Autorité, une notion galvaudée

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Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Dim 24 Avr 2016 - 13:38

Outre que je vous prierai de croire que je fus l'auteur en 2008, de cet article pas ou peu modifié depuis, je dirai que l'autorité est aujourd'hui une notion galvaudée, peut-être notoirement à cause du post-camusisme de nos mœurs, lui-même hérité de notre ultrachristianisme subliminal, sous les auspices de l'humanitarisme.

Aussi bien, un retour aux sources nous fera le plus grand bien.

Autorité : latin auctoritas, qualité de l'auctor, de l'auteur. En critique littéraire, d'ailleurs, et relativement aux auteurs, on inventa plutôt récemment le substantif d'auctorialité, pour désigner l'attribution de la parenté d'une œuvre à un écrivain. Mais, aussi bien, et tréfondamentalement, l'autorité est auctorialité, car même en critique littéraire, les chercheurs ont la décence de s'interroger sur leur respect de l’œuvre, à farfouiller dans les manuscrits et autres "apocryphes" d'un auteur (correspondances, etc.) notamment en critique génétique (le généticien littéraire cherchant à comprendre l’œuvre définitive à travers ses gribouilles antérieures, ses versions parachevées, inachevées, évolutionnaires, quand bien même de qualité souvent déjà).

Ce qui précède, signale déjà bien l'interdépendance des notions d'autorité et de respect (latin re-spectare : y regarder plusieurs fois avant d'y toucher). Néanmoins, et dans cette mesure où l'autoritarisme fut globalement le régime aspectuel, divers & nombreux, dominant l'Histoire universelle, nous en conclurons évidemment que le respect va dans les deux sens : autorité-sujets, sujets-autorité - sans quoi le démocratisme eût émergé bien plus tôt dans les dynamiques que nous vivons, quand bien même sous d'autres régimes aspectuels, divers & nombreux eux aussi.

L'autorité, donc, elle a pour fonction de confédérer, de sauvegarder et de diriger (dans les deux sens de commander et d'orienter), ainsi qu'une boussole indique le Nord : elle est proprement le sens d'un groupement humain, sans lequel il n'est jamais qu'un agrégat, une agglomération ou conglomération, sous l'effet de l'instinct grégaire qui - pour autant qu'il aiguillonne - ne confédère, ne sauvegarde ni ne dirige rien.

Néanmoins, entendons-nous bien : l'autorité "naturelle" (charismatique, aurait dit Max Weber, ou dite de compétence), n'a d'influence ou de pouvoir que morel & moral, c'est-à-dire sur les mœurs et leur moralité. Créatrice de valeur, législatrice (bref : auteure, auctorialement), elle détermine la coutume, avec son bien et son mal inhérents. Ce qu'on appelle la morale dépend éminemment de ses déterminations arbitraires, quand bien même les sciences "naturelles" (bio-ingénieriques en réalité) trouvent quelque "morale naturelle", soit quelque tendance à la prévenance, au soin et à la coopération, notamment intraspécifique.

De plus, l'autorité, elle peut et a été régulièrement projetée dans le domaine du sacré. Or, sacré provient de l'indo-européen *sak, désignant l'alliance, par laquelle nous retombons sur nos pieds confédéraux, sauveurs et directeurs. Dès lors, comment s'étonner de ce que les monothéismes aient une symbolique si puissante, qu'ils impressionnèrent et impressionnent encore, avec leurs notions de communautés fidèles, de juges-prophètes-messies-et-rédempteurs terrestres, ainsi que de divin arbitre cosmique ? ... Ce sacre est bien la projection quasi-parfaite de tout ce qu'il y a de plus sacral, en arches d'alliance pudiques, cachées & invisibles, "dans les Ciels" - ce qui est l'essence de la religion (latin religare : relier), soit la relation confédérale, sauveuse et directrice des Hommes entre eux, autoritairement.

