Sentiment de non conviction dans les sciences

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Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Netzach le Sam 23 Juil 2016 - 15:25

Bonjour,

je me demandais un petit truc par rapport à un ressenti que j'ai quand j'étudie des sciences (maths, physique, chimie, etc.).

Quand je vois un théorème et une démonstration, j'ai souvent le sentiment de ne pas être convaincu par ce que l'on me dit/montre et pourtant, une certaine partie de moi souhaite l'admettre, mais je n'ai pas les outils pour prouver que mon sentiment de non-conviction est légitime. Cela m'apparaît davantage plus évident lorsque j'essaye d'apprendre un théorème ou une nouvelle matière en maths, par exemple.

Je vois que beaucoup de gens ont la conviction que leurs idées par rapport à des théorèmes ou des sciences sont avérées parce qu'ils ressentent cette conviction comme une "évidence". Un peu comme si l'on croyait que "Dieu existe" (je ne réfute pas cela mais je n'en suis pas non plus convaincu). Cela fait appel à notre "coeur", à quelque chose qu'on admet sans pour autant le démontrer. Combien de fois n'ai-je pas non plus vu " cette théorie s'impose à moi comme le jour et la nuit, elle est parfaite ! " On voit bien qu'il y a ici un sentiment de croyance au-delà du caractère scientifique qu'elle revêt. Cependant, je n'ai aucune conviction de ce genre en lisant des maths, de la physique, de la chimie.

Quelle(s) conclusion(s) puis-je en tirer ? Que je suis idiot ? Ou que je n'ai pas la fibre scientifique ? Ou qu'il me manque quelque chose que je n'ai pas encore trouvé ?

J'avoue que cette question me taraude depuis quelques temps. Si vous pensez que je suis idiot, dites-le :p ça ne me vexera pas. De toute manière, où j'en suis n'est plus un problème pour moi. Je cherche juste des pistes de réflexion.

Merci de m'avoir lu.

Netzach.

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Malcolm le Sam 23 Juil 2016 - 16:48

Salut Netzach, et (re)bienvenue sur le forum.
Non : tu n'es pas un idiot, à commencer parce que tu te poses cette question - m'est d'avis - question subtile en fin de compte, et qu'il faut avoir le courage de poser mine de rien, donc bon (il n'y a pas de question bête, mais rien que des réponses bêtes ... et d'ailleurs, la formation de ta question n'est pas bête et bien tournée).

Donc, au fond, tu nous poses une question d'épistémologie (de savoir sur le savoir), et cette question est de savoir pourquoi le savoir ne t'acquiert pas à la certitude, ou du moins son sentiment. Que le savoir "ne te parle pas". A vrai dire j'ai déjà fait cette expérience.

Eh bien, pour commencer, je répondrai : parce que tu n'en as pas la pratique, mais que tu n'en as que l'info. Voir ce docu à ce sujet du besoin de "pratication" de la chose pour la sentir : question d'expériencement, de vécu. Par exemple : depuis mon adolescence, j'adore le jeu vidéo Wipeout, auquel je jouais sur PSX et auquel je joue encore parfois sur émulateur PC. Eh bien, mine de rien, ce jeu m'a bien plus renseigné sur la physique des forces et la conduite de ma voiture en termes de poussées & ressentis centrifuges, que n'importe quelle étude newtonienne.
Ensuite, je te renverrai vers ceci, que les savoirs dont tu parles ont une forme de tautologie matériautique. Pour plus de détail, voir ce lien et liens attachés.

Voilà voilà dans l'immédiat.

A la fin, je te dirais qu'il faut croire même au savoir.


EDIT: ce topic rejoint aussi cette question posée in illo tempore.

REDIT: Sur la "pratication", j'ajouterai Heidegger, selon lequel compte notre "Lâtre", ou Là-être/Ëtre-(le-)là (souci mutuel, préoccupation quotidienne) avant toutes les objectivations gnosélologiques.
Ce qui rejoint tous ces constats en psychologie de l'apprentissage, selon lesquels on apprend mieux ce pour quoi on a un intérêt concret, ainsi que le learn-by-doing est infiniment plus pertinent.

Avis aux éducateurs, surtout nationaux (qui sont bien plus édictateurs qu'éducs ... ).


