Solitude(s)

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Solitude(s)

Message  Malcolm le Mer 11 Mai 2016 - 17:23

solitude \sɔ.li.tyd\ féminin

  1. État d’une personne qui est seule, qui est retirée du commerce du monde.
  2. (Figuré) Sentiment d'être seul ou abandonné.
  3. (Par extension) Lieu éloigné du commerce, de la vue, de la fréquentation des hommes.

C'est le Wiktionnaire qui le dit, soit l'humeur simili-universelle - relativement autoproclamée (pour avoir subi un refoulement sur la volonté de puissance, où je ne sais pas par quel idéalisme encore - enthousiasime en réalité, imprudence avec les Hommes, - je m'imaginais que l'encyclopédie libre était libre d'esprit, alors qu'elle a ses sbires d'humeurs passables) - et qui le dit de toutes façons sur la base des savoirs institués par ailleurs, en seconde main : la solitude, c'est proprement une situation neutre, un "état".
De sorte que la personne seule, puisse effectivement s'en saisir perspectivement, morellement & moralement, en y éprouvant la seconde définition figurée. Mais, si j'en crois Nietzsche l'impie comme tous les hommes pieux d'ailleurs, la solitude, ils en font le lieu d'un ressourcement et d'un recueillement nécessaire. Alors certes, le ressourcement nietzschéen n'est pas de tout repos, au contraire du recueillement religieux en quête de quiétude, mais qu'importe ? ... l'important dans l'immédiat, est qu'ils en fassent le lieu d'une positivité perspective, au contraire de la négativité perspective de la définition seconde.
Quant à la définition troisième, coextensive pas association d'idées, elle est normalement la démarche positive de celui qui se ressource ou recueille, à moins qu'elle ne soit subie à la Robinson Crusoe, qui de toutes façons s'apparente à la réclusion geôlière du prisonnier.
Mais, communément dans nos sociétés droits-de-l'hommistes, cette réclusion devrait être le fait d'un tempérament timoré (craintif), quand elle n'est pas lié aux galères socioéconomiques. Mais galères, qui ne sont encore pas un argument par soi, en ce que la vie droits-de-l'hommiste peut s'investir associativement, en quoi cette réclusion galérienne sera plus l'effet d'intimidation inhérent au discours médiatique, culpabilisant l'inactif en termes de travail capitalistique, aliénation psychofinancière du monde à laquelle échappent certains.
Au reste, et subséquemment toujours, la fameuse "misère sexuelle" de nos environnements, occasionne des frustrations freudiennes ou pas : des fantasmatiques ou des exigences dommageables, par lesquelles nous nous rendons encore à l'aliénation psychosociale du commun des mortels droits-de-l'hommiste. Car en effet, le sexe - et, en l'occurrence, le cul - n'a anthropologiquement pas la même valeur hitorique & culturelle, selon les temps & lieux d'où on l'envisage perspectivement.

Mais voyez comme il est intéressant de prendre en compte l'étymologie de solitude, d'après le Wiktionnaire toujours (décidément utile pourtant) :
De l’indo-européen commun *solwos [1] (« entier ») qui donne aussi le latin salvus (« sain et sauf »), solidus (« solide »), et le grec ancien ὅλος holos (« entier »).
Là, la solitude prend éminemment l'allure des perspectives positives, dépositivée donc, soit neutralisée dans sa définition, où la solitude correspond à la situation de celui/celle pouvant éprouver leur intégrité psychophysique. Or, cela rejoint la philosophie néanmoins pessimiste d'Arthur Schopenhauer, nous disant que les autres sont une plaie, et que dans la solitude seule l'Homme est qui il est, ou peut l'être. Ou bien, cela rejoint la prescience de Martin Heidegger, par laquelle l'être-Là humain découvre normalement - ou peut découvrir - son authenticité, abstraction enfin faite de l'être-dans-la-moyenne de l'On commun, par la confrontation avec notre être-vers-la-mort angoissante, ainsi que de nos possibilité d'être, ou à être, dans l'apprésentation de notre être-été.
Tout ce qui normalement assainit & sauve le cœur humain, avec le courage inhérent.

