Hédoniste, Spinoza ?

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Hédoniste, Spinoza ?

Message  Malcolm le Sam 23 Avr 2016 - 14:07

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Or, quand bien même Spinoza pense malgré le bien et le mal (si Dieu est le tout, alors le mal comme le bien sont ses modalités), il n'en reste pas moins en-deçà du bien et du mal, moralisant, et moralisant précisément en valorisant comme bien le rationalisme philosophique identifié à la tolérance et à des politiques participatives (en quoi peut-être, Spinoza adoptait l'idéologie de sa personne, pour sauver sa peau par temps dangereusement bigots) précisément parce qu'il ne découle pas bien exactement du rationalisme la tolérance et les politiques participatives (de nos raisons, on peut tout aussi bien tirer l'intransigeance, or les tolérants ne transigent pas trop avec ce qui leur semble incarner l'intolérance même ... ).

De plus, le parti-pris des passions joyeuses sur les passions tristes, demeure bel et bien un parti-pris d'éjouissance, d'émulation et d'exaltation, de type moral (qui ne dit pourtant encore rien de ses finalités, sinon une forme d'eudémonie dérationnelle sans perspective - qui certes a son intérêt hédoniste). Un parti-pris qui, pour l'anecdote pas si anecdotique que cela, est tréfondamentalement celui d'un Michel Onfray, quand bien même il prétend ne pas moraliser - Pour une sagesse sans morale, banderole son Cosmos, avec ce parti-pris épistémique post-soixante-huitard potentiellement risible, que la morale est à honnir (encore une raison, pour dire d'Onfray qu'il ne cala rien à Nietzsche, puisque Nietzsche, immoraliste intellectuellement, n'en affirme pas moins la nécessité de valeurs génératrices de mœurs et des biens et maux idoines, moralement, mais d'une morale sans moralisation nécessaire, morale sans moraline, morale des maîtres).

Aussi bien, je crains que, massivement, on ne sache pas lire Spinoza et, ce, notamment depuis la parution des numéros de décembre et janvier du Philomag, encontre le terrorisme. Ces pleutres n'ont jamais qu'à opposer au "mal irrationaliste triste" un "bien rationaliste joyeux", les rendant foncièrement à une sociale-démocratie trop-lolol, quand bien même ils s'interrogèrent en février sur ce que c'est que d'être fort, humanitairement, donc encore une fois trop-lolol - encore qu'il y ait quelques informations exploitables dans chacun de leurs numéros, en débroussaillant la moralisation sous-jacente de Golum, qu'ils expriment par leurs régimes typographiques, iconographiques et scriptographiques associés. (A ce propos, je fus une fois publié extraitement dans le courrier des lecteurs, au sujet de la nécessité de duretés autoritaires éducatives, où ils titrèrent fais pas ci, fais pas ça, certes par boutade, mais aussi par perfidie morale, où ils correspondent à l’Ère du Vide lipovetskyenne, quand bien même ils pourraient sembler s'en détacher discursivement parfois, notamment en laissant la parole à Raphaël Enthoven pour sa chronique). (Et donc, je regrette passablement mon abonnement annuel, vous l'aurez compris : une passion triste qui me renseigne sur mes choix futurs, par exemple en mettant leurs numéros à l'incinération, quand bien même il faut leur laisser le mérite d'agiter le bocal français. Laissons cela.)

Or, donc, il y a un hédonisme spinozien, veux-je croire, qui correspond assez bien à l'air du temps rationalisant, par-devers son aridité théorématique.
Qu'en pensez-vous, sur l'hédonisme ?
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Malcolm
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