Dernière édition par Malcolm le Jeu 13 Oct 2016 - 20:53, édité 1 fois
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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Netzach le Sam 23 Juil 2016 - 18:19

Merci pour ta réponse ! Et en effet, j'avais déjà posté un sujet similaire il y a de cela deux ans... Mais je l'avais oublié !

Ceci dit, je pense que si c'est une question de pratique qui fait que je n'en sois pas convaincu, c'est alors juste une question de travail plus que d'épistémologie.

J'ai toujours eu pour réflexion de ne jamais être convaincu de rien, parce que cela impliquerait de trop grands choix moraux, au risque de se voiler la face et comme on n'est jamais sûr de rien, ce serait dommage de se fermer aux différentes pistes alors qu'il y en a une myriade à côté de celle qu'on a choisie. Cependant, je comprends que pour avoir un but, il faut bien être convaincu de quelque chose (tu parlais dans ton texte sur la dualité entre le but et le sens) pour donner un sens à son but, même si ce dernier est sans queue ni tête (sans sens) au final, mais au moins, il nous donne l'impression d'avancer. Ce qui est plus compliqué quand tu n'es convaincu de rien, tu as l'impression de faire du sur-place. Néanmoins, tu es quand même obligé de faire des choix et de t'y tenir si tu veux avancer dans la vie. Ne serait-ce que déjà pour te nourrir, tu dois faire des choix : travailler ou glander. Rien ne t'empêche de glander, mais "rien" ne te donnera pas à manger non plus...

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Malcolm le Sam 23 Juil 2016 - 18:44

Ceci dit, je pense que si c'est une question de pratique qui fait que je n'en sois pas convaincu, c'est alors juste une question de travail plus que d'épistémologie.
Oui peut-être, ou alors de psychologie de l'apprentissage, finalement ! ... encore que. Encore que c'est une question d'épistémologie, que de savoir comment & quand l'on sait.
J'ai toujours eu pour réflexion de ne jamais être convaincu de rien, parce que cela impliquerait de trop grands choix moraux, au risque de se voiler la face et comme on n'est jamais sûr de rien, ce serait dommage de se fermer aux différentes pistes alors qu'il y en a une myriade à côté de celle qu'on a choisie.
Soit tu es un lâche, soit ta définition de la morale est trop écrasante voire délirante (au fond, en tant que morale a le même étymon qu'éthique, ta démarche est bien dans une morale), et dans tous les cas tu es dans une morale sceptique.
Cependant, je comprends que pour avoir un but, il faut bien être convaincu de quelque chose (tu parlais dans ton texte sur la dualité entre le but et le sens) pour donner un sens à son but, même si ce dernier est sans queue ni tête (sans sens) au final, mais au moins, il nous donne l'impression d'avancer. Ce qui est plus compliqué quand tu n'es convaincu de rien, tu as l'impression de faire du sur-place.
Tout à fait. Mais ce développement démontre que tu n'es pas un lâche ...
Ces questions de sens & but, sont des questions morales. Personnelles éventuellement, mais morales quand même. Affaires de mœurs (d'esprit de la démarche, de comportementation orientée définitoirement).
Néanmoins, tu es quand même obligé de faire des choix et de t'y tenir si tu veux avancer dans la vie. Ne serait-ce que déjà pour te nourrir, tu dois faire des choix : travailler ou glander. Rien ne t'empêche de glander, mais "rien" ne te donnera pas à manger non plus...
Heidegger définit le "Lâtre" ontologiquement comme souci. Non pas l'appréhension courante gênant l'insouciance (encore que ça en fasse partie), mais comme pouvoir-être dans son devancement de par l'être-jeté-au-monde disposiblement angoissant - mais pas toujours.


EDIT: Netzach, ton dernier propos m'a encore inspiré ceci.

Bien à toi


Dernière édition par Malcolm le Jeu 13 Oct 2016 - 20:52, édité 1 fois
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Du miniaturisme scientifique

Message  Malcolm le Jeu 13 Oct 2016 - 18:49

***

Des sciences, je ne vois pas pourquoi l'on fait tout un plat, comme si elles détenaient le tout de l'univers. Ou plutôt : parce qu'elles détiendraient "le tout" de l'univers. En effet, si seulement elles le détiennent ... eh bien, si jamais elles le détiennent, c'est dans un mouchoir de poche.