Naturellement, la socialisation inévitable - sous le coup de l'instinct grégaire comme de la satisfaction de nos besoins vitaux, voire sexuels - conduit à la rencontre, la communication (mise en commun), la compromission, la concession, la collaboration & la coopération, réputées permettre à l'Homme de faire de grandes choses avec d'autres, de par la vie polissée, politique de sens originel, soit l'engagement (mise en gage de soi, où l'on doit se porter garant & normalement promettre au monde, assurer & assumer). Vie polissée, donc tout autant policée au sens de Michel de Montaigne, dont les essais sont un rapport d'expérience solitaire d'ailleurs ; soit donc, vie polie, afin de réduction des frictions sociales de par le monde commun (Hannah Arendt, Condition de l'Homme moderne, titre original : Vita activa). Mais j'aurais aussi bien pu convoquer Aristote, où l'Homme est animal politique dans le Politique, zôon politkon.

De là, donc, que la solitude seule ne pourrait pas suffire, or l'expérience montre que les ermites même ont des visites, et que l'Homme isolé finit fou.
C'est en effet que nous avons besoins d'échanges affectifs, dont les sciences démontrent la radiesthésie, par laquelle nous échangeons des valeurs électromagnétiques - tout ce que nous appelons affectivité, donc, qui nous affecte psychophysiologiquement. Cette radiesthésie est vitale, pour survivre, et autant nous mourrons de n'en plus recevoir, autant nous nous dépersonnalisons, à ne vivre qu'intensivement en groupe - pour quoi les jeunes vivants chez leurs parents ont autant de mal à s'en départir, et que l'autonomisation et l'âge affranchissent normalement, hors névroses familiales.
Mais nous connaissons tous ces expériences (par vécu ou témoignages) de pressentiments à distance, que quelque chose va bizarrement avec l'un de nos proches (familier ou ami), à la suite de quoi il faut abduire que l'électromagnétisme dépasse le champ proxémique de coprésence interpersonnelle. Nous n'en savons scientifiquement pas plus à partir de là. Reste que les amants en supportent alors parfois mal l'éloignement, par besoin affectif/électromagnétique l'un de l'autre, et c'est pourquoi les ruptures amoureuses font si mal.
Mais prenons l'exemple plus simple d'une colonie de vacances finissantes, déroulée dans des conditions relativement heureuses. A la fin, qu'on fut 40 ou 100, les personnes se mettent régulièrement à pleurer au départ les unes des autres, et pas seulement parce qu'elles sont jeunes : le processus se déclenche même avec des personnes non-amies, tout simplement parce que l'affectivité/électromagnétisme se retire progressivement, suscitant une épreuve de faiblesse, dont les larmes sont l'expression impuissante. C'est naturellement plus le cas chez les jeunes, puisqu'ils n'ont pas la vie sociale des adultes par ailleurs, donc l'affectivité/électromagnétisme se reporte normalement, redonnant spontanément de la force dans la démarche, bien avant le départ d'ailleurs, et justifiant pourquoi les rencontres entre adultes inconnus mettent tant de temps à s'approfondir, par rapport à la jeunesse. Jeunesse qui, alors, passe pour l'âge le plus heureux.
Or, ce n'est pas exactement faux quand on pense que la nature ne nous a originellement pas bien programmés pour vivre au-delà de 30 berges, où à l'état d'incivilisation brut, on est alors déjà grand-parent, après avoir été parent autour de 15 ans (soit la puberté terminée, ou maturité sexuelle, ou capacitation psychophysiologique développementale de l'enfantement). Bref. Cela pourrait sembler nous éloigner de notre sujet de la solitude, si pourtant nos civilisations hypersophistiquées n'occasionnaient pas conséquemment des nervosités psychophysiologiques, à faire des enfants en moyenne autour de 30-35 ans désormais - surtout pour les femmes, particulièrement sujettes à la dépression & la bipolarité, quand les hommes se suicident et se schizophrènent statistiquement plus volontiers, du fait du comportement des femmes.
Célibattances ...

Néanmoins, on voit bien que la chasteté est un comportement potentiel, et relativement courant (toutes proportions gardées) dans l'Histoire universelle. De sorte que la solitude sexuelle ne soit religieusement et philosophiquement pas exactement un mal (ça dépend des tempéraments, comme toujours).
Au-delà, nombre de sociétés mettent en place des retraites individuelles, par exemple dans la formation initiatique du chamane, qui doit friser la folie d'ailleurs par sa durée, et dans laquelle il développe sa capacité de transe, dont l'étude scientifique du cerveau démontre qu'il entre dans des états de psychoses, borderlinesses & maniacodépressions, dont il ressort pourtant intègre, sans séquelle.

Bref : la solitude n'est jamais mal vécue que lorsqu'elle est soit mal comprise, soit qu'on a un tempérament nécessiteux, dont la possessivité, par exemple, est un signal compensatoire - ainsi qu'une conséquence, d'ailleurs, développée par les personnes aux tempéraments ne supportant pas la solitude.

