Des Préjugés sur les philosophes

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Des Préjugés sur les philosophes

Message  Malcolm le Jeu 29 Sep 2016 - 13:22

J'en ai pour le moins ma claque de tant de préjugés contemporains-consensuels sur les philosophes. Lesquels ?

1. Les philosophes ne sont pas scientifiques
Renseigne-toi, les sciences sont historiquement de la philosophie cristallisée, pétrifiée, solidifiée, sur les bases d'un consensualisme techno-ingénierique désormais, historiquement empirio-rationaliste, puis positiviste, voire scientiste. Les sciences ne réfléchissent plus leurs fondements, encore qu'elles réfléchissent leurs mises en pratique élaboratives et qu'elles puissent faire de l'épistémologie philosophique. Et puis, cela fait quelques temps que les meilleurs scientifiques, grâce à la philosophie, ont renoncé à prétendre dire le vrai des choses ...

2. Les philosophes spéculent dans les nimbes, le n'imp' voire les limbes
Approfondis-toi : ce n'est pas parce que tu n'y cales rien ou pas grand-chose, que ces "spéculations" fonctionnent de façons oniriques, extraterrestres ou divines. D'ailleurs un philosophe qui donnerait de la dignité à l'onirique, qui se servirait d'un point de vue extraterrestre, ou qui croirait au divin, n'en serait pas pour autant frané, fada, débranché, disconnected, ni de la raison, ni du vécu. Personne ne conspue - et au contraire bien des gens adulent - ces gentils & relativement sérieux penseurs à la Roland Jaccard, Bernard Werber, Pierre Rabhi, etc. qui tous se fondent oniriquement, extraterrestrement, divinement, dans la démarche : alors pourquoi en porter grief aux philosophes ? ... sinon peut-être de ce qu'on réprouve aujourd'hui, dans un égalitarisme débilement anti-intellectualiste, ce qu'on ne comprend pas intellectuellement, et Jaccard, Werber, Rabhi, s'amènent avec des historiettes & des débonnairetés sympathiquement communicatives.

3. Les philosophes sont illisibles
Ce ne serait pas l'avis d'Henri Bergson qui, au contraire, juge que les philosophes vont au plus simple et que, comme on dit, rien de moins évident que l'évidence. Alors, ce n'est pas qu'il faille jargonner, mais c'est qu'il faut pourtant mettre des mots sur ces inévidentes évidences, et on lit déjà sous ma main la "simplexité" de la chose. Or, un grand penseur aujourd'hui, Edgar Morin, fort gentil, sympathique, débonnaire & humanitaire dans la démarche très-scientifique d'ailleurs, a mis au point cette notion de simplexité, qu'au fond les philosophes ont toujours pressentie.
En gros : c'est parce que ton intelligence (ta faculté de mise en relation) n'est pas clarifiée, que tu ne sais pas lire, et que tu trouves habituellement plus accessibles ceux qui s'expriment avec une obscurité non-philosophique, ou bien avec une ambiance d'historiette & de débonnaireté, à la Paulo Coehlo.
Le plus dur te reste à faire : polir tes lunettes, à la spinozienne si l'on veut.

4. Les philosophes sont insociables
Eh bien, si tu tiens vraiment à être in, ne philosophe pas, et abandonne ce forum du même coup : tu nous ôteras une écharde du pied.

5. La philosophie, c'est aussi le new age, et du développement personnel
Encore qu'il existe une pop philosophy proprement new age, et que les adeptes du développement personnel se veuille dans "une philosophie", mais ça n'a rien à voir, puisqu'ils sont surtout là pour gloser sur quelque pratique, tous autant qu'ils sont.
Dans cette case, je rajouterai aussi toute la nouvelle philosophie depuis les années 70, impulsée par BHL notamment, et qui au fond a ce point commun avec la pop et le DP, qu'il s'agit de modes, sans parler de ce qu'elles tiennent absolument à nous "aider à vivre" en ne faisant qu'exploiter futilement la tradition.
Bref : on ne vient pas en philosophie avec du scientard pur, du mystico-scientifique seul, de l'inventif ou du méditatif/spirituel.