Entre ses "lois" et ses rationalisations, le scientifique (le domaine - ) ne fait jamais que simplifier au maximum, à travers des vecteurs et des théorèmes et des modèles ... de telle sorte à miniaturiser l'univers, donc, dans son mouchoir de poche, à elles.

Un mouchoir de poche qui, certes, permet de réaliser concrètement plusieurs choses, de l'automobile à la centrale nucléaire, en passant par le microprocesseur et le viaduc de Millau, mais ce n'est pas cette pluralité/disparité de phénomènes qui va m'impressionner, en ce sens que ce sont, à bien des égards, des chinoiseries de modélisme, à échelle humaine, à taille humaine.

Les sciences sont là pour rendre disponible. Pas étonnant alors, qu'elles tendent actuellement, et concouramment/collaborativement aux marchés, à nous vendre le monde en kit, un peu comme un meuble Ikéa ou un smartphone polytechnique ! *Lol* ... que d'ailleurs, la plupart n'emploiera jamais que pour le tiers du quart de son potentiel.

Potentiel. Le mot est lâché : nous sommes gagaïsés par ces gadgets, qui, parce qu'ils ont "tant de fonctionnalités potentielles", fascinent fétichistement, et cela court jusqu'à donc la centrale nucléaire ou plus généralement l'utilisation du pétrole (du carburant automobile jusqu'aux plastiques les plus biodégradables). Tout cela, "grâce à la science" !

Cette tournure brève d'ailleurs, grâce à la science, est par elle-même un miniaturisme expressif, par lequel ça nous procure des sensations de modélisme, sensationnaliste/émotionnaliste, un peu comme des petits enfants s'éjouissent d'un rien. Car en effet, les sciences, "ce n'est rien" ou pas grand-chose, les mieux conséquents entre les scientifiques le reconnaissent eux-mêmes, et pas seulement par "modestie socratique" du genre :  je sais que je ne sais rien, de ce que, en sachant beaucoup plus que la moyenne, je réaliserais tout ce qu'il me manque encore, et manque toujours à l'Humanité dans son ensemble.

Par contre, le menu fretin scientifique (et il prolifère), grâce à la science, se lance dans les rêves progressistes/futuristes/ingénieristes les plus démentiels, en croyant que ce noyau dur (un vecteur, un théorème, un modèle) va humanitairement ou transhumanistement intégralement restructurer le code génétique du réel, un peu comme s'il en avait saisi la fonction primitive. Mais ce ne sont jamais que des épures.

Des épures impressionnantes, impressionnistement, de ce que leur "épurisme" puisse déployer "tant de facultés", mais ces facultés ne sont jamais qu'humaines, trop humaines ... par quoi, donc, les sciences me font pitié, je juge qu'elles craignent grave, et ce jusqu'à l'accélérateur de particules du CERN, "prouesse ou merveille de technologie", dont on sait ou croit savoir qu'il pourrait sécréter un trou noir abolissant notre présence terrestre dans l'univers, un peu comme l'holocauste nucléaire terrorisa la seconde moitié du XXème siècle (et, dans son genre, devrait toujours nous terroriser) : tout cela ne tient jamais qu'à une mini-maîtrise de rien du tout, aux conséquences assurément disparates et plurielles, humainement, et rien qu'humainement.

Or, à ce point, les (comporte)mentalités surinvestissent follement le miniaturisme scientifique, comme en point focal néo-déiste, ou le dieu serait l'homme - à tout le moins un démiurge - mais c'est ridicule, grotesque, burlesque, auto-satirique dans la démarche narcissiquement élogieuse. Bref : piteux.

Et que cela m'ait permis de publier ce propos mieux publiquement de par les Nets ne change rien à l'affaire, sans d'ailleurs faire de moi un ingrat, de ce que je ne renierai pas la valeur de la recherche scientifique : c'est qu'il faut remettre "les choses" à leur place, non d'une pipe ! ... D'où vient alors, que tous les ne-jurant-que-par-les-sciences, et que je nomme sciencistes à défaut d'être scientistes (où le scientisme prétend que les sciences sont le "tout pour le tout" universel, comme en clergé) ... d'où vient alors, que les sciencistes, ne passent jamais plus à mes yeux, que pour des guedins.

Des guedins pas si dingues de faire valoir les sciences, mais trop dingues des sciences pour n'être pas des guedins.