Et enfin, la solitude, elle nous confronte à la séparation, dont l'origine se trouve à la naissance inconsciemment traumatisante (Otto Rank). Expérience de la séparation d'avec autrui, ressouvenant tout autant la quiétude placentaire que le bercement maternel & parental/familial, comme par compensation. Par quoi, seul, on peut bien dire qu'on accède à un sentiment d'entièreté ... à moins que la relation initiale mère-enfant et plus largement parent/famille-enfant ait été mauvaise. Auquel cas, psychanalytiquement, la solitude sera mal comprise/vécue par tempérament, comme d'instinct, dirait Nietzsche.

Voilà voilà.

Au reste, je suppose que nous pourrions enchaîner à la fois psychologiquement & philosophiquement, car chaque philosophe nous donne un entendement meilleur de la (des) solitude(s) possible(s).

A vous les studios.


Voir aussi :


http://www.cnrseditions.fr/sociologie/6226-l-ombre-de-dionysos-michel-maffesoli.html
« Il est certain que la circulation du sexe, l’éclatement initiatique du soi, l’effervescence orgiaque renvoient à l’“extase”, à l’outrepassement de l’individu dans un ensemble plus vaste. Et il est frappant de constater que la domestication des moeurs, l’idéologie du risque zéro, l’asepsie de l’existence, les divers changements socio-économiques, les développements scientifiques et techniques n’ont en rien amoindri cette pulsion à l’errance. »  Michel Maffesoli


***


Sans parler des démarches potentiellement philosophiques liées, à commencer par l'hédonisme solitaire de la BD - qui n'est pas le consumérisme néo-tribal des autres, Ombres de Dionysos maffesolien, donc ...

***

Voir encore ...



Dernière édition par Malcolm le Ven 10 Mar 2017 - 16:57, édité 2 fois
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Re: Solitude(s)

Message  Georges le Ven 13 Mai 2016 - 12:51

Bonjour .
La solitude a toujours été considérée comme la punition par excellence ceci du bannissement clanique à l'incarcération moderne dont la mise à l'isolement reste la sanction la plus dure .En bref, tu as fait le mal ,la douleur de la mise au banc remboursera la dette contractée de par ta faute .Commerce de douleur ...une souffrance pour une autre ...
De là difficile de considérer une solitude non choisie comme positive .Resterait cependant une mise à l'écart voulue ,possiblement positive dans le fait qu'elle raillerait la vie en société par la pratique d'une auto-suffisance "heureuse" .
Mais qui ,quel type d'homme peut se targuer d'un tel choix ? Ou plus précisément qu'elle sorte de solitude choisie n'est pas une punition faite à soi-même ?

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Re: Solitude(s)

Message  Malcolm le Ven 13 Mai 2016 - 13:11

Tout ce que disent mes posts précédents, qui précisént bien que les ermites mêmes, contrairement à l'imagerie d’Épinal, sont visités ...
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Re: Solitude(s)

Message  Georges le Ven 13 Mai 2016 - 13:53

Ok ,le problème est ,par exemple , que je ne connais pas Heidegger et que si j'arrive à me faire une idée du "être dans la moyenne" du "à être" et du "être été" la notion de notre "étre-vers-la-mort-angoissante" m'échappe totalement .Pourriez -vous la préciser ?

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Re: Solitude(s)

Message  Malcolm le Ven 13 Mai 2016 - 14:17

Je vous invite ici, ou sur tout autre support aisément accessible de par le Net.
Mais, rapidement, nous sommes chacun un Dasein, être-Là, soit étymologiquement existant, se-tenant-là-auprès-des-choses (des étants - ontiques - obscurcissant leur/l'être - ontologique). L'être-Là a cette disposition de constituer une clairière, ou éclaircie, de l'être, et du sens de (l')être.
A partir de là, nous avons toujours déjà à être (possibilité d'être/à être).
Or, ce toujours déjà renvoie dualement à l'être-été (la remémoration présente par laquelle nous nous déterminons/projetons) et au devancement/à la résolution devançante (ladite détermination/projection), du fait de l'Ereignis (avenance/avènement/émergence) de l'être des étants, dans le temps (temporalité de l'être-Là, ontiquement temporellisé, où la temporelleté est le décours ou le rythme de l'être-Là).
A ce titre, nous tendons plus et moins innocemment à ignorer notre être-vers-la-mort, car il est angoissant, en nous réfugiant dans l'On de l'être-dans-la-moyenne et ses automatismes, où nous dénions notre authenticité d'être existant, inauthentiquement donc (sorte d'aliénation).
Cette situation est angoissante. Passer de l'inauthenticité à l'authenticité est angoissant, et de toutes façons l'inquiétude est une modalité existentielle, perpétuelle.
Ce passage est dynamiquement & intimement solitaire, du moins dans l'âme (l'allant), quand bien même ne pouvant se passer d'être-au-monde ni d'être-avec.

