Préceptes pour nos jours

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Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Avr 2016 - 11:58


  • En quoi consiste la sympathie ? — Du grec, symbiose pathétique. — Elle consiste en fusion, confusion. Ne devenez jamais sympas : cela ne fait pas de vous quelqu’un d’antipathique pour autant : vous trouverez vos franchetés, vos franches solidarités. Car le mec ou la meuf sympas ne tiennent jamais qu’à vous contrôler : la sympathie comme instance d’entre-contrôle, contrôle social, « morale » amorale subfascistement dominatrice.
  • Et puis, en quoi consiste la gentillesse ? — Aujourd’hui, la gentillesse désigne l’attitude de qui vous fera des reproches énormes, si vous ne vous comportez pas de même avec lui, dans le même cadre « moral » que la sympathie. Le gentil vous fera des reproches, et finira bien par vous calomnier, à un moment où l’autre ; mais l’absence de gentillesse n’implique pas la présence de méchanceté pourtant. Bref : ne vous montrez pas gentil, quittes à passer pour "méchant" malgré vous.
  • À la fin, en quoi consiste le kikoolol ? — Le kikoolol correspond à la démarche de qui met toute sa science à sourire, quand il ne fait que t’enfiler nesciemment, parce que sa kikoololitude lui sert de camouflage obscur en milieu (perçu et rejeté comme) hostile : la personne kikoolol hait le non-kikoolol : elle aime pour mieux meurtrir.

Mais vous m'en direz tant.
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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Rêveur le Mar 26 Avr 2016 - 14:31

Sur la sympathie : le sympa, selon l'étymologie donnée, ne cherche pas nécessairement à contrôler, à faire que l'autre devienne tel que soi, mais peut lui-même devenir tel que l'autre.

Sur la gentillesse... Pff... M'embête, votre paragraphe, même si je ne sais pas trop quoi répondre. Et puis, vous n'avez pas tout à fait tort, vous pointez quelque chose de juste. Mais généralement, on n'identifie pas cette ligne de conduite à prétention universelle au mépris des autres à des gentils, mais à la gentillesse - et même, généralement, il me semble qu'on emploie un autre mot. À la rigueur, ce seraient plutôt les "méchants", le contraire des gentils, à qui on pourrait identifier le contraire de cette pensée, la pensée non normative. Mais, en passant, j'ai remarqué qu'un certain nombre de méchants auto-revendiqués (qui voient plus loin que le bout de leur nez etc.) étaient effectivement méchants - quoique peut-être un autre terme (je ne sais pas lequel) conviendrait mieux. À force de se piquer d'être méchant, contre une doxa que la rumeur a fait telle (ce qui n'implique pas qu'elle ne soit pas effectivement une doxa, mais on notera que c'est souvent une doxa qui identifie les doxas), on finit par le devenir en effet, par grogner de façon bête et méchante, devenant exactement comme celui contre qui on grogne, mais avec la gueule ouverte en plus. Moi-même, qui me suis fait Princesse Mononoké après avoir eu pour avatar un ewok (et après une plume verte, que j'ai encore sur Digression), je me suis découvert tel, et ai dû me corriger ; plusieurs fois.
J'ajoute que j'ai longtemps été du genre gentil (on me décrivait souvent tel). On dit cela moins souvent ces dernières années. Et il se trouve que je fais des réflexions de plus en plus... Que ça agace... Et pas des Malcolm Cooper, pourtant.

Pour le kikoolol, il me semble que son but premier n'est pas de détruire l'autre, mais que c'est d'abord en effet de sourire, ce qu'il ne sait pas inséparable, quand ce sourire est imposé et définitif, d'une autre utilisation de sa mâchoire. Ou plutôt que sourire, disons de se sentir celui qui sourit, de se voir souriant dans la glace, etc. Je pense qu'on rate le coche en voyant dans le kikoolol un gentil (au sens commun qui ne me semble pas être celui que vous y donnez, qui est plutôt votre conceptualisation du gentil commun) naïf, mais qu'il est seulement niais, et que de fait tout son artifice tout en sourire est empreint de mérite, de sérieux (c'est pas sérieux de ne pas être kikoolol, de ne pas sourire aux autres quand on leur parle etc.) et de froideur. Froideur cynique qui se révèle quand le kikoolol se confronte à une communauté forumique cherchant vraiment à discuter, non kikoolol, ou même anti-kikoolol si ce n'est pas faire trop d'honneur à cette attitude. J'ai connu un cas sur Digression (mais il sévissait aussi ailleurs, entre autre Forum de philosophie, quoiqu'il n'ait eu quasiment que le temps de prendre la porte, après quoi d'ailleurs il s'est réfugié sur Digression pour dire tout le mal qu'il "pensait" de Forum de philosophie, quand il ne faisait pas du babillage de comptoir, ce qui a vite fini par énerver les modérateurs de Digression - surtout ses remarques sur FdP, qui pullulent trop sur Digression).

