façon non historique devra donc être tenue par nous pour la faculté la plus importante, pour une faculté primordiale, en tant qu’elle renferme le fondement sur lequel peut seul s’édifier quelque chose de solide, de bien portant et de grand, quelque chose de véritablement humain. Ce qui est non historique ressemble à une atmosphère ambiante, où seule peut s’engendrer la vie, pour disparaître de nouveau avec l’anéantissement de cette atmosphère.
avatar
Kal'
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum