Histoire et méthode

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Re: Histoire et méthode

Message  Hervé B. le Ven 23 Sep 2016 - 21:57

Malcolm a écrit:
C'est un fait très contemporain, disons d'après les fifties, que d'aménager la mémoire universelle à coup de jugements moraux et condamnations idoines, comme si la morale et les mœurs n'avaient pas d'Histoire, et que l'on pouvait haranguer et mettre au pilori certaines démarches qui n'ont plus leurs réalités pour les défendre. C'est, à la fois, pécher par manques de philologie (amour des textes, lus dans leur textualité judicieuse) et d'anthropologie (qui n'est autre qu'une contextualisation judicieuse). Si naturellement "tout le monde peut se tromper"* sur les textes et les contextes, il n'en reste pas moins que textualité et contextualité sont fatalement nécessaires, i.e. tout ce qui s'appelle humanisme.
Je suis de tout cœur avec toi... mais Je t'invite à énoncer tes propos sur un média a grande diffusion, juste pour voir le résultat... car (lien) :
Hervé BOURGOIS : a écrit:
Nous n'aurions donc besoin de l'Histoire que pour transmettre les opinions qui permettent de justifier nos règles et usages, mais là encore nous n'avons besoin d'en connaître que le résultat, ces opinions n'ont pas besoin d'être celles qui ont déclenché les actions communes, mais plutôt celles qui justifient les règles et usages que nous devons respecter au présent. L'Histoire est donc le recueil des opinions qui nous permettent de justifier la façon dont nous vivons aujourd'hui. Elle ne peut que se réécrire indéfiniment pour respecter cette contrainte.

PS : Maintenant que j'ai appris les petits pas, j'applique :)... mais je ne veux pas me disperser, j'ai une poule et un œuf sur le feu et un sujet en attente que je voudrais ouvrir quand il sera mûr, dans un répertoire qui m'a amené ici... dit autrement, c'est juste une remarque en passant.

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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Ven 23 Sep 2016 - 21:59

J'avais raté le passage sur l'Histoire. Il serait de bon aloi de te renseigner sur ce qu'est la méthode en histoire.
Du reste, notre referencement fait du forum un média de grande diffusion. Chacun est libre de le vérifier avec les statistiques.
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Re: Histoire et méthode

Message  Hervé B. le Ven 23 Sep 2016 - 23:03

Princeps a écrit:J'avais raté le passage sur l'Histoire. Il serait de bon aloi de te renseigner sur ce qu'est la méthode en histoire.
J'ai plusieurs solution :

  1. Ignorer la remarque, "parce que ce n'était qu'en passant", dit autrement je n'avais pas prévu de passer trop de temps sur ce sujet... ce qui ne m'empêcherait pas de me renseigner, car pourquoi pas...
  2. Te répondre oui, oui... car cela ne peut pas faire de mal d'aller dans ton sens et de me renseigner, pas du tout, un peu, beaucoup... à la folie, selon l'intérêt que j'y porterais un jour.
  3. Ou tenter de t'expliquer ce que tu as loupé dans ce que j'ai dit... je voulais botter en touche en te renvoyant sur un lien de Malcolm qui traitait un peu (ou beaucoup, je ne me rappelle pas) ce sujet, je ne l'ai pas retrouvé... Alors que faire ? Parce que si j'abrège, cela va mal se terminer, comme d'habitude, si j'y passe des heures, je vais être frustré parce que je n'ai pas encore trouvé la clef qui me permet de communiquer avec toi (ou dois-je dire "vous" car vous êtes plusieurs)...

