Epistémologie : éléments, problèmes, limites

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Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Mar 7 Juin 2016 - 1:24

Je suis surpris de n'avoir pas lu encore de topic s'intéressant à l'épistémologie-même et ses conditions de possibilitlé, en tant que logos sur l'épistémè, raisonnement/discours/propos sur la connaissance. Car si donc la connaissance connaît la connaissance, connaît les conditions de possibilité de la connaissance, ou d'un certain type de connaissance, c'est toujours connaissance et, de même que pour la "prie de recul" mentale, nous sommes pris dans une mise en abyme, comme par réfraction de miroirs opposés au moins.

Néanmoins, une certaine distance critique certes sert la connaissance d'une connaissance, de quelque ordre d'ailleurs soit cette connaissance, du moment qu'on commence à s'interroger sur ses postulats, présupposés, économies (sens répartitif), environnements généalogiques et ergonomiques, etc.

Reste que l'épistémologue-même demeure soi-même sujet à sa pratique, or c'est précisément ce que fit/tenta Bourdieu en socianalyse, afin de dégager son "inconscient sociologique" (sujet de thèse dans son milieu béarnais d'origine), pour mieux sociologiser ensuite à tous les niveaux, grâce à sa prise de conscience/son éveil intellectuel.

Qu'est-ce à dire ?


Dernière édition par Malcolm le Ven 10 Mar 2017 - 0:21, édité 2 fois
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Zététique

Message  Invité le Ven 10 Juin 2016 - 17:51

J'invite au visionnage de cette chaîne sur la zététique, pour tous ceux qui veulent creuser leur connaissance de la connaissance. On peut lui "reprocher" ou réprouver sa vulgarisation, mais à vrai dire ça reste efficace.

J'aurais pu poster cela dans la partie Bibliothèque, mais je pense qu'il y a bien des choses à en dire/discuter. D'abord de ce que la zététique (doit) se retourne(r) nécessairement sur/contre elle-même, puisque le zététicien n'est pas anhumain/extraterrestre. Il peut dénoncer certains processus (voir la vidéo sur la rationalisation, ou la tentative de faire cohérence rationnellement, quand bien même apragmatiquement) dont pourtant nous procédons tous.

Il y a une distanciation/prise de recul, nécessaire, mais alors où nous trouvons-nous ? Où se trouve le zététicien ? ... Et d'ailleurs, où se trouve quiconque envisage réalistement telle ou telle réalité, scientifique, philosophe, artiste, sciento-philosophe, sciento-artiste, philosophe-artiste, sciento-philosophico-artiste ? ... ... ... Il serait irréaliste de dire cet onque pré-réaliste/anté-réaliste, dans une espèce de métaréalisme en amont ou en aval, peu importe.

Celui qui prend du recul, qui se met en réserve, qui "se tapit dans la pénombre", est dans un (re)coin aussi réel que les réalités qu'il envisage, pragmatiquement ou non. Or, au nom de sa posture, il prétend à un meilleur regard, à tout le moins plus enveloppant/englobant, donc ayant ses espèces de sur- ou trans-pertinences viables, rapport au sujet/à l'objet considéré. Mais je reviens sur le fondement-même de cette posture circonspecte, qui dit déceler le fondement d'autres postures plus prospectes (alors que la posture circonspecte prospecte les autres postures ... effet de secondarité) : ce fondement est au carré voire au cube, selon le niveau de qui s'y place, censément préconceptuel. Or, nous constatons régulièrement que cette préconceptualisation (censée se passer de préconceptions, si l'on m'a suivi ... ), procède très régulièrement de conceptions & concepts idoines, servant de grille de lecture. Car concrètement, une posture préconceptuelle serait proprement prélogique, déstructurelle, - délirante ? ...

