Abandonnisme

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Abandonnisme

Message  Malcolm le Sam 2 Juil 2016 - 1:36

C'est bien d'abord et avant tout une moralité & comporte'mentalité idoine, que l'abandonnisme ...

... dont les premiers résultats Google donnent ceci :
* http://aidepsy.be/en_savoir_plus_abandonnisme/
* http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossiers/Avez-vous-peur-d-etre-abandonne
* https://www.cairn.info/revue-gestalt-2004-2-page-123.htm

Donc si je comprends bien, la personnalité abandonnique, c'est la personnalité qui a tellement peur de l'abandon qu'elle va le provoquer. Quant à l'abandonnisme de manière générale, il désigne cette angoisse de la personne craignant manifestement d'être abandonnée, dont on trouvera X, Y et Z subdéterminations passées, à commencer par la petite enfance, suivie du reste, et naturellement de l'environnement.

Il y a donc originellement, historiquement et environnementalement quelque abandon traumatisant, même en fantasme, lié peut-être à des attitudes laxistes alentour, dont les acteurs pourtant s'avéraient "présents" physiquement - mais, socialement ou autre, ils n'aidaient pas, voire se moquaient, raillaient, dénigraient, peut-être manipulaient perversement, que sais-je ... au point que la personne intégra somme toute "sadomasochiquement" la donne, comme en "compulsion de répétition" et, à tout le moins, "angoisse", "anxiété", "crainte" plus ou moins "irrationnelle". Bref : en méfiance structurelle, advenant parfois à de l'agressivité, selon le précepte : la meilleure défense, c'est l'attaque.


A partir de là, on me permettra d'extrapoler.

"Dieu est mort", disait Nietzsche : cela n'est pas sans laisser ses enfants dans un état "d'abandon" relatif, surtout ceux qui voulaient croire en son omniprésence (mais, naturellement, Nietzsche, en disant "Dieu est mort", désigne surtout la fin d'un régime existentiel sociobiologique hérité, au profit d'un autre encore indéterminé, d'où "nihilisme" ou dévaluation de toutes les valeurs, soit donc "perte des valeurs" dans le cadre générationnel, ou affaiblissement des lignes de forces, diminution de l'axiologie pratique pour les Hommes).
Reste qu'un film comme Fight Club, en 1999, fait dire à son personnage phare incarné par Brad Pitt : "Dieu nous a abandonnés, nous sommes les oubliés de Dieu", comme si sa paternité aurait dû nous sauver, et il en éprouve moult ressentiment, occasionnant son projet chaos ...

C'est que le romantisme dix-neuviémiste déjà, s'exaltait :
1° en Église du Saint-Esprit (sur la base médiévale de Joachim de Flore) où l'âge du Père aurait été préchristique, l'âge du Fils aurait été christique, puis l'âge du Saint-Esprit postchristique (le nôtre, donc) où les Hommes devraient se débrouiller avec ce pneuma, cet atmos, sans plus de tuteur paternant ni d'ami mentorant (les évangiles font dire à Jésus : "maintenant, vous pouvez m'appeler ami" sur la fin ; au reste, Dieu le Père est bien un roc soutenant, à la manière des Psaumes davidiques largement repris par les christianismes) ;
2° en luciférisme voire satanisme, de ce que Lucifer apporte les lumières ainsi que le siècle précédent doublé du positivisme technoscientifique industrialiste alors - quant à Satan, n'est-il pas la figure romantique du séducteur ? du jouisseur des biens de ce monde toujours plus capitalistement cupide - quand bien même porté par les protestantismes selon Max Weber ? (Voir aussi les digressions en lien.)

Maintenant, regardons les choses politiquement : l'Oxydent est massivement passé de régimes autocratiques, ecclésiocratiques, épistémocratiques et héréditocratiques, à des régimes électocratiques, bureaucratiques, technocratiques et ploutocratiques. Des uns aux autres, il y a la guillotine pour un roi bienveillant pourtant, mais représentatif de l'absolutisme de droit divin (Louis XVI) suivie de la main de fer d'un empereur stratège, moins représentatif de l'impéralisme que des militarismes, légalismes et européanismes (Napoléon). Or, c'est sur cette inspiration française que naquirent tous les États-Nation du monde - modèle passant aujourd'hui pour de plus en plus suranné.