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Avr 2016 - 17:36

Tu as raison Rêveur : le sympathique devient comme l'autre. Mais le sympathique, que j'apprécie, n'est pas le sympa. Peut-être que mon paragraphe a été maladroit sur ce point : le problème du sympa, c'est qu'il attend que les choses se présentent ainsi que lui, sur sa modalisation, de sorte à ce qu'il puisse gérer les codes ambiants facilement, et ainsi pouvoir mener ses tactiques relationnelles - car aucun sympa n'est dupe du sympathisme, qui, comme on l'aura compris, n'a rien à voir avec la sympathie réelle : celle suscitant l'affectivité selon nos plasticités limbiques, sentimentales-émotionnelles-émotives, suscitant accordances (sympathies), discordances (antipathies) ou concordances (apathies), voire cordialités (empathies), dans ce que cette cordialité peut avoir de plus profond (latin cordis, le cœur). Par quoi le sympathisme se rapprocherait de ce que d'aucuns critiquent sous l'appellation de convivialisme, militant désespérément pour le vivre-ensemble, ce qui n'est jamais qu'une pétition de principes (comportementalité virtualiste) ne proposant aucune valeur (comportementalité réaliste) - confère, surtout sur la fin.

Sur la gentillesse, c'est précisément une façon de la prendre à contre-pied. Naturellement, les gentils, ce sont d'abord les païens. Puis, ce sont les honnêtes hommes, qui ont de l'éducation et de l'élégance, les gentilhommes, les gentlemen. De cette politesse morale distinguée, la bourgeoisie capitaliste a fait - par imitatio mori - un simulacre policé qui, sur la base du christianisme protestant notamment (capitalisme & protestantisme s'allient, cf. Max Weber) donne les "biens, les bons, les justes" critiqués par le Zarathoustra nietzschéen, soit donc les sympas, certes, mais aussi les gentils et, ce, dès le XIXè siècle mieux assurément que le sympa - terme apparu finalement après 68, dans l'idée peace'n love t'as pas du shit, désormais répandue à toute la bobosphère médiaconomique régnante. Car naturellement, Nietzsche avance son bien, son bon, son juste, notamment dans la morale des maîtres et sa Généalogie de la morale, qui n'ont rien des "sales bâtards" que les gentils actuels ont en tête, lorsqu'ils pensent à cette morale ... précisément parce qu'ils lui sont des esclaves. Passons. Passons car, notoirement, on voit que la dichotomie gentil-méchant n'est foncièrement pas la dichotomie bien-mal, où l'une renvoie à la matrone, la gouvernante, la marâtre, la génitrice, qui pour se faire sensiblement obéir convoquent l'attachement et le danger de sa perte, tandis que l'autre renvoie au patron, au gouverneur, au parent, au géniteur, qui pour se faire intelligiblement obéir convoquent l'agencement et le risque du chaos. Du moins, symboliquement, mais je suis assez convaincu (suivre le fil, notamment sur la fin) par leur opérativité concrète. Tout ça pour dire que le gentil, dans une société comme la nôtre, c'est forcément l'efféminé, fort sujet au caprice, de même que le sympa est foncièrement sujet à l'envie.

Au sujet du kikoolol, non en effet, et plutôt oui : il a une fonctionnalité d'abord narcissisante, afin de se donner une image sympa & gentil - à celui qui envoie - par crainte & culpabilité d'être mal reçu, et de perdre en popularité, "capital-sympathie" convivialiste, "gentillesse" anti-méchanceté. Mais alors, en tant qu'il craint & culpabilise, il entre dans des rétorsions folles, où, tout en prévenant le danger & le risque de perte attachementale, il crée les rets d'une interactivité toute de pétitions de principes (comportementalité virtualiste) sans valeur (comportementalité réaliste) - confère, surtout sur la fin, donc. Bref : par malheureux souci de soi d'abord, le kikoolol ruine le réel soin d'autrui, en prévenance efféminée.

