L'Esprit de modélisation (cartographie/holographie du "réel")

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L'Esprit de modélisation (cartographie/holographie du "réel")

Message  Malcolm le Jeu 30 Juin 2016 - 19:43

Tiré de ...

Ce que nous appelons les sciences est né de la philosophie, et plus précisément des philosophies naturelle, morale, politique & de l'esprit.
1° Les philosophies naturelles ont les premières accouché des sciences dites physiques, naturelles, ou exactes, voire dures.
2° Les philosophies morales & de l'esprit accouchèrent ensuite des sciences dites économiques & psychologiques, voire parapsychologiques avec dérives parascientifiques surnaturelles.
3° Les philosophies morales & politiques accouchèrent enfin des sciences dites humaines, sociales, économiques & politiques.
(Je sais : il y a des redondances : tout cela est forcément schématique.)
Ces accouchements eurent progressivement lieu sur les cinq derniers siècles, avec une "nette" "avance" des premières, de ce que la mathématique servit de support initial, sur un terreau alchimiste pourtant (Newton n'a pas conscience de révolutionner tout cela, lui, alchimiste tentant de cohérentiser la démarche).

C'est l'esprit de méthode, de systématisation, de stabilisation, de certitude, de "vérité" au sens efficacitaire-descriptif & explicatif, qui prima. Ou bien, si l'on veut, la sophistique, au sens de sophistication dispositive des données sensitives & rationnelles (pour autant que les unes ne dépendent pas des autres, et réciproquement, dans une forme de complexion intellectuelle sensible).
(Mais encore, après Newton, Kant le philosophe servira de base au devenir-scientifique du monde, par exemple en formalisant la distinction sujet-objet, et les rapports de l'empirisme et du rationalisme, en criticisme - par exemple.) (Hegel-même, n'est pas peu responsable des tentatives de totalisations descriptives-explicatives, certes par une efficacité Esprit'uelle absolue - il parlait de Sciences grand S en y intégrant encore la philosophie, et précisément la sienne.) (A savoir que tout cela fut fondé en raison par le théorisme platonico-géométrique, ainsi que le praticisme aristotélico-naturaliste, sur des bases présocratiques.)

Nous voilà donc face à un devenir-pragmatique des comporte'mentalités oxydentales, où le pragmatisme pose l'efficacité-l'opérativité comme critère de vérité, pour le temps (la durée) et l'espace (le champ) d'application processuelle-procédurier de telle ou telle méthode/systématisation/stabilisation/certitude/"vérité" idoine, de sorte que l'Oxydent ait manifestement rendu fonctionnel ses mondes ou l'univers - peu importe, - à travers son esprit de modélisation - mathématique et autre (schématique, systématique, tabulaire, graphique, etc.).

Or, cela n'est pas sans effet, ni au sens pratique-technique, ni au sens impressionnant-étonnant du terme, de sorte que ces "magies" (du perse magus, qui est capable) et donc ces "en'capacitations", aient fini par nous conditionner expérienciellement-existentiellement. Conditionnement par lequel nous disons donc : les sciences sont vraies de vrai, quand bien même elles intégreraient l'hypothèse & la réfutation dans la démarche pragmatique : tout un évolutionnisme des connaissances appliquées.

Sur l'application:
Et je dis bien appliquées, puisque dans cet efficacitarisme épistémique, descriptif & explicatif, il n'y a plus de place pour l'inapplicable. L'application de la recherche méthodique-systématique-pratique-pragmatique s'est tautologiquement prise pour fin, dans une sociologie des sciences où les scientifiques forment une classe sociale dynamisée ainsi que toutes les classes sociales, dans l'ordre de son champ bourdieusien/de sa volonté de puissance nietzschéenne/de son conatus spinozien : reproduction sociale, victoire sur soi & persévérance dans son être ...
Il y a là phagocytage de la société ou, comme on dit communément : nouveau clergé. Finalement, les choses changent mais rien ne change : les grands sorciers ont été remplacés par les grands chercheurs & ingénieurs, à titre vocatif, sans que la psycho-socio-dynamie ne bouge bien tréfondamentalement, au plan du groupe humain.

A partir de là, donc, les sciences s'appliquent à modéliser ce qu'il convient d'appeler le réel - en tout cas ce réel-là, dont on ne saurait nier qu'il per-détermine manifestement nos expériences-existences, pour quoi on lui accorde sa valeur (de même qu'on accordait et accorde ailleurs, de la valeur aux "grands sorciers", qui ont leurs espèces d'efficace, et pas forcément moindre : nous ne savons toujours pas neutraliser un rhume efficacement quant à nous toujours non plus).
D'où donc, l'on peut dire que cet esprit de modélisation scientifique, cherche à produire une cartographie du "réel", comme on dit qu'il y a la carte & le territoire. Les modèles scientifiques viennent se superposer au "réel" (réel, soit donc : ce que l'on intuite manifestement réel, sans vraie définition) mais alors, ils cherchent à s'y superposer de la façon la plus alliée/mariée possible : les modèles scientifiques ont cet objectif d'épousailles, d'alliage/de mariage, avec ce réel manifestement intuité comme tel - "réel".