Un modèle suranné, qui pourtant "livre les nations à elles-mêmes sans tête pérenne", et d'autant plus, naturellement, qu'elles se livrent aux marchés - a fortiori spéculatifs & anonymes - détruisant à rebours les nations. Tragicomique ...

Les convocations des libertés de conscience, d'expression & de réunion n'y changent rien, et accentuent même le phénomène : tout le monde est "libre" de penser, croire, dire, écrire, collaborer & participer, à ce qu'il souhaite - du moins théoriquement, et largement en pratique. Tout ce qui est livrer la personne à elle-même.

...

Vous l'aurez compris : notre éon (ère & aire) modernisant, est abandonniste dans les termes, au nom de l'autonomisme individuel, responsabilisations & capacitations idoines. Et si ça ne te plaît pas c'est pareil : marche ou crève. - Du moins, aux USA principalement. C'est qu'il y a la philanthropie, et l'humanitarisme, par lesquels on réalisa bien qu'il fallait garantir interventionnistement les conditions de cet autonomisme individuel : l'égalité des droits, c'est bien, mais il fallait y ajouter une tendance à l'égalité des conditions, ainsi surtout qu'à légalité des chances - parfois dans un idéalisme & irréalisme idoine démentiels ... le soviétisme par exemple, quand bien même dérivant, dont on retrouve intensément la comporte'mentalité ès militances étatistes/interventionnistes/sociétalistes actuelles.

Où l'on voit alors que l'enfer est pavé de bonnes intentions, puisque ces militances (parfois inconscientes, diffuses, dans les démarches "des gens", lorsqu'ils émettent quelque souhait angéliquement, allègrement, insouciamment) - puisque ces militances, disais-je, peuvent très bien ne pas être au goût de tous les mondes électocratiques, bureaucratiques, technoratiques et ploutocratiques.


A partir de là évidemment, tout le monde a depuis longtemps abandonné tout le monde, et nous arrivons à "l'individualisme" actuel, qui n'est certes pas une émancipation individuelle (principe de l'individualisme) mais bel et bien un abandonnisme interindividuel, où tout un chacun renonce à tout un chacun, en dehors "des siens", des proches, des alliés, des affinitaires, des intéressants, des intéressés. C'est de bon sens pragmatique, en fait, dans un tel contexte.

Où l'on voit alors que l'individualisme fonctionne bien, et positivement, parmi "les siens", sans se passer de quelque solidarité, ni donc d'autonomisme idoine : réussite du progrès social ! ... qui pourtant, dans l'ensemble, livre tout le monde à soi-même et "aux siens" ; qui abandonne tous & tout à tous & tout, et donc naturellement aux puissances parmi tous & tout, chez quelques uns & quelques choses : sexe, pouvoir & fric ; amour, gloire & beauté ; fashion, star & enterprise ; excitment, establishment & entertainment ; etc.


Ces phénomènes prennent éventuellement le relais pour certains, ou pour un moment, afin de ne pas se sentir abandonné : soit qu'on les vit (rarement), soit qu'on s'y attache (normalement), et c'est ce que l'on appelle une vie relativement aliénée, qui n'a plus conscience du désaide/abandon dans lequel elle se trouve, puisqu'elle vit avec "les siens" desdits phénomènes : ces "grands gagnants" de l'Oxydent en seront en fait les "grands perdants", grands perdants de ses dérives, puisque ces dérives les traiteront intransigeamment comme "le reste". C'est Mammon, Loki & Chronos qui mangent qui mangent qui mangent ... A moins qu'untel ait "la chance" de rester dans leurs bons grés jusqu'à la fin de ses jours, et que la fin de ses jours ne connaisse aucune dérive systémique profonde lui révélant la nature livreuse/abandonnique de Mammon, Loki & Chronos ...


Ah ! Tout cela manque foncièrement de ... philosophie ... mais chacun y a sa philosophie-de-vie (comme en parure/parade culturelle, en fait) sans plus rien prendre avec.

NB. Et les sciences, méthodiques, n'offrent aucun secours signifiant.

***

Sur la (les) solitude(s) ...

Le religieux abandonnique ...

