La période historique - problèmes méthodologiques

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La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Princeps le Mer 25 Mai 2016 - 22:22

Tu n'as pas idée des débats sur les bornes chronologiques.

Sujet initial : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1217-modernites

Malcolm S. Cooper a écrit: (...)
Mais à partir de là, il est permis de dire ceci :
1) les historiens situent la modernité de la Renaissance (fin du Moyen-Âge) à l'ère industrielle (XIX-XXèmes), avant que de faire démarrer l'époque contemporaine milieu XXème.
2) les penseurs au sens large, contemporains, n'arrêtent pas au contraire de se débattre avec cette notion de modernité, en la faisant une hydre, protéiforme.
(...)


Dernière édition par Princeps le Jeu 26 Mai 2016 - 11:52, édité 1 fois
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Invité le Mer 25 Mai 2016 - 22:59

Oui, d'ailleurs, la modernité pourrait tout aussi bien s'arrêter selon certain début XIXème ...
En fait, c'est un défaut de notre époque, que de vouloir faire son Histoire en Temps Réel, assez débilement d'ailleurs, sur le mode de l'actualité.
Logique, vue la récence des choses, que nous ayons des difficultés à nous temporaliser globalement.
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Princeps le Mer 25 Mai 2016 - 23:24

Plusieurs remarques.
Effectivement, il existe un courant, "l'histoire du temps présent", qui me semble être un sorte de journalisme + +. In fine, on interroge le rôle de l'Histoire dans une société. Méthodologiquement, j'y vois une dénaturation du "métier d'historien". Mais, par les temps qui courent, la chose ne me déplait pas. J'ai suivi un semestre sur la guerre au Mali - et plus largement sur l'Afrique post-coloniale - on adopte une vision fort différente des choses.

Tu poses aussi la question du "type d'histoire". Selon l'angle d'approche (histoire du genre, histoire sociale, histoire des représentations, histoire militaire, histoire de la diplomatie, histoire de l'art, histoire de la technique, histoire de l'administration, histoire des idées et j'en oublies surement *Lol* ) le bornage chronologique varie. S'ajoute que les espaces n'évoluent pas "ensemble", on le dit trop peu ! La Renaissance éclaire superbement cela.
On peut lire le bouquin de W. Ferguson sur "Le Renaissance dans la pensée historique", on y trouve des choses (très) stimulantes.
S'en suit qu'on s'émancipe difficilement de certaines traditions. Certaines dates sont considérées comme des ruptures par habitude (habitus *Lol*). Il y a un consensus implicite sur la critique à formulée mais personne ne s'y risque. Ce qui 1) est dommage pour le grand public, étranger de ces "consensus silencieux", 2) pourrit la vie des élèves, 3) est complétement con - à bon entendeur.

NB : Le découpage de la bibliothèque historique a été longuement réfléchit ::romain:: : http://www.liberte-philosophie-forum.com/f20-histoire
Ne me lance pas sur la "modernité", il y a trop à dire.
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Invité le Mer 25 Mai 2016 - 23:51

Non mais c'est cool tout ce que tu dis là, et j'en apprendrai volontiers plus de ta part.
Au reste, si je poste ces éléments ès sociologies, ce n'est pas pour causer historiographie :)
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Princeps le Jeu 26 Mai 2016 - 0:10

Mea culpa. Je me laisse emporter par ma faconde *Lol*.
Ouvre dont un sujet, j'y répondrai d'ici 6 à 7 semaines ::romain::.

Nb : je ferai un trie demain, en classant le sujet dans la bibliothèque.
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Message  Invité le Jeu 26 Mai 2016 - 10:39

Tua causa, neque culpa ; id non mentem meam ut culpare.
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Princeps le Jeu 26 Mai 2016 - 12:14

Modération : J'ai divisé la discussion pour permettre à celle-ci de se poursuivre.
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Invité le Mar 31 Mai 2016 - 17:53

En fait, si par modernité on entend bien le caractère de ce qui est moderne, et par moderne, ce qui est relatif au mode, à la mode, à la modalité, à la modulation, à la modification, on est confronté à un lourd problème, pouvant aller jusqu'à l'absence de "modernité en soi".

En effet, dès lors qu'un Homme se serait saisi de ses modi vivendi, il aurait fait preuve de modernité, il aurait été moderne. Cela remonte au moins au néolithique, si ce n'est finalement pas la dynamique propre à la vie, où nous pourrions convoquer Rimbaud "Il faut être absolument moderne" comme en pléonasme, car on l'est quasi-fatalement, serait-ce à nos heures perdues. Aussi la modernité historienne insisterait-elle sur l'intensification d'un "modernisme" (compris comme tendance à la dynamique moderne), qu'il n'est certes pas impertinent de faire commencer à la fin du Moyen-Âge.