Or, modélisant, ils modalisent et, modalisant, ils modulent et, modulant, ils modèlent et, modelant, ils épousent le (s'allient/se marient au) réel manifestement intuité comme tel (intuition kantienne dans les termes, d'ailleurs). Tout ce qui revient à l'efficacitarisme descriptif & explicatif, de la méthode/systématisation/praticité/pragmatisation du réel. Car "le pragma" n'est pas donné : il est rendu. Alain l'a bien énoncé.

A la fin, donc, cette carographie fonctionnelle du "réel", par les sciences, nous pourrions mieux la nommer holographie du "réel" - de ce qui est manifestement intuité comme tel, dans des espèces de réalisme scientifique.

Dans un sens, tant mieux si ça marche. Dans un autre, ça craint. Mais ceci est une autre histoire.


Exemple de modélisation : quand un scientifique vous dit que, quantiquement, l'uni-vers pourrait être un multi-vers imbroglio/maelström/méli-mélo sans nom, en fondant son propos sur la base de l'observation d'une particule dont l'observation, donc, actualise une direction plutôt qu'une autre (l'autre direction pouvant exister dans un alter-vers que le tra-vers manifestement vécu) ... on doit s'étonner de ce que cette modélisation n'intègre pas la philosophie de l'esprit (et précisément de la perception) ainsi que sa fille psychologie de la perception, car cela nous permettrait de réaliser que c'est nous, humains, qui, comme tels, inventons qu'il y a là une particule, par distinguo intellectuel-sensible. Or alors, cette particule est prise comme monade à caractère leibnizien, dans une ontologie factualiste (comme fait particulaire, donc) oubliant son postulat d'un en-soi/factum particulaire, dupliqué multi-versellement dans la tra-version observée et de virtuelles alter-versions inobservées "pour l'heure" ... Mais ça fait trop de présupposés pour être "réellement réel", et les scientifiques quantiques se laissent donc aller ès spéculations science-fictionnelles, qui ont l'intérêt modélisateur de pouvoir empirio-rationaliser ce qui nous sidère, voire d'y intervenir efficacitairement - et rien d'autre, mais c'est déjà pas mal, dans son genre.

Autre exemple de modélisation : quand un scientifique vous dit que, socialement, l'Histoire procède de la lutte des classes (et Karl Marx fut bien un scientifique, avant que d'être un prophète communiste), nous "inventons" alors de quoi distinguer intellectuello-sensiblement, dans la masse sursaturée de la donne sociohistorique, la lutte des classes. A partir de quoi, perspectivement (aussi perspectivement qu'en physique quantique), nous sommes devenus à même de saisir certains rapports de force à l’œuvre dans les rapports de classe ou, du moins, dans les rapports de propriété & de richesse, dans ce qu'il est convenu d'intuité manifestement comme une réalité du social/des sociétés. Pour autant, il y a là un "animisme intellectuel" à caractère hegelien qui, dialectique, dialectise la donne sociohistorique par lui-même, sans parler d'un historicisme, criticable en cela que l'Histoire, c'est toujours une enquête avant que d'être un évolutionnisme sociopolitique : une narration mnémotechique, un récital perspectif, présentement, donc rien "en-soi" pourtant.

Exemple conclusif : Dans le roman 1984, Georges Orwell témoigne de ce fait, que nous pensons le réel idiomatiquement, sur donc la base des langages à notre disposition (d'où vient que le méchant Parti veut réduire drastiquement le vocabulaire et définitions idoines).
Les sciences développent des langages, qui donc sont comme des dispositifs intellectuels-sensibles permettant de se comporte'mentaliser d'une certaine manière dans un réel manifestement intuité comme tel - "réel".
En effet, les Grecs anciens désignaient du même mot un ensemble de couleurs tirant de la peau humaine aux arbres : cela les induisait à se vivre bien mieux partie-prenante de la physis occupée par les dieux & autres êtres surnaturels.
Quant aux Inuits, ils ont 36 façons de nommer la neige selon sa texture : vivant dans cet environnement arctique monochrome pour d'autres (pour nous), eux y voient d'indéfinies nuances imperceptibles pour nous, par habituation.