Car l'autorité est tréfondamentalement sacrée, selon étymologie (et hiérarchie dit bien pouvoir sacré). Nos Droits de l'Homme même, peu importe qu'on les bafoue ici et là, sont de ce sacré, relayé par les États - certes dans une "morale naturelle" minimale, pour ainsi dire animale, préhumaine, condition de possibilité banale et inférieure de toute humanité, ou peu s'en faut. Or, rien d'étonnant à ce que l'autorité soit pourtant détestée (et lucralement détestable, lucre qui n'a rien d'une eau lustrale) aujourd'hui, puisque nous avons la tête en bas et les pieds en l'air : nous avons sacralisé la "nature" sans savoir la définir pourtant, et sans réaliser l'artificialité de sa ... nature ... (cf. l'Anti-Nature, de Clément Rosset), puisque le surnaturel n'a jamais été qu'une nature divinisée. Mais, dédivinisée aujourd'hui, la nature n'en garde pas moins génétiquement son surnaturalisme fonctionnel, soit donc son artificialité rationnelle, ainsi que les sanctuaires. Aussi sacralise-t-on médiocrement l'animal aujourd'hui, afin de sacraliser l'animal que donc nous sommes (Jacques Derrida, "l'animal que donc je suis").

Car nous ne le sommes donc qu'aussi, de ce que notre sophistication intrinsèque nous éloigne indéfiniment du restant du règne animal, raison pour laquelle nous nous inventons volontiers des dieux. Que le monothéiste se pose sataniquement en accusateur (l'Accusateur, l'Adversaire, le Rival, étym. de Satan), en disant faux dieux, voici le seul vrai dieu unique, ne change rien à la donne tréfondamentale, sinon par épuration éthique - et stylistique (soit tout autant par éthicides & stylicides, appauvrissant, attristant et abâtardissant la vie, quand il délire strictement l'exalter). C'est le monothéiste, en effet, qui rendit si abominable l'autorité, en la faisant tyrannique, ainsi que tous les tyrans antérieurs et alentours s'imposaient capricieusement, de la même manière qu'Elohim YHWH-Jésus-Allah, impétrant destructeur de valeurs dès lors qu'il moïsa, délégislateur dès lors qu'il christisa, et hyperboliquement morbide dès lors qu'il mahométisa - encore qu'il regagna en pugnacité.

C'est de cette aperception & apprésentation de l' "autorité" capricieuse, dont nous héritâmes massivement, nous enferrant toujours et plus capricieusement nous-mêmes en ces temps dégénérés, alors que seule l'autorité - peu importe son instauration dans l'immédiat, - cette autorité belle et bien auctoriale - comme il en alla et ne peut qu'en aller toujours - est pourtant praticable - et pratiquée çà et là - dans les institutions, les entreprises, les associations, les affinités & les familles. Son sacre consacre nos alliances, mais son massacre (on croirait un ancien français mésacre : mauvais sacre) massacre nos singularités en intéressements massifs, ochlocratiques.

Même nos démocraties modernes, s'instaurèrent en convoquant le sens du devoir, eut égard à l'autorité républicaine. Mais il n'y a plus de République, désormais, ou si peu. Ne reste vraiment jamais qu'une "Cinipublique" (latin cinis : cendre) : un espace public en cendre, sur lequel les masses financiarisées appliquent la politique de la terre brûlée.


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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Prince' le Lun 25 Avr 2016 - 11:27

Le latin auctoritas, traduit par autorité, désigne l'aptitude : "à exercer une influence déterminante sur les actions d'autrui en vertu d'une supériorité du jugement" (cf. Heinze, Auctoritas). Mise en relief avec l'essor du relativisme (cf. Benetton, Les fers de l'opinion), on comprend facilement pourquoi l'autorité n'existe bel et bien plus, et pourquoi elle est si mal vécu/perçue.

Notons qu'à Rome la déliquescence de l'auctoritas du Sénat sonne le glas de la République, c'est également la discrédit du système parlementaire qui conduit Weimar à sa chute.

Nb : je veux bien entendre qu'appliquer une définition romaine à notre réalité contemporaine soit sujet à polémique, l'inverse se faisant sans gène je m'autorise une digression méthodologique *Lol*.
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 25 Avr 2016 - 14:25

Il semblerait pour commencer, que nous nous retrouvions sur le fait que l'autorité ait disparu. Il se trouve d'ailleurs dans mon expérience, que j'ai connu une autorité naturelle dans la formation socioéducative, mais que j'ai fini "contemporainistement" par m'en détacher - car de fait, pendant dix ans, je m'y suis référé. Néanmoins, et comme on voit sur ce site, je respecte l'autorité morale de F.W. Nietzsche, mais en sus je me place existentiellement d'instinct, dans les hiérarchies. A vrai dire, c'est cet instinct qui me plaça sous ladite autorité naturelle dans la formation socioéducative, encore qu'elle pratiquait des mœurs "contemporanistes" : quand j'en pris conscience, je partis, et j'en revins à Nietzsche moralement, que j'avais découvert à peu près la même année qu'elle. Il est dans mon tempérament d'observer loyalement, mais certes pas de me soumettre légalement. Or cela, le "contemporanisme" ne me le pardonne pas, à deux titres :

