Irréligion (hard science morality)

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Irréligion (hard science morality)

Message  Malcolm le Ven 10 Juin 2016 - 0:36

Tiré de ...

Le religion est mal-sensée, c'est entendu, il n'y a rien à en dire, et tout à en croire - pour autant que l'on aspire bien à y croire. Je dis cela par probité.
http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1183-qu-est-ce-que-croire-returns#20651

Donc, amis défenseurs de la religion, ou des religions, ou du vrai religieux encontre le faux religieux, mainstream ou freestyle, passez votre chemin : ce topic n'est pas fait pour vous, il n'est pas ici question de vos aspirations, mais des aspirations autres, voire contraires.

*

Cela posé, nous voilà en présence d'irréligieux.

Mais que reste-t-il aux irréligieux ? ... Plein de choses : ce monde-donc, cette Terre, ce sol, ce verse, les connaissances de tout & chaque chose, macro- ou micro-cosmiquement, les savoir-penser/savoir-être/-vivre/-faire, les arts, les cultures, les sciences, etc. dont certes alors les religions font partie, et dont certes les religieux-même font partie et sur quoi ils peuvent se pencher dans les mêmes dynamiques, mais du moins cela n'est-il pas ici à considérer sous quelque angle in- sub- trans- méta- ou sur-naturel. Il y a Nature, peu importe que son contenu soit indéterminable précisément : il y a et, comme il y a, merde, n'allons plus nous interroger sur la possibilité d'un il n'y a pas ou d'un il y aurait pu ne pas avoir, re-merde de merde : il y a, voilà tout. Et, franchement, ceux qui voudraient encore interroger ce il y a, mais qu'ils aillent s'emmerder une troisième fois, trois fois merde.

Ouf.

Maintenant que nous nous sommes démerdés, sortis de la merde, nous voici entre soi, dans un haberisme pur (latin habere, pour avoir, posséder, détenir). (D'ailleurs, le mot même de réalité, indo-européennement, désigne l'avoir.) Donc nous sommes aussi bien dans un réalisme pur, et purement étymologique.

Une expérience de pensée qui en troublera plus d'un ? ...

Oui, peut-être, mais certainement pas les irréligieux pur sang, fiers juments ou étalons cavalant dans cette réal-dimension, d'ailleurs potentiellement multi-dimensionnelle selon nos connaissances.

Nous voilà enfin chez nous, entre arpenteurs du réel, réalistes peut-être, surréalistes pourquoi pas, hyperréalistes à notre gré, subréalistes pour les besoins de la cause, mais assurément per-réalistes, soit donc procédant du réalisme. Il n'y a plus d'en-deçà, d'au-delà, d'à-côté, d'à-travers, de malgré, de par-devers, d'avant ni d'arrière. Non. Il y a, ici & maintenant, carpe mundum.

Entendez-vous ce silence ? ... C'est tout comme quitter la ville pour la haute montagne, ou la banquise.

Ouf. Entre soi, chez nous.

Alors, certainement, il y a ceux que ce silence angoisse. Ils voudraient que le monde parle. La mutité du réel leur fait croire à la surdité de leur oreille, et ils stressent. Et dans ce stress, ils trouvent désormais que le réel est absurde. Ils voudraient se réfugier dans une religiosité, ou une métaphysicalité, mais non : ils sont trop devenus per-réalistes, et ils se demandent si le suicide est une option. Finalement, ils décident que c'est une échappatoire à l'absurde seulement, et ils se font sysiphéens. - Ne me dîtes pas que vous n'aviez pas déjà reconnu Albert (Albert Camus). Albert, qui donc s'éplora et se consola par la révolte, avant que d'à peine découvrir enfin que le mieux dans ce cas était d'aimer, encore qu'on le lise en filigrane avant ses écrits posthumes.

Mais alors, il y a ceux que ce silence inquiète plus qu'il ne les angoisse, au fond. Ils ne veulent plus que le monde parle, mais veulent alors parler pour le monde. Ils le font diversement. D'abord, il y a Husserl. Husserl qui, le phénoménologisant, le rend à toute intentionnalité (à toute conscience de, donc). Et puis, lui succédant directement et physiquement (reprenant sa chair à l'université), Heidegger. Heidegger l'existencentrise sur la base supposée du seul existant qui soit. Il le nomme Dasein (être-Là). Il l'associe à la condition humaine et sa comédie. Enfin, il y a Sartre. Sartre qui, sur la base des deux précédents, pousse encore la réflexion à nous engager intrinsèquement dans la collectivité, encore qu'il le fasse pour ne plus ressentir de nausée face au silence, comme s'il se présentait en creux, en rien, en vide aspirateur auquel mieux vaut échapper.

