Les deux Cités

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Les deux Cités

Message  Invité le Ven 28 Oct 2016 - 0:37

Parcourant méthodiquement mon Vocabulaire des philosophes sous la dir. de JP Zarader - après avoir révisé mon Épictète, mon Sénèque et mon Marc-Aurèle - j'enregistre ce fait tout singulier des deux cités stoïciennes sous, précisément, l'entrée cité. A prendre au sens politique, naturellement !

Les deux Cités, et contrairement à l'augustinisme voyant une Jérusalem terrestre corrompue, et une Jérusalem céleste sainte, sont d'une part, la cité dans laquelle donc je suis inséré géostratégiquement, tout à fait compréhensible : Athènes, la Rome, le Royaume franc, le Royaume de France, la République française, par exemples. Mais la deuxième cité est plus singulière.

Il s'agit de la cité terrestre & cosmique, sans cartographie. La cité naturelle d'une part, par laquelle tout être m'est concitoyen, et encore la cité de la nature, en tant que la nature stoïcienne n'entretient jamais avec elle-même que des rapports politiques, soit donc diplomatiques, d'échanges, d'interactions coprésentielles, nécessairement : à la limite, c'est de l'écologie scientifique avant l'heure, de l'écodynamisme, sinon que ça ne modélise rien, en dehors d'un entendre philosophique "des choses". Stoïcienne, donc, l'entente. A entendre dans les deux sens du mot entente (écoute, accord). On peut y lire à la limite toujours, une sorte de chamanisme sans chamane ni monde des esprits - encore que les stoïciens crussent au(x) divin(s), aux lares, aux limbes, etc. dans l'anthropologie culturelle & historique de la Grèce et de la Rome antiques.

En ce qui me concerne, à lire cet état des lieux du stoïcisme vocabularisé, cela n'eut jamais pour effet que de me faire entendre, très précisément, la réalité du réel, pendant une seconde : la factivité non-factice "des choses", dans une aperture grandiose et simple. Quand pourtant, je vis dans cette cité-France, de laquelle je dois m'acquitter.

Je pense alors à la lettre à Diognète, sur les chrétiens, dont le propos peut s'appliquer aux stoïciens à la limite toujours : "Les chrétiens font de toute patrie une terre étrangère, et de toute terre étrangère, une patrie." Mais cette "citoyenneté du monde" avant l'heure, qui pourrait faire fantasmer n'importe quel altermondialiste contemporain, n'est pourtant pas donc, "la Jérusalem Céleste". Elle est belle et bien là, maintenant et toujours, quand chez le chrétien seul "le règne, la puissance et la gloire du dieu" sont là, maintenant et toujours. Les stoïciens ne sont pas dans ce purisme-ci : ils rencontre là, maintenant, les difficultés de cette citoyenneté, éparse entre les cités, et quand bien même sans cité géostratégique, avec les difficultés de l'entente dans la cité terrestre & cosmique. C'est du solide.

A la fin, la cité géostratégique et la cité terrestre & cosmique sont dans des relations elles-mêmes politiques.
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