1) L'envie de pénal (comme dirait Philippe Muray, sur le modèle de l'envie de pénis psychanalytique) anime tant nos contemporains, qu'on ne me pardonne pas mon insoumission légale, parce qu'on veut contrôler immaîtrisément en mentorisme (contraire de véridisme), quand le droit est tors.
Conséquemment, 2) on ne me pardonne pas ma loyale observance, car elle engage, en un temps qui ne supporte plus massivement que la désinvolture flex & relax. Ma loyale observance engage, soit tout aussi bien : elle met en gage, et met en gage la personne, l'humanité réellement vécue, non les règlements légaux par lesquels tout un chacun se co-déresponsabilise collusoirement.
A partir de là, j'ai beau ne rien dire, j'ai beau imiter la masse, mon comportement me signale nolontairement aux yeux de tous, et je passe alors pour l'homme par qui arrive le scandale, l'homme à abattre, quand tout le monde est confronté à ses responsabilités par mon engagement propre : cela, on ne me le pardonne absolument pas, de renvoyer chacun à soi-même, à ses responsabilités de par la co-responsabilisation comportementale inhérente, car plus personne ne se supporte et ne veut se supporter bien soi-même - inutile de parler du reste - pourvu que les bonnes manières & les formes soient sauves : "chacun pour soi et Dieu pour tous."

Phénoménologie que décrit parfaitement bien Cynthia Fleury, dans sa Fin du courage, où le courage n'est certes pas une témérité, mais pas une audace non plus, deux démarches s'exprimant assez allègrement aujourd'hui en conduites à risques (drogues, tentations, sports-extrêmes) & comm' publicitaires étatiques-entreprenariales (figures pseudhéroïsées).
Lorsque vous avez un supérieur hiérarchique qui "contemporanise", vous faîtes irrationnellement peur.
Alors, et suite à cela, il faut que je dise que, lorsque je me retrouve hiérarchiquement supérieur, de même, je fais irrationnellement peur.
Pourtant : je ne porte pas de masque de Scream, ni dans une position hiérarchique ni dans l'autre, et je m'acquitte de ma tâche en cohérence.
C'est que mon engagement convoque psychanalytiquement le principe de réalité et que tout un chacun, massivement du moins, dans son principe de plaisir fonctionnalisé, psychote plus et moins en ma présence, même calme. On finira tôt ou tard par exprimer un reproche infondé, dans un ressentiment incohérent, et pour des prétextes putassiers dans l'âme, quand bien même je n'en veux à personne : ils ne savent pas ce qu'ils font - ce qui semblera fort christique, sinon que je ne m'acharne pas, et que je sais transiger quand il faut - tout ce que les pires traiteront alors d'opportunisme dans leur méfiance démentielle, quand ils sont eux-mêmes opportunistes pourtant à mon encontre. Enfin, je n'ai jamais hésité à abandonner mon poste ou à démissionner, quand bien même le marché du travail est ce qu'il est, car finir en croix n'est pas la fin à laquelle j'aspire, bien que tous ces états de fait me crucifient dionysiaquement.
- Je suppose que mon expérience témoigne, de cette autorité agonisante, si mal vécue/perçue, mais notre époque devrait régler son complexe d’œdipe enfin, au lieu de perpétuer cette mentalité parapsychotique infantile, au moins surnévrosée (le "contemporanisme", que je qualifie d'individualiste libéral humanitaire).

Or je souscris pleinement à la définition romaine de l'autorité, quelles que puissent être tes infractions méthodologiques (ton insoumission légale en termes de recherche) pourvues qu'elles soient loyalement observantes, ce qu'elles sont en effet : qu'importe la lettre, quand on a l'esprit ? ... oui, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse (dionysiaque !) ... car tu fais preuve de maîtrise transgressive, hors de contrôle traversif ...
Et cette influence, elle est précisément ce que j'appelle une auctorialité créatrice de valeurs, législatrice, à la nietzschéenne, dans une morale des maîtres : un véridisme.