Or ensuite, il y a les sciences, bien sûr. Sciences qui donc, se posent en captatrices descriptrices opératrices, enregistreuses serveuses. L'action est déjà greedier (plus avide, plus raptor, plus vorace, plus gloutonne, plus goulue, plus cupide), voire the griediest (la plus ... ), encore qu'Husserl and co. absorbaient d'entrée de jeu le réel dans la démarche (la conscience, l'existence ou la co/présence). Mais les sciences ne font pas les dégoûtées, a fortiori moins les angoissées. Une science, ça prépare, ça cuisine. Une science, ça fait les faits par lesquels elle sur-fait, and so on. Bref : une science, c'est sans conscience. - Vous avez remarqué la référence à François (François Rabelais). Mais je ne le cite pas au hasard.

Je ne cite pas Rabelais au hasard parce que, après tout, il se réjouissait de la vie, quand même convoquant Dieu pour les bonnes manières. Un vrai bon Dieu néjuge, néjugeant nos actions, du moment qu'elles se réjouissent re-cyrénaïquement, après l'Antiquité. Ce "vrai bon" Dieu est quasi-épicurien. Quasi, parce que, sans indifférence, il adresse un regard plein de tendresses pour nos réjouissances, ne faisant jamais de moue que circonstancielle (lorsque nous contreviendrions à ces réjouissances) préférablement à oublier vite en réjouissances (et, au pire, contrevenances à houspiller voire à détruire innocemment). Assurément, le dieu rabelaisien préside aux bacchanales, et ne peste pas contre le sort, ainsi qu'Omar (Omar Khayyam) fuyant dans les vins et les tulipes fort camusiennement, Khayyam dont le dieu est nettement épicurien pourtant. Mais c'est dire que, rabelaisien ou khayyamien, le divin peut bien correspondre à dix vins. Pas étonnant, que Michel (Michel Onfray) préfaça Les prodigieuses aventures de François Rabelais alias Alcofribas Nasier Volume 1 et de ses fils Gargantua et Pantagruel, par Christian Verdun.

A la fin, donc, ne reste plus qu'à s'endormir paisiblement, du meilleur somme qui soit, à midi, pour la sieste, à la manière du Zarathoustra nietzschéen.

*

A la manière du Zarathoustra nietzschéen, mais à la manière seulement !

Car auparavant, Zarathoustra serait resté sobre et à jeun (ce que révèlent les chapitres antécédents et successeurs).
De sorte que pendant, il se parlerait à lui-même (ainsi qu'en témoigne le lien).
Puis enfin qu'après, il s'éveille splendidement, en pleine santé (ainsi que le dernier chapitre le révèle) !
Zarathoustra : paré pour de nouvelles épopées tragiques.

?!? ... Des épopées tragiques ?!? Mais où donc est passé le silence du monde ?
Surpassé !

Surpassé, le silence du monde devient fiction, faction, faisance du monde, avec le monde. Scientifiquement peut-être, mais fictionnellement surtout !
Science-fictionnellement !

Et la jument et l'étalon, de cavaler vers le surhumain, doués du sens de la terre.



***

Aux démarcheurs irréligieux qui n'y vont jamais par quatre chemins, et qui au contraire posent leurs couilles/miches sur la table sans autre forme d'honneur, je ne saurais que vous dire dans l'erreur : l'entretien épistémique vaut infiniment mieux que le débunkage, face à certains profils (voir cette vidéo). Et puis, cela enseigne l'éthique du care ès intellectualités, a minima, dont les irréligieux de ce forum ont globalement besoin, pour la santé de la communauté - et dont certains se font scientifiquement les défenseurs radicaux, oxymoralement.

EDIT1: En tant que la religion désigne étymologiquement la relation, tout irréligieux que je sois, je me pose en "religent", par "religence", soit donc intelligence relationnelle.

EDIT2: sur un forum comme celui-ci-donc, ça devrait relever de "la sagesse populaire"/de base.

***

*Lol*

La page Internet d'où je tire cette image, stipule "humour et compassion cependant" :



Dernière édition par Malcolm le Mar 15 Nov 2016 - 21:19, édité 1 fois
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Re: Irréligion (hard science morality)

Message  Princeps le Dim 3 Juil 2016 - 18:35

C'est pas la page du Christ-Cosmique alias L'Homme Vert ?
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Re: Irréligion (hard science morality)

Message  Malcolm le Mar 15 Nov 2016 - 19:58

J'up pour un lien : Jésus était-il un terroriste ?

***


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Re: Irréligion (hard science morality)

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