Epistémologie de ... l'ontologie

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Epistémologie de ... l'ontologie

Message  Invité le Lun 25 Juil 2016 - 23:16

L'ontologie, elle désigne un discours sur l'ontique, soit donc ce qui est. Ce qui est, est étant : nous le constatons perceptivement, existentiellement. Mais tenir un discours sur l'ontique, ce n'est pas tenir un discours déterminé sur tel et tel ontique ou genre d'ontique (par exemple : l'éthologie - discours sur le comportement, - ou bien l'épistémologie - discours sur la connaissance). (Néanmoins, rapport à cette épistémologie, pour connaître la connaissance ontologique, il faut bien tenir un discours sur la connaissance ontologie, discours épistémologique de l'ontologie.)

Tenir un discours sur l'ontique, disais-je, c'est tenir un discours ontologique, un discours sur l'être de ce qui est. Voyez l'inflexion : ce qui est, c'est l'ontique ; l'être de ce qui est, c'est l'ontologique. On opère une intensification, ou une exacerbation, ou une focalisation, dans une mise en carré de l'étant par l'être de l'étant. Au fond, le plus singulier ici, c'est que l'être de l'étant pourrait très bien ... être ... un étant de l'étant, renvoyant à un être de l'étant de l'étant le discours ontologique : ad libendum ... un peu comme la question qui suis-je, nous place en observateurs de nous-mêmes, nous dédoublant en soi observant & soi observé, et cela en abyme, indéfiniment, un peu comme deux miroirs placés l'un en face de l'autre ont une réfraction théoriquement infinie.

Infinie, cette réfraction l'est en théorie, donc. Mais "un jour j'habiterai en théorie, parce qu'en théorie tout va bien". Ceci étant, dans l'immédiat, cela signifie qu'en théorie, le discours ontologique-même renvoie l'être de l'étant dans les limbes.

Mais donc, en théorie. En théorie disons-nous, de cette théorie qui précède la connaissance, ou qui est une approche herméneutique/gnosélogique a priori, soit donc spéculative. Pas étonnant, donc, que ces spéculations nous renvoient spéculairement à des jeux de miroirs jusque dans les limbes. Aussi bien n'est-il pas permis de dire, jusqu'à nos jours, que ces renvois sont si réfractaires que cela à l'Homme sensé. Car l'Homme sensé, c'est l'Homme qui emploie son sens (médiéval pour esprit, mental, bon sens, raison) à savoir méthodiquement si ses connaissances a priori, ses spéculations (ses hypothèses), sont justes. Soit donc : si elles correspondent bien à la pratique, rapport à la théorie, de sorte à en extraire des théories non-spéculatives. Des théories praticables.

C'est la démarche scientifique.

C'est la démarche scientifique, qui n'est pourtant pas connue pour "donner dans" l'ontologie, mais dans tel ou tel ontique ou genre d'ontique. D'ailleurs, la démarche scientifique s'est tellement bien rendue à l'ontique, qu'elle se situe désormais assez pragmatistement (plan philosophique) dans une ... ontologie ... factualiste.

Cette ontologie factualiste, elle dit de l'étant que son être est le fait : elle pose le fait, la facticité, comme être de tout étant, dont tel ou tel étant ou genre d'étant comme fait ontologiquement factice, est la réalité du réel. Bref : la réalité du réel scientifique, c'est la facticité. Mais d'ailleurs, que cette facticité soit péjorativement connotée moralement, n'ôte rien à l'opérativité de cette facticité, ès technosciences & ingénieries. Tout ce qui est dire à quel point tout cela est artificialiste (discussion à suivre). L'artifice du fait, c'est le factice, ou la facticité comme être de l'étant scientifique, soit donc : le fait.

En quoi l'on voit bien que 1° les sciences sont fondées ontologiquement pourtant, et que cette ontologie n'est pas un jeu de miroirs jusque dans quelque limbe, mais que 2° la facticité de l'ontologie scientifique, comme factice, reste moralement relativisable. Or pourtant, c'est bien la recherche du vrai communément estimée "morale", qui motive cette facticité comme volonté de ne pas (se) tromper : ne pas (se) tromper, où la valeur de la vérité comme adéquation de l'intellect au fait, concorde avec la valeur de la vérité comme confiance mutuelle entre Hommes réprouvant le mentir. Mais le non-mentir scientifique est fondé en facticité, contradictoirement (rétorsion).

...

TOUT CELA pour dire que les sciences discréditant l'ontologie, ontologie partie du métaphysique (donc plus généralement le métaphysique dans son ensemble), ont mauvais jeu de moquer l'ontologie (et par elle la métaphysique, comme plus largement la philosophie). Sciences dont l'ontologie nous renseigne positivement-même - et c'est positivistement le cas de le dire - que l'être de l'étant peut éventuellement ne pas sombrer en jeux de miroirs jusque dans les limbes.

