Platon, postpythagoricien parménido-héraclitéen

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Platon, postpythagoricien parménido-héraclitéen

Message  Malcolm le Mar 10 Mai 2016 - 14:04

Eh bien, dans cette mesure où Socrate n'invente rien à philosopher - encore que son philosopher soit caractérisé & notamment par la malignité platonicienne foncièrement conceptuo-dessiniste, - il faut certes se rendre à l'historisation du platonisme.

Or, que voit-on ?

Nous voyons que Platon enregistre héraclitéennement le devenir, tout autant que la statique d'un être parménidien, qu'il trouve dans le mathématisme pythagorique.

A partir de là, et dans la logique de son ingénierisme conceptuel-design, il s'apprésente l'idée (l'eidos, la forme) dans une sublimité géométrique, qui sera peu absente de la philosophie ultérieure, par exemple dans le plotinisme néo-académicien d'abord, puis le thomisme théologique, rationalisme cartésien ensuite, qui nous court toujours après via le sujet transcendantal kantien, et finalement le moderne platonisme mathématique, désormais traduits & appliqués ès dessins industriels & concept-design de notre âge numérique à l'homme neurocognitif (calculabilité heideggerienne).

C'est qu'il s'agit de l'évolution historique (donc pluri-anthropologique culturelle & historique, dynamiquement), d'une motion nietzschéennement psychologique, par laquelle quelconque penseur se laisse aller aux mathemata qui, pour autant qu'ils trouvent évidenciellement leurs applicabilités ès sciences naturelles & humaines désormais, n'en exercent pas moins un pouvoir de fascination sous le coup duquel Platon philosopha, de par un philosopher ingénieur/ingénierique conceptuel-design dans la démarche, et pertinemment synthétique de la posture de ses prédécesseurs.

Bref : comme tous les philosophes, Platon dialogua avec ses pairs antenatalem (les présocratiques) & anthumes (Socrate, les sophistes), voire anticipativement posthumes (l'apprésentation qu'il se fait des néo/académismes potentiels, et du philosopher à venir après lui). Il faut que le commun des mortels non-ultracognitif finisse par se rendre à la dynamique platonicienne d'une volonté de puissance certes philosophique, mais conceptuelle-design, pour le règne d'un roi-philosophe ...

... ce dont l'Histoire après lui témoigne pragmatiquement de la réussite, philosophique, scientifique et technique, épistémocratiquement. Tout ce qui, pour l'anecdote pas si anecdotique, donne aussi raison à l'historiographie heiddegerienne.


Aussi bien, de même que l'on dit de Descartes qu'il n'est pas extrêmement original, il faut trouver à Platon cette banalité-là. L'un et l'autre sont aussi banals, s'arrangeant littérairement (avec brio, certes) à faire de leur banalisme un exceptionnalisme. C'est presque tout le talent qu'ils ont, en dehors du concept-design pour l'un et de la méthode pour l'autre : qui ne sont certes pragmatistement-conséquencialistement pas négligeables, et font toutes leurs originalités.
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Malcolm
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