Elle le serait (délirante), si elle devait effectivement & radicalement s'en passer (de concepts). Mais il existe une option, dans l'écoute, la disponibilité, la disposition, l'accueil, la sensibilité voire la sensitivité, après laquelle on peut faire le bilan. Un peu comme l'observation participative anthropologique, ou bien l'écoute flottante psychanalytique - quand bien même la zététique s'en prend à la psychanalyse.
Sur la psychanalyse:
En effet, la psychanalyse n'est pas curative. Et la psychanalyse est dans une épopée tragique existentielle, dans l'empathie de cette épopée tragique, que nous avons tous plus ou moins à vivre, en cherchant ou non à nous optimiser/réaliser & à réaliser/pessimiser. De sorte que, sur le film le Mur dont ils parlent, je dirai :
Le mur est un documentaire très intéressant, dont on sent bien finalement, (vidéo 3/3) à l'énoncé du "manque de moyen de sa maman", qu'il a été réalisé pour se protéger soi-même, protéger sa conception du réel, par amour maternel, dans l'espérance d'une adaptation rassurante aux sociodynamismes actuelles. Et s'ils étaient indadaptés, eux sociodynamismes ? Mais attention : inadaptés à la vie authentique du Dasein, pour causer Heidegger - à cause de leurs Gestell.
Voilà voilà. Tout ceci moins pour causer psychanalyse, qui après tout n'est qu'une potentielle croyance parmi d'autres, mais d'abord pour illustrer ce fait, que le zététicien-même/l'épistémologue, se passe mal d'infondement. Et, comme dirait Montaigne au sujet des fondements : "Sur un trône, on n'est jamais assis que sur son cul." De quoi descendre nombre de personnes qui, jouant la comédie bien réelle de la circonspection (car c'en est une, qui a ses espèces de résultats non-négligeables), n'en est pas moins une farceuse aux grands airs (régulièrement assez subtile pour jouer la comédie bien réelle de l'air-de-rien).

Conclusion :
Zététique (discipline critique) =/= scepticisme (Montaigne and co.).
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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Lun 4 Juil 2016 - 18:41

Je conseillerai encore à quiconque - mais pourquoi je pense à un intervenant en particulier ici, quand bien même "scientologue" ? lol - de regarder assidument cette chaîne YouTube : Hygiène mentale.

Au reste, c'est une bonne instruction, pour quiconque, et je m'inclus dedans, pour cette seule raison premièrement, qu'un rappel ne fait jamais de mal. Mais pour cette autre raison, qu'on n'est jamais assez bien rôdé, crois-je modestement.

Alors 1° fausse modestie ?
Et le rappel 2° si nécessaire ?
Et le jamais-assez-bien-rôdé 3° fatal ?
Et cette chaîne 4° vraiment fiable ?

1° Psychologiquement, rien n'est pur. Ça tombe bien, parce que physiquement, non plus.
2° Moralement, le rappel peut faire effet-rabat-joie, et finalement lasser. Les plus doctes-prudentiels finissent par nous détourner de la prudence-même (d'où la sage non-sagesse nietzschéenne, entre autres : à un moment donné, il faut bien agir/vivre or, pour agir/vivre, on ne peut constamment suspendre son jugement, une part des données nous manquera potentiellement toujours : et alors ? - où le zététicien reste a priori en touche : d'où le distinguo zététique/scepticisme dans le message précédent).
3° L'immense majorité des Hommes, ont ce qu'on appelle didactiquement des savoirs insus, ou réflexes, instinctifs, habitués, fort opérants - au moins à leur niveau, quand bien même l'erreur est humaine.
4° Citer ses sources et en appeler à la vigilance en général, n'est pas un argument : une vidéo de la chaîne-même en défend. De plus, la vigilance, à terme, cela devient vigipirate :


... où l'extrême-prudence ou vigilance, est mortifère, dans l'ordre du manque-à-agir/vivre, de l'erreur-qui-est-humaine, de l'effet-rabat-joie, et de l'impurisme psychologique.

