Psychologie individuelle (Alfred Adler)

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Psychologie individuelle (Alfred Adler)

Message  Malcolm le Jeu 30 Juin 2016 - 20:48

Entre les dissidents de Freud, il y a ceux qui réussissent et ceux qui sont oubliés. Parmi les réussites sociales, il y a Jung, dont on se servit allègrement comme base fallacieuse du new age, new age qui contribua fatalement à sa réputation (né'fastement).

Et il y a donc Alfred Adler, qui fut oublié, fondateur de la "psychologie individuelle", avec un titre aussi simple & contenu simple d'accès que Connaissance de l'homme, exploitant allègrement une sorte de logique des passions, que je qualifierai de passiologie, où d'aussi vieilles notions que la colère, l'envie, l'avidité, la haine, l'amour, la joie, l'espoir, la sérénité ... sont envisagées, donc, sous l'angle de cette psychologie individuelle en tant que motions spéciales, à peine redéfinies d'ailleurs, mais réexpliquées dans les termes dynamiques de ladite psychologie individuelle.

Sentiment d'infériorité
C'est que le sentiment d'infériorité est très-fondamental dans tout cela : l'Homme naît prématuré, il a besoin de cinq années auprès de tuteurs pour bénéficier d'une autonomisation minimale, puis il a encore besoin d'une dizaine d'années environ pour s'autonomiser maximalement, au plan comporte'mental, puis il a encore besoin aujourd'hui d'une dizaine d'années pour prendre toute son autonomie, au plan sociable-social-sociétal, et puis encore au moins de dix-vingt ans pour atteindre la fameuse "force de l'âge", au plan professionnel-politique-moral. Soit donc des paliers aux stades du nourrisson, du petit enfant, de l'enfant, du jouvenceau, du jeune adulte, et de l'adulte. - Arrive alors enfin progressivement la sénescence, plus ou moins "en forme", jusqu'au grabataire, à l'agonie, à l'extinction/la mort. - Rien de surprenant dans le découpage.

Le nourrisson prématuré est dans une infériorité totale par rapport à son environnement, le petit enfant encore beaucoup (je ne parierai pas encore qu'il s'agit d'un Homme au sens plein, de ce qu'un manque de support environnemental humain rend impossible l'hominisation ultérieure, culturellement), l'enfant encore toujours (là aussi, des carences éducativo-humaines alentour manquent à l'hominisation ultérieure, culturellement). Le jouvenceau est dynamiquement un adulte, mais cette fois-ci c'est la société qui l'infériorise (plus ou moins légitimement du fait de son manque d'expérience, mais aussi du fait des résistances structurelles groupales des adultes au-delà : mépris, rejet, déni, répression, formation, etc.). Le jeune adulte est le cul entre deux chaises jouvencelle & adulte, donc encore dans des infériorités plus ou moins imaginaires et réelles. L'adulte connaît quoi qu'il en soit toujours cette condition humaine, inférieure par rapport aux puissances environnementales (institutionnelles, groupales & naturelles). Le sénescent connaît progressivement de nouvelles infériorités, rapport à l'adultonormativisme duquel il s'éloigne, comme de sa condition, encore qu'il cherche à- voire puisse- bénéficier stratégiquement de sa connaissance/compétence du monde. Le grabataire enfin, est infériorisé car désautonomisé, et ne parlons pas de l'agonie ni de l'extinction/la mort.

Le sentiment d'infériorité est donc très-fondamental, et c'est en contraction compensatoire, que nous entreprendrions psychodynamiquement nos démarches, quand bien même portées par un devenir-sociobiologique inébranlable, ou si peu.

Compensations, surcompensations & décompensations complexuelles
Les compensations positives que l'on se donne, elles passent logiquement par l'adaptation : une forme de sens des réalités, une sorte de principe de réalité, une volonté de (se) réaliser, car nous sommes (é)mus par une volonté de puissance (vocable nietzschéen) comprise comme velléité de pouvoir, prise en main, saisie, possibilités de diriger/contrôler/gérer, notre vie dans notre environnement - rapport à nos besoins (nécessairement vitaux) & nos désirs (contingentement passiologiques).