NÉANMOINS, la facticité de l'ontologie scientifique, comme factice, reste suspecte quant à son absoluité, s'il en est une. Seule son opérativité la sauve communément, et pousse le commun des mortels à s'y rendre aveuglément, comme en nouveau clergé méthodologiste ... Pff. Non : la facticité ontologique des sciences a sa valeur opérative, voilà tout, mais ce "tout" signifie "beaucoup" voire "absolument tout" pour bien des gens : motion véritairement absolutiste, réactualisant le déisme sans "deo" (bref : philosophiquement, ça pue).

...

Mais nous voilà donc assurés que l'ontologie, que les ontologies, ont de la valeur (oui, et je dis valeur nietzschéennement, car c'est là ma seule observance).

Aussi bien, je disais donc pour commencer qu'ontologiquement, on opère une intensification, ou une exacerbation, ou une focalisation, dans une mise en carré de l'étant par l'être de l'étant. Cela ne veut pas rien dire, parce que cela dit qu'épistémologiquement, l'ontologie consiste en cela, rapport à sa discursivité. C'est-à-dire qu'épistémologiquement, la discursivité de l'ontologique, constitue linguistiquement un métalangage, intellectuellement doté des caractères de l'intense, de l'exacerbé, du focal, de la mise au carré - intensité, exacerbeté, focalité, mise-au-carreté de l'ontique, qui par ailleurs (dans les autres connaissances) n'est pas aussi alourdi, éreinté ou densifié.

En effet, quand les autres connaissances caressent, manient ou soulèvent leur objet, l'ontologie, en s'intéressant à ce-qui-fait-que-l'étant-est, confère une "substance" à la stance convenant très bien aux autres savoirs (dans une ontologie factualiste du factice, par laquelle la facticité témoigne bien des ombres chinoises platoniciennes* auxquelles lesdites connaissances s'intéressent alors) ...
*:
Platon, n'ayant tragédiquement pas su endurer ces ombres chinoises, se sera rendu à leurs ... patterns géométriques, en réalité n'ont pas "à la surface de la grotte" mais derrière la toile.
... une substance, donc, qui tient factualistement (facticement) en "lois scientifiques" (introuvables pourtant comme telles dans le monde, en dehors de celui qui les inventa & les emploie), mais substance qui revient ni plus ni moins qu'à un boulet à la cheville de l'étant (alourdissement), un remuement dans le couteau de la plaie de l'étant (éreintement) et une affirmation de la stance de l'étant (densification).

A ce point, donc :
1° Comme alourdissement, le commun des mortels scientifisant dirait "c'est relou, baste ! au diable l'ontologique ! et que j'oublie vite la facticité de mon factualisme ! il est toujours temps d'en jouir opérativement : vivent les pragmatisme, hédonisme, utilitarisme, convivialisme, festivisme, démocratisme, etc." Bref : c'est la vie de l'Homme tel qu'on la connaît aujourd'hui, pour le meilleur, et surtout pour le pire, car cet Homme se prend véritairement pour un absolu, absolutistement-même dans le libertarisme.
Or, 2° comme éreintement, ledit Homme-même (Dernier Homme nietzschéen) ne souffre plus de faire l'effort/se donner la peine de- creuser ontologiquement. C'est pourtant l'éreintement de l'étant, qui lui permettrait de le fatiguer jusqu'à son être, depuis lequel sont réouvertes toutes les possibilités existentielles dont il s'est privé & se prive plus ou moins nolontairement (la volonté-même le fait souffrir, alors il l'éloigne) dans ses tropismes dits, mais l'y condamnant éternellement comme en autopunition.
3° La densification de l'étant par l'être alors, permet d'échapper à la futilité - ce qui n'a jamais été réprouver les frivolités* - ...
*:
Putain si deux mots existent, ce n'est pas pour dire la même chose :
1° La futilité rend au rien, au néant, aux vanités, nihiliste.
La frivolité rend joyeux, tant qu'elle est respectueuse ; respect sans lequel, elle ennuie.
... et, échappant à la futilité, l'Homme retrouve son sens : ce sens dont nous parlions tout à l'heure (acception médiévale). Car ainsi sensé, l'Homme sait mieux où il va, peut aller, voudrait aller*.
*:
Qu'a fait Nietzsche, avec l'éternel retour, sinon proposer une telle densité qui, éreintante, comme boulet à la cheville, permettait de naviguer toutes voiles dehors vers de nouveaux Occidents ?

Bref : c'était donc l'épistémologie de l'ontologie, ou comment savoir ce que sait l'ontologie, en l'évaluant (performance nietzschéenne).

Merci de m'avoir lu jusque là.
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