J'essaye en peu de mots. Ce n'est pas une question de méthode. Nous avons principalement les traces de ce qui nous importe, car peu importe aux humains ce qui n'a pas conduit à des changements. Et elles sont interprétées par les historiens d'une autre époque, la nôtre, qui font partie du camp des vainqueurs, de ceux qui sont contraints d'appliquer les règles et usages qui ont découlé de l'Histoire. Et enfin, il faut que l'Histoire se diffuse, qu'elle soit donc crédible pour être accepté par tous. Tout cela ne remet nullement en cause l'intégrité et le sérieux des historiens et ne concerne pas la méthode. Prenons l'exemple de Malcolm qui a abordé un sujet extrêmement sensible. Il est naturellement attaqué, ici en petit comité de gens sérieux. Pourtant, si esclavage il y a eu, c'était que c'était accepté au moins par ceux qui en profitaient, la morale pouvait dire que c'était bien ou mal, mais elle était nécessairement laxiste... Est-ce compréhensible par une personne né et élevé en France à notre époque ? Et les historiens en font partie. En supposant que le vainqueur, celui qui a aboli l'esclavage n'ait pas eu besoin d'enrichir les sources pour se justifier (pas de falsifier l'histoire, mais de débattre, ce qui génère des sources), le perdant de minimiser son acte (idem, pas de falsifier l'histoire, mais de se défendre, ce qui génère des sources), aucun historien ne racontera l'histoire en disant que l'esclavage était "bien", pourtant c'était le cas à l'époque des faits, ou alors il le fera en petit comité, tout comme Malcolm ici qui se fait récrier simplement parce qu'il dit que l'histoire de la morale existe, que ce n'a pas toujours été celle que nous avons apprise et que nous appliquons naturellement. Ou encore, quel est ce débat sur le fait qu'Aristote défendait l'esclavage ? Saurions-nous nous transposer à son époque, faire abstraction de nos coutumes et comprendre que c'était normal de penser ainsi, que sans doute nous aurions dit la même chose que lui ? Que ce n'est pas lui qui avait tort, mais que c'est nous qui avons changé et que nous n'avons raison que parce que c'est ainsi que nous vivons ? En disant ceci, un historien se fait traiter d'esclavagiste et pourtant, ce n'est pas ce qu'il voulait signifier. Et enfin, peut-il en être autrement, après tout, c'est l'Histoire que nous voulons entendre, celle qui dit que les esclavagistes étaient les méchants... et que nous sommes les gentils.

Mais j'arrête, car je ne voulais pas entrer dans ce débat, c'est celui de Malcolm et j'ai déjà dit que j'étais d'accord avec lui, mais que sa cause était perdu d'avance... sauf si...
 
Un petit aparté sur le sujet de l'Histoire. Je te conseille "le vallon du diable" de André Brink. Ce n'est qu'un roman... mais L'Histoire, c'est tellement ce qu'il dépeint...

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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Ven 23 Sep 2016 - 23:16

Je n'interviens pas sans raison. Tu divagues. Littéralement. Tu fantasmes la production scientifique en histoire. Même les historiens grecs sont en dehors du cadre que tu décris. Tu me permettra d'économiser mon temps. Ou tu prends acte du conseil, ou tu t'en moques (à bon droit). Dans le second cas, inutile d'en faire part.
Donc : Bis Repetita.

Je souligne une chose : tu t'evertues à te faire comprendre - parce que tu postules être incompris d'emblée - prends la peine de te demander pourquoi je te fais cette remarque ; en un mot comme en mille : informes toi. L'Histoire est une science. Pas un simple discours de PMU.
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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Ven 23 Sep 2016 - 23:33

Je vais, finalement, prendre le temps d’une réponse pédagogique.
Ou tenter de t'expliquer ce que tu as loupé dans ce que j'ai dit...
C’est un premier problème : tu préjuges. C’est-à-dire que le sens de ma remarque t’échappe, et pour cause, je t’encourage à combler une lacune, ce qui est la condition indispensable pour comprendre ma critique. Sans cela, tu rates la pertinence de ce que je dis.
Je souligne que l’ensemble de ton propos sur la transmission est en réalité rien de plus qu’un discours d’auto-légitimation du fait que tu t’estimes être incompris. Peu importe.
Nous avons principalement les traces de ce qui nous importe, car peu importe aux humains ce qui n'a pas conduit à des changements.
C’est faux. On trouve de nombreuses civilisations conservatrices (Egypte, Rome, certaines cités grecques – et j’en restes là à la seule Antiquité) qui sont soucieuses des invariances.
Et elles sont interprétées par les historiens d'une autre époque, la nôtre, qui font partie du camp des vainqueurs, de ceux qui sont contraints d'appliquer les règles et usages qui ont découlé de l'Histoire.
C’est faux. L'’historien actuel ne fait pas parti du camp des vainqueurs : l’historien qui travaille sur Corinthe, il ne se sent pas corinthien. Du reste, la méthode propre aux historiens exige une distanciation. Pour le reste, on ne traite pas que des vainqueurs – justement. Il suffit de voir l'immense bibliographie sur le nazisme (sauf erreur, il ne s'agit pas du camp des vainqueurs).
Et enfin, il faut que l'Histoire se diffuse, qu'elle soit donc crédible pour être accepté par tous.
Ah bon ? Il est temps de lire des bouquins. Il n’y a rien de plus invraisemblable que l’Histoire. Et il n'y a rien de plus débattu que l'histoire (j'entends par des gens sérieux, qui connaissent leur affaire).
Pourtant, si esclavage il y a eu, c'était que c'était accepté au moins par ceux qui en profitaient, la morale pouvait dire que c'était bien ou mal, mais elle était nécessairement laxiste... Est-ce compréhensible par une personne né et élevé en France à notre époque ?
Évidemment que c’est intelligible. Comprendre une société ne signifie pas justifier de son fonctionnement. Cf. histoire des idées, histoire des représentations, histoire des mentalités, la sociologie, l'anthropologie, l'archéologie.
aucun historien ne racontera l'histoire en disant que l'esclavage était "bien"
Et pour cause, ce n’est pas l’ambition de l’historien. Cf. La méthode historique et Max Weber (neutralité axiologique) et cf. Léo Strauss qui le critique.
Saurions-nous nous transposer à son époque, faire abstraction de nos coutumes et comprendre que c'était normal de penser ainsi, que sans doute nous aurions dit la même chose que lui ?
Cf. Ci-avant.