6. "LA" "philosophie"
On prend souvent "LA" "philosophie" comme philosophia perennis, ce qui n'a aucun sens philosophique général. Au contraire, cela passe pour philosophal, ainsi que les alchimistes cherchaient la pierre philosophale, or pas plus que les scientifiques (issus de la philosophie naturelle), les autres philosophes ne s'adonnèrent à quelque hermétisme/ésotérisme/occultisme.
Ou plutôt : autant que les scientifiques, les philosophes s'y adonnèrent. En effet, Newton pratiquait l'alchimie sans sentiment contradictoire avec sa physique gravitationnelle, etc. Rien que de logique. Mais "le pire" dans ces affaires, c'est que récemment, et au plan psychologique, Carl Gustav Jung trouva à revaloriser le symbolisme alchimique, etc. Bref : rien ne se perd ... façon de parler.
La philosophie, pas plus que la science, n'est Une, et est même plutôt infiniment diverse.


Je suis le premier à reconnaître nos potentiels individuels ...
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* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1053-l-erudition-et-le-philosopher
... mais le premier aussi, à douter des gens téméraires, manquant de prudence, de propension au doute.
Quelqu'un maîtrisant peu voire aucune référence, mais dans une véritable ouverture d'esprit, c'est-à-dire dans un esprit de recherche, et un véritable raisonnement attentif, me semblera infiniment plus précieux qu'un simple connaisseur, même exact, hors démarche de simplexion des choses.

(A ce propos, inutile alors de l'afficher auprès de l'équipe de modération, afin de vous faire mousser, ni, inversement, de vous excuser mille fois pour vos lacunes. On se respecte, chacun son rythme. Point barre.)


Dernière édition par Malcolm le Sam 1 Oct 2016 - 12:36, édité 1 fois
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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Princeps le Jeu 29 Sep 2016 - 13:39

Je souscris à l'ensemble. Notamment au sous-texte de ton sujet : les critiques viennent de gens qui ne sont pas renseignés. C'est un comble que de critiquer une chose que l'on ne connait pas.
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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Tichikarasu le Sam 1 Oct 2016 - 12:20

Quel plaisir de se sentir visé, même si c'est pour être fustigé, bien ce que je pense comprendre le sentiment que tu évoques au travers de c'est message.

Mon propos présent n'a pas pour but d’excuser les attitudes décrites, mais plutôt dans cherche avec vous les causes. Et je crois, humblement que certaines de ces causes ont été évoquer avec justesse par Malcolm et Princeps.

M a écrit:[..]c'est parce que ton intelligence (ta faculté de mise en relation) n'est pas clarifiée, que tu ne sais pas lire, et que tu trouves habituellement plus accessibles ceux qui s'expriment avec une obscurité non-philosophique, ou bien avec une ambiance d'historiette & de débonnaireté, à la Paulo Coehlo.
Le plus dur te reste à faire : polir tes lunettes, à la spinozienne si l'on veut.

Serait-ce de clarifier notre compréhension ? La remarque me semble très vraie, si je ne comprends pas, c'est que c'est obscur, pas que ma capacité n'est pas en mesure d'entendre ce qui est dit. C'est, me semble-t-il le vieux problème de " ce n'est pas ma faute, c'est l'autre qui est mauvais". Ne serait-ce pas une "caractéristique" justement propre à l'homme, en général ?
Et pour pallier à cela ne faudrait-il pas une touche d'humilité et ce dire : "Je vais d'abord voir ou j'ai moi-même "péché" avant de trouver des torts à l'autre" ?

P a écrit:[...]les critiques viennent de gens qui ne sont pas renseignés.

Ne serait-ce pas justement parce que nous ne sommes pas renseignés que prennent forme de telles attitudes ? Du fait de notre ignorance, nous avons comme image de la philosophie ceci ou cela. Mais à force justement de se renseigner, l'ignorance s'estompement petit à petit. Encore faut-il, et cela rejoint le premier point, vouloir prendre se recule, admettre que l'on est bien dans ses préjugés, et ce cultivé afin de les faire disparaître ?