EDIT: à la fin, tout cela ne témoigne jamais que de l'incapacité des hommes à se déterminer responsablement, dans l'usage de l'outil qu'ils ont à disposition.

Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1098-philosophie-lettre-morte
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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  AntiSubjectiviste le Dim 16 Oct 2016 - 3:36

Netzach a écrit:Quand je vois un théorème et une démonstration, j'ai souvent le sentiment de ne pas être convaincu par ce que l'on me dit/montre et pourtant, une certaine partie de moi souhaite l'admettre, mais je n'ai pas les outils pour prouver que mon sentiment de non-conviction est légitime. Cela m'apparaît davantage plus évident lorsque j'essaye d'apprendre un théorème ou une nouvelle matière en maths, par exemple.
C'est normal. La compréhension (et la conviction) ne viennent pas en lisant le théorème puis, directement, sa démonstration. La lecture seule n'a jamais permis de comprendre quoi que ce soit, elle doit toujours être précédée (voire remplacée) et succédée par une réflexion personnelle.

Pour comprendre un théorème : lire les définitions des concepts impliqués, tenter d'en donner des exemples, tenter d'imaginer des liens entre ces concepts, lire le théorème, se questionner sur sa vraisemblance, tenter de le démontrer ou de le réfuter. Et après tout ça, en bonus : lire la démonstration.

Avec ça, normalement, tu comprendras mieux le théorème.

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Kercoz le Dim 16 Oct 2016 - 8:45

Netzach a écrit:

Quand je vois un théorème et une démonstration, j'ai souvent le sentiment de ne pas être convaincu.......
.


"Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude."
Bertrand Russell
Pour agir ,il faut une certitude. Une croyance ou un "savoir". Il est plus facile d' obtenir la croyance que le savoir. De plus pour croire, tu passes par la case "admettre".
Kant a dit un truc sur la conviction : une certitude subjective , la croyance ( foi) etant une certitude objective .

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Hks le Dim 16 Oct 2016 - 15:14

Kant a écrit:« La croyance présente les trois degrés suivants : l'opinion, la foi et la science. L'opinion est nue croyance estimée avec conscience insuffisante, tant subjectivement qu'objectivement. Si la croyance n'est suffisante que subjectivement, et qu'elle soit en même temps regardée comme objective-ment insuffisante, alors elle s'appelle foi. Enfin, si la croyance vaut subjectivement et objectivement, elle s'appelle science. »
Critique de la raison pure, Méthodologie transcendantale, 1978, trad. Tissot, t. II, p. 406) :

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Kercoz le Dim 16 Oct 2016 - 18:51

hks a écrit:
Kant a écrit:« La croyance présente les trois degrés suivants : l'opinion, la foi et la science. L'opinion est nue croyance estimée avec conscience insuffisante, tant subjectivement qu'objectivement. Si la croyance n'est suffisante que subjectivement, et qu'elle soit en même temps regardée comme objective-ment insuffisante, alors elle s'appelle foi. Enfin, si la croyance vaut subjectivement et objectivement, elle s'appelle science. »
 Critique de la raison pure, Méthodologie transcendantale, 1978, trad. Tissot, t. II, p. 406) :
Salut hks et merci pour la ref. Ce que j' avais entendu ( 4 émissions sur Kant chez Adèle aux "nouveaux chemins ) me semblait plus simple. Là il y a pas mal de termes polysémiques. J' avais relevé le propos parce qu' ailleurs on m' avait taclé sur les termes "croyance" et " conviction" que j' équivalais.
Je crois que le propos disait qu ' une conviction était une croyance subjective et la foi une croyance objective.
Je tentais de soutenir ( et je perssigne) qu'une "vraie croyance" ( foi) ne peut être qu'inconsciente, du fait que la verbaliser c'est déja la douter ne serait ce que par le choix des mots ...mais c'est une de mas marotte que tu dois connaitre.