Edit : Prenons un autre exemple ; la colonisation en Afrique. Rien n’empêche un historien de comprendre (en fonction du pays de départ) les motifs qui y poussent (en France ce fût rarement économique, pour l’anecdote). De la même manière, de nombreuses études parlent de la colonisation vécue (et ce qui en ressort ne plait généralement pas). Dans la même veine, l’historien n’a pas vocation à dire « la colonisation c’est caca ! ». Comme il ne légitimera pas le fait colonial.
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Re: Histoire et méthode

Message  Hervé B. le Ven 23 Sep 2016 - 23:42

Princeps a écrit:Je souligne une chose : tu t'evertues à te faire comprendre - parce que tu postules être incompris d'emblée - prends la peine de te demander pourquoi je te fais cette remarque ; en un mot comme en mille : informes toi. L'Histoire est une science. Pas un simple discours de PMU.
OK. Je te laisse chercher tout seul l'incohérence dans tes propos. Sur 3 lignes c'est facile :) ...
 
Pour l'information, si tu as une source, le sujet est intéressant, je regarderai si je trouve du temps (j'ai encore 7200 pages sur Aristote à relire).

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Histoire et méthode

Message  Prince' le Ven 23 Sep 2016 - 23:44

*Pouce* . Je ne vais pas te surcharger. Il est vrai que mon propos manque de lectures indicatives.
NB : Tu ne lis donc que la portion congrue d'Aristote. C'est dommage.

Modération : je scinde le sujet, histoire de laisser l'original dans son état.
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Re: Histoire et méthode

Message  Malcolm le Ven 23 Sep 2016 - 23:50

Désolé de devoir dire qu'il est drôle de te voir rentrer dans le lard d'Hervé, Princeps, mais en effet Hervé fait tout pour qu'on ne le comprenne pas : concrètement, il dit que ce serait bien si l'Histoire était comme tu dis Princeps, parce qu'il est d'accord avec ce que j'en dis plus haut, mais il croit que l'Histoire n'est en fait que sa saisie par l'époque, et que donc l'Histoire morale ou l'Histoire méthodique sont marginales : il faudra vraiment qu'il se renseigne, ce Hervé, en n'identifiant pas quelque chose avec son malmenage ou surmenage commun actuellement (que je critiquais), en s'imaginant encore être porteur fondamental de la vraie Histoire, celle qui devrait donc être faite par-delà les rétorsions que je cingle, en se posant donc (lui, Hervé), en cynique (sens actuel), soit donc : en homme détenant la vérité dramatiquement démenée, dans une triple posture de Sauveur (en l'énonçant), de Bourreau (en ce qu'on ne pourrait pas s'en sortir), et de Victime (après tout, nous serions tous dans le même bateau méshistorien). C'est fort, très fort, comme triplette, ou comme trémi, car cela m'évince du même coup, aussi.
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Re: Histoire et méthode