Tout se tient.

***

Bref Rêveur : j'ai oublié de répondre à ceci qu'il ne sert à rien de se poser encontre, à travers, à l'opposé, au contraire, et tout ce que l'on voudra, ce qui serait finalement être "antipa" de même qu'il est des sympas. Néanmoins, on ne veut généralement pas savoir, par manque d'esprit de nuance, de finesse et d'analyse - par économie intellectuelle - que le non-sympa n'est pas antipathique, que le non-gentil n'est pas méchant, que le non-kikoolol n'est pas l'aggro. Encore qu'évidemment, tous ces "non" logiques puissent mal tomber, mé-choir, sembler méchant, et ainsi de suite : antipa et aggro. C'est l'esprit de vengeance et de pesanteur nietzschéen, sous le prétendu fun de ton propos (tu dis "sérieux").

Bref : qu'on me permette d'avancer la nécessité d'une parapathie (un à-côté de l'affection), quand bien même on ne fera jamais l'économie ni de l'instinct, ni de l'affect, conceptuellement même (cf. Lev Vygotski - et bien sûr Nietzsche).


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Message  Rêveur le Mar 26 Avr 2016 - 17:59

Malcolm Cooper a écrit:Bref Rêveur : j'ai oublié de répondre à ceci qu'il ne sert à rien de se poser encontre, à travers, à l'opposé, au contraire, et tout ce que l'on voudra, ce qui serait finalement être "antipa" de même qu'il est des sympas.

 Si c'est sincère, tant mieux.

 ...Penser contre la masse, c'est encore penser par elle.
 ...Et penser par les autres, c'est penser avec ses pieds.

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Avr 2016 - 18:00

Rêveur a écrit:Si c'est sincère, tant mieux.
Ça l'est - et véridique, même.
...Penser contre la masse, c'est encore penser par elle.
...Et penser par les autres, c'est penser avec ses pieds.
Oui.

Au reste, ma parapathie me fait songer à la vigilance aux transferts et contre-transferts psychanalytiques - tout ce qui rejoint la vigilance sur-morale nietzschéenne :
Nietzsche, §32 de Par-delà bien et mal, a écrit:Durant la plus longue période de l’histoire humaine — on l’appelle les temps préhistoriques — on jugeait de la valeur et de la non-valeur d’un acte d’après ses conséquences. L’acte, par lui-même, entrait tout aussi peu en considération que son origine. Il se passait à peu près ce qui se passe encore aujourd’hui en Chine, où l’honneur ou la honte des enfants remonte aux parents. De même, l’effet rétroactif du succès ou de l’insuccès poussait les hommes à penser bien ou mal d’une action. Appelons cette période la période prémorale de l’humanité. L’impératif « connais-toi toi-même » était alors encore inconnu. Mais, durant les der­niers dix mille ans, on en est venu, peu à peu, sur une grande surface du globe, à ne plus considérer les conséquences d’un acte comme décisives au point de vue de la valeur de cet acte, mais seulement son origine. C’est, dans son ensemble, un événe­ment considérable qui a amené un grand affinement du regard et de la mesure, effet inconscient du règne des valeurs aristocratiques et de la croyance à l’ « origine », signe d’une période que l’on peut appeler, au sens plus étroit, la période morale : ainsi s’effectue la première tentative pour arriver à la connaissance de soi-même. Au lieu des conséquences, l’origine. Quel renversement de la perspective ! Certes, renversement obtenu seulement après de longues luttes et des hésitations prolongées ! Il est vrai que, par là, une nouvelle superstition néfaste, une singulière étroitesse de l’interprétation, se mirent à dominer. Car on inter­préta l’origine d’un acte, dans le sens le plus pré­cis, comme dérivant d’une intention, on s’entendit pour croire que la valeur d’un acte réside dans la valeur de l’intention. L’intention serait toute l’ori­gine, toute l’histoire d’une action. Sous l’empire de ce préjugé, on se mit à louer et à blâmer, à juger et aussi à philosopher, au point de vue moral, jusqu’à nos jours. — Ne serions-nous pas arrivés, aujourd’hui, à la nécessité de nous éclairer encore une fois au sujet du renversement et du dé­placement général des valeurs, grâce à un nouveau retour sur soi-même, à un nouvel approfondisse­ment de l’homme ? Ne serions-nous pas au seuil d’une période qu’il faudrait, avant tout, dénommer négativement période extra morale ? Aussi bien, nous autres immoralistes, soupçonnons-nous au­jourd’hui que c’est précisément ce qu’il y a de non-intentionnel dans un acte qui lui prête une valeur décisive, et que tout ce qui y paraît prémédité, tout ce que l’on peut voir, savoir, tout ce qui vient à la « conscience », fait encore partie de sa surface, de sa « peau », qui, comme toute peau, cache bien plus de choses qu’elle n’en révèle. Bref, nous croyons que l’intention n’est qu’un signe et un symptôme qui a besoin d’interprétation, et ce signe possède des sens trop différents pour signifier quelque chose par lui-même. Nous croyons encore que la morale, telle qu’on l’a entendue jusqu’à pré­sent, dans le sens de morale d’intention, a été un préjugé, une chose hâtive et provisoire peut-être, de la nature de l’astrologie et de l’alchimie, en tous les cas quelque chose qui doit être surmonté. Surmonter la morale, en un certain sens même la morale surmontée par elle-même : ce sera la longue et mystérieuse tâche, réservée aux conscien­ces les plus délicates et les plus loyales, mais aussi aux plus méchantes qu’il y ait aujourd’hui, comme à de vivantes pierres de touche de l’âme. —
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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Rêveur le Mar 26 Avr 2016 - 18:16