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Rapport à ce topic, je dirais que nous en arrivâmes à une telle "société bureaucratique à consommation dirigée", du fait de l'abandonnisme qui nous tient d'une part mais, d'autre part, du fait même qu'on ait cherché à-/cru bon de- en arriver là de cette configuration abandonnique. Le moteur est le suivant : l'économisme-même, en termes bourgeois d'Ancien Régime, de Lords & autres marchands anglais, de Prinzen & autres travailleurs allemands, etc. qui débouche sur le capitalisme Germinal-type du XIXème, ainsi que sur le capitalisme tayloriste-fordiste-sloaniste-toyotiste du XXème, avant que d'en arriver au capitalisme spéculatif d'économie irréelle/spéculative contemporain d'idéologie démocratiques commerciales humanitaires, fondé en maisonnisme réel pourtant (1, 2) carrément féodal - et, at least, baronique et ducal d'Ancien Régime financiarisé & globalisé - merdositaire suite à ladite idéologie.

En effet, y concourant sur ces derniers siècles, on préparait l'abandonnisme (caisse de "raisonnances" entre réel féodalitaire & idéal égalitaire) faisant de nous relativement "des paumés" mais, dans un deuxième temps, la "paumétude" nous incita relativement à nous "dépaumer" autant que faire se pouvait & se peut pour nous-mêmes, et donc à nous débrouiller au sein de la société dite, dans les termes qu'elle proposait & propose autant que faire se pouvait & se peut pour elle. Ou du moins : les termes qu'elle cherchait & cherche à proposer autant qu'en son pouvoir politique, quand seulement ce pouvoir n'est pas abandonné autant que le reste.

A partir de là, donc, dans cette débrouille, du haut en bas de l'échelle, chacun fit & fait en sorte de se trouver une occupation ou de s'occuper. Soit donc : savoir quoi faire de soi. S'il en est pour qui le chemin semble plus tracé que d'autres, rien (comme tout, toujours, mais là en particulier) n'est joué d'avance (en tant que les sociétés traditionales proposaient des jeux d'avance) - rien n'est joué d'avance, sinon ce que quelques personnes, cartéliques establish-entrepreneurist, concluent d'avance dans leurs secretaires, autant que possible, comme elles peuvent, ainsi que tout un chacun : "Sur un trône, on n'est jamais assis que sur son cul." (Montaigne)

Mais donc : c'est l'affairisme qui gagne. Un affairisme dont les frontières s'étendent bien au-delà du business, et dont le business n'est jamais que symptomatique. Cet affairisme, ce sont nos affairements existentiels comme-ci comme-ça dans notre débrouille de-ci de-là, par-ci par-là : selon "les marchés", selon "les vacances", selon "les week-ends", selon "les modes", selon "les choix de vie", selon "nos principes", selon "nos envies", selon "nos cœurs", selon "nos budgets", selon "les nôtres" (les proches : familles, amis, potes, fréquentations, connaissances), selon encore certes quelques "coups du sort" (dont, au fond, la donne que je décris est au premier chef).

Dès lors, il faut pourtant réaliser que nous n'en sommes socioéconomiquement-là, que parce que nous voulions (nos aïeux, nous) nous occuper, nous affairer, nous divertir. C'est humain. Chacun "a cru bon" de "faire ce qu'il a fait" : on était dans l'erreur, dans ce que "l'enfer est pavé de bonnes intentions", mais on n'a jamais été en faute [ceci dit aussi, pour l'anecdote, pour tacler un peu le subliminal moralisme heideggerien, sous couvert d'analytique existentiale] : l'innocence du devenir (Nietzsche) régna, entre les hasards sociohistoriques, les déphasages locaux rapport au global, les malencontrosités, les in- ou plus souvent les mé-compétences, les querelles de clochers, les guerres, les petits malins bien sûr, avec les grandes gueules et les charmeurs gloriolesques, les vénaux & cupides aussi dans le lot évidemment, etc. avec, donc, le "croire-bon" de tout un chacun, que même "les mauvais de l'Histoire" ont en partage.

Nous craignons désormais la solitude, le non-faire, etc. et on paye même en stage perso-développementaux, pour qu'un quidam nous mette "au vert, à la diet', en détox". C'est dire à quel point nous sommes rétordus ... et beaucoup de monde pour se chercher ou s'accrocher à "une philosophie de la vie", mais peu de monde pour "prendre la vie avec philosophie".

"Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie !"


EDIT: voir aussi.

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Ou les dérives du systémisme social.



Dernière édition par Malcolm le Ven 10 Mar 2017 - 16:44, édité 2 fois
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