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Hks le Dim 16 Oct 2016 - 19:07

à kercoz  

tu peux retrouver le texte de Kant ICI  
Kant a écrit: "La croyance [das Fürwahrhalten] est un fait de notre entendement susceptible de reposer sur des principes objectifs, mais qui exige aussi des causes subjectives dans l'esprit de celui qui juge. Quand elle est valable pour chacun, en tant du moins qu'il a de la raison, son principe est objectivement suffisant et la croyance se nomme conviction. Si elle n'a son fondement que dans la nature particulière du sujet, elle se nomme persuasion.
 La persuasion est une simple apparence, parce que le principe du jugement qui est uniquement dans le sujet est tenu pour objectif. Aussi un jugement de ce genre n'a-t-il qu'une valeur individuelle et la croyance ne peut-elle pas se communiquer. Mais la vérité repose sur l'accord avec l'objet et, par conséquent, par rapport à cet objet, les jugements de tout entendement doivent être d'accord [...] La pierre de touche grâce à laquelle nous distinguons si la croyance est une conviction ou simplement une persuasion est donc extérieure et consiste dans la possibilité de communiquer sa croyance et de la trouver valable pour la raison de tout homme, car alors il est au moins à présumer que la cause de la concordance de tous les jugements, malgré la diversité des sujets entre eux, reposera sur un principe commun, je veux dire l'objet avec lequel, par conséquent, tous les sujets s'accorderont de manière à prouver par là la vérité du jugement. […]
 La croyance, ou la valeur subjective du jugement, par rapport à la conviction (qui a en même temps une valeur objective) présente les trois degrés suivants : l'opinion, la foi et la science. L'opinion est une croyance qui a conscience d'être insuffisante aussi bien subjectivement qu'objectivement. Si la croyance n'est que subjectivement suffisante et si elle est tenue en même temps pour objectivement insuffisante, elle s'appelle foi. Enfin la croyance suffisante aussi bien subjectivement qu'objectivement s'appelle science. La suffisance subjective s'appelle conviction (pour moi-même) et la suffisance objective, certitude (pour tout le monde)."



Kant, Critique de la raison pure, 1781, Canon de la raison pure, tr. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1997, p. 551-552.
Je tentais de soutenir ( et je perssigne) qu'une "vraie croyance" ( foi) ne peut être qu'inconsciente, du fait que la verbaliser c'est déja la douter ne serait ce que par le choix des mots ...mais c'est une de mas marotte que tu dois connaitre.
Oui si tu veux ... mais croyance,  le sens du mot, est alors étendue à plus que d' ordinaire  .
Ce qui est toujours périlleux .
C'en est comme du sens de conscience quand on désigne  ou pense à  une conscience inconsciente . *???*

amicalement :)


Dernière édition par hks le Dim 16 Oct 2016 - 21:35, édité 1 fois

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Le Repteux le Dim 16 Oct 2016 - 19:34

Kercoz a écrit:Je crois que le propos disait qu ' une conviction était une croyance subjective et la foi une croyance objective.
Une croyance est une idée à propos d'une idée, et une fois acquises, nos idées deviennent toutes des automatismes, ce qui signifie que nous les exprimons sans avoir à y réfléchir, ce qui est le cas pour tous les types de croyance, y compris, donc, les croyances scientifiques.

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Malcolm le Dim 16 Oct 2016 - 19:47

Kercoz a écrit:Là il y a pas mal de termes polysémiques.
Il faut explorer Kant, pour réduire la polysémie de ses définitions & usages.
Comme pour tout auteur, la citation sans la compréhension est insaisissable et facilement discutable pour la discussion infinitive.
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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Princeps le Dim 16 Oct 2016 - 19:52

Je plussoie et j'agrée.
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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Hks le Dim 16 Oct 2016 - 22:16

à kercoz

kercoz a écrit:Je crois que le propos disait qu ' une conviction était une croyance subjective et la foi une croyance objective.


Kant ( du moins dans la C R pure) dit que la foi est
la croyance qui n'est que subjectivement suffisante ET qui  est tenue en même temps pour objectivement insuffisante .

La foi est supérieure à l' opinion en tant que subjectivement suffisante
Mais est inférieure à la science qui elle est  tenue  comme subjectivement suffisante et objectivement suffisante ( aussi )
...............................
Kant explique
La suffisance subjective s'appelle conviction (pour moi-même) et la suffisance objective, certitude (pour tout le monde)."

La foi est une conviction (pour moi même)  
et la science l' est mais en plus une certitude pour tout le monde .
...................................

la pierre de touche ( l 'argument central de Kant) est fondé sur  l'intersubjectivité possible
le partage par tous de telle conviction ( subjective)
....................................

cela dit ce texte est assez difficile et problématique parce que dès le départ la thèse est kantienne  

kant a écrit:"La croyance [das Fürwahrhalten] est un fait de notre entendement susceptible de reposer sur des principes objectifs, mais qui exige aussi des causes subjectives dans l'esprit de celui qui juge.