De sorte que nous ne sachions plus à quel saint nous vouer, et que l'illusion est aussi nécessaire à la vie. Par exemple, l'illusion sophistique.
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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Gaes le Sam 3 Sep 2016 - 16:36

M.C a écrit:Conclusion :
Zététique (discipline critique) =/= scepticisme (Montaigne and co.).

D'après la définition que vous semblez donner du scepticisme et de la zététique, je crois qu'on peut dire que la seule différence se base sur la réfutabilité/l'empirisme. Le scepticisme va jusqu'à remettre en cause l'empirisme, la validité de l'observation/l'expérience, alors que la zététique s'en tien au cadre de la méthode empirique, car la zététique est au service du bon fonctionnement de la science.

La zététique serait donc une forme moins poussée du scepticisme, qui s'arrête au fondement de la science, alors que le scepticisme va bien plus loin, mais dépasse un seuil où tout est vrai et tout est faux, c'est à dire du type nihiliste. Si l'on doit choisir lequel utiliser dans la recherche de la connaissance, je pense donc que le plus utile est la zététique.

M.C a écrit:De sorte que nous ne sachions plus à quel saint nous vouer, et que l'illusion est aussi nécessaire à la vie.
Je ne comprends pas en quoi l'illusion est nécessaire à la vie. L'illusion, dans le sens de vérité contraire à l'objectivité/l'observable, est difficilement utile de manière générale. Mais peut-être avez vous des exemples de cas dans lesquels elle est utile ? Il est vrai qu'il en existe, mais uniquement dans un but hédoniste. Mais, quand bien même l'illusion est utilisé dans un but hédoniste, cette utilisation implique une sortie de l'illusion, et donc l'illusion est artificielle.

Donc dans l'absolu, l'illusion peut être utile pour l'hédonisme, dans un but de stimulation positive, mais elle est alors artificielle. Par exemple, la publicité crée des illusions artificiellement pour provoquer un désir d'achat, et donc crée potentiellement des entités émotionnelles positives. Pourtant, il y a toujours une étude marketing derrière cette illusion.

Après, dans un cas d'absence totale de connaissance de la possible existence de l'illusion, celle-ci peut être non consciente, et donc non artificielle. Mais à partir du moment où le concept "illusion" existe dans le langage de l'individu qui y est sujet, et que celui-ci sait comment les repérer, toute illusion est alors consciente. Les accepter les rend donc artificiel, car n'oblige de les suivre.

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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Sam 3 Sep 2016 - 19:18

Première partie : dysinterprétation. Médite mieux.
Astuce : "tout" est dans le troisième post, sur la base des premiers !

Deuxième partie : qu'est-ce qui te dit que tu n'es pas en train de rêver.

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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Crosswind le Sam 3 Sep 2016 - 21:21

Le problème de la connaissance, comme celui de la connaissance de la connaissance qui lui est strictement équivalent, comme le serait d'ailleurs le problème de la connaissance de la connaissance de la connaissance, et ainsi de suite, est celui de l'absolu. Comme le dit très bien M.C., l'épistémologie est un serpent qui se mord la queue ; toute affirmation visant un absolu étant sujet au doute, comment donc affirmer quoi que ce soit d'absolu sans aussitôt se contredire ? Ainsi, affirmer "l'absolu est inconnaissable" revient à énoncer une proposition absolue, et par là-même auto-contradictoire. D'où problème. Dont acte. Il reste cependant possible de sortir des ornières fangeuses de la contradiction, et ce par le biais de plusieurs méthodes. L'une d'entre elles fait remarquer que, pour accéder au discours épistémologique, il faut s'entendre sur des règles communes. De la même manière que démunis des objets de discussion la discussion s'avère proprement impossible, sans mètre-étalon aucune mesure de longueur n'est possible. Ainsi, dire que le mètre-étalon mesure un mètre n'est certainement pas faux, mais il n'est pas plus vrai pour autant. En effet, aussi longtemps que le mètre-étalon (parallélépipède de platine à Paris) était considéré comme étalon de longueur, on ne pouvait qu'admettre l'impossibilité de déclarer qu'il ne mesurait pas un mètre. Mais l'inverse était tout aussi vrai et l'on ne pouvait dire pour vraie la proposition "le mètre-étalon mesure un mètre", puisque cette valeur n'était qu'une convention. Le mètre-étalon ne pouvait revêtir une autre valeur que "1 mètre", et par là l'expression de sa longueur ne pouvait être dite fausse ou vraie. Et il en va de l'épistémologie : ses règles du jeu ne peuvent être dites vraies ou fausses ; elles sont là, simplement (ce qui n'interdit en rien leur évolution, c'est là un point capital). L'absolu visé par une quelconque interprétation épistémologique revient donc toujours à une relation à une base logique et sémantique que l'on ne peut considérer vraie ou fausse, à l'instar des propositions gonds de Wittgenstein, car constitutive de la conclusion absolutisée.