Pour autant, les Hommes d'alors devaient foncièrement se vivre non comme modernes (histoire des sensibilités) mais comme, précisément, développeurs de leur modus vivendi inhérent aux bourgs & ateliers, eux-mêmes affranchis/relativement oligarchisés, au prétexte des croisades/seigneurs croisés, absents. Donc avant tout, comme une modernité étymologique (adaptativité) mais concordant avec les circonstances. Aussi bien n'ont-ils "rien" de modernes historiennement. Je n'en ai plus d'exemples en tête, mais nombre de BD reconstitutives lues dans ma jeunesse, témoignaient assez bien de ce sentiment, psycho-projectivement/intuitivement/artistiquement de sens commun (les loges francs-maçonniques opératives, par exemple, ou bien un certain steampunk/une certaine uchronie).

Il en est de même avec la période classique, qui n'est vraiment pas moderne, mais aussi néotraditionnaliste refondatrice autoritairement au plan stylistique, que n'importe quelle motion avant-gardiste dix-neuvième ou vingtiémiste. Les Lumières-mêmes, ne font jamais au fond, que développer les découvertes classiques dans leur classicisme spécifique (Newton était alchimiste & franc-maçon spéculatif, par exemple). Bref : ces Hommes ne se vivaient pas comme modernes.

Au XIXème, l'industrialisation et l'expansion coloniale encore, sont de ces développements, fondateurs d'un néotraditionnalisme industrialiste qui trouverait ses apologistes en Saint-Simon & Comte, ainsi que son expressivité dans - justement - l'expressionnisme pictural, mais encore le réalisme socialiste, et toutes les "réclames" américaines. Les propagandes (anti)totalitaires en sont autant d'illustrations apologétiques idoines, sans même parler de la publicité pour Moulinex ès seventies.

En somme, je gagerais falloir élargir les cycles d'innovations de Joseph Schumpter hors-capitalisme, même, pour une cyclicité "moderniste" d'environ deux siècles, où l'anti- ou alter-mondialisme contemporains tenteraient de refonder une néotradition écologisante, à moins que nous en venions à un néo-Germinal ultrazolien, à caractère, précisément steampunk (ou plutôt : technopunk, electropunk, microprocessopunk, bref cyberpunk, ainsi que les Daft Punk peuvent en exprimer musicalement, par exemple).

On m'a compris : quand bien même jusqu'à cette réflexion, il m'arriva de penser la modernité dans les termes dont j'ai hérité consensuellement, il me semble que "modernisme & traditionalisme" soient dans une dialectique sempiternelle inexorable, comme en couple Apollon-Dionysos ... baste.
Tout ce qui me fait penser à l'anthropologue Bruno Latour, Nous n'avons jamais été modernes, initialement cité. Notre époque, comme toute époque, et quand bien même Nietzsche lui trouvait une bigarrure dégoûtante, ne serait "rien de plus" que dans un énième chronocentrisme, de même qu'il en discernait chez les classiques.

"Rien de nouveau sous le soleil."


Notez que je ne suis absolument pas historien, mais historien de la littérature et de la philosophie, estudiantinement & amateurement. Historien novice, quoi. Sinon que Philippe Muray, historianisant en littérateur-psychanalyste, vit nombres de ses intuitions sociohistoriques corroborées par l'EHESS. Bref : transdisciplinarité nécessaire, "paraspécialité", humanisme des (comporte)mentalités, République des savoirs.
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Invité le Jeu 3 Nov 2016 - 0:11

Ortega y Gasset, /la Révolte des masses/, p.32, ''4. la Croissance et la vie'', éd. Stock, 1937 a écrit:Aucune parcelle de terre n'est plus isolée désormais dans ses limites géométriques, mais dans bien des questions d'ordre vital, elle agit dans les autres secteurs de la planète. Si nous ajoutons foi au principe physique qui veut que les choses soient là où elles agissent, nous reconnaitrons aujourd'hui que chaque point du globe possède la plus réelle ubiquité. Cette proximité du lointain, cette présence de l'absent a élargi, dans une proportion fabuleuse, l'horizon de chaque vie.
Précurseur de Marc Augé et sa surmodernité.
Toujours du Marc Augé avant l'heure :
Ortega y Gasset, /la Révolte des masses/, p.39, ''4. la Croissance et la vie'', éd. Stock, 1937 a écrit:... nous vivons en un temps qui se sent fabuleusement capable de réalisation, mais qui ne sait pas ce qu'il veut réaliser. Il domine toutes les choses, mais n'est pas maître de lui-même. Il se sent perdu dans sa propre abondance. Avec plus de moyens, plus de savoir, et plus de techniques que jamais, le monde actuel est le plus malheureux des mondes : il va purement et simplement à la dérive.
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Re: La période historique - problèmes méthodologiques

Message  Princeps le Jeu 3 Nov 2016 - 10:08

Le passage sur la décadence est d'une modernité troublante.
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