Mais je crois que l'autorité existe encore aujourd'hui, et je dirai humblement que j'en suis la preuve certainement pas unique, sinon que la masse ochlocratique voudrait lui couper salopement l'herbe sous les pieds, et qu'elle y parvient 90% du temps, du fait du nombre, du fonctionnement et de la comportementalité "contemporanistes" admis par tous, pour le petit confort individualiste libéral humanitaire de chacun - phénomène transpolitique, que les critiques sommaires de l'individualisme, du libéralisme et de l'humanitarisme passent leur chemin, qui s'imaginent solidaires parce qu'ils prient "solidarisme", illibéraux parce qu'ils prêchent "antilibéralisme" ou valeureux parce qu'ils clament "humanisme" - sachant que le libéralisme de ce forum, je le situerai au niveau d'un civilisme hobbesien, pour ce que j'en sais, que j'ai du mal à prendre pour un libéralisme en conséquence, peu importe sa magnitude.

Ce qui nous conduirait peut-être, Princeps, à nous interroger sur la valeur de la démocratie aujourd'hui, qu'en penses-tu ? ... Un débat que nous nous sommes à peu près promis, ailleurs. "Messieurs les Anglais (toi, l'hobbesien), tirez les premiers."
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Prince' le Lun 25 Avr 2016 - 15:20

sachant que le libéralisme de ce forum, je le situerai au niveau d'un civilisme hobbesien, pour ce que j'en sais, que j'ai du mal à prendre pour un libéralisme en conséquence, peu importe sa magnitude.
Voilà un des plus fructueux débat que nous pourrions avoir : l'influence hobbesienne sur le libéralisme - le formule "le libéralisme de Hobbes" étant aussi ambiguë que restrictive.
Je note quand même que le libéralisme du forum ne repose bien davantage sur Tocqueville.

Pour faire échos à ce que j'ai pu dire sur l'Histoire, je suis romaniste, de la période républicaine qui plus est : ce qui me rend d'autant plus sensible à cette question de l'apolitisme (ce qui revient à s'interroger sur la politisation).
A mon corps défendant j'éclaire mon propos : l'historien ne comprend pas le passé au prisme du présent, au contraire, il cherche dans le passé des solutions pour le présent.
Ce qui nous conduirait peut-être, Princeps, à nous interroger sur la valeur de la démocratie aujourd'hui, qu'en penses-tu ? ... Un débat que nous nous sommes à peu près promis, ailleurs. "Messieurs les Anglais (toi, l'hobbesien), tirez les premiers."
Je le vois bien s'insérer dans un échange plus vaste. En somme, il va nous falloir revoir Hobbes, ce qui me réjouis. Je prends acte de l'invitation. Elle sera honorée ::romain::.
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 11:20

Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1280-le-religieux-comme-ecole-d-ethique-phronetique
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1257-judeite-chretiente-islamite-psychogenese
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1195-moeurs-du-diable#20800

***

Obéir, vient du latin audire, qui signifie notre entendre.
Obéir, donc, n'est pas se soumettre aveuglément, mais entendre comme il faut (intelligemment).
Il y a beaucoup trop de désobéissance débile, toujours & partout, et les Hommes ne savent plus que "cacophoner".

Voir à ce sujet l'excellent MASH (1973).
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Avis' le Lun 3 Avr 2017 - 11:44

Tu veux que je te dise, après t'avoir lu? (Hors philosophie puisque je ne sais pas ? )

FAIS CE QUE DOIS, advienne que pourra.

Excellent précepte.

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 12:00

Tu dois ! *Lol* - n'as-tu pas lu & approuvé Ainsi parlait Zarathoustra, ou du moins adoubé ? *Lol*
Reprends voir le premier chapitre, des Trois Métamorphoses. En réalité, la dernière métamorphose, rendant à l'innocence du devenir, ouvre sur un seul Il faut.
Toutefois, c'est évidemment discutable, car ce Il faut peut s'entendre - selon - dans Fais ce que dois, advienne que pourra. Néanmoins, le devoir relève de la moralité ; le fault, de la nécessité (comme on dit : la situation l'exige). Or, naturellement, tout l'art du gouvernement est de faire passer ses vœux pour des nécessités ! *Lol*
Du moins, quand il veut faire ce qu'il veut ! ... Mais c'est exactement pareil des gouvernés, etc. car, eux aussi, ils font passer leurs vœux pour des nécessités, quand ils veulent faire ce qu'ils veulent ! *Lol*
Or, dans l'absolu, qui a dit que vouloir faire ce qu'on veut était un mal ? ... Mais, dans l'absolu, ça n'est pas plus un bien, non plus ! *Lol*

A partir de là, tu peux prendre la mesure de la complexité de la chose ! *Lol*
Et je te pose la question philosophique, de savoir ce que c'est que ce tu dois dans ton proverbe !