Pour conclure, chaque fois que l'on parle d'absolu, l'on parle en définitive d'un absolu relatif à une base sémantique, conceptuelle. L'épistémologie conserve cependant toute sa force en ce qu'elle permet d'évaluer sa propre base du moment, en fonction d'elle-même, et de la modifier, au moins en partie, au gré de ses pensées et en fonction de ses résultats.

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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Sam 3 Sep 2016 - 21:39

Pas mieux.

Juste une remarque collatérale : dans la mesure où "tout est relatif" ou "perspectif" (ce qui n'est pas la même chose), la relativité ou la perspectivité est absolue.
1. Dans le cas de la relativité, c'est bien son principe qui le serait (absolu), et l'on en revient à l'autocontradiction (inversée).
2. Dans le cas de la perspectivité, c'est moins son principe que les perspectives comme telles, qui sont chacune "absolue" comme telle (perspective). C'est-à-dire que c'est un absolu ... relatif ! ... Trucs de guedins, qui corroborent, ad libendum, ad nauseam, ce que dit Crosswind sur la base de ce que j'ai dit, etc. ad libendum, ad nauseam (c'est récursif).

* Donc en somme, pourtant, il reste un peu cette aire depuis laquelle nous énonçons tout cela. Quelle est-elle ?
Celle de l'action (voire aussi : la pragmatique linguistique). C'est-à-dire qu'à un moment donné, pour agir, il ne faut plus penser, quand bien même il vaut mieux réfléchir avant d'agir plutôt que l'inverse, en termes de prudence. C'est que cette réflexion-même se centre sur l'agir.
* Par contre, qu'elle se concentre sur l'agir ne prouve pas encore la validité de l'empirisme, ou que sais-je, de la zététique ou de l'épistémologie.

Or, ces deux dernières propositions (*) sont des propositions sceptiques.
En somme : on ne sait pas de quoi "tout ça" tient, mais on y est, on y reste, alors hop on y va comme on peut, cahin-caha, brinquebalant, branquignoles métaphysiques pas forcément guignols. On fait comme on peut.
On fait comme on peut, et rien ne tient à rien, et tout tient de rien, mais rien n'est vraiment rien, sans être tout toutefois, c'est le règne de l'erreur comme errance (français médiéval pour avancer).

Celui à qui ça échappe est un guignol.
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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Crosswind le Sam 3 Sep 2016 - 22:18

Où la métaphysique rejoint l'épistémologie. A tout point de vue.

Pragmatiquement, j'apprécie grandement les travaux épistémologiques pour leur faculté à détruire les préjugés communs, quand bien même aucune extériorité ne leur est autorisée per principe et qu'aucune affirmation ne pourra, à l'instar de toute théorie scientifique, se voir au sein de nos conventions auréolée d'un absolutisme parfaitement externe.

