Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

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Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Philosophos le Sam 23 Nov 2013 - 12:29

Une apologie est un texte visant à défendre une personne ou une idée. L’apologie de Socrate (Platon), de Raymond Sebon (Montaigne), l’Apologétique de Tertullien, qui défendit les chrétiens et le christianisme. Le mot est plus fréquemment utilisé aujourd’hui comme équivalent d’éloge. Un éloge est un discours laudatif, qui vante les mérites d’une personne, d’une idée, d’une chose, Panégyrique d’Athènes (Isocrate), Eloge de la folie (Erasme), Eloge du crime (Marx). Nietzsche fait-il, comme on l’en accuse souvent, l’éloge du meurtre ? A mon avis non, et je vais tenter de le démontrer.

Nietzsche, comme beaucoup de ses prédécesseurs philosophes, est un dialecticien. Il dialogue, souvent sous une forme polémique, d’autres fois poétique, de préférence avec les hommes du passé, mais aussi avec ceux de son temps. Ses livres sont des scènes de théâtre. Lui-même qualifie sa philosophie de tragédie, voire de comédie (« Incipit tragoedia, incipit comoedia »). On dit de la philosophie de Nietzsche qu’on peut y trouver tout et son contraire. Ce philologue de formation tient probablement de Platon et des grands sophistes grecs cette habitude de la dialectique. Il faut donc toujours s’interroger, quand on lit Nietzsche, sur « Qui parle ? ». Il n’y a jamais une seule idée en jeu, mais toujours au minimum deux, en général incarnées par des personnages historiques, hommes d’action ou penseurs. C’est ce que nous allons voir à travers trois exemples bien connus des lecteurs de Nietzsche, et au-delà.


« Rien n’est vrai, tout est permis »
Nietzsche, Généalogie de la morale, III, 24 a écrit:Lorsque les Croisés se heurtèrent en Orient sur cet invincible ordre des Assassins, sur cet ordre des esprits libres par excellence, dont les affiliés de grades inférieurs vivaient dans une obéissance telle que jamais ordre monastique n’en connut de pareille, ils obtinrent, je ne sais par quelle voie, quelques indications sur le fameux symbole, sur ce principe essentiel dont la connaissance était réservée aux dignitaires supérieurs, seuls dépositaires de cet ultime secret : « Rien n’est vrai, tout est permis »… C’était là de la vraie liberté d’esprit, une parole qui mettait en question la foi même en la vérité… Aucun esprit libre européen, chrétien, s’est-il jamais égaré dans le mystère de cette proposition, dans le labyrinthe de ses conséquences ? connaît-il par expérience le minotaure de cette caverne ?… J’en doute, ou, pour mieux dire, je sais qu’il en est autrement.
La légende des Assassins nous a été transmise par les voyageurs et les Croisés. Le « Vieux de la montagne », l’ismaélien (courant de l’islam chiite) Hassan ibn al-Sabbah, protégé dans une forteresse, Alamut, érigée sur un piton rocheux, dirigeait une secte de redoutables guerriers, fanatisés par l’usage de drogue, d’où, toujours suivant la légende, leur nom d’Assassins (consommateurs de hashisch). Non seulement ils étaient insensibles à la douleur, mais le Vieux leur faisait croire que s’ils lui obéissaient en tout, ils iraient au paradis.  Il avait construit à cet effet, dans sa citadelle, un magnifique jardin secret où, une fois drogués, il les installait dans le luxe, entourés de femmes vierges (houris). Déplacés à nouveau pendant leur sommeil hors du jardin, il pouvait les convaincre au réveil de sa capacité à les mener au paradis. Ils n’avaient donc pas peur de la mort et faisaient de redoutables guerriers, prêts à mourir pour leur maître.

Voilà quel genre d'homme Nietzsche est allé chercher pour s’opposer à ceux qui de son temps se vantaient d’être des esprits libres. Fait-il pour autant un éloge de ce « Vieux de la Montagne » ? Non, il s’en sert comme d’un projectile contre leur « foi en la vérité ». Malheureux donc celui qui trouverait en Nietzsche un disciple du « Vieux de la montagne ». Nietzsche prend-il pour autant à son compte cette affirmation « Rien n’est vrai, tout est permis » ? Pas davantage. C’est dans la bouche du « Vieux de la Montagne » qu’il met cette maxime. Nous ne saurons donc pas ce que pensait Nietzsche de la liberté. Ici nous avons seulement une opposition dialectique entre d’une part, des esprits dits libres et d’autre part, un terroriste affirmant que « Rien n’est vrai, tout est permis ». Nietzsche ne nous propose pas de résolution de cette antithèse.