Malcolm Cooper a écrit:Bref : par malheureux souci de soi d'abord, le kikoolol ruine le réel soin d'autrui, en prévenance efféminée.

 On pourrait dire qu'il sacrifie autrui en tant qu'autrui à autrui en tant qu'autre soi-même.

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Avr 2016 - 18:25

C'est de l'humour ?
Sinon, n'y a-t-il pas un accent de trop ?
Enfin, il me semble que oui, sans l'accent : tu ais raison.
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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Rêveur le Mar 26 Avr 2016 - 18:37

Malcolm Cooper a écrit:C'est de l'humour ?
Sinon, n'y a-t-il pas un accent de trop ?
Enfin, il me semble que oui, sans l'accent : tu ais raison.


?

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Avr 2016 - 19:35

"Oui, tu as raison."
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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Rêveur le Mar 26 Avr 2016 - 20:35

?

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mer 27 Avr 2016 - 8:10

On pourrait dire qu'il sacrifie autrui en tant qu'autrui à autrui en tant qu'autre soi-même.
C'est juste, tu as raison donc, mais a ne prend pas d'accent ... Pfiou.
Ceci étant, je viens de comprendre quant à moi qu'avec accent, ça fonctionne aussi. Bon : no comment. Car je n'aime pas le petit jeu inexplicatif auquel Rêveur vient de s'adonner.

***

Sympa, gentil & kikoolol sont symptomatiques de la traversivité régressive dans laquelle nous macérons - sujet singulièrement mais pas antinomiquement déplacé de Psychologie à Éthique et morale, pour ce qu'il s'agit de diagnostics psychanalytiques (Philippe Muray corroboré par l'EHESS, Cynthia Fleury philosophe-psychanalyste respectablement montante dans le paysage audiovisuel, etc.). Car au reste, pour moi, psychologie ou éthique & morale reviennent aux mœurs et leurs structurations, soit "la morelleté", ès humanités bien plus pertinemment qu'à saucissonner bios, ethos, psychè et socius. Au "pire", il s'agit d'une "morologie" phaticienne.


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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Rêveur le Mer 27 Avr 2016 - 16:49

Bon, j'admets que ma phrase n'était pas top. Mais elle était évidemment avec accent.

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Sam 23 Juil 2016 - 14:33

Oui, sympa de (re)préciser.
Au reste, top ou pas, des philosophes s'expriment pourtant ainsi, RAS.

