Abraham, Moïse et l'arkhè "adamique" (hypothèse chtonienne & gaïenne)

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Abraham, Moïse et l'arkhè "adamique" (hypothèse chtonienne & gaïenne)

Message  Malcolm le Ven 12 Aoû 2016 - 16:22

Moïse, dont on ne sait s'il exista, mais dont on théorise qu'il s'identifie à Akhenaton, le pharaon. Or, ce pharaon, il voulut instaurer le culte monothéique d'Aton (le Soleil) au mépris des +/- 1400 dieux égyptiens (comme il y a pléthore de dieux hindous et de saints catholiques ... ). Cela déplut tant à la population, qu'elle bouta cet homme du trône, alors que normalement les pharaons sont des dieux-sur-terre. Forcément : un pharaon monothéique ne pouvait être lui-même un dieu, par quoi il devenait légitimement boutable ... Mais alors, la théorie (Freud, Moïse & le monothéisme en premier chef) dit qu'Akhenaton aurait quitté l’Égypte avec une frange d’Égyptiens qui, en passant par le mont Sinaï, auraient adoptés un primitivement dieu-du-tonnerre du nom de YHWH ou assimilé, suite à quoi advint l'hébraïsme, par construction d'une identité nationale mémorielle autour "des Livres" (de la Bible). C'est d'ailleurs autour de la rédaction des "Livres de l'Exode", que les archéologues situent la rédaction des "Livres de la Genèse" - sur des bases très-mésopotamiennes comme on sait, avec par exemple le Déluge inspiré de l'épopée sumérienne de Gilgamesh.

A ce point, qu'on me permette d'antécéder & d'élargir la notion de présocratiques au biblisme.

En effet, Elohim crée l'homme "en sa ressemblance" avec de l'adam & de l'eve (étym. de la glèbe & de l'eau), de sorte qu'il soit permis de dire que sa volonté insuffle la Terre, sur le modèle du potier : image typique dans les milieux chrétiens, par exemple. Ce qui est donc dire au moins symboliquement, que le dieu se projeta potièrement dans de la glèbe (arkhè chtonienne & gaïenne, comme en sa Création), donnant à la Terre une dignité particulière (par laquelle, d'ailleurs, le renouveau charismatique actuel défend des principes écologistes, comme ré-entendement bienveillant du fameux "tu seras maître de la Terre" adressé par le dieu aux Hommes, sur une base franciscaine d'ailleurs, qui n'a pas attendu le pape François Ier pour émerger).

Mais ce n'est pas tout : non seulement "Moïse" reçoit-il les fameuses "Tables de la Loi" au mont Sinaï, symbole érectile de la Terre insurgée - à l'époque volcaniquement spermatique (d'où l'anecdote du buisson ardent ? comme en logos spermatikos), - mais en sus les Psaumes davidiques (très-retenus par la tradition chrétienne d'ailleurs) emploient sans cesse l'image du dieu comme roc, rocher, en arrimage. Auparavant d'ailleurs, ce seigneur avait promis à Abraham une descendance innombrable (l'Histoire ne l'a pas démenti ?!) non pas dans l'au-delà, mais ici-bas. D'ailleurs, les premiers "yahvites" n'ont ni enfer ni paradis, mais rien qu'un shéol pour les âmes errantes, et un dieu unique accouplé à Shekina, la sagesse, à la fois redoutable & surveillant ainsi qu'un pâtre-premier-patriarche, tout comme ces pâtres patriarchiques alors, pour qui la terre, le sol, a une signification nomadique toute particulière (Régis Debray, Dieu, un itinéraire).