"La critique est facile, l'art est difficile" - surtout quand on parle "hors philosophie".
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Avis' le Lun 3 Avr 2017 - 12:13

Eh bien je pense que ce tu dois est tout simplement " ton devoir en ton âme et conscience" après avoir pris connaissance de la critique, l'avoir soupesée et éventuellement rejetée, et sans nécessairement avoir à t'en justifier.

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 12:44

Très bien. Philosophons encore : cela rejoint totalement l'auctorialité de l'auctor, auctoritas, autorité. En effet, notre "auteur" procède en son âme et conscience. D'ailleurs, la citation fais ce que dois, advienne que pourra, est elle-même un enjoignement à s'autoriser, entreprendre les choses de sa seule autorité. Je suppose que Lupus Maior se réjouirait sous le coup de tant de libéralités ! ... A partir de là, qu'est-ce que cet en âme et conscience, si c'est bien ainsi que tu t'expliques le tu dois ... ?
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Avis' le Lun 3 Avr 2017 - 12:53

L'âme et conscience est ce que tu crois juste : en fonction de ta culture essentiellement car dans une autre culture, c'est encore autre chose.
Mais j'ai pensé aussi à "ce que tu crois juste que tu dois toi-même à autrui".
Exemple : 
Tu estimes avoir été privilégié  sur autrui suite à un arbitrage quelconque : il te revient donc de restituer à autrui ce que tu estimes lui revenir de facto, à ton détriment de jure.
C'est une attitude qui m'a valu quelques amis.

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 13:16

Qu'en conclure quant au devoir du tu dois initial, à plusieurs niveaux éventuellement ? Et surtout, comment faire le lien avec l'autorité ?
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Avis' le Lun 3 Avr 2017 - 14:11

Aucune idée... :o  Désolé...


Dernière édition par Avistodénas le Lun 3 Avr 2017 - 14:13, édité 1 fois

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 14:12

Avistodénas a écrit:Aucune idée... :o
Avoue que c'est assez embarrassant, pour un topic sur l'autorité :roll:
Mais je suis sûr que tu peux mieux faire, sur la seule base des posts déjà envoyés.
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Avis' le Lun 3 Avr 2017 - 14:25

Non vraiment aucune idée sinon que tu dois y obtempérer dans la mesure où tu la juges légitime, au moins suivant tes critères... mais ça n'a rien d'original, je pense. Et dans la mesure où "l'autorité " dispose d'informations que tu n'as pas, tu es bien obligé de lui faire confiance. Provisoirement au moins.

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 17:12

Avistodénas a écrit:Non vraiment aucune idée sinon que tu dois y obtempérer dans la mesure où tu la juges légitime, au moins suivant tes critères... mais ça n'a rien d'original, je pense. Et dans la mesure où "l'autorité " dispose d'informations que tu n'as pas, tu es bien obligé de lui faire confiance. Provisoirement au moins.
C'est de bonne logique militaire, quand l'armée est saine.
Bon.

Tu as parlé de juger légitime, or ce jugement est aussi par toi convoqué là, autrement :
Avistodénas a écrit:Eh bien je pense que ce tu dois est tout simplement "ton devoir en ton âme et conscience" après avoir pris connaissance de la critique, l'avoir soupesée et éventuellement rejetée, et sans nécessairement avoir à t'en justifier.
C'est-à-dire que tenant compte de la critique comme tu dis - sans quoi c'est tyrannique, dictatorial, - il y a soupèsement, soit donc évaluation, mesure, où la critique prise en compte fonctionne finalement comme un conseil, selon la fiabilité du conseiller, mais aussi le bon sens d'un conseilleur lambda, parfois sous forme de doléances, dont il faut envisager les conséquences, et auquel il faut réagir peut-être transversalement, selon les enjeux globaux (stratégiques). Tout ce qui est un sacré art de l'équité, plus d'ailleurs qu'une pratique de la justice : il faut faire preuve de justesse. Où Machiavel est fort intéressant, entre ruse du renard et force du lion ... Mais enfin, l'on voit bien que, quand l'autorité juge horizontalement quant à un processus global, les subordonnés jugent verticalement quant à l'autorité. Les meilleurs d'entre eux, toutefois, devinent assez bien la démarche globale - pas forcément complètement non plus, il y a aura toujours un secret, - mais enfin ce sont normalement ceux préposés à commander, car aptes à bien obéir d'abord (on ne commande bien que lorsqu'on sait bien obéir, où il faudra obéir à soi-même ; voir aussi des Voies du créateur, dans le Zarathoustra nietzschéen, ainsi que de la Victoire sur soi).

