Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

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Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Invité le Sam 26 Mar 2016 - 11:32

Je dirai ceci de linguistique que les langues naturelles, langues vivantes ou ayant vécu, sont prises dans une polylogique : elles doivent rendre compte tant bien que mal de la complexité du réel, dont nos vécus témoignent, at least, des conflits de devoirs, conflits de désirs, conflits de passions, conflits d'intérêts, conflits de puissances, etc. En effet, comment faire faire sens, d'une masse indéfinie de sensations liminaires et subliminales ? Quelle formation imposer-informer à cette masse, ces pans de réalités, que nous enregistrons continûment, tout simplement parce que nous sommes les existants que nous sommes ? Comment tout cela peut-il seulement tenir en symbolisations sonores (la chaîne phonologique d'un énoncé) ou écrites (la chaîne graphique dudit énoncé) ? ... Comment linéariser pour notre pensée discursive, i.e. pensée en décours, en discours, en ligne, quelque chose qui, at least, se présente en 4D (espace-temps) et qui s'enrichit encore des abstractions et autres spéculations ? ... Par exemple, le mode subjonctif verbal est mode de la virtualité, se distinguant de l'éventualité du conditionnel verbal. Reste que le subjonctif exprime sous certaines conditions l'éventualité, et le conditionnel le virtuel, de même que le subjonctif peut exprimer l'impératif qui est pourtant un mode à lui tout seul (qu'il fasse cela immédiatement !) ... Les grammaires sont plutôt réputées pour les exceptions confirmant la règle, que pour la règle elle-même, tout simplement parce qu'on ne saurait tenir la langue par une seule logique absolue : il n'y en a pas d'absolue. Aussi bien, dès lors qu'on philosophe, i.e. que l'on cherche à rendre le plus justement compte de cette complexité polylogique, il faut mobiliser une compétence et une performance linguistiques énormes, littéralement hors-normes, qui certes finissent par nous devenir tellement familières, acquises, incorporées, spontanées, réflexes, qu'on peut régulièrement en oublier qu'elles sont énormes, mal accessibles, ou accessibles au prix d'une bonne formation seulement. Là, le commun des mortels, ou disons tout simplement les mortels affairés autrement, applaudissent celui qui s'exprime efficacement, en vulgarisations ou en schématisations, celui qui procède par idées simples, par tirets, par conceptogrammes plutôt que par dialectique, que par discours, que par raisonnements exquis, précisément parce que ces mortels n'ont pas le palais pour le savourer et que, le nombre pour eux, ils peuvent toujours faire absurdement pression sur l'exception exquise - en se privant eux-mêmes, par-devers eux, de toute justesse affinée. On ne donne pas un vin grand cru à un jeune pubère sans un minimum d'éducation gustative - éducation qui, si elle n'est pas œnologique, n'en nécessite pas moins une pluralité d'expériences gustatives préalables. A la fin, de jeunes pubères se retrouvent avec un grand cru chapardé dans la cave d'un père, et soit finissent par l'écarter dégoûtés, soit le déglutissent goulûment, au pire en binge drinking. Dans le premier cas, il sera dommage qu'ils préfèrent rejeter cette malencontreuse expérience en généralisant à l'alcool de raisins fermentés, dans le second cas, il sera dommage qu'ils ne sachent en apprécier la valeur en consommant ultérieurement, et de la même façon, d'autres noblesses qui devraient être respectées.


Dernière édition par Mal' le Dim 19 Mar 2017 - 21:55, édité 2 fois
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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Ragnar II le Sam 26 Mar 2016 - 14:45

Malcolm Cooper a écrit:je dirai ceci de linguistique que les langues naturelles, langues vivantes ou ayant vécu, sont prises dans une polylogique : elles doivent rendre compte tant bien que mal de la complexité du réel, dont nos vécus témoignent, at least, des conflits de devoirs, conflits de désirs, conflits de passions, conflits d'intérêts, conflits de puissances, etc. En effet, comment faire faire sens, d'une masse indéfinie de sensations liminaires et subliminales ? Quelle formation imposer-informer à cette masse, ces pans de réalités, que nous enregistrons continûment, tout simplement parce que nous sommes les existants que nous sommes ? Comment tout cela peut-il seulement tenir en symbolisations sonores (la chaîne phonologique d'un énoncé) ou écrites (la chaîne graphique dudit énoncé) ? ... Comment linéariser pour notre pensée discursive, i.e. pensée en décours, en discours, en ligne, quelque chose qui, at least, se présente en 4D (espace-temps) et qui s'enrichit encore des abstractions et autres spéculations ?

Oui, comment faire, sachant qu'aucune langue n'a été créée en vue d'expliquer le réel ?