« César Borgia, pape… »

Avoir rêvé d’installer sur le trône papal César Borgia, un petit seigneur, bien connu pour ses talents d’assassin, fils du Pape Alexandre VI, qui se signala lui-même par sa conduite scandaleuse, peut-il passer pour un éloge du meurtre ? Voici en réalité ce que visait Nietzsche par cette mise en scène :
Nietzsche, l'Antéchrist, 61 a écrit:César Borgia, pape... Me comprend-on ?... Vraiment cela eût été la victoire que moi seul je demande maintenant — : cela aurait supprimé le christianisme ?
Une nouvelle fois, la méthode de Nietzsche, qui consiste à opposer deux idéaux et deux personnes, apparaît clairement. Ici, il y a d’un côté la Renaissance, les valeurs retrouvées de l’Antiquité, de l’autre, l’Allemagne, d’un côté les Borgia, père et fils, de l’autre, le sérieux Luther et la Réforme :
Nietzsche, l'Antéchrist, 61 a écrit:Qu'arriva-t-il ? Un moine allemand, Luther, vint à Rome. Ce moine chargé de tous les instincts de vengeance d'un prêtre malheureux se révolta à Rome contre la Renaissance...
Nietzsche, l'Antéchrist, 61 a écrit:Et Luther rétablit l'Eglise : il l'attaqua... La Renaissance, un événement dépourvu de sens, un grand en vain ! Ah, ces Allemands, ce qu'ils nous ont déjà coûté !
Nietzsche se sert de César Borgia comme antithèse ironique contre les Allemands, non seulement ceux des débuts de la Réforme, mais ses contemporains, qu’il considère comme leurs successeurs. La Renaissance est pour Nietzsche la dernière tentative historique, avant sa propre philosophie, d’installation des valeurs nobles :
Nietzsche, l'Antéchrist, 61 a écrit:Il est nécessaire de toucher ici un souvenir encore cent fois plus douloureux pour les Allemands. Les Allemands ont empêché en Europe la dernière grande moisson de culture qu'il était possible de récolter, — la Renaissance. Comprend-on enfin, veut-on enfin comprendre, ce qu'était la Renaissance ? la transmutation des valeurs chrétiennes, l'essai de donner la victoire, avec tous les instincts, avec tout le génie, aux valeurs contraires, aux valeurs nobles... Il n'y eut jusqu'à présent que cette seule grande guerre, il n'y eut jusqu'à présent pas de problème plus concluant que celui de la Renaissance, — mon problème est le même que le sien — : il n'y a jamais eu de forme d'attaque plus fondamentale, plus droite, plus sévère, dirigée contre le centre sur toute la ligne. Attaquer à l'endroit décisif au siège même du christianisme, mettre sur le trône papal les valeurs nobles, c'est-à-dire introduire ces valeurs dans les instincts, dans les besoins et les désirs inférieurs de ceux qui étaient au pouvoir...

« Périssent les faibles et les ratés ! »

C’est la phrase de Nietzsche qui a fait le plus pour sa réputation de précurseur du nazisme. A priori, toute la doctrine mortifère d’Hitler semble contenue dans cette phrase. Mais, en disant cela, ne sommes-nous pas encore pris dans la dialectique nietzschéenne ? Voici le paragraphe intégral qui entoure cette citation :
Nietzsche, l'Antéchrist, 2 a écrit:Qu’est ce qui est bon ? — Tout ce qui exalte en l’homme le sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance elle-même.
Qu’est-ce qui est mauvais ? — Tout ce qui a sa racine dans la faiblesse.
Qu’est-ce que le bonheur ? — Le sentiment que la puissance grandit — qu’une résistance est surmontée.
Non le contentement, mais encore de la puissance, non la paix avant tout, mais la guerre ; non la vertu, mais la valeur (vertu, dans le style de la Renaissance, virtù, vertu dépourvue de moraline).
Périssent les faibles et les ratés : premier principe de notre amour des hommes. Et qu’on les aide encore à disparaître !
Qu’est-ce qui est plus nuisible que n’importe quel vice ? — La pitié qu’éprouve l’action pour les déclassés et les faibles : — le christianisme...
Là encore, il s’agit d’opposer, toujours selon le principe de la dialectique, deux idéaux et deux catégories de personnes, d’un côté les puissants et de l’autre, les faibles, d’un côté l’idéal antique de la vertu, de l’autre l’idéal chrétien. Nous commettons déjà un contresens, lorsque nous nous projetons dans le futur (le Nazisme post-nietzschéen), tandis que Nietzsche nous incite à regarder vers le passé (l’Antiquité).