D'ailleurs, des expériences menées sur des chats privant tel groupe de voir les lignes horizontales à l'aide de filtres, et privant tel autre groupe de voir les lignes verticales à l'aide de filtre (et ce, dès la naissance), révélèrent que par la suite, une fois les filtres ôtés au bout de quelques semaines, les chatons n'étaient définitivement plus à même de percevoir respectivement les lignes horizontales et verticales dans leur environnement : ce qui est un foutu handicap en ce qui les concerne ...
... et en ce qui nous concerne, quand on sait alors que l'apprentissage scientifique est un filtre - certes efficacitaire, mais un filtre quand même.

Le drôle, dans cette affaire, c'est que ce sont les sciences-mêmes, qui nous permettent d'opérer une ré-version à leur endroit, pour nous permettre de les critiquer. Ce qui serait donc dire que, malgré tout, elles sont opératives. Je n'ai jamais dit le contraire. Je dis juste qu'elles sont totalement perspectives, je les convoque juste puisque nous les jugeons extrêmement efficacitaires, afin de renforcement de l'impact rhétorique de mon propos sur mon propre propos.

Mais c'est juste "qu'il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu", soit donc reconnaître l'invalidité maximale des sciences qui, nées de la philosophie, génétiquement et constitutivement philosophiques dans la démarche, ne sont certes pas spécialement redevables à la philosophie - non, et d'ailleurs, la philosophie ne les domine pas spécialement plus qu'elles ne la dominent, non, non, trois fois non ... - mais sont naturellement une spécification du philosophique qui, en tant qu'il n'est pas tout le philosophique, ne saurait abusivement se retourner contre tout le philosophique, quand bien même contribuant à remodéliser/remodaliser/remoduler/remodeler une partie du philosophique, pro-activement - et heureusement, ainsi que toute spécification du philosophique agit pro-activement sur les autres spécifications du philosophique.

C'est que "le réel" est un chaos, un magma, un "tout" indistinct, dont nos spécifications ne sauraient rendre totalement compte à elles seules dans l'absolu, donc. (C'est un peu le Soi rapport au Moi (Jung), et tout autre complexe & archétype de l'inconscient personnel & impersonnel. Mais ceci est une autre histoire ?)
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Malcolm
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Proposition

Message  Invité le Jeu 10 Nov 2016 - 20:26

Bonsoir

Vous avez écrit :
"Le drôle, dans cette affaire, c'est que ce sont les sciences-mêmes, qui nous permettent d'opérer une ré-version à leur endroit, pour nous permettre de les critiquer. Ce qui serait donc dire que, malgré tout, elles sont opératives. Je n'ai jamais dit le contraire. Je dis juste qu'elles sont totalement perspectives, je les convoque juste puisque nous les jugeons extrêmement efficaces, afin de renforcer l'impact rhétorique de mon propos sur mon propre."

1.Je pense que cela dépend des structures opératoires que vous utilisez et des idées que vous vous faites de vos idées.("nous permettent d'opérer")

2. Toute théorie , même dépendant d'équations mathématiques, peut être philosophiquement interprétée : il suffit de tirer la Quintessence de ces équation

3. Par contre, ça je ne comprends pas :"elles sont totalement perspectives,"  *???*  *???*  *???*

Bonne soirée
leanj
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Re: L'Esprit de modélisation (cartographie/holographie du "réel")

Message  Malcolm le Jeu 10 Nov 2016 - 21:09

Tu procèdes par assertions si laconiques, que cela peut vouloir tout et rien dire, et permet d'en tout et rien dire.
Pour le point 3, c'est simple : question de points de vue, d'angles d'attaque, de façons de prendre le taureau.
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Modélisation, Valeurs morales et Temps

Message  Invité le Jeu 10 Nov 2016 - 21:30

" Dans le modèle cybernétique, la modélisation d'un système artificiel dont certaines propriétés présentent des analogies avec des propriétés, observées ou inférées, d'un système étudié, et dont le comportement est appelé, soit à révéler des comportements de l'original susceptibles de faire l'objet de nouvelles investigations, soit à tester dans quelle mesure les propriétés attribuées à l'original peuvent rendre compte de son comportement manifeste`` (Thinès-Lemp. 1975)"

"Les valeurs morales - le bien le mal, le juste et l'injuste- naissent du ressentiment."


Dans la forme du serpent, symbole du temps, qui veut étouffer le berger, symbole du surhomme, le berger tue le Temps.

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Re: L'Esprit de modélisation (cartographie/holographie du "réel")

Message  Malcolm le Jeu 10 Nov 2016 - 21:36

Je ne sais pas si je te suis (tu es si laconique), mais il me semble que c'est ce que je dis, en somme, dans l'ensemble du post initial, non dans une de ses parties citées ou non seulement.

Post auquel tu ne réponds pas en bonne et due forme, ainsi que les suivants, rapport au grain qui est donné à moudre.
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Malcolm
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Re: L'Esprit de modélisation (cartographie/holographie du "réel")

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