***

Tiré de ...
1° L'altérité, je ne le répéterai jamais assez, c'est la conceptualisation de "l'autrité de l'autre" qui, comme saisie conceptuelle, est une arrogation "désautrifiante". Au fond : on craint son étrangeté, sa singularité, son infamiliarité ontologique, à vouloir penser quelque "altérité".
2° Le vivre-ensemble, je ne le répéterai jamais assez non plus, c'est la tautologie de ceux qui militent (donc vivent) ensemble, en faveur du ... vivre-ensemble ... totalement débile.
3° Le convivialisme, enfin, c'est la théorisation de ce qui justement toujours nous échappe dans la coexistence : les convives sont ceux qui vivent ensemble (con-vivere), vivre-ensemble pour lequel on milite tautologiquement, si bien qu'on le perd en le pensant, car il est foncièrement concarné. La convivialité réelle implique qu'on l'oublie, au profit de sa jouissance. Or il n'y a pas de jouissance dans l'interception théorique au moment des convivialités. Bref : on se ment à soi-même en ne jouant plus que la comédie de sa propre farce convivialiste, vivre-ensembliste, en s'illusionnant follement de prendre en compte l'autre en pensant son altérité : c'est la cerise sur le gâteau (cerise confite industriellement).


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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Georges le Mar 26 Juil 2016 - 18:07

J' ai souvent constaté le type de gentillesse et de sympathie  que vous décrivez Malcom et ceux sont des tactiques relationnelles d'une efficacité redoutable .Dans un premier temps vous vous retrouvé endetté par un sourire ,une parole avenante qu'il vous faudrait bien entendu rembourser .Puis s'il vous vient l'envie de dénoncer la manipulation ,l'argument de l'action gratuite voire de l'altruisme vous tombe dessus .Vous êtes alors de fait un méchant ...


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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Prince' le Mar 26 Juil 2016 - 18:08

Je n'ai pas ma bibliothèque sous la main, mais tout cela me le rappelle à bon droit.
Les Pensées, p.1 a écrit:J'affirme que le monde n'est que l'association des coquins contre les gens bien, des plus vils contre les plus nobles.
Zibaldone, le 11 avril 1821 : a écrit:Aujourd’hui, la place de l’homme dans la société est semblable à celle d’une colonne d’air vis-à-vis des autres et de chacune en particulier. Si elle cède à la pression, par raréfaction de l’air ou pour une autre raison, les colonnes les plus éloignées font pression sur celles qui sont plus proches et celles-ci exercent à leur tour une pression plus ou moins forte de tous les côtés et se précipitent toutes alors pour occuper et remplir l’espace vide. Voilà ce qu’est l’homme dans une société égoïste. L’un presse l’autre, celui qui cède pour une raison ou pour une autre, par manque d’habileté, de force ou de vertu, ou encore parce qu’il laisse un vide d’égoïsme, peut être sûr qu’il sera aussitôt renversé par l’égoïsme de ceux qui l’entourent : il se retrouve compressé comme une machine pneumatique que l’on aurait sans précautions vidée de son air.

NB : Modération : George, je me suis permit de supprimer votre message par soucis de clarté. Vous aviez pleinement raison de réclamer des éclaircissements de ma part.


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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Juil 2016 - 18:48

Georges a écrit:J' ai souvent constaté le type de gentillesse et de sympathie  que vous décrivez Malcom et ceux sont des tactiques relationnelles d'une efficacité redoutable .Dans un premier temps vous vous retrouvé endetté par un sourire ,une parole avenante qu'il vous faudrait bien entendu remboursé .Puis s'il vous vient l'envie de dénoncer la manipulation ,l'argument de l'action gratuite voire de l'altruisme vous tombe dessus .Vous êtes alors de fait un méchant ...
Exactement Georges. En ce qui me concerne, je "ne" vois "que" trop ça.

Princeps, tes extraits me font penser aux "bien, bons & justes" zarathoustriens, pour lesquels Zarathoustra sent que le surhumain serait un démon ! *Lol*

PS: c'est de qui, les Pensées ?

***

Enfin, j'ajouterai que l'enfant zarathoustrien est une forme de remède à toutes ces conneries.
Je dirais qu'il ne sauve pas, mais qu'il éloigne, à condition bien sûr d'accepter cet éloignement, ce qui est une forme de repaire. Par quoi alors on passe pour forban "démoniaque" .......... ! *Lol*


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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Prince' le Mar 26 Juil 2016 - 19:43

Il me semble que Nietzsche a lu Leopardi. Je peux me tromper, mais il cite son nom quelque part.

