Devenir-bâtard des Lumières

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Devenir-bâtard des Lumières

Message  Malcolm le Lun 31 Oct 2016 - 1:32

Il y a dans la dynamique politique atlantiste (des démocraties atlantistes) une tendance exponentielle à la revendication. Cette tendance à la revendication, elle ne date pas d'hier - ou alors, tout dépend de l'échelle historique à laquelle on se place : la mienne s'étale sur deux ou trois siècles. Bref, cette tendance à la revendication, elle commence en 1776, avec la Déclaration d'Indépendance des États-Unis, à savoir des treize colonies royales anglaises sur le sol nord-américain. Revendication d'indépendance économico-politique face à la couronne, soutenue par la France de Louis XVI, tenant à réduire l'influence de cette même couronne.
Mais de plus, en France, cette tendance à la revendication date des Lumières, "parti philosophique" où la philosophie s'avance sur le terrain politique, pour contrevenir à "la monarchie absolue de droit divin". Revendications d'un despote éclairé tolérant l'expression libre, dans un régime autoritaire pourtant (autoritaire n'est pas totalitaire, ni tyrannique : ladite monarchie tendait à la tyrannie, et le totalitarisme ne devient possible qu'à l'ère des masses et ses nouvelles technologies de la communication - propagandistes) car les philosophes des Lumières pensaient que l'autorité seule garantissait la discipline des passions ou des instincts populaires, avec franchise (contrairement à nos contrôles actuels, qui ne disent pas leur nom).

La tendance à la revendication, en France, elle commença franchement à se manifester avec les États généraux (faisant une place au peuple) et les cahiers de doléances populaires (certes sous-exploités par l'ancien régime). Néanmoins, cet amalgame entre le peuple et la politique allait aboutir à ses actuelles collusions (notamment grandes-entrepreneuriales, en tant que l'entrepreneur est un citoyen défendant ses intérêts comme les autres - aujourd'hui actionnariaux : les lobbies économiques qui tiennent les États par les bourses). Mais, en Angleterre, cette tendance avait été comprise comme néfaste un siècle plus tôt, sous la dictature de Cromwell initialement démocrate ; en Allemagne, une certaine culture du consensus minimisa ce phénomène, et favoriserait l'avènement du totalitarisme au vingtième. (Je dis cela, parce que les peuples européens n'ont toujours pas, par-devers la mondialisation, le même caractère ; le même type de fonctionnements, peut-être, mais le même caractère ... ) Pour autant.

Pour autant, cette tendance à la revendication a pris le nom de pluralisme aujourd'hui : pluralisme des partis, certes, effectivement nécessaire en l'état, afin que les citoyens lambda aient (au moins, un peu) voix au chapitre ; pluralisme de la presse évidemment, que ledit parti philosophique espérait par-devers la censure ; pluralisme des styles de vie, aussi, s'achevant hélas en communautarismes désormais - un pluralisme tenant plus de l'indiscipline qu'autre chose.

Or, non seulement le pluralisme fait partiellement naufrage en communautarismes, mais en plus il a toujours déjà fait naufrage en individualisme libéral-libertaire humanitaire avec les conditions d'existence idoines, sans parler de ses prétentions à la rationalité, régulant quant à elles le partisanisme.

Le partisanisme, en dehors de sa dynamique politique actuelle - dispersant la population (diviser librement, pour être plus libre de régner financièrement), - est en sus la foi (je dis bien la foi) du démocrate, s'imaginant que la nature des choses peut être surnaturellement altérée par la force de conviction : une force qui ne peut, selon lui, qu'augmenter avec le nombre. Or, de même que le libéralisme économique originel espérant le bien-être des peuples dégénéra en lucre, de même que le socialisme originel espérant l'émancipation des personnes dégénéra en stuc, et de même que le libertinage originel des Lumières espérant l'autonomie dégénéra en stupre ... de même le partisanisme originel espérant l'harmonie publique (via l'institutionnalisation du désaccord) dégénéra en trucs - appareils partisans suscitant la psychose des masses (le genrisme, par exemple).

Or la force de conviction du nombre, elle est avant tout un écrasement individuel, une machine de guerre dans le domaine des mœurs. Fatalement, elle doit se tromper et tromper quant à la nature des choses, ainsi qu'à la possibilité de les altérer par sa force de conviction. Le partisanisme est une mise au pas : même le "parti philosophique" des Lumières n'y échappa pas entièrement (ceci étant, on n'y échappera jamais entièrement, et même dans les régimes autoritaires de l'Histoire existèrent de telles mouvances et autres influences). Néanmoins, ce phénomène prend une tournure critique en démocratie, en quoi vaut mieux le sain autoritarisme (et non nos autoritarismes véreux).

Enivrés par leurs forces de conviction numérales - mais aussi médiatiques, à travers les propagandes d’États ou d'entreprises (de toutes façons un lobby économique, ou un richissime, ont le nombre monétaire pour eux) - les partisans alors (auxquels j'assimile les technocrates, les lobbyistes, etc. aux militants populaires) finissent par sombrer - à outre-passer les réalités (factuelles ou morales) dans le plus dégénéré des mysticismes.


NB1. Irrespect à la fois : des faits, et des autres comme faits humains. Où l'intérêt de l'étymologie latine du respect se présente : respectare, y regarder à deux fois. Ce qui est, tout autant "réfléchir avant d'agir" ainsi que "tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler". Bref : se discipliner autoritairement. Un principe que, paradoxalement, les véreux connaissent bien. Aux valeureux de l'intégrer, maintenant !

NB2. En quoi les abstentionnistes, sentant le mysticisme des affaires partisanes, préfèrent logiquement "oublier". Néanmoins, la première étape démocratique serait de légitimer dans de bonnes conditions (à 50% + 1 voix, avec un découpage territorial aléatoire) le vote blanc, afin de renvoyer tous ces mystiques dans leurs cages, de manière politique au masculin grammatical.
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Malcolm
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