Philosophiquement, je me sens en osmose avec le style Schrödinger, une sorte de "quasi-réalisme". Un réalisme "bis" qui ne se différencie de son frère de sang que par le parcours : la conclusion est pragmatique, mais le développement passe par toutes les sauces réalistico-anti-réalistes.

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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Dim 4 Sep 2016 - 0:23

Alors il faudra que tu nous détailles ça de façon plus claire dans le topic afférent (par exemple : Eccéité ou quiddité du réel).

Je suis d'accord avec ton deuxième paragraphe.
Crosswind a écrit:Où la métaphysique rejoint l'épistémologie. A tout point de vue.
C'est en effet une ambiguïté.
Heidegger emploie le mot métaphysique dans ce sens d'épistémologie, rapport à l'ontologie (la façon dont le sens de être est compris, dont l'être).
Reste que métaphysique a bien d'autres sens (par exemple, voir Henri Bergson sur ce forum), quand épistémologie n'en a qu'un assez clair.
Néanmoins, à ce niveau, les passerelles sont nombreuses, oui. De toute évidence, l'épistémologue devra s'intéresser à telle métaphysique, tandis que le métaphysicien proposera une épistémologie.
Avec ontologie, il me semble que ce sont les trois termes les plus équivoques au monde, étant entendu que Dieu est une notion inhérente.
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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Gaes le Dim 4 Sep 2016 - 12:10

Malcolm S. Cooper a écrit:Deuxième partie : qu'est-ce qui te dit que tu n'es pas en train de rêver.
Quand bien même je vis un rêve continue, quel importance cela peut avoir ? Quelle importance de connaître les modalités de l'acquisition de mes informations conscientes, puisque ces informations présentent un monde uniforme, avec des lois fixes ? Je veux dire que dans le cas où tout n'est que rêve (ou autre chose d'illusoire), l'illusion est là, c'est tout, et c'est tout ce que j'ai pour agir. Je suis obligé de m'en contenter.
J'agis dans un monde, quel que soit le support de ce monde. J'évolue dedans, c'est tout. Alors j'agis en fonction de ce monde, des informations que j'ai sur lui, car c'est mon seul moyen d'atteindre mes objectifs. D'autant plus que mon intelligence est pré-adaptée à ce monde, mes instincts sont cohérents avec celui-ci. Bref, mon intelligence est compatible avec le monde dans lequel j'évolue.
Donc je vois difficilement l'intérêt de remettre en question le monde, puisque l'on a que ça pour agir, et que nous sommes faits pour agir (la réflexion étant elle même un acte).

Finalement, quand bien même cela est vrai, que le monde que nous connaissons est illusoire, il est illusoire relativement à moi, et moi seul, et vous pourriez vous dire la même chose, n'ayant aucune preuve que l'illusion est partagée par d'autres consciences/intelligences. Vous pourriez donc vous dire que je ne suis qu'une illusion, que tous les membres du forum sont des illusions, que votre femme est une illusion, sans preuve que, comme vous, ils sont conscients et perçoivent une illusion.
Si on réfléchie d'illusion en illusion, on ne peut donc plus agir. Tout acte perd son intérêt, ne pouvant s'appuyer sur aucune réalité. Or, nous sommes construits pour agir, pour consommer et produire dans un monde fixé. Donc autant se dire le monde comme réel, et s'appuyer sur les perceptions de celui-ci pour agir.

M.C a écrit:Psychologiquement, rien n'est pur.
Si aucune information acquise par la psychologie est utilisable,  alors que faire ? Rien ? Atteindre sur place, mourir d'ennuie et de faim ?
Ce qui pousse vers l'acte, les émotions et instincts, sont biens réels. On ne peut s'en passer. Votre présence sur ce forum en est la preuve. Vous êtes ici sûrement par besoin de vérité, peut être de philosopher, ou encore, tout simplement, par besoin d’interaction sociale. Et ce besoin, donc, vous êtes la preuve de son existence.
Donc, quand bien même les informations "entités virtuelles" ne sont jamais que virtuelles, on est amené à se baser sur certaines d'entres elles pour agir, car on est soumis aux entités émotionnelles. C'est bien pour cela que dire que "tout est illusion" sans même tenter de distinguer le réel de l'irréel est inutile. C'est inutile car, dans l'acte, on finit toujours par se baser sur une information. Donc autant faire en sorte que cette information soit correcte, afin que, au final, les émotions soient réalisées/stimulées correctement (positif/négatif).