Cordialement
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Re: Solitude(s)

Message  Prince' le Sam 14 Mai 2016 - 12:30

Malcolm S. Cooper a écrit:Tout ce que disent mes posts précédents, qui précisent bien que les ermites mêmes, contrairement à l'imagerie d’Épinal, sont visités ...
Oui. Le sage grec est consulté.
Georges a écrit:De là difficile de considérer une solitude non choisie comme positive .Resterait cependant une mise à l'écart voulue ,possiblement positive dans le fait qu'elle raillerait la vie en société par la pratique d'une auto-suffisance "heureuse" .
Attention, la solitude n'est pas forcément un état permanent. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, Thoreau se planque dans sa cabane au fond du jardin ; il ne s'exil pas en Alaska. La solitude fait peur dans un monde hypertrophié par la "relation sociale". On ne sait même plus ce que signifie être seul, ni les bienfaits de la chose. Et de ce point de vue, les smartphones sont bien plus qu'un fil à la patte. :roll:.

La solitude ne forge pas le caractère. En revanche, il en faut drôlement pour s'isoler. Il faut aussi savoir ce qu'on entend par solitude. J'ai toujours en tête ce que disait Ortega de son exil à Paris : seul, il dialoguait avec les statues. Etait-il seul ? Je ne le pense pas.
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Re: Solitude(s)

Message  Malcolm le Sam 14 Mai 2016 - 16:44

La solitude ne forge pas le caractère. En revanche, il en faut drôlement pour s'isoler.
Des caractères peuvent s'y révéler.
Il faut aussi savoir ce qu'on entend par solitude. J'ai toujours en tête ce que disait Ortega de son exil à Paris : seul, il dialoguait avec les statues. Etait-il seul ? Je ne le pense pas.
Quand on sent que l'inconscient, c'est le discours de l'Autre, et quand on sait que la culture, c'est consciemment le discours des autres, assurément non.
Ouvrir un auteur apprécié, c'est comme retrouver un ami.
Oui.
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Re: Solitude(s)

Message  Prince' le Sam 14 Mai 2016 - 17:21

Des caractères peuvent s'y révéler.
C'est une nuance à laquelle je peux souscrire.
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Re: Solitude(s)

Message  Malcolm le Mer 18 Mai 2016 - 1:18

On attend toujours les réactions de ceux/celles par qui ce topic naquit.
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Re: Solitude(s)

Message  Ragnar II le Ven 20 Mai 2016 - 18:55

.



.

Par ailleurs :

« Solitude : ma patrie ! »

Nietzsche, bien sûr ...

.

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Re: Solitude(s)

Message  Georges le Ven 20 Mai 2016 - 18:58

Si je comprends bien ce que vous me dites , on serait le moyen par lequel est fuit l'angoisse que crée notre propre mort à venir .Or cette fuite nous éloignerait de notre propre être qui n'atteindrait l'authenticité que par l'acceptation de la possibilité de l'impossibilité d'être .La solitude aurait donc cette qualité de nous couper du on ,et de par l'angoisse qu'elle générerait de nous rapprocher de notre véritable être .En extrapolant ,c'est seulement en devenant ce qu'il est ,libéré du on ,que l'homme peut alors créer une relation avec autrui : un nous .

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Re: Solitude(s)

Message  Ragnar II le Ven 20 Mai 2016 - 19:04

.

Remarque toute personnelle :

En avançant en âge et en voyant mourir un à un tous mes copains d'enfance, j'entrevois déjà tout ce que pourrait signifier en réalité la solitude. La vraie.

(Pas la solitude « philosophique » ...)

.

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Re: Solitude(s)

Message  LibertéPhilo le Ven 20 Mai 2016 - 19:09

Dans l'Antiquité, on voyait mourir ses copains bien plus vite qu'aujourd'hui, donc les leçons de Sénèque ont tout leur sens.

