Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

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Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Malcolm le Mar 30 Aoû 2016 - 20:00

Henri Bergson a sa petite intuition métaphysique là-dessus ...
Bergson infléchit l'entendement métaphysique :
1. Vers ce que je nommerai "l'intrinséquence" des choses, qu'il appelle "absolue" (connaître "de l'intérieur") ;
2. Vers ce que je nommerai "l'endensité" des choses, donc, en conséquence, et très pragmatiquement.
C'est dire que, pour Bergson, il est un Absolu Pragmatique, saisissable dans ce qu'il nomme intution non plus au sens kantien (saisie immédiate de la donne sensorée), mais donc au sens bergsonien (saisie intrinséquentielle-endensitaire).
Henri Bergson, pp.53-54, a écrit:Soit un personnage de roman dont on me raconte les aventures. Le romancier pourra multiplier les traits de caractère, faire parler et agir son héros autant qu'il lui plaira : tout cela ne vaudra pas le sentiment simple et indivisible que j'éprouverais si je coïncidais un instant avec le personnage lui-même. Alors, comme de la source, me paraîtraient couler naturellement les actions, les gestes et les paroles. Ce ne seraient plus là des accidents s'ajoutant à l'idée que je me faisais du personnage, enrichissant toujours et toujours cette idée sans arriver à la compléter jamais.
Cette image édifiante de la fiction romanesque est propice au bon entendement de ce que Bergson désigne par métaphysique, en ce qu'elle met en valeur toutes les projections auxquelles il faut intuitivement procéder avec l'Absolu Pragmatique-dit.
En somme : tel personnage n'est pas la somme de ses descriptions & narrations (premier connaître "de l'extérieur"), mais il a un Absolu Pragmatique que je peux éventuellement saisir métaphysiquement par intuition (saisie intrinséquentielle-endensitaire) - Absolu Pragmatique du personnage, par lequel j'en aurais une compréhension suprême, évidente, où tout coulerait de source & irait de soi pour moi en ce qui le concerne, si je l'avais (cette intuition). D'ailleurs, il me semble à moi, MSC, qu'il vaut mieux en avoir une (intuition de tel personnage), pour prendre plaisir à tel roman ... Sinon que les critiques littéraires vous diraient qu'il s'agit d'un mirage lectoral, sur la base de billets textuels judicieusement agencés par le travail auctorial ... Critiques littéraires auxquels on peut retourner que le travail auctorial, par un judicieux agencement de billets textuels, tente précisément de nous communiquer l'intuition (de tel personnage), comme en communication directe d'esprit à esprit.

DIgression pour des intervenants du forum:
Tout ce qui légitimerait, donc, que la communication d'esprit à esprit soit possible, tout purement, absolument, dans les termes du bergsonisme. Ceci dit, encontre vos tendances à radicaliser l'incommunicabilité d'esprit à esprit, ou bien à dramatiser les distorsions, à la Bernard Werber croyant réinventer la poudre quand il dit "Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que tu veux entendre, ce que tu entends, ce que tu veux comprendre, ce que tu crois comprendre, et ce que tu comprends... Au fond de toi tout bas tout bas... Il y a au moins neuf possibilités de ne pas s'entendre..." - mais Bernard Werber donne dans le sentimentalisme et le tendre kikoolol, afin d'augmenter sa bisounourserie à son lectorat de toutes façons toujours-déjà bisounours. Bref : Henri Bergson upercute ce guignolard d'écrivain mystico-scientifique new agisant ! *Lol*

Source : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1388-la-metaphysique-version-henri-bergson#25105

Henri Bergson, cité par le préfacier, a écrit:Nous appelons ici intuition la sympathie par laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et d'inexprimable.
Or, la charnière des XIX-XXèmes siècles, s'y prête profondément, avec :
1. L'organicisme d'Hippolyte Taine (historien) ;
2. L'interpréter de Friedrich W. Nietzsche (philosophe) ;
3. La critique littéraire de Sainte-Beuve (commentateur) ;
4. La critique littéraire d'Albert Thibaudet (commentateur) ;
5. La caractérologie de René Le Senne (psychologue) ;
6. La caractérologie d'Emmanuel Mounier (philosophe).