Mais continuons sur cette justesse :
Avistodénas a écrit:L'âme et conscience est ce que tu crois juste : en fonction de ta culture essentiellement car dans une autre culture, c'est encore autre chose.
Certainement qu'on ne gouverne pas en France, comme on gouverne au Japon, ni dans l'armée, comme au civil (cultures & subcultures), etc. Mais donc, quand tu dis en ton âme et conscience, tu nous dis ce que tu crois juste. Où l'on retrouve toute la difficulté à saisir la justesse, et m'est d'avis qu'on ne la saisit réellement que dans l'alchimie idéalement impossible, entre les buts définis, les moyens à disposition, le terrain comme il se révèle, les Hommes en présence, et naturellement l' "auteur" qui évalue tout cela, sans parler de sa compétence alchimiste.
Mais j'ai pensé aussi à "ce que tu crois juste que tu dois toi-même à autrui".
Exemple : 
Tu estimes avoir été privilégié  sur autrui suite à un arbitrage quelconque : il te revient donc de restituer à autrui ce que tu estimes lui revenir de facto, à ton détriment de jure.
C'est une attitude qui m'a valu quelques amis.
En somme, si je ne me trompe, il s'agit d'engagement de valeur, ou de principe. Cela a en effet le mérite d'attirer autrui, qui a de l'estime pour la prédictibilité-prévisibilité de ta démarche. En fait, ces éléments sont gages de fiabilité, or on a intérêt de se fier à de tels Hommes, du moins dans leurs assurances. Néanmoins, tu ne sais jamais - comme "auteur" - si les circonstances ne vont pas t'obliger à rompre tes engagements, comme dit Machiavel. Non que tu ne sois qu'un salaud d'opportuniste, mais que tu ne puisses compromettre pour quelques engagements la démarche globale. Par exemple, le généreux qui subit un ruineux coup du sort, à supposer qu'on comptait aimablement sur lui auparavant, se saborderait à perpétuer sa générosité une fois ruiné, selon le précepte "charité bien ordonnée commence par soi-même". Cela étant, rien n'interdit les barouds d'honneur, les efforts, les prises de risque, ni les sacrifices, selon. L'alchimie, toujours.

Car, au final, on n'a affaire qu'à des rapports de force - manifestement là, - ou du moins, comme dirait l'autre - et pas que pour le manifeste, - qu'à la volonté de puissance ... et il n'y a pas de quoi en faire un drame.


EDIT: Où l'on comprend que c'est bien plus Il faut que Tu dois, ce dernier ne valant que pour les subordonnés en réalités, et précisément les subordonnés incapables de se gouverner eux-mêmes. La morale, donc, c'est pour les faibles et les esclaves (Nietzsche), et l'âme fut bien souvent un instrument religieux d’inoculation du Tu dois, de même que la conscience - conscience morale, petite voix intérieure, orientation socio-éducative, etc. Et ceux-là alors, de s'imaginer pouvoir l'appliquer aux forts/maîtres ! *Lol* - Mais à noter qu'il est parfois des bizarreries de gouvernants faibles/esclaves dans la démarche : ridicules. Où l'on prend la mesure de la distorsion démocratique contemporaine, quand la majorité s'imagine gouverner, et encore dire Tu dois à un gouvernant qui subit trop ce Tu dois. C'est maladif, mais surtout dangereux pour tout le monde, dysfonctionnel, et sans autre but que soi-même, tautologiquement ! *Lol*
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Avis' le Lun 3 Avr 2017 - 17:21

Eh bien, c'est exactement ce qu'il me tardait de voir : une leçon de philosophie en vif.
Donc, je puis dire aujourd'hui pourquoi je ne pourrai jamais être philosophe : parce que ma culture littéraire, qui est faite de concision et d'images fortes m'empêche de m'étendre aussi longuement que toi sur une analyse aussi pointilliste -et note bien que je ne dis pas pointilleuse - gage pourtant d'une compréhension quasi totale des à-côtés, des abergements et des soubassements d'un texte.
Il y a autre chose - et qui n'est absolument pas une critique de la façon philosophique puisque nécessité fait loi en ce domaine aussi - c'est mon horreur des adverbes qui font qu'un style en est alourdi et empesé, pour ne pas dire empégué.
Il va de soi que, par formation autant qu'affection, je privilégierai toujours le style sur le contenu même, quitte à faire des notes de précision hors texte.