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Re: Solitude(s)

Message  Prince' le Ven 20 Mai 2016 - 19:10

La solitude subie de la solitude voulue. On en revient toujours à cette dichotomie.
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Re: Solitude(s)

Message  Ragnar II le Sam 21 Mai 2016 - 2:21

Philo a écrit:Dans l'Antiquité, on voyait mourir ses copains bien plus vite qu'aujourd'hui, donc les leçons de Sénèque ont tout leur sens.

Sera-t-il permis à tout athée matérialiste radical d'adorer Sénèque comme un vrai chrétien adore Jésus de Nazareth ?

.

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Re: Solitude(s)

Message  Ragnar II le Sam 21 Mai 2016 - 2:23

Princeps a écrit:La solitude subie de la solitude voulue. On en revient toujours à cette dichotomie.

Heu... non, pas toujours ... La solitude de Nietzsche est simultanément subie et voulue ...

La mienne aussi, camarade ...

.

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Re: Solitude(s)

Message  Ragnar II le Sam 21 Mai 2016 - 2:31

Malcolm S. Cooper a écrit:
Ouvrir un auteur apprécié, c'est comme retrouver un ami.
Oui.

Je le dis parfois, je le répète ici :

Nietzsche, c'est mon meilleur ami, Saint-Exupéry, c'est mon cousin germain et Camus, c'est mon frère !

.

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Re: Solitude(s)

Message  Prince' le Sam 21 Mai 2016 - 2:49

Ragnar II a écrit:
Princeps a écrit:La solitude subie de la solitude voulue. On en revient toujours à cette dichotomie.
Heu... non, pas toujours ... La solitude de Nietzsche est simultanément subie et voulue.
Parfaitement. On a toujours deux types de solitude. L'une n'exclue pas l'autre. C'est une des apports du Zarathoustra. Il cherche la solitude, encore qu'il soit accompagné* ; puis les Hommes la lui impose. Paradoxalement, il fuit ses disciples. C'est toute la complexité de la solitude qui est évoquée. Le sous-titre est éclairant : « Un livre pour tous et pour personne »

Pour faire échos à un autre sujet : Nietzsche nous l'apprend fort bien, mais on peut tout aussi bien faire sans.
* J'imagine qu'il est possible de psychologiser l'attrait pour le soleil, et l'affection pour son serpent et son aigle.
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Re: Solitude(s)

Message  Malcolm le Sam 21 Mai 2016 - 14:14

Georges a écrit:Si je comprends bien ce que vous me dites , on serait le moyen par lequel est fuit l'angoisse que crée notre propre mort à venir .Or cette fuite nous éloignerait de notre propre être qui n'atteindrait l'authenticité que par l'acceptation de la possibilité de l'impossibilité d'être .La solitude aurait donc cette qualité de nous couper du on ,et de par l'angoisse qu'elle générerait de nous rapprocher de notre véritable être .En extrapolant ,c'est seulement en devenant ce qu'il est ,libéré du on ,que l'homme peut alors créer une relation avec autrui : un nous .
Bravo ! :) Vous reformulez judicieusement bien.
Quant au nous dont vous parlez, il me fait penser à la sérialité sartrienne devant se résoudre en individualité collective - Sartre s'inspire de phénoménologues tels qu'Husserl & Heidegger.
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Re: Solitude(s)

Message  Ragnar II le Mar 31 Mai 2016 - 7:56

.

Voilà, j'ai écouté le type très attentivement, et il met en réalité de l'avant un principe déjà bien expliqué en son temps par Henri Laborit, d'une part, et plus récemment par la Nouvelle philosophie de l'information, d'autre part ... Si je m'explique bien le fait qu'il ne soit pas au courant de la Nouvelle philosophie de l'information, dont personne n'a entendu parler en France, je ne comprends pas qu'il ait pu passer à côté des travaux de Laborit, qui a travaillé surtout en France et très peu à l'étranger ... Bizarre, car il est instruit et intelligent ... (Ça doit cacher quelque chose  *???* )

Ce principe, c'est la mise en forme mécano-électro-chimique du circuit neuronal par la création permanente de nouvelles connexions synaptiques à la suite d'une sensibilité à ce que fait, pense et dit l'autre. Le bonhomme passe très vite sur la physique des neurones miroirs en notant qu'il ne connaît pas bien ça, ce qui expliquerait le fait qu'il développe quelque chose ayant été développé avant lui sans qu'il le sache ...

Très intéressant quand même, à cause de l'emploi du mot « âme » dans un sens détourné de celui de la croyance aux arrière mondes.

.

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