« Et qu’on les aide encore à disparaître ! » Cette phrase signifie-t-elle que nous devons tuer les faibles ? Rien ne nous permet de l’affirmer, d’autant plus que la phrase précédente n’est qu’un souhait : « Périssent les faibles et les ratés », le souhait qu’ils meurent de mort naturelle, de leur seule faiblesse. Une explication pourrait être donnée au sens du mot "aider" utilisé par Nietzsche, d'après le paragraphe 36 du Crépuscule des Idoles relatif au suicide :
Mourir fièrement lorsqu’il n’est plus possible de vivre fièrement. La mort choisie librement, la mort en temps voulu, avec lucidité et d’un cœur joyeux, accomplie au milieu d’enfants et de témoins, alors qu’un adieu réel est encore possible, alors que celui qui nous quitte existe encore et qu’il est véritablement capable d’évaluer ce qu’il a voulu, ce qu’il a atteint, de récapituler sa vie.
Pourquoi parler « d’amour des hommes » ? Par opposition au christianisme, dont l’amour consiste en réalité à utiliser à son profit la faiblesse des hommes. Même réflexion à propos de la guerre. Elle est opposée à « la paix avant tout », soit au refus de la guerre à tout prix.

Comme on le voit, les idées de Nietzsche ne peuvent jamais être envisagées pour elles-mêmes, elles doivent toujours, afin d’être bien comprises, être accompagnées de leurs opposées. Il faut recréer, dans tout commentaire de Nietzsche, le mouvement de sa pensée, sa dialectique. C’est ce qui fait, pour le néophyte, la principale difficulté de cette pensée. La clarté du style ne doit pas faire oublier la complexité des conflits qui avaient pour théâtre le cerveau de Nietzsche.

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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Malcolm le Mar 17 Mai 2016 - 1:07

Tu reconstitues merveilleusement bien ce que tu nommes dialectique nietzschéenne, mais Nietzsche conspuait la dialectique.
En fait, je trouve plutôt - quand bien même cette création dialectique est éclairante - que Nietzsche procède par condensation psychologique, dans son immoralisme, ce qui signifie quoi.

Ce qui signifie que Nietzsche confronte/affronte deux perspectives, en nous les redonnant à vivre en peu de mots - car d'une part, cela convoque chez lui son sens historique avec les connaissances idoines, et d'autre par, parce que Nietzsche empoigne le taureau historique par les deux cornes, soit par les deux perspectives, dont il devine/sens/flaire/instigue l'alchimie. En somme, il se fait catalyseur - dans son histoire des sentiments moraux - du précipité occasionné par le tourbillon morel (des mœurs) en place, mélange de deux courants volontaires-de-puissance, deux interprétations qui - comme l'étymon l'indique - se prêtent l'une l'autre des intentions qu'elles n'ont pas toujours réellement. Dès lors, il "refait l'Histoire" de façon fort aristotélicienne, quand il donne à vivre le potentiel d'une situation ayant pu s'actualiser tout autrement, par la contingence historique, le Grand Hasard cosmique, quand bien même surdéterminé par l'éternel retour (n'y ayant pas accès, accès à cette Grande Année cosmodynamique, nous vivons toute l'artificialité du devenir, et encore : l'éternel retour même, en tant que fiction sans auteur, tient de cette artificialité tragique qui, comme tu l'indiques bien, s'aménage textuellement ainsi qu'un théâtre). Or, au théâtre, il y a une situation dont les acteurs sont transresponsables fictivement, et dont nul n'est seul responsable, dans une alchimie scénographique occasionnant artificiellement un précipité audiovisuel.