Ce susceptible de reposer sur des principes objectifest kantien .

Si on le refuse on a l 'option la foi repose entièrement sur des principes subjectifs . Kant ne peut  démontrer que l' expérience mystique ( par exemple ) repose sur des principes objectifs .
Il se peut très bien que certains faits de notre entendement ne reposent que sur des principes subjectifs .

La thèse  suivante est admissible:  la conscience que j' ai de moi même (par exemple) ne repose QUE sur un principe subjectif .

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Kercoz le Dim 16 Oct 2016 - 23:04

Beaucoup de mal à admettre ou à valider une possibilité de l' admettre.
J' ai une formation scientifique et tout scientifique qui y a réfléchi ne peut qu' avouer que la science est une croyance comme toute autre croyance et, de ce fait, objectivement insuffisante: un maçon peut croire scientifiquement que la terre est plate. Son niveau et son fil à plomb le lui prouvent tous les jours. La pluspart des gens "admettent" les intégrales sans les comprendre. Ils se trompent scientifiquement ( la pluspart) , en croyant que 2 objets de meme volume et de poids différent vont atterrir ensemble en tombant de la tour eiffel .

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Hks le Lun 17 Oct 2016 - 13:22

kercoz a écrit:Beaucoup de mal à admettre ou à valider une possibilité de l' admettre.

humm!! à quoi réponds tu là ?

Tu as une formation scientifique, il n empêche que tu fais de la philosophie . En fait tu ne réponds pas à ma thèse ( ce qui n est pas grave d 'ailleurs ) mais à Kant .
Tu critiques son objectivement en ramenant la science au niveau de la foi ( du moins telle que défini par Kant)

Encore que je ne sois pas persuadé que tu crois à ce que tu avances sur la science. :)

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Kercoz le Mer 19 Oct 2016 - 10:40

hks a écrit:

Encore que je ne sois pas persuadé que tu crois à ce que tu avances sur la science. :)

Mais si, mais si!
Marrant les 3 trucs sur la croyance que tu cites plus haut....on retrouve aussi 3 formes de croyances définies par Kant. Ca m' a surpris parce que donc quand il parle de croyance, il mets les 2 autres au même niveau que la croyance d' un Dieu....La 3e émission sur Kant sur Fr. Cult. "Chez Adèle" 25 bis des "Nouveaux chemins" me semble pour une fois sur Kant , bien éclairante:
https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/la-critique-de-la-raison-pure-demmanuel-kant-34

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Hks le Mer 19 Oct 2016 - 11:07

à Kercoz

Je n' ai pas écouté la troisième émission
mais dans CE texte de la CRpure la science n'est pas mise au même niveau que la foi .

La "croyance d' un Dieu" (comme tu dis) c'est trop imprécis . Je ne sais pas de quoi parle Moreau dans la troisième émission ( je vais écouter).

je veux dire que toi tu ne penses pas que
1) toutes les croyance scientifiques se valent
2) qu' elles sont du même genre que la foi en Dieu ( à préciser car la foi du charbonnier ce n'est pas du tout Dieu chez Spinoza ni la foi chez Kierkegaard).
Il m'étonnerait (sous réserves mais je serais vraiment étonné) de trouver chez Kant un alignement de la science sur la foi religieuse.

En tout cas chez Spinoza, il y a deux et même trois genres ou degrés de connaissance ... la science relève du deuxième genre et Dieu du troisième.

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

Message  Kercoz le Mer 19 Oct 2016 - 11:40

hks a écrit:
Il m'étonnerait (sous réserves mais je serais vraiment étonné) de trouver chez Kant un alignement de la science sur la foi religieuse.
.

La science , c'est juste un exemple perso .
Sur les 3 formes de Croyance ( à 17.30 du lien) , il parle de la croyance en
- L' existence du sujet
- en la liberté
- en Dieu ( théisme).
Bon c'est assez clair , mais il va me falloir réécouter encore certains points .

Ce qui m' intéresse c'est que le fait d'aligner plusieurs formes de croyances relativise la croyance théiste.

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Re: Sentiment de non conviction dans les sciences

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