Pour finir, j'aimerais apporter un élément nouveau, puis ce que je n'ai fait que reformulé ce qui était dit jusqu’à présent. En considérant que nous sommes ce que nous sommes, et comme pour un voyage nous partons de là où nous sommes pour aller vers un autre endroit, nous devons partir de ce qui est "nous" actuellement pour nous diriger vers un ailleurs. Et le long de ce parcours nous abandonnerons nos préjugés, par le parcours justement .
Pour cela il faudra de la patience, et être capable d'entendre que nous nous trouvons enfermer dans un préjugé ainsi que la capacité, volonté dans sortir.
Je ne sais pas trop, si alors mes divagations ont quelque valeur que ce soit, mais actuellement c'est ainsi que j'entends la chose

[Edit: Après avoir lu le "re"poste de Malcolm, je viens, je pense de voir ma casse bouger, mais je maintiens mon propos en vue de comprendre l'attitude décrite]

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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Malcolm le Sam 1 Oct 2016 - 12:34

Quel plaisir de se sentir visé, même si c'est pour être fustigé, bien ce que je pense comprendre le sentiment que tu évoques au travers de c'est message.
*Lol* Je ne suis pas là en sadique pour les masos ;) et d'ailleurs, je ne te visais pas.
Au reste, en plus de ce que je ne te visais pas, je te trouve judicieux.
A la fin, tu parles pourtant d'une démarche progressive, ce que je ne nie pas. C'est tout l'écart (infini à mes yeux), entre DP et travail (sur soi, compris). Le DP veut de l'émotionnel-sensationnel, y compris dans l'autoconditionnement où il se sent "grandi" (affaires d'impressions). Le travailleur, sans se passer d'émotif ni de sensitif veut de l'effectuel, et évalue rationnellement la tournure que prennent les choses.
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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Tichikarasu le Sam 1 Oct 2016 - 13:17

Au contraire de ce que je laisse à penser, je ne suis pas maso, mais je trouve dans la critique ( au sens péjoratif du mot) bien plus de valeur que dans des éloges. Je ne sais plus qui disait cela, mais groso Modo " quoi qu'il arrive je suis vainqueur, si je gagne j'ai vaincu, et si je perds j'ai appris. " Ainsi est ma démarche. Mais ce n'est pas le propos.

En effet il y a la notion progressiste qui entre en ligne de compte, ainsi que comme tu le dis, l'intention de la personne, veux elle se mettre en avant à tout prix, ou cherche-t-elle à comprendre véritablement.

Nous avons regardé du coté des personnes qui vont à la philosophie, mais regardons la philosophie. Comme tu la relever avec la simplexité, ainsi s'élabore globalement les écrit philosophique ( en général). Ce qui met en avant un distinguo que je n'ai pas évoqué avants car il vient de m'apparaître. C'est que la simplexité engendre une non-vulgarisation. Du fait d'être simple nous ne sommes pas accessibles à tous, car pour être accessible il faudrait être "Vulgaire". Le vulgaire rend "complexe", c'est ainsi que les histoire(--ttes ) sont plus accessibles. (Je reprends la remarque sur Bernard Werber, Pierre Rabhi). Bien entendu il ne s'agit pas de dire il faut faire comme ci ou comme ça. La philosophie est ainsi, elle est très bien comme cela, je souhaite juste mettre le doigt sur une autre cause possible à ces préjuger.

En gras, l'édit

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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Malcolm le Sam 1 Oct 2016 - 13:29

Eh bien nous sommes deux, à aspirer à la critique, qui n'est pas un reproche. Le reproche en veut indistinctement à l'autre, surtout rapport à soi, mais la critique discrimine distinctement en l'autre, surtout rapport à un potentiel critique.

Sur la mise en avant, dans la progression DP ou T2S (travail sur soi), c'est moins cela je trouve que ce fait, en DP, de se laisser aller à vivre des transports - même si l'on prend sur soi lors d'un exercice parfois, - tandis qu'en T2S on doit toujours commencer à construire son véhicule. Mais alors, on réalise que notre atelier manque, ou a des lacunes d'outillage. Mais alors, on réalise que notre maniement de l'outil n'est pas génial, ou que nous devons inventer un outil, ou que nous ne savons même pas qu'il nous manque un outil pendant que nous construisons un véhicule merdique, même si c'est marrant, et même si "on y croit". Bref : le T2S, rapport au DP, fait infiniment moins plaisir, en tout cas moins immédiatement, quand bien même plus durablement. Le pratiquant-DP est dans le s'éjouir, le praticien-T2S est dans le se réjouir. Et quand le pratiquant-DP se réjouit, c'est un mode de son s'éjouir ; et quand le praticien-T2S s'éjouit, c'est un mode de son se réjouir. En fait, c'est une question d'être-en-propre de la démarche ...

Au reste, RAS. Nous sommes en phase, quand bien même tu es du genre contrarié par je-ne-sais-quoi.
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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Tichikarasu le Dim 2 Oct 2016 - 16:16

Je crin que tu te soit envolé un peu trop haut pour mes petites ailes.