Message  Hervé B. le Sam 24 Sep 2016 - 11:25

Malcolm a écrit:[...] en s'imaginant encore être porteur fondamental de la vraie Histoire [...]
Je disais, ou plutôt je voulais dire, l'inverse ! L'Histoire n'existe qu'au présent et pas au passé. Cela signifie qu'elle est "en puissance" (j'apprends des mots aussi) dans la rue (ou au PMU :)) et que les historiens ne peuvent rien y faire, sauf peut-être partiellement dans leur laboratoire. J'ai imaginé une parabole pour expliquer différemment ce que je disais, je vous l'écrirai un de ces jours. Mais, j'insiste, le "vallon du diable" de André Brink est une "perle" qui retranscrit la même vision, c'est l'histoire d'un journaliste qui tente de retranscrire l'histoire d'un vallon dans lequel réside une population qui a été coupée du monde. Mais faut-il encore que vous ayez le temps de vous distraire !

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Re: Histoire et méthode

Message  Malcolm le Sam 24 Sep 2016 - 11:36

"L'Histoire" dont tu parles, c'est "la mémoire" et le "travail" idoine, qui de toutes façons, aujourd'hui, sans école et Histoire sommaire diffusée, se réduirait à quelque chose comme ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler le présentisme, ou bien même la fin de l'Histoire.

Sinon, si tu veux dire que "le passé n'existe pas au présent", etc. je te renvoies au topic Définir l'Histoire que tu connais, mais aussi au topic de Bigone sur le Temps. Il est assez évident que l'Histoire fonctionne "comme un réservoir-là", mais il est tout aussi évident que son investigation nous fait quitter les sentiers (re)battus de "la rue".

J'avais parfaitement compris que tu parlais de "la rue". Mais ce problème est sociologique voire anthropologique, quant à savoir comment le commun se charge de sa propre historisation. Mais ce n'est pas l'Histoire.

Donc en somme, tu brouilles les cartes, ce que je disais déjà.


Dernière édition par Malcolm le Sam 24 Sep 2016 - 11:43, édité 1 fois
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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Sam 24 Sep 2016 - 11:40

Pour connaître le métier d'historien il faut le pratiquer ou se renseigner. J'ai indiqué des lectures, tout à fait distrayantes au demeurant. Veyne et Marroux on écrit sur le sujet.
En l'état, il faudra répondre à la pédagogique réponse que j'ai pris la peine de formuler.

Pour l'anecdote : Hervé tu étayes parfaitement ton idée sur l'inertie. Ceci posé, c'est uniquement parce qu'elle te sert à justifier de ton comportement qu'elle te semble si fondée. Lorsque tu auras pris la peine de te renseigner sur l'Histoire et sa méthode, tu comprendra à quel point tu te trompes, pas avant.
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Re: Histoire et méthode

Message  Kercoz le Sam 24 Sep 2016 - 12:04

Hervé BOURGOIS a écrit:
Malcolm a écrit:[...] en s'imaginant encore être porteur fondamental de la vraie Histoire [...]
[justify]Je disais, ou plutôt je voulais dire, l'inverse ! L'Histoire n'existe qu'au présent et pas au passé. Cela signifie qu'elle est "en puissance" (j'apprends des mots aussi) dans la rue (ou au PMU :)) et que les historiens ne peuvent rien y faire, sauf peut-être partiellement dans leur laboratoire.ide une population qui a été coupée du monde. Mais faut-il encore que vous ayez le temps de vous distraire !


"Toute histoire est contemporaine" Benedetto Corce, un Liberal bon teint . ... C'est une bonne façon de dire que l' on réécrit l' histoire suivant des critères subjectifs dont on ne peut se défaire.
https://transcontinentales.revues.org/631

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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Sam 24 Sep 2016 - 12:06

Non. C'est une manière élégante de dire que l'historien cherche dans le passé des réponses à son présent.
Sur l'aspect culturel, c'est la neutralité axiologique de Weber qui importe. Et naturellement la méthode. On ne fait ps dire n'importe quoi aux sources, selon sa fantaisie. Nous avons deja eu cette discussion.
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Re: Histoire et méthode

Message  Hervé B. le Sam 24 Sep 2016 - 12:08

Princeps a écrit:En l'état, il faudra répondre à la pédagogique réponse que j'ai pris la peine de formuler.
Non et oui. Non parce que je suis d'accord avec ce que tu écrits, cela ne sert à rien d'y répondre. Oui, parce que cela ne correspond pas à ce que je disais. D'une façon ou d'une autre, il faudra que je le reformule. En l'état, cela ne sert à rien. Donc, je reviendrai (bien) plus tard pour cela.