Cette "sympathie" n'est pas guillerette : elle empathise profondément avec son sujet ; elle se laisse affecter par lui & l'affectionne. Il y a là comme une logique du (contre-)transfert psychanalytique, où l'analyste cherche bel & bien à se dégager des processus de perspectivations inhérents, pour en dégager tout le goût esthétique.

Goût esthétique qui n'est ni "le bon ou mauvais goût" sociologique, mais tréfondamentalement quelque quintessence (je choisis ce terme de parfumeur à dessein), quintessence "des choses", que reprendra encore Gaëtan Picon pour traiter d'esthétique, dans l’Écrivain et son ombre.

C'est-à-dire qu'il est là question de saisir sans ambages la Fiabilité d'un goût absolu, permettant de dégager les raisons de nos sensitivités en face "des choses" et, plus particulièrement, des œuvres. Or, pour le dire tout de go, il y a une aristocratie du goût, dans cette Fiabilité du goût absolu. Naturellement, il ne viendrait à personne l'idée de contester à un homme d'avoir "l'oreille absolue" s'il l'a, en musique. Pourquoi n'y aurait-il donc pas quelque chose de similaire par ailleurs, voire pour tout ?
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Kercoz le Mar 30 Aoû 2016 - 23:24

Une proposition d' Umberto ECO que je trouve attrayante:
Le caractère principal de la littérature romanesque c'est qu' elle n'est pas discutable.
Ca parait con, mais c'est essentiel quand on veut faire passer un message ou une idée.
En effet, sur les forum, on constate que les polémiques portent plus sur le cheminement de l' idée, de la pensée, que sur l' idée même. Idée pour laquelle les protagonistes sont souvent pratiquement d'accord.
Le terme " cheminement" est important car il permet de faire une analogie ( homologie?) avec l' addiction que l' on subit sur un cheminement habituel. On aura beau nous démontrer qu ' un autre chemin est plus rapide, plus court , on conserve ce cheminement ..Pourquoi ?
Je pense que c'est par flemme. En effet un chemin connu demande moins d'effort de reflexion. Les points de repère visuels sont controlés inconsciement et permettent une conduite automatique , peu consciente . Ce qui permet au cerveau de se reposer ou de vaquer à d'autres pensées.
De la même façon, sur le plan des idées, va t on refuser de "suivre" le cheminement de pensée d' un contradicteur puisqu' on voit l' idée et qu' on est habitué à un autre cheminement pour y parvenir.
La littéerature romanesque vous prend par la main et vous oblige à suivre le chemin de l' auteur....exploit difficile, voire improbable en science humaine.
Bien sur pour vous amener à suivre , elle va user de leurres attrayants comme les sensations par délégation : Peur, sexe, humour, poésie ..etc

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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Prince' le Mar 30 Aoû 2016 - 23:27

La littéerature romanesque vous prend par la main et vous oblige à suivre le chemin de l' auteur....exploit difficile, voire improbable en science humaine.
Si l'argumentaire est cohérent, pourquoi y aurait-il crispation du lecteur ? Du reste, tu pars du postulat que le lecteur a un avis ; il peut fort bien lire pour pallier à une carence.
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Kercoz le Mer 31 Aoû 2016 - 9:57

Princeps a écrit:
La littéerature romanesque vous prend par la main et vous oblige à suivre le chemin de l' auteur....exploit difficile, voire improbable en science humaine.
Si l'argumentaire est cohérent, pourquoi y aurait-il crispation du lecteur ? Du reste, tu pars du postulat que le lecteur a un avis ; il peut fort bien lire pour pallier à une carence.

Tu parles du texte non romancé semble t il. Le plaisir du roman fictionnel, procède par l' identification. Jeu de rôle sans conséquences autres que les ressentis.
Pour la litterature " d' idée": Je pense qu'il y a crispation, du fait que dès le titre ou l' introduction, le lecteur voit "ou l'auteur veut en venir " ou il veut l' amener. Il es tres rare qu'il n' ait pas déja une idée sur ce lieu et donc préfèrera son cheminement d' idées à celui de l'auteur . Si , par discipline, il s'efforce de suivre le chemin de l' auteur, il trouvera le sien plus pratique, plus pertinent,..non qu'il le soit réellement , mais parce qu' il le connait déja et donc , faisant moins d'effort il peut le comparer à celui qu' on lui propose. C'est un cas récurant physiologique de subjectivité , de même ordre que celui qui est démontré par le "jeu des bols".