Mais dire que je ne comprends pas n'est aider au débat, donc je vais préciser. Tout d'abord, qu'entends-tu par "DP" ? D'après ton poste Sam 1 Oct - 12: 34, j'en aie compris que d'une certaine manière c'est "l'opposé"( Pas en lieux d'absolu opposé, mais avec des caractéristiques fondamentales contraires) de celui qui travail (sur soi(?)). J'entends alors toujours d'après ce que tu en dis, qu'il s'agit d'un type de personne qui va volontairement créé une théorie "éblouissante" afin d'en mettre plein la vue aux autres, et qui va en être vaniteux (jusqu'à la négation de la raison parfois ?), opposé au T2S qui recherchera avant tout la "vérité" au travers de la raison et de son entendement, étant prêt à remettre sur la touche cette croyance ancienne ?

M a écrit:Bref : le T2S, rapport au DP, fait infiniment moins plaisir, en tout cas moins immédiatement, quand bien même plus durablement. Le pratiquant-DP est dans le s'éjouir, le praticien-T2S est dans le se réjouir. Et quand le pratiquant-DP se réjouit, c'est un mode de son s'éjouir ; et quand le praticien-T2S s'éjouit, c'est un mode de son se réjouir.

"L'infiniment moins plaisir" est vis-à-vis de soi-même ou vis-à-vis de l'autre ?
Et quelle nuance places-tu entre s'éjouir et se réjouir ? Le premier serait-il en rapport avec la jouissance, comme une masturbation cérébrale qui produirait un sentiment de plaisir / satisfaction / contentement, avec une notion temporelle d'instantanéité ? Alors que le deuxième serait, toujours dans la dimension temporelle, une satisfaction dans l'expectative d'un plaisir/contentement à venir .

Dernière question, la métaphore du véhicule est l'image utilisée pour parler des théories, c'est cela ?

Les raisons de la colère ( Cf. IAM):
Au reste ce n'est en rien un ton contrarier, mais simplement "un style" d’expressivité qui vise à se défendre quand mon sentiment était que je fus visé. Pas besoin de l'être réellement il suffit de croire l'être pour que ce "style"/"ton" apparaisse. Il n'y a pas lieu de s’appesantir sur cela ce n'est qu'une forme, certes la forme apporte certaines conséquences tout comme le fond en apporte d'autres. Mais ici il n'y a pas de valeur autre que d'être "le reflet" de l'émotion que j'étais au moment où je l'avais écrit. C'est tout.

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Re: Des Préjugés sur les philosophes

Message  Mal' Hier à 14:05

Tout d'abord, qu'entends-tu par "DP" ?
DP = Développement Personnel.
T2S qui recherchera avant tout la "vérité" au travers de la raison et de son entendement, étant prêt à remettre sur la touche cette croyance ancienne ?
Au moins, oui.
"L'infiniment moins plaisir" est vis-à-vis de soi-même ou vis-à-vis de l'autre ?
Soi.
Et quelle nuance places-tu entre s'éjouir et se réjouir ? Le premier serait-il en rapport avec la jouissance, comme une masturbation cérébrale qui produirait un sentiment de plaisir / satisfaction / contentement, avec une notion temporelle d'instantanéité ? Alors que le deuxième serait, toujours dans la dimension temporelle, une satisfaction dans l'expectative d'un plaisir/contentement à venir .
S'éjouir : faire joujou.
Se réjouir : mûrir sa joie.
Dernière question, la métaphore du véhicule est l'image utilisée pour parler des théories, c'est cela ?
Au moins.
D'ailleurs, il faut que je file ma métaphore, avec la recherche des matières premières, aussi.
Les raisons de la colère ( Cf. IAM):
Au reste ce n'est en rien un ton contrarier, mais simplement "un style" d’expressivité qui vise à se défendre quand mon sentiment était que je fus visé. Pas besoin de l'être réellement il suffit de croire l'être pour que ce "style"/"ton" apparaisse. Il n'y a pas lieu de s’appesantir sur cela ce n'est qu'une forme, certes la forme apporte certaines conséquences tout comme le fond en apporte d'autres. Mais ici il n'y a pas de valeur autre que d'être "le reflet" de l'émotion que j'étais au moment où je l'avais écrit. C'est tout.
Les raisons de la contraction:
C'est humain.
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