Le dieu créateur a fait sa Création (surtout en cette vaste Asie mineure) terre & rien que terre, afin de nomadisme pour des glébeux à soi comparables : arkhè chtonienne & gaïenne de la Création, pour le créateur de la terre qu'il sépara "des eaux" (cieux & mers, pour eux à l'époque). Et ce dieu affermit comme en terre-ferme son peuple jusqu'en Canaan au moins, tandis qu'il les punit en les dispersant par les terres. "Souviens-toi, Israël", sionisme ... qu'on retrouve bien entendu dans l'implantation (la "settelment") chrétienne, ainsi que musulmane - certes pour des motifs très-politiques aussi ! mais d'abord, la Jérusalem cultissime, elle correspond tout aussi bien aux lieux sacrés d'un Amérindien ou d'un Sibérien, pour qui la Terre est tréfondamentalement importante. Il y a donc dans tout cela un spiritualisme terrien, "adamique" (glébeux), chtonien, gaïen.

Mais on me dira que ça n'est pas très rationnel, tout de même, en regard des autres présocratiques.

Est-ce si sûr ? ... N'y a-t-il pas là-dedans une poétique originelle originale, très-archaïque, par laquelle on voit alors que les Anciens Hébreux mariaient le dieu à la sagesse ? Rude divinité, & rude sagesse en vérité ! pour des mœurs rudes en effet. Que l'on retrouve dans le Tanakh (Bible hébraïque, "Ancien Testament") signifiant Torah, Neviim, Kefiim - soit dans les "Livres de la Loi, des Prophètes & de Sagesse".

Or, imaginez un peu comme devait se vivre un Ancien Hébreu alors, nomade initial, sédentaire colonial : il était porteur d'une sapience toute contenue dans l'Arche d'Alliance (arche, provenant du grec arkhè d'ailleurs) circulant sur Terre avec les siens, sa tribu & son peuple. Cette sapience sécrétait une sagesse : timshel ? - sagesse qui n'a rien à envier aux mystères d'Héraclite, par exemple.

Elohim-YHWH est un principe terrestre : son souffle, bon & mauvais, parcourt les terres (voir à ce titre, l'excellente Bible Bayard 2012).

A la fin, je dirai que Nietzsche (qui relança l'intérêt philologique puis philosophique pour les présocratiques au XIXème), avec son sens de la terre zarathoustrien, n'aurait rien à leur enlever, s'il n'y adjoignait pas l'impiété, la divinisation de la Terre éciellée, l'immoralisme & le perspectivisme ! ...

Nietzsche, qui célébra la volonté de puissance des Anciens Hébreux :
Nietzsche, dans Par-delà bien et mal, a écrit:
52.
Dans l’ « ancien Testament » juif, le livre de la justice divine, il y a des hommes, des choses et des discours d’un si grand style que les littératures grecque et hindoue n’ont rien à leur opposer. On s’arrête avec crainte et vénération devant ces vestiges pro­digieux de ce que l’homme était autrefois et l’on songe tristement à la vieille Asie et à sa petite presqu’île, l’Europe, laquelle voudrait absolument signifier « progrès de l’homme » à l’égard de l’Asie. Il est vrai que celui qui n’est lui-même qu’un ani­mal domestique docile et falot, celui qui ne connaît que les besoins de l’animal domestique (pareil à nos hommes cultivés d’aujourd’hui, sans oublier les chrétiens du christianisme « éclairé » —) celui-là ne doit ni s’étonner ni s’attrister parmi ces ruines. Le goût pour l’ancien Testament est une pierre de touche pour connaître ce qui est « grand » et « petit ». Peut-être trouvera-t-il le nouveau Testament, le livre de la grâce, plutôt selon son cœur (on y trouve des traces nombreuses de cette véritable odeur des cagots et des petites âmes tendres et bornées). Avoir accolé à l’ancien Testament ce nouveau Testament, au goût si rococo à tous les points de vue, pour n’en faire qu’un seul livre que l’on a appelé « Bible », le « livre des livres », c’est peut-être la plus grande témérité, le plus grand « péché contre l’esprit » que l’Europe litté­raire ait sur la conscience.
Voir aussi : Judéité, Chrétienté, Islamité : psychogénèse

Et aussi : http://eocf.free.fr/text_psaume_104_aton.htm
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Malcolm
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