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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Prince' le Mer 31 Aoû 2016 - 10:29

Tu parles du texte non romancé
Je parle des Sc. Humaines.
Le plaisir du roman fictionnel, procède par l' identification.
Encore une fois, c’est personnel. J’ai lu Tolkien dans tous les sens, pourtant je ne me suis identifié à aucuns personnage – je ne suis pas un hobbit, comme Tolkien en fait l’avoeux. J'ai lu Stendhal, et pourtant, je ne me suis pas identifié aux personnages.

Il es tres rare qu'il n' ait pas déja une idée sur ce lieu et donc préfèrera son cheminement d' idées à celui de l'auteur .
Ca fleur bon le relativisme*. On peut avoir un a priori, mais s’y c’est pour s’y fier, autant ne rien lire. C’est bien là qu’est cohérent le relativiste.

*Ce n'est pas une critique.
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Malcolm le Mer 31 Aoû 2016 - 10:42

Kercoz a écrit:
Spoiler:
Une proposition d' Umberto ECO que je trouve attrayante:
Le caractère principal de la littérature romanesque c'est qu' elle n'est pas discutable.
Ca parait con, mais c'est essentiel quand on veut faire passer un message ou une idée.
En effet, sur les forum, on constate que les polémiques portent plus sur le cheminement de l' idée, de la pensée, que sur l' idée même. Idée pour laquelle les protagonistes sont souvent pratiquement d'accord.
Le terme " cheminement" est important car il permet de faire une analogie ( homologie?) avec l' addiction que l' on subit sur un cheminement habituel. On aura beau nous démontrer qu ' un autre chemin est plus rapide, plus court , on conserve ce cheminement ..Pourquoi ?
Je pense que c'est par flemme. En effet un chemin connu demande moins d'effort de reflexion. Les points de repère visuels sont controlés inconsciement et permettent une conduite automatique , peu consciente . Ce qui permet au cerveau de se reposer ou de vaquer à d'autres pensées.
De la même façon, sur le plan des idées, va t on refuser de "suivre" le cheminement de pensée d' un contradicteur puisqu' on voit l' idée et qu' on est habitué à un autre cheminement pour y parvenir.
La littéerature romanesque vous prend par la main et vous oblige à suivre le chemin de l' auteur....exploit difficile, voire improbable en science humaine.
Bien sur pour vous amener à suivre , elle va user de leurres attrayants comme les sensations par délégation : Peur, sexe, humour, poésie ..etc
Je crois que tu te plantes, dans la lecture d'Eco - qui par ailleurs est un sémiologue trouvant la philosophie une sémiologie surtout, au passage.
En effet, je crois que l'indiscutabilité de la littérature, selon Eco, vient surtout de la nature du fait littéraire. Si Proust écrit au début de la Recherche : "Longtemps je me suis couché de bonne heure.", ce fait paraphrastique que pendant telle tranche de vie le narrateur avait l'habitude d'aller tôt au lit est, en effet, indiscutable. Pour une œuvre littéraire, "Dieu, c'est l'auteur", et si donc l'auteur fait décréter ceci ou cela à son narrateur, c'est ainsi, au moins en tant que son décret (car un narrateur à la première personne peut très bien mentir, comme le fait génialement Agatha Christie dans le Meurtre de Roger Ackroyd ...
Spoiler de l'enjeu du livre:
où le narrateur est le meurtrier révélé à la fin !
... Voilà voilà.)
Par contre, là où il peut y avoir discussion, c'est sur la technicité (la "littérarité", donc), mise en œuvre par tel auteur. De plus, je vais bientôt (ci-dessous) donner un exemple de discutabillité (avec Camus) tenant clairement de l'intuition métaphysique bergsonienne, en tant que cette discutabilité porte sur le thème, le background, la trame, l'univers fictif donné à lire (pouvant certes être relativement fondé en stylistique). C'est qu'il est à mon sens possible de "vivre" la fiction, d'après un Absolu Pragmatique : ce qui est aussi l'avis de la critique littéraliste d'un Jean Goldzink, par exemple.