Hop, on me demande. J'y reviendrai sans doute.

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 17:53

L'adverbe ! *Lol* stylistiquement laisse à désirer oui, selon. Pour autant, il modalise nécessairement la pensée, pour être précisée. Mais il ne m'avait pas semblé avoir trop abusé encore ! *Lol* ... Au reste, je viens de la littérature, dont les critiques & théoriciens m'ont dégoutté par trop d'imprécisions techniques, dans ce qui se fait de pire (de la pure scolastique). Je ne parle évidemment pas des écrivains eux-mêmes, mais les éditeurs actuels sont débiles au point de préférer l'absence maximum d'adverbes : le lecteur est censé être con ! *Lol* et le moins d'adjectifs possible cela vaut aussi mieux ! *Lol* ... ce qui ne me fera jamais renier la puissance de la littérature, notamment éthico-métaphysique, quand l'écrivain s'applique à portraiturer "le réel" ou "une réalité" - même sous de drôles d'oripeaux - avec une patte, comme on dit.
Avistodénas a écrit:Hop, on me demande. J'y reviendrai sans doute.
A la philosophie de l'autorité, j'espère ! afin de ne pas trop hachesser. Car rien ne t'empêche d'ouvrir un débat en Philosophie par thèmes > Esthétique et perception, par exemple, concernant les divergences littérature-philosophie.
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Duralex le Lun 3 Avr 2017 - 20:33

Malcolm a écrit:

Il semblerait pour commencer, que nous nous retrouvions sur le fait que l'autorité ait disparu. Il se trouve d'ailleurs dans mon expérience, que j'ai connu une autorité naturelle dans la formation socioéducative, mais que j'ai fini "contemporainistement" par m'en détacher - car de fait, pendant dix ans, je m'y suis référé. Néanmoins, et comme on voit sur ce site, je respecte l'autorité morale de F.W. Nietzsche, mais en sus je me place existentiellement d'instinct, dans les hiérarchies. A vrai dire, c'est cet instinct qui me plaça sous ladite autorité naturelle dans la formation socioéducative, encore qu'elle pratiquait des mœurs "contemporanistes" : quand j'en pris conscience, je partis, et j'en revins à Nietzsche moralement, que j'avais découvert à peu près la même année qu'elle. Il est dans mon tempérament d'observer loyalement, mais certes pas de me soumettre légalement. Or cela, le "contemporanisme" ne me le pardonne pas, à deux titres :

1) L'envie de pénal (comme dirait Philippe Muray, sur le modèle de l'envie de pénis psychanalytique) anime tant nos contemporains, qu'on ne me pardonne pas mon insoumission légale, parce qu'on veut contrôler immaîtrisément en mentorisme (contraire de véridisme), quand le droit est tors.
Conséquemment, 2) on ne me pardonne pas ma loyale observance, car elle engage, en un temps qui ne supporte plus massivement que la désinvolture flex & relax. Ma loyale observance engage, soit tout aussi bien : elle met en gage, et met en gage la personne, l'humanité réellement vécue, non les règlements légaux par lesquels tout un chacun se co-déresponsabilise collusoirement.
A partir de là, j'ai beau ne rien dire, j'ai beau imiter la masse, mon comportement me signale nolontairement aux yeux de tous, et je passe alors pour l'homme par qui arrive le scandale, l'homme à abattre, quand tout le monde est confronté à ses responsabilités par mon engagement propre : cela, on ne me le pardonne absolument pas, de renvoyer chacun à soi-même, à ses responsabilités de par la co-responsabilisation comportementale inhérente, car plus personne ne se supporte et ne veut se supporter bien soi-même - inutile de parler du reste - pourvu que les bonnes manières & les formes soient sauves : "chacun pour soi et Dieu pour tous."