C'est pourquoi Nietzsche parle tant d'infralogique par ailleurs, et qu'il passa pour irrationaliste, mais il n'est jamais que "dérationaliste" : si l'on peut reconstituer une dialectique de ses fulgurances (homme intuitif de l'Origine de la tragédie, versus homme théorique), soit donc les théoriser, Nietzsche a dû les vivre bel et bien comme foudres (ainsi qu'il décrit le philosophe au §292 de Par-delà bien et mal :
Un philosophe : c’est un homme qui éprouve, voit, entend, soupçonne, espère et rêve constamment des choses extraordinaires, qui est frappé par ses propres pensées comme si elles venaient du dehors, d’en haut et d’en bas, comme par une espèce d’événements et de coups de foudre que lui seul peut subir qui est peut-être lui-même un orage, toujours gros de nouveaux éclairs ; un homme fatal autour duquel gronde, roule, éclate toujours quelque chose d’inquiétant. Un philosophe : un être, hélas ! qui souvent se sauve loin de lui-même, souvent a peur de lui-même… mais qui est trop curieux pour ne pas « revenir toujours à lui-même ».
... ) sur un mode hyperphrénique (surdouance) par lequel il insista sur la valeur de la connaissance instinctive, sur la conscience intellectuelle.
Reste que tu lis bien Nietzsche comme il aurait aimé être lu : en ruminant ...


Dernière édition par Malcolm S. Cooper le Mar 17 Mai 2016 - 23:31, édité 1 fois
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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Ragnar II le Mar 17 Mai 2016 - 13:47

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Pour mémoire, « Rope ! » (« La corde »), film d'Alfred Hitchcock sorti en 1948 et où la pensée de Nietzsche est présente sous la forme d'un enseignement donné par un professeur qui s'aperçoit un peu tard des effets criminels que cette pensée peut avoir sur des esprits mal préparé à la philosophie du sage de Sils-Maria.





Wikipédia parle comme suit du film :

« Brandon Shaw et Philip Morgan sont deux étudiants. Dans leur appartement de New York, par un soir ordinaire, ils étranglent un de leurs camarades, David, avec un bout de corde. Ils ont accompli ce meurtre pour mettre en pratique la théorie nietzschéenne de leur professeur Rupert Cadell, qui reconnait aux êtres supérieurs le droit de tuer les êtres inférieurs. Puis, comble du cynisme, ils préparent un diner auquel sont conviés le soir même, sur le lieu du crime, la famille de la victime, sa petite amie ainsi que Rupert Cadell. Ce dernier observe le comportement étrange des jeunes gens au cours de la soirée. Brandon est sûr de lui et persuadé que le crime restera impuni, alors que Philip est nerveux et apeuré par cette mise en scène macabre. Peu à peu, Cadell va commencer à soupçonner l'impensable. »

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Voilà ainsi une passerelle permettant de relier l'art et la philosophie au sein d'une corporéité ragnarienne désireuse d'être et devenir au nom de l'Art, de la Science et de la Philosophie (Ainsi soit-il ...).

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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Malcolm le Mar 17 Mai 2016 - 15:25

Je verrai plutôt cela sous l'angle du fait divers à suspens, au prétexte de nietzschéisme enseigné, sûr de choquer la bourgeoisie américaine protestantement pudibonde. Hitchcock adorait friponnement ça, sous ses bons grands airs de maître-cinéaste. Ce sont des contingentes de passerelles, sans systémisme autre que l'organicité socioculturelle d'une anthropologie nationale & transcontinentale. Rien de nécessaire là-dedans, sinon dans l'impérieuse réalisation hitchcockienne.
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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Ragnar II le Mar 17 Mai 2016 - 19:06

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« La corde » est quand même un exercice artistique réduit à un microcosme pouvant parfaitement se voir comme une métaphore cinématographique de la Shoah.  Non ?

« La peste » de Camus est elle aussi du même tabac. Pas vrai ?

« La ferme des animaux » d'Orwel se rapprochent pas mal du truc aussi. N'est-ce pas ?