Bref : dans tes digressions sur l'idée Kercoz, tu me sembles HS, voire mécompétent.
Tu parles du texte non romancé semble t il. Le plaisir du roman fictionnel, procède par l' identification. Jeu de rôle sans conséquences autres que les ressentis.
Pas si sûr : deux romans majeurs de la littérature française mettent en scène des "littéropathes" : Don Quichotte de la Mancha et Mme Bovary. De plus, par misogynie d'une part, il y a un accord tacite ces derniers siècles, pour tenter d'exclure les femmes de la littérature. D'autre part, donc, c'est qu'on en constate les effets émancipateurs, voire extravagateurs (qui, au fond, agit sur les hommes comme les femmes, rien qu'à voir le romantisme dix-neuviémiste, qui me semble une longue extravagation d'hommes surtout). Bref : "sans conséquence, la littérature ?" ... et c'est encore sans parler des romans qui ont fait évoluer les mœurs, par exemple ceux de Zola, qui est tréfondamentalement un progressiste, dont la littérarité (dans ses termes) plaque un écran brunâtre sur le réel, pour en souligner toute la naturalité (ça tombe bien : il est naturaliste ... ).
Pour la litterature " d' idée": Je pense qu'il y a crispation, du fait que dès le titre ou l' introduction, le lecteur voit "ou l'auteur veut en venir " ou il veut l' amener.
Il me semble que tu cites l’Étranger de Camus, sur le topic Éthologie de l'homme contemporain. Or, ce roman s'inscrit dans le cycle de l'absurde camusien, qui sera suivi par celui de la révolte, où chaque cycle a droit à son essai intellectuel. En l'occurrence, le Mythe de Sisyphe puis l'Homme révolté.
Il es tres rare qu'il n' ait pas déja une idée sur ce lieu et donc préfèrera son cheminement d' idées à celui de l'auteur . Si , par discipline, il s'efforce de suivre le chemin de l' auteur, il trouvera le sien plus pratique, plus pertinent,..non qu'il le soit réellement , mais parce qu' il le connait déja et donc , faisant moins d'effort il peut le comparer à celui qu' on lui propose.
C'est possible, ce que tu racontes. Mais il y a autre chose aussi : ce fait tout simple qu'un bon lecteur n'est pas sans évaluer le propos qu'on lui tient.
Si donc dans cette évaluation, entre, disons, des habiti de pensée, il se peut tout aussi bien qu'il y ait situationnement, ou (re)positionnement, au moins face au propos.
D'ailleurs, cela ne joue pas seulement dans la littérature d'idées, comme tu sembles le suggérer : si, dans le roman camusien dit, le personnage de Meursault m'appert moins dans l'absurdité que dans la passivité, décriant moins l'absurdité des rites sociaux que leur inertie (inertie concomitante à la passivité, d'ailleurs), ce n'est pas forcément que je n'ai pas de sensibilité à l'absurde. Évidemment, que la logique des événements dans ce roman, témoigne de cette absurdité, que personne ne parvient à reconnaître personne dans le fond, en se laissant courir à son rythme de croisière, individuel ou collectif. Par contre, mon situationnement peut me faire trouver un ressort bien plus fondamental que cet effet d'absurde, qui donc tient des passivité individuelle + inertie collective que je vois. Où l'absurde de "la logique des événements" finit par sembler burlesque.

Et où la littérature "pas d'idées" en contient néanmoins (surtout chez Camus, du moins de façon maîtrisée).
Princeps a écrit:Encore une fois, c’est personnel. J’ai lu Tolkien dans tous les sens, pourtant je ne me suis identifié à aucuns personnage – je ne suis pas un hobbit, comme Tolkien en fait l’avoeux. J'ai lu Stendhal, et pourtant, je ne me suis pas identifié aux personnages.
Oui. Ces lectures sont plus - disons - panoramiques que psychodynamiques.
Je te conseille de jeter un (rapide) coup d’œil au critique littéraire Gustave Lanson (que Kercoz ne s'en prive pas, non plus !).
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Prince' le Mer 31 Aoû 2016 - 10:55