I pensieri est un condensé du Zibaldone, sorte d'énorme journal, de Leopardi.
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Re: Préceptes pour nos jours

Message  LibertéPhilo le Mar 26 Juil 2016 - 19:54

Princeps a écrit:Il me semble que Nietzsche a lu Leopardi. Je peux me tromper, mais il cite son nom quelque part.
Loué dans le Gai Savoir :
Abstraction faite de Gœthe que le siècle qui l’a produit revendique avec raison, je ne vois que Giacomo Léopardi, Prosper Mérimée, Ralph Waldo Emerson et Walter Savage Landor, l’auteur des Imaginary Conversations, qui fussent dignes d’être appelés maîtres de la prose.

Descendu dans le Crépuscule des idoles :
Ces grands poètes, par exemple, ces Byron, ces Musset, ces Poe, ces Leopardi, ces Kleist, ces Gogol — je n’ose pas prononcer de noms beaucoup plus grands, mais c’est à eux que je pense —, tels qu’ils sont, tels qu’ils doivent être : hommes du moment, sensuels, absurdes, multiples, légers et soudains dans la méfiance et dans la confiance ; avec des âmes dont souvent ils veulent cacher quelque fêlure : se vengeant souvent par leurs œuvres d’une souillure intérieure, cherchant souvent par leurs essors l’oubli d’une mémoire trop fidèle ; des idéalistes parce qu’ils se trouvent tout près du marécage ! — Quelles souffrances ne causent-ils pas à celui qui les a devinés, ces grands artistes et en général tous ceux que l’on appelle hommes supérieurs !…

Entre-temps, Nietzsche a radicalisé ses idées.

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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Malcolm le Mar 26 Juil 2016 - 21:03

Tout ce que vous venez dire m'est excellent.

Je reviendrai sur un point :
Par quoi alors on passe pour forban "démoniaque" .......... !
........ c'est que, jungiennement, l'enfant zarathoustrien les renvoie en miroir auto-difformant (auto-projectif) à leur Enfant Éternel.
* Or, freudiennement (au plan de l'inconscient personnel jungien), cela les renvoie de la même manière à leur infantilisme se-prenant-pour-grand (grands enfants dits "adultes" versus enfant grand zarathoustrien, adulte véridique).
* Puis, adleriennement, cela les renvoie (de la même manière toujours), à leur sentiment d'infériorité ("infériorité de l'enfant" qui est débile, puisqu'on ne compare pas l'incomparable : soit le corps enfantin avec le corps adulte) sentiment d'infériorité dont ils se sont fait un complexe [adlerien, ni jungien ni freudien] d'infériorité (rapport à cette mécomparaison) par lequel leur sentiment de communauté est falsifié en volonté de puissance [adlerienne-type, anietzschéenne] : mais c'est l'enfant zarathoustrien, qui leur garantirait un sentiment de communauté véridique (nietzschéennement noble, dans une morale idoine).
*
Enfin, heideggeriennement, l'enfant zarathoustrien, qui est dans un être-en-propre assumant ses fautes propres, les renvoie à leur propre être-en-faute, qu'ils n'assument pas [impropretité] dans leur nous-on.

La véracité n'est pas chez eux, et affreusement elle les terrasse, au point qu'ils feront tout pour la terrasser, en l'accusant fallacieusement-collusoirement d'affrosité (omerta, bal du diable, hypocrisie, malignité, véreuseté, mensonge consensuel, bienséance, etc.).
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Re: Préceptes pour nos jours

Message  Prince' le Mar 26 Juil 2016 - 22:04

Je n'ai pas encore pu lire tes travaux, mais, Leopardi te plaira - je m'en porte garant.

Entre-temps, Nietzsche a radicalisé ses idées.
Je le trouve cohérent. Il loue toujours la maitrise, mais fini par conspuer l'homme - ce dont je ne peux lui faire grief *Lol* tant Leopardi fini d'exaspérer par sa couardise toute bourgeoise. Je préfère le philosophe au poète, mais il paraît que comme pour Nietzsche l'un va avec l'autre.
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