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Re: Histoire et méthode

Message  Malcolm le Sam 24 Sep 2016 - 12:19

"Toute histoire est contemporaine" Benedetto Corce, un Liberal bon teint .
En tant qu'elle est écrite là, maintenant, comment ne le serait-elle pas, littéralement, contemporaine, soit donc coprésente à ma présence, ou à la présence de ceux de son époque. C'est un fait brut, qui ne dit rien encore du potentiel détachemental du Zeitgeist.
Mais il est évident que celui qui se choisit un objet d'étude, le fait par étude (latin pour goût), et que ce goût donc, est surdéterminé par sa personne et son époque, mais on peut y voir comme une réponse cherchée dans le passé pour le présent, bien plus qu'une velléité de conformer le passé au présent, du moment qu'on est méthodique en effet.
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Re: Histoire et méthode

Message  Hervé B. le Sam 24 Sep 2016 - 14:38

Kercoz a écrit:C'est une bonne façon de dire que l' on réécrit l' histoire suivant des critères subjectifs dont on ne peut se défaire.
En voilà un autre que moi qui ne sait pas exprimer ses pensées... Allez, je fais un autre essai par solidarité.

Marrou dit que "l"histoire est la connaissance du passé humain". Mais, l'humain n'ayant pas d'origine, cela induit que "l'histoire est la connaissance du passé". Et depuis, je me demande parmi les connaissances, lesquelles ne sont pas celles du passé. Si vous avez la réponse, cela m'évitera de chercher.
Pour parler de la connaissance du passé, il faut quelques postulats.

  1. Le passé est un objet intellectuel. Seule "l'immédiateté" fait partie du monde sensible.
  2. L'origine d'une chose est sa cause, elle n'existe que lorsque nous savons prévoir son effet.
  3. La finalité est un objet intellectuel, elle n'est qu'humaine.
  4. Il s'ensuit que les objets sensibles n'existent que parce qu'ils n'ont pas été détruits.
  5. La connaissance est en soi.

Pour le point [4] je vais donner un exemple. L'homme est bipède, nous pouvons trouver des avantages à la bipédie, mais nous ne pouvons pas savoir s'ils ont été décisifs. La seule chose que je puisse dire est que la bipédie n'a pas fait disparaître l'homme, il en va de même de la raison. Le point [1] induit que l'histoire n'existe qu'au présent. Les points [2] et [3] induisent que l'histoire n'est pas une science, car je ne peux jamais dire que tel événement est la cause scientifique de tel effet. Il y a peut-être des cas où c'est faisable, mais ils sont rares. Par exemple, si je trouve le chaînon manquant qui mène à l'homme, je ne pourrais pas en déduire qu'il était inéluctable qu'il devienne un homme. De même, si les causes évoquées par des historiens pour le déclenchement d'une guerre se reproduisent, ils ne peuvent pas prévoir que cela provoquera une nouvelle guerre. La cause "scientifique" d'une guerre est la déclaration de guerre. Pour le point [5], en soi ne signifie pas que ce sont des connaissances individuelles (qui ne peuvent pas exister ailleurs qu'en moi, par exemple en vous), et ne présuppose rien sur leurs acquisitions. Par exemple, la bipédie est une connaissance portée par mon patrimoine génétique, mais je dois aussi apprendre à marcher par imitation ce qui est un acquis.
 