J'agrée sans réserves au dernier paragraphe. "C'est ça qu'est-ce que je voulais dire".
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Malcolm le Mer 31 Aoû 2016 - 11:09

Tout ce qui implique un autre "ressort" à se laisser prendre à la lecture de romans. Mais quitte-t-il l'intuition métaphysique bergsonienne ?
Ne s'applique-t-elle pas alors à l'univers fictif comme tel, dans ses enjeux globaux ?
Je disais : lecture panoramique.
Parlons alors de lecture panoramadynamique, où l'intuitivité se porte moins sur tel actant, que sur ce qu'il est convenu d'appeler sujet esthétique à l’œuvre dans l’œuvre, ou subjectivation auctoriale.


Dernière édition par Malcolm S. Cooper le Mer 31 Aoû 2016 - 11:11, édité 1 fois
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Kercoz le Mer 31 Aoû 2016 - 11:10

Malcolm S. Cooper a écrit:
Je crois que tu te plantes, dans la lecture d'Eco - qui par ailleurs est un sémiologue trouvant la philosophie une sémiologie surtout, au passage.
En effet, je crois que l'indiscutabilité de la littérature, selon Eco, vient surtout de la nature du fait littéraire. .
Pour Camus, il semble qu'il joue àvec une forte ambiguité sur les titres : Qui est l' étranger ? L' arabe sans nom ? je penche pour Meursault et le titre prend un autre sens. Pour la Chute c'est pire : Chute de la femme ? Chute de l' homme qui fuit sa responsabilité, rupture de rite encore une fois, chute de l' ange serait tentant . L' écriture de la Chute m'a sidéré : monologue ou dialogue ?
Pour ECO , c'était un entretrien sur radio ( probable fr. cult). je ne pense pas surinterpréter son propos, mais tout est possible. dans cette même émission il disait qu' une auditrice lui avait révélé le sens de son nom ( question à 100 balles pour briller dans un repas). Ce qui est mensonge éhonté ! je pense même que cette connaissance tres ancienne a décidé de sa vocation de sémiologue. Tres discret là dessus , personne n'en a parlé lors de sa mort.

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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Malcolm le Mer 31 Aoû 2016 - 13:53

Kercoz, je ne comprends pas pourquoi soudain tu discutes de titres - contredisant ton argument écoéen de tout à l'heure sur l'indiscutabilité. Eco, donc je veux bien te croire que tu puisses l'avoir compris, seulement je ne comprends toujours pas la fin de ton propos.

Maintenant, au titre de l'indiscutabilité, je ne vois qu'une chose entrant dans le cadre de ce topic : on se prendrait à la lecture de romans parce qu'ils rassurent, de ce fait. Mais bon. N'importe quel élève de lycée soûlé par ses cours de français, dirait cette demi-vérité que "t'façon, chacun peut interpréter comme il veut", suite à quoi l'indiscutabilité en prend quand même un coup, même prononcée par Eco - discutabilité, donc, que tu déploies.


EDIT: sur l’Étranger, franchement, je ne vois pas comment on pourrait songer à l'Arabe abattu. Car, "des Arabes", il y en a partout à Alger : ce n'est pas cela, l’Étranger, puisqu'il vit en Algérie française. Secret de polichinelle. Idem pour ta lecture de la Chute (déchéance morale de Clamence). Après, est littéraire ce qui joue aussi sur l'ambivalence.
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Kercoz le Mer 31 Aoû 2016 - 14:06

Bon, je digresse un peu. Mais l' étranger semble chez Camus que le tpe est étranger aux codes en vigueur , pleure pas à l' enterrement, ne réagit pas normalement, etc. Il est étranger parce qu'étrange.
Pour la chute , je ne considère pas qu'il y a déchéance. Au contraire, le type cherche à se racheter à ses yeux. Peu de gens pourraient faire ce choix alors que tous nous entendons des gens tomber dans l' eau et que nous continuons à vaquer.

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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

Message  Malcolm le Mer 31 Aoû 2016 - 14:28

Outre que c'est HS, tu radotes sur le premier titre et, quant au second, nous n'avons pas lu le même livre. Fin du HS, please.
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Re: Pourquoi nous prenons-nous à la lecture de romans ?

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