M.C a écrit:Première partie : dysinterprétation.
Si vous remarquez que mon interprétation est incorrecte, que j'ai fait une erreur dans mon raisonnement, etc. je ne fait que demander à ce qu'on m'explique là où j'ai tort. Pour moi, le débat devrait fonctionner comme ça. Je suis ouvert à tout ce qui entre dans mes valeurs épistémologiques : logique, réfutabilité, objectivité, rigueur et zététique.

Crosswind a écrit:toute affirmation visant un absolu étant sujet au doute
Tout peut être remis en question, bien sûr.... Mais quand on doute de quelque chose, quand on veut inter-changer une affirmation par une autre, on est bien obligé de se baser sur d'autres affirmations, issues elle même d'autres affirmations.... Et donc on tourne en effet dans une chaîne causale infinie, comme vous l'avez expliqué. Donc, pour fixer une affirmation, on est obliger de croire en une base fondamentale "vraie" par laquelle tout sera validé ou invalidé. L'épistémologie donne cette "base vraie" par une première loi, celle de la réfutabilité. Mais la réfutabilité n'est jamais qu'une affirmation comme une autre au final, qui peut elle aussi être prie dans la chaîne causale infinie. C'est donc pour ça que je pense que la science est une croyance, c'est la croyance de la réfutabilité empirique. Mais, comme toute comme toute croyance, elle permet donc plus ou moins efficacement de stimuler  du positif sans négatif. Et, comme je l'ai dis, plus tôt dans ce message, nous sommes tous soumis au négatif/positif qui oriente nos actes en dictant nos besoins. Parmi toutes les croyances, la science est celle qui permet le plus efficacement de stimuler du positif/négatif, puisqu'elle ne cherche qu'à comprendre le monde par le monde lui-même.
Donc la science serait la croyance la plus fiable pour agir, consommer et produire.


@M.C
HS : pour moi, l'homme est une machine, les expériences sur le cerveau décrites dans le code de la conscience me paraissent en être la preuve finale (preuve finale dont on aurait pu se passer pour admettre l'homme comme machine ultra complexe). Je n'ai pas encore eu le temps de lire l'énergie spirituelle, mais je crois que ce sera invalidé par la neurobiologie..... Je considère donc l'homme comme machine biologique jusqu'à ce que j'ai lu le livre de Bergson, qui modifiera peut être mon jugement (peut être).....

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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Dim 4 Sep 2016 - 13:11

Gaes, ou l'art & la manière d'être sur la défensive, de détourner la question et, furthermore, d'absorber l'apport de l'Autre entre ses termes de sorte à le faire disparaître sous l'interprétation, de ce que la sagesse populaire dit la meilleure défense c'est l'attaque (encore qu'elle le dise dans des conditions particulières, ici absentes).

Mais en fait, si tu es heureux ainsi, amen. Je lis surtout par-delà bien & mal, sans (dé)jugement sur ta personne, que tu as bien des choses à te prouver à toi-même ! et que tu emploies cette interface en ce sens - ce qui n'est pas tout à fait un scoop, et qui n'est assurément toujours pas un (dé)jugement de ma part, mais une lecture par-delà bien & mal ... sinon que ça m'ennuie moi - ceci dit probement. Bref : je te conseille, peut-être à tort, la lecture du Complexe du Homard, de Françoise Dolto, et j'en resterai là.