Que la connaissance soit en moi [5], signifie que l'histoire du passé est en moi. Mais également qu'elle n'existe qu'au présent [1]. Donc, l'histoire est un sédiment du passé. Je peux l'exprimer par le langage. Lorsque j'acquiers cette connaissance, elle me permet d'expliquer (j'aurai voulu dire de justifier) le présent. Prenons quelques exemples. Je vais au PMU et je croise des bipèdes. C'est une constatation au présent, mais ils sont bipèdes parce que c'est inscrit dans leurs connaissances, parce qu'ils ont appris à marcher et qu'ils pouvaient le faire (génétiquement) et que cette connaissance ne les a pas détruits. J'en vois un qui sort une carte bleue pour payer, il le fait parce qu'il a appris à le faire, c'est une connaissance qui provient du passé tout comme la bipédie. Une personne m'instruit qu'elle ait allé voter, là encore ce comportement provient du passé. L'histoire consiste à relier des choses existantes au présent dont les traces du passé qui existent au présent (une pièce ancienne, un écrit dans un registre ancien...) pour justifier de notre vie quotidienne. Mais, est-ce toujours le cas ? N'y a-t-il pas des cas où l'histoire parle aussi de choses qui auraient disparu ? Bien-sûr, mais ce ne sont plus que des traces et comme elles ne concernent personne, cela n'intéresse que les historiens. Le strigile intéresse qui ? Mais là, je prends un exemple d'un sédiment qui existe toujours dans le présent, il est encore possible d'en parler, car d'une façon ou d'une autre, il justifie l'existence du savon. Mais que dire des totems australiens que nous ne savons pas rattacher à quelque chose du présent ou encore des peintures de la grotte de Lascaux ? Et bien, nous ne savons pas imaginer à quoi cela pouvait servir parce que le sédiment dans nos connaissances en soi a disparu ou est trop ténu.
 
Kercoz a raison, on ne peut écrire l'histoire que pour justifier le présent (les connaissances du présent), sinon on ne saurait pas le faire, bien que le mot subjectif soit sans doute mal choisi. Et lorsque je parle des vainqueurs ci-avant, c'est une image qui signifie que ce sont ceux qui nous ont imposé nos façons de vivre (et nos connaissances présentes). Cela peut-être au travers de guerres ou autrement, et ce n'est pas une simple dichotomie.

Si vous relisez ce que j'ai écrit précédemment en tenant compte des postulats précédents, peut-être le comprendrez vous différemment, peut-être pas. Et je précise donc que ce que dit Princeps reste tout à fait vrai sur le travail des historiens, leurs sérieux, leurs méthodes scientifiques... Et je tiens aussi à préciser que je ne discute pas de l'utilité de tout cela, ce ne serait que des opinions.

PS1 : j'ai une nouvelle fois écrit tout cela rapidement, je ne garantie pas qu'il n'y ait pas des lacunes.
PS2 : et ce sont probablement encore des fantasmes...

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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Sam 24 Sep 2016 - 15:18

Relisez ce qui a ete dit.
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Re: Histoire et méthode

Message  Kercoz le Sam 24 Sep 2016 - 15:23

Hervé BOURGOIS a écrit:
 
Kercoz a raison, on ne peut écrire l'histoire que pour justifier le présent (les connaissances du présent), sinon on ne saurait pas le faire, bien que le mot subjectif soit sans doute mal choisi.

Je n' irai pas jusqu' à là. ( c''est un autre problème). Pour Subjectif, je persigne. Doublement même . Il y a subjectivation par rapport à la personne. L' histoire vue par ouvrier ne sera pas perçue de la même façon par un aristocrate. Il y a surtout subjectivation par rapport à la culture. Aussi par rapport à l' époque.
Pour aller plus loin, on peut aussi dire qu' il n' y a d' histoire que d' un état ou d' une civilisation (dans son signifiant d' Empire) . Dans l' "histoire" humaine, la période " historique" vue de cette façon, est tres récente, brêve et ne concerne qu' une part réduite de la population du globe.
Ce qu' on nomme "histoire" peut être aussi être étudié comme une pathologie d' un point de vue éthologique.
Apres, il reste la notion d' objectivité. Les sources sont elles objectives ? Théorie du lampadaire élargie : On ne trouve que ce qu' on cherche. Sous le Lampadaire. Là ou il y a de l' argent, des subventions , de la renommée, des équipes .....L' archéologie le montre bien dont les données ont été plus que perturbées par les fouilles de sauvetage qui offrent des statistiques inattendues.
En Lisant Febvre sur la notion d' incroyance au 16e , chez Rabelais et autres, je constate qu' on ne peut être objectif . On ne quitte une croyance que pour une autre, une aliénation pour une autre .

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Re: Histoire et méthode

Message  Malcolm le Sam 24 Sep 2016 - 15:54

Relisez ce qui a ete dit.
Je "persigne".
Maintenant Kercoz, ce que tu avances, revient au même problème que là :
http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1347-articite-de-l-art-comme-interjection
- remplace simplement (œuvre d')art par source, et mimesis par ethos de la source.
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Re: Histoire et méthode

Message  Prince' le Sam 24 Sep 2016 - 16:32

Sur l'objectifivite : Le savant et La science de Max Weber.
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