Hé bien c'est facile (façon de parler) :

En inventant et utilisant la méthode scientifique d'exploration et d'explication du monde ...

C'est très simple. Il suffisait d'y penser ! (Comme disait le cuisinier de Christophe Colomb préparant une omelette pour la compagnie.)

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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Invité le Sam 26 Mar 2016 - 14:55

En partie seulement, mais une bonne partie indéniable, cher cuistot.
Sans même dire que les sciences sont chinoises à leur façon technolectique pourtant (jargon).
Il faut compliquer.
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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Ragnar II le Sam 26 Mar 2016 - 16:43

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Il faut compliquer ? Ah non, c'est inutile. C'est compliqué.

Ou alors il faut compliquer autrement que par la considération du monde réel du point de vue de la méthode scientifique.

Et ça devient de l'art.

Mais ça peut devenir aussi de la philosophie, c'est-à-dire de l'avis exclusivement personnel, qui colle cependant parfois avec le réel, mais ne colle parfois pas, ce qui revient alors à de l'art.

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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Invité le Sam 26 Mar 2016 - 16:53

Le pronom impersonnel ne dit pas qui finit par compliquer, ni à cause de quoi.
Et la philosophie, même exclusivement personnelle, en tant que fiction ou croire, fonctionne, et c'est bien pour cela qu'elle est toute entière art de vivre (du moins dans mon idéal terrestre). Voir à ce propos.
La philosophie empiriste origine les sciences, enrichie du positivisme, aboutissant au physicalisme ou autre, en passant par le pragmatisme.
C'est un art de vivre euripidien-socratique-alexandrique-apollinien (Nietzsche, l'Origine de la tragédie).
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Le philosophe peut-il se faire comprendre ?

Message  Invité le Mar 21 Juin 2016 - 13:22

***

La véritable question, la voici, et c'est une question propre à toute la recherche philosophique, académique, franche-tireuse, amatrice & autres : le philosophe peut-il se faire comprendre ? ... Car, comme singularité, il a toujours une irréductibilité. Si seulement il devait se faire comprendre, c'est donc qu'un devoir moral, ou républicain (politique), etc. conditionnerait son philosopher, et il ne serait plus bien philosophe : il serait Bernard Henri-Lévy, Luc Ferry, Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Roger Pol-Droit, Jostein Gaardner, etc. ad libendum, ad nauseam.
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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Gaes le Mer 10 Aoû 2016 - 22:44

Malcolm S. Cooper a écrit:le philosophe peut-il se faire comprendre ? ... Car, comme singularité, il a toujours une irréductibilité. Si seulement il devait se faire comprendre, c'est donc qu'un devoir moral, ou républicain (politique), etc. conditionnerait son philosopher, et il ne serait plus bien philosophe
? Cela veut-il dire qu'un philosophe est incapable de rendre ses propos explicites/tenter de se faire comprendre sans modifier sa manière de penser ???

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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Invité le Mer 10 Aoû 2016 - 23:46

Buffon, Discours sur le style, 1753 a écrit:Le style est l'homme même.
Or, entre une lecture directe & une analyse, une étude, un commentaire, un essai-sur ou un résumé, je n'ai jamais trouvé la même chose qu'en lecture directe. Mais ce n'est qu'avec une lecture directe que j'ai mieux su apprécier le reste. Alors ensuite, qu'un auteur choisisse d'opérer des synthèses vulgarisées de sa pensée est une chose, mais dont on ne mesurera jamais la portée que dans l'original. Et si, enfin, l'original ressemble déjà à un bréviaire, eh bien, soit il s'agit d'un style laconique extrêmement concis qui en dit bien plus que ce qu'il n'énonce, soit il s'agit d'un auteur simple à entendre : cela existe. Reste que les auteurs complexes (je sors récemment de la lecture de Heidegger, Être et Temps, qui plus d'une fois m'a semblé redondant, lourd & mal-clair - "il aurait pu s'y prendre autrement" - mais j'ai bien vu que ces trois points de la redondance, de la lourdeur & de la mal-clarté, témoignaient-même pour son projet et, accessoirement ? pour sa personne).
Voir : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1079-l-esthetique-de-la-philosophie
Et en exemple, une lecture d’Épicure : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t14p25-le-bonheur-par-le-plaisir-lettre-a-menecee#24258
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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

Message  Princeps le Mer 10 Aoû 2016 - 23:51

Il y a aussi une question d'habitude chez le lecteur et d'affinité - avec le style, les idées, la personnalite, de l'auteur - ce que tu as dis différemment.
La lecture est une pièce, il faut en regarder les deux faces.
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Re: Comment faire simple quand il faut faire compliqué ?

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