Au reste, pour ce fil (définitoirement, avec les problèmes que ça pose) :


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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Crosswind le Dim 4 Sep 2016 - 14:46

J'aimerais, modestement, pousser cette discussion à franchir un pas supplémentaire ; l'expression "l'absolu est inconnaissable" en sera le point de départ.

Lorsque l'on parle d'absolu, on parle avant toute chose d'ontologie, et donc de vérité. Qu'est ce qui est vrai, qu'est ce qui est faux ? Quelque chose d'absolument vrai est une vérité ontologique qui se suffit à elle-même. Par exemple, certains pensaient à une époque à l'éther, pris comme réalité transcendante. Mais il y eu aussi quantité d'autres conceptions (j'ai en tête des conceptions scientifiques mais il est parfaitement possible de penser à des conceptions profanes) qui se sont vues, au cours des siècles, traduites en réalités ultimes, transcendantes donc absolument Vraies (il suffit de penser à chaque révolution scientifique, de Parménide à Einstein en passant par les classiques humanistes, Copernic, Galilée, Descartes, Newton, atomisme, forces, matières, masses et tutti quanti). Bon. Jusqu'à présent la discussion reconnaît une difficulté majeure à la proposition : "tout est relatif et en conséquence l'absolu est inatteignable", celle qui veut qu'elle soit auto-contradictoire. Nier absolument l'absolu revient à interdire d'interdire. Oui mais...

Wittgenstein a cerné au sein de son langage ce qu'il appelle des proposition-gonds. Avant d'en discuter plus avant, je vous propose d'inscrire ici les trois principaux cas où une proposition correctement formulée dans un langage ne peut pas se voir attribuer une valeur de vérité. Je cite ici Bitbol :

(1) l'absence dans le langage des concepts mis en jeu dans la proposition ; *
(2) L'inexistence ou la désuétude dans le langage des concepts mis en jeu par la proposition ; *
(3) l'isolement de la proposition dans la région des "fondements" du langage.

Ce dernier cas est celui qui m'intéresse. Wittgenstein dit ainsi, dans De la certitude : "Si le vrai est ce qui est fondé, alors le fondement n'est pas vrai, ni faux non plus". Prenons par exemple la proposition suivante ; "j'existe". Voilà typiquement une phrase qui ne peut être dite vraie ou fausse, simplement parce que la tenir pour fausse la rend performativement contradictoire. Ou encore celle-ci : "il existe quelque chose", dont la négation "invaliderait par avance non seulement le contenu mais aussi l'effectivité sonore de toute proposition, y compris elle-même" (Bitbol). Ce type de proposition n'est donc ni vraie ni fausse, elles est simplement la condition du discours, elle l'oriente voire le rend tout simplement possible.

Considérons maintenant la proposition [ A ] suivante : "Je ne peux déterminer, où moment où je vous parle, la valeur de vérité d'une proposition absolue". Autrement dit, en version [ B ] : "je ne peux déterminer, au moment où je vous parle, la valeur de vérité de la proposition "l'absolu est inconnaissable"". La question posée est alors : cette proposition [ B ] est-elle absolue ?  Je prétends que non et pour ce faire je vais tenter de la nier.

Si j'accole l'étiquette "FAUX" à la proposition [ B ], cela signifie que je peux et dois attribuer une valeur de vérité à la proposition "l'absolu est inconnaissable" alors même que je ne sais pas le faire, ce qui la rend immédiatement contradictoire.  A ce titre, puisqu'elle ne peut être fausse, elle ne peut être vraie et la conclusion vient d'elle-même : c'est une proposition-gond. [ B ] n'est donc pas une proposition absolue, elle ne fait qu'exprimer un état de fait, une prédisposition indépassable au moment où elle s'échappe. Par conséquent, puisqu'elle n'est pas absolue elle reste suspendue à l'état qualitatif qui permet sa sortie du domaine de vérité et notre contradiction épistémologique est dissoute. Afin de donner un contre-exemple, je prendrai cet exemple [ C ] : "Je ne peux déterminer, au moment où je vous parle, la valeur de vérité de la proposition "je ne connais pas la valeur de la quinze milliardième décimale du nombre pi mise en exponentielle d'un nombre entier constitué par la suite des décimales précédentes"". Si je passe cette proposition à la moulinette du FAUX, on constate de suite que l'étiquette VRAI se colle sans peine sur la réciproque de la proposition. Il est vrai que je ne connais pas, au moment où je vous parle, la valeur de la quinzième milliardième décimale de pi mise en exponentielle d'un nombre entier constitué par la suite des décimales précédentes.