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--- > L'Art est un mensonge qui dit la vérité < ---

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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Malcolm le Mar 17 Mai 2016 - 19:42

Cela n'ôte rien à l'hapax hitchcockien.
Bref, je reste sceptique quant à ton systémisme.
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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Ragnar II le Jeu 19 Mai 2016 - 7:58

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Bien sûr que ça n'ôte rien à quoi que ce soit constituant l'art pratiqué par qui que ce soit, et là n'est pas mon propos, mais le tien, que tu as évidemment le droit d'indiquer comme tu veux.

Mon propos concerne ce que je prends le parti de comprendre lorsque que tu me sembles vouloir exprimer en parlant de « mon systémisme » (je n'ai pas de système, j'ai une méthode, et ce n'est pas pareil, mais laissons ça de côté, si tu veux bien).

Mon propos concerne tout ce qui peut faire passerelle entre trois domaines de pensée, d'action, d'exploration et d'explication du monde en général et de l'humain en particulier. Je ne vais pas te redire quels sont ces trois domaines, je l'ai déjà dit et redit maintes fois, et tu les as plus bas indiqués en toutes lettres bleues.

Cela posé, il se trouve que les passerelles pouvant se construire entre l'art et la philosophie, cela n'est pas du ressort exclusif d'un Ragnar s'amusant au jeu d'une telle construction sur un forum d'Internet

Vois :

(Et regarde plus précisément l'émission du 15 mai « La femme existe-t-elle ? », où tu pourras constater que ton Enthoven préféré discute avec une brave femme du rapport existant entre trois films-prétextes, d'une part, et certaines considérations philosophiques, d'autre part. Et sans systémisme, mais avec méthode.)

http://sites.arte.tv/philosophie/fr?jwKEAjwpfC5BRCT1sKW2qzwqE0SJABkKFKR6Ufd_zMLsGzspqxpYdyGNYuYYdrwa3hZtSPtlAWl4xoCIW7w_wcB

(Et tant que tu y es, regarde aussi l'émission du 1er mai « Quelle différence entre consentir et renoncer ? », où tu pourras constater que le même Enthoven discute avec une autre brave femme du rapport existant entre un film avec Anémone en vedette et une chanson d'Aznavour, d'une part, et un point crucial de la pensée Camus carambolant celle de Nietzsche, d'autre part. Et toujours sans systémisme. Et toujours avec méthode.)

(Dommage que ce très remarquable Enthoven ne sache rien ou fait semblant de ne rien savoir de la science, qui lui aurait permis d'aller encore plus loin dans ces deux analyses ...) (Mais c'est un autre problème.)

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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Malcolm le Ven 20 Mai 2016 - 12:17

C'est une méthode, très bien.
Une méthode qui fait des ponts systématiques ou organiques, très bien : je suis organiciste de même ès méthodologie.
Mais reconnaissons que l'intuition y a sa part aléatoire-chaotique.
Alors, évidemment, il y a la théorie du chaos, et l'inconscient cognitif est peut-être mathématisable à la Turing, très bien.
Très bien : hypothèse recevable.

C'est sa catégorisation que je conteste : l'art, à mon sens ultranietzschéen, est le tout. L'artialisation/teknècisation.
D'où suit que le modèle procède d'un découpage particulier, qui a certes sa pertinence méthodologique, très bien.
Mais artialisation/teknècisation humaine, à la fois cohérente et problématique - comme toute méthode.

Je mets en cause l'épistémè, valable ou viable pourtant.
C'est l'absolutisme du amen (ainsi soit-il) qui me gêne, car "j'ai trop peu confiance en les systèmes, pour croire à mon propre système".

Je dis organicisme. Ça a l'avantage d'être dans une logique floue, désavantageux dans une logique claire. Id est, sic erat !

Aussi dis-je la relation Nietzsche-Hitchcok-commun des mortels vécu, une illustration recevable, mais non-inhérente ou intrinsèque.
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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Ragnar II le Ven 20 Mai 2016 - 15:57

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Tout ça est parfait. Pas de problème, en somme. Mais puis-je te demander de ne pas trop te casser la tête avec mon « Ainsi soit-il », qui n'est qu'une simple pointe d'humour sans grande prétention ?

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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

Message  Malcolm le Ven 20 Mai 2016 - 19:05

Très bien, mais c'est ignorer le Witz freudien, par lequel de toutes façons nos méthodes divergent :)
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Re: Peut-on dire que Nietzsche fait « l’apologie du meurtre » ?

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