Phénoménologie que décrit parfaitement bien Cynthia Fleury, dans sa Fin du courage, où le courage n'est certes pas une témérité, mais pas une audace non plus, deux démarches s'exprimant assez allègrement aujourd'hui en conduites à risques (drogues, tentations, sports-extrêmes) & comm' publicitaires étatiques-entreprenariales (figures pseudhéroïsées).
Lorsque vous avez un supérieur hiérarchique qui "contemporanise", vous faîtes irrationnellement peur.
Alors, et suite à cela, il faut que je dise que, lorsque je me retrouve hiérarchiquement supérieur, de même, je fais irrationnellement peur.
Pourtant : je ne porte pas de masque de Scream, ni dans une position hiérarchique ni dans l'autre, et je m'acquitte de ma tâche en cohérence.
C'est que mon engagement convoque psychanalytiquement le principe de réalité et que tout un chacun, massivement du moins, dans son principe de plaisir fonctionnalisé, psychote plus et moins en ma présence, même calme. On finira tôt ou tard par exprimer un reproche infondé, dans un ressentiment incohérent, et pour des prétextes putassiers dans l'âme, quand bien même je n'en veux à personne : ils ne savent pas ce qu'ils font - ce qui semblera fort christique, sinon que je ne m'acharne pas, et que je sais transiger quand il faut - tout ce que les pires traiteront alors d'opportunisme dans leur méfiance démentielle, quand ils sont eux-mêmes opportunistes pourtant à mon encontre. Enfin, je n'ai jamais hésité à abandonner mon poste ou à démissionner, quand bien même le marché du travail est ce qu'il est, car finir en croix n'est pas la fin à laquelle j'aspire, bien que tous ces états de fait me crucifient dionysiaquement.
- Je suppose que mon expérience témoigne, de cette autorité agonisante, si mal vécue/perçue, mais notre époque devrait régler son complexe d’œdipe enfin, au lieu de perpétuer cette mentalité parapsychotique infantile, au moins surnévrosée (le "contemporanisme", que je qualifie d'individualiste libéral humanitaire).

Or je souscris pleinement à la définition romaine de l'autorité, quelles que puissent être tes infractions méthodologiques (ton insoumission légale en termes de recherche) pourvues qu'elles soient loyalement observantes, ce qu'elles sont en effet : qu'importe la lettre, quand on a l'esprit ? ... oui, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse (dionysiaque !) ... car tu fais preuve de maîtrise transgressive, hors de contrôle traversif ...
Et cette influence, elle est précisément ce que j'appelle une auctorialité créatrice de valeurs, législatrice, à la nietzschéenne, dans une morale des maîtres : un véridisme.

Mais je crois que l'autorité existe encore aujourd'hui, et je dirai humblement que j'en suis la preuve certainement pas unique, sinon que la masse ochlocratique voudrait lui couper salopement l'herbe sous les pieds, et qu'elle y parvient 90% du temps, du fait du nombre, du fonctionnement et de la comportementalité "contemporanistes" admis par tous, pour le petit confort individualiste libéral humanitaire de chacun - phénomène transpolitique, que les critiques sommaires de l'individualisme, du libéralisme et de l'humanitarisme passent leur chemin, qui s'imaginent solidaires parce qu'ils prient "solidarisme", illibéraux parce qu'ils prêchent "antilibéralisme" ou valeureux parce qu'ils clament "humanisme" - sachant que le libéralisme de ce forum, je le situerai au niveau d'un civilisme hobbesien, pour ce que j'en sais, que j'ai du mal à prendre pour un libéralisme en conséquence, peu importe sa magnitude.

Ce qui nous conduirait peut-être, Princeps, à nous interroger sur la valeur de la démocratie aujourd'hui, qu'en penses-tu ? ... Un débat que nous nous sommes à peu près promis, ailleurs. "Messieurs les Anglais (toi, l'hobbesien), tirez les premiers."

Magnifique ! Dommage que le lien sur le "véridisme" ne fonctionne pas. J'ai encore eu une réunion cet après midi pendant laquelle j'ai fait un blocage jusqu'à ce que tout le monde prenne le temps de se mettre d'accord sur qq points de vérité de base sur la situation avant d'essayer de chercher à mettre en place des "solutions". *Héhéhey*

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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Malcolm le Lun 3 Avr 2017 - 21:21

Dommage que le lien sur le "véridisme" ne fonctionne pas.
Les liens vers sexopolitique.blogspot.fr renvoient à un blog que j'entretenais alors, et que j'ai supprimé du Net.
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Malcolm
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Re: Autorité, une notion galvaudée

Message  Duralex le Lun 3 Avr 2017 - 21:42

Mal' a écrit:
Dommage que le lien sur le "véridisme" ne fonctionne pas.
Les liens vers sexopolitique.blogspot.fr renvoient à un blog que j'entretenais alors, et que j'ai supprimé du Net.

J'avais compris ça. Si tu as conservé le texte ça m'intéresse. La Vérité c'est ma marotte en ce moment *Héhéhey*

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Re: Autorité, une notion galvaudée

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