Les plus fins d'entre vous auront remarqué cette subtilité - non, pas cette tricherie ! - qui consiste dans cette insistance à n'entrevoir la proposition [ B ] qu'au moment où elle est dite. Quid donc d'une proposition [ B1 ] qui chasserait sur les terres du futur ? Comme celle-là : [ B1 ] "Je ne peux déterminer maintenant si, dans le futur, je pourrai ou pas attribuer une valeur de vérité à la proposition "l'absolu est inconnaissable"". Avouez que cela devient plus qu'intéressant. Accolons sur le front de cette proposition [ B1 ] l'étiquette FAUX. Que répondre ?

Eh bien, on pourra avoir cette fois deux types de réponses. Un premier groupe pourra très bien affirmer au nom du principe de bivalence que, oui, dans le futur l'on ne pourra que pouvoir ou ne pas pouvoir attribuer une valeur de vérité à la sous-proposition "l'absolu est inconnaissable", et dans ce cas,  la valeur FAUX pouvant être conservée sur [ B1 ], ce groupe serait donc réciproquement capable d'émettre une proposition VRAIE, absolue, et le problème de l'interdit d'interdire referait surface toute gueule ouverte. Mais un autre groupe pourrait fort bien dissocier le principe de bivalence du mode au futur et par conséquent se voir dans l'impossibilité de déclarer faux la proposition [ B1 ] puisque cela rendrait la contre-proposition contradictoire. En effet, comment affirmer (a V b) valide dans "xt" si la portée de la règle se cantonne au moment où elle est dite ?

C'est ici je pense que l'épistémologie rejoint la métaphysique. Car le premier de ces deux groupes privilégiera une vision d'un monde stable dans le temps, tandis que le second se cantonnera à habiter le monde tel qu'il vient (et attention, cela n'empêche nullement de traduire le monde en Lois !). Le premier s'arc-boute sur une ontologie du temps, le second tient son jugement en retrait. Le premier considère les catégories de l'entendement comme au moins en partie inaltérables, le second se garde d'imaginer l'impossible révolution de perspective, même au coeur de ce qui semble être nos plus fondés des fondements. Les premiers reprochent aux seconds un scepticisme qui confine paradoxalement au choix métaphysique, les seconds reprochent aux premiers une lourde naïveté.

Pour terminer, je rajouterai ceci : si les modalités de la vérité exigent des certitudes, elles ne sont pas les seules grilles de lecture du réel. Il reste par exemple la plausibilité de tel ou tel phénomène. Enoncer par exemple que, demain, le Soleil se lèvera est plausible, mais pas vrai au sens absolu.

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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

Message  Invité le Lun 5 Sep 2016 - 8:57

En somme, il est des énoncés par-delà vrai & faux, mais qui peuvent être dit alors paralogiques dans un sens qui devrait être positif, soit donc quelque chose comme infra- ou méta-logique ? - C'est très intéressant. Où la métaphysique-même passe pour infraphysique, voire paraphysique ou encore, pour le dire avec "le grand satrape Boris Vian", pataphysique.

En fait, c'est toute une anthropologie occidentaliste qui s'effondre. - C'est énorme.

Voir aussi : David Hume.



Dernière édition par Malcolm le Dim 30 Oct 2016 - 13:44, édité 1 fois
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Re: Epistémologie : éléments, problèmes, limites

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