Le problème de cette volonté de puissance, survient lorsqu'elle reste tautologique. C'est-à-dire lorsqu'elle ne trouve pas à s'épanouir en sentiment de communauté, moralisée, car les Hommes sont des animaux sociopolitiques, coopératifs, collaboratifs, foncièrement alliés par le hasard de la consanguinité, les déterminations de la société & les choix de socialisation. En fait, le sentiment de communauté, c'est la volonté de puissance d'un sentiment d'infériorité (d'une personne) qui trouva les moralisations & moralités idoines, à sa & ses réalisation(s) among everybody 'n everything.
Une volonté de puissance d'un sentiment d'infériorité (d'une personne) qui n'aurait pas les moyens de se pourvoir dans l'existence (rapport au vital comme au social et au-delà), pourrait entrer dans des surcompensations, par la cristallisation d'un sentiment d'infériorité en complexe d'infériorité (qui est toujours simultanément complexe de supériorité à sa façon).

Ce complexe d'infériorité peut susciter des surcompensations abusives (petits chefs, "importance", gloriole, identification à une haute figure, etc.) comme des décompensations més'usives (déprimes chroniques, acédies, autodénigrements, mépris de soi, identification à une basse figure, etc.) - pour ce qui est du normal statistique : c'est la névrose ; - mais cela, bien entendu, peut aller jusqu'à la psychose, qui rigidifie la surcompensation ou la décompensation. Sachant donc que, surcompensation ou décompensation, c'est toujours tentative compensatoire d'adaptation de la volonté de puissance d'un sentiment d'infériorité - sentiment ontologique-existential de l'être-Là, chez Alfred Adler (pour le dire en termes heideggeriens).

"Passiologie"
Une surcompensation peut survenir sur la base de l'envie, de la jalousie, de la haine, du rejet xénophobe, etc. de même d'ailleurs qu'une décompensation ... sinon que la surcompensation occasionnera de la jouissance inhérente au sentiment de puissance de la volonté de puissance (joie maligne, colère sardonique, amour maniaque, espoir hybrique, etc.) tandis que la décompensation occasionnera de la frustration inhérente au sentiment d'impuissance de la volonté de puissance (tristesse, colère désespérée, haine piteuse, espoir humiliant, etc.).

Le compensation normale statistique connaît évidemment les affres de cette passiologie, mais s'en sert judicieusement afin d'ajustement réaliste/possibilité du sentiment de communauté (utilité sociale) en stimulation, émulation motivation, affrontement courageux, loyauté, etc. Sous cet angle, la lutte pour la reconnaissance sociale correspond positivement à la foire d'empoigne de volontés de puissances (de personnes) cherchant à être les plus utiles à-/au service de- la communauté ; les négativités proviennent des sur- ou dé-compensations idoines (dominances tyranniques & marginalités rebelles, par exemples).

Bref
Lorsqu'Alfred Adler recevait ses consultants, il faisait d'abord toujours un bilan d'état civil, social & professionnel, desdits consultants, afin de fonder sa passiologie (je rappelle que c'est moi qui néologise ce terme de passiologie) ès expériences sociopolitologiques et géohistoriologiques, afin de comprendre l'in'intentionnalité du discours.

Quant à moi, ma psychologie d'autrui tient beaucoup d'Adler, car on risque moins de faire de la psychologie de comptoir avec : la psychanalyse (Freud) et la psychologie individuelle (Jung) requièrent des imprégnations plus longues.

Voir aussi : La psychanalyse de Sigmund Freud ;
* La psychologie analytique de Carl Gustav Jung.

***

Finalement je m'y colle (tiré de ...) :
Duralex a écrit:Vraiment très intéressant  Juste au passage cette phrase qui m'a marqué "accomplissements de la volonté de puissance dans le sentiment de communauté". Dans le contexte, mondialisation contre renfermement, il doit y avoir là qq chose de psychiquement considérable..
En effet, il y a un moralisme, une moralisation, tréfondamentale, à la psychologie individuelle. Ne pas ignorer qu'Alfred Adler est extrait de milieux pauvres : il pratiquait des prix très abordables, voire des consultations gratuites. Il faisait la charité. Mais alors, pour lui, c'était évidemment quelque chose comme anti-règne du lucre, que de favoriser la résolution de cette volonté de puissance (qui n'est pas la nietzschéenne dans ses termes, encore qu'il la récupéra) dans un sentiment de communauté.

Seulement voilà : actuellement, le lucre est du côté du mondialisme tel qu'il se déploie, et les protectionnismes de droite & gauche parlent pour un sentiment de communauté.


Dernière édition par Mal' le Mer 26 Avr 2017 - 21:13, édité 1 fois
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