Contre le nihilisme moral

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Contre le nihilisme moral

Message  Malcolm le Lun 31 Oct 2016 - 1:35

Concrètement, qu'est-ce que la dépressivité ? ... La dépressivité, c'est la baisse de pression, la dé-pression, de même qu'il y a un dés-engagement, une baisse d'engagement, un retrait de l'engagement.
Le dépressif dépresse d'une pression, propre à l'existence.
Car l'existence nous presse incessamment, à répondre à nos besoins pour commencer, et à garder voire améliorer notre place encore.
Lutte pour la reconnaissance hegelienne, volonté schopenhauerienne, volonté de puissance nietzschéenne, etc. par lesquelles on voit que le dépressif renonce à la reconnaissance, devient nolontaire (non-volontaire), ainsi que volontairement impuissant : il se prive de vie.

Mais de quelle vie ?

Cela dépend des tempéraments.
D'abord 0) Il est des tempéraments particulièrement faibles, qui se suicident. - Ces tempéraments sont perdus.
Puis 1) Il est des tempéraments suffisamment faibles, pour ne pas supporter l'existence, tout simplement. Généralement, l'on va se battre alentour pour en défendre la survie, mais ce combat bienveillant acharné risque toujours de dépresser ceux qui se battent en sa faveur, dans son sillage morbide, hélas. Il faut avoir un tempérament fort, pour pouvoir l'endurer. - Ces tempéraments sont psychiatriques.
Ensuite 2) Il est des tempéraments couramment faibles, qui ne supportent pas cette existence-là, surpressée par les exigences médiaconomiques de nos ochlocraties (règne des masses). Ils se soutiennent couramment les uns les autres et, quand l'un défaille trop, encore une fois, il nécessite le concours risqué des autres pour survivre : risque de co-dépression, de dépression collective. - Ces tempéraments sont sociatriques.
Alors 3) Il est des tempéraments relativement faibles & forts, qui ne supportent pas bien cette existence-là, mais qui savent y faire, dans l'honnêteté relative comme dans la rétorsion. Ils se dépatouillent avec la dépressivité comme ils peuvent, selon leurs démarches tactiques. - Ces tempéraments sont sociodynamiques.
D'où 4) Il est des tempéraments suffisamment forts, pour supporter cette existence-là, et pour savoir en tirer partie avantageusement, dans l'espérance comme dans la dégénérescence ; je veux dire : dans le courage comme dans la malignité. Généralement, ils ne se soucient guère de la dépressivité. - Ces tempéraments sont psychodynamiques.
Enfin 5) il est des tempéraments particulièrement forts, qui transportent cette existence-là. Ils savent y faire dans l'honnêteté relative comme dans la rétorsion mais, au-delà, ils peuvent se mobiliser et mobiliser les énergies alentour, dans l'espérance comme dans la dégénérescence, dans le courage comme dans la malignité. Ils leur arrivent de se soucier de la dépressivité, pour la déroger de- ou pour s'arroger- son mauvais esprit. - Ces tempéraments sont éperdus.

L'on voit bien que tout dépend des tempéraments, dans un contexte surpressant, c'est-à-dire incitant les Zéros à se suicider, dépressant les Uns et les Seconds plus ou moins vivement, gênant les Troisièmes, généralement déniés par les Quatrièmes, et traversés sans relâche par les Cinquièmes. Dans tous les cas, des Zéros aux Quatrièmes, le commun des mortels est handicapé par ce contexte surpressé - handicap morel (des mœurs) et moral (du moral). Quant aux Cinquièmes, ils y a ceux qui usent, et ceux qui abusent, dudit contexte.

Desquels êtes-vous ?
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Kal' le Lun 31 Oct 2016 - 2:05

Le quatrième et le cinquième tempéraments, ne sont-ils pas de ceux qui singent d'ignorer la mort, au profit d'un éternel retour ? Les premiers ne font-ils pas partie de ceux qui, plus authentiquement, savent, tout simplement, qu'ils vont mourir ? C'est encore une fois une question de lucidité, tout compte fait.


Dernière édition par Kalos le Lun 1 Mai 2017 - 17:44, édité 1 fois
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Malcolm le Lun 31 Oct 2016 - 2:21

Va dire cela à un stoïcien.

Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1550-transference
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Kal' le Lun 31 Oct 2016 - 2:29

Nous ne devons probablement pas ranger les stoïciens dans le même tempérament.
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Richesse de ma pauvreté (bas le masque)

Message  Ragnar II le Lun 14 Nov 2016 - 10:23

.

Je te jure sur la tête de ma mère, comme on dit lorsqu'on vient d'Algérie, je te jure, mon amie, mon ami, où que tu sois, qui que tu sois, c'est après avoir chuté du haut d'une richesse matérielle dépassant l'entendement (vue sur la mer, domestiques, piano à queue, précepteurs) pour me retrouver un jour au fond du plus profond des puits de la plus totale des pauvretés (froid aux os, faim au ventre) qu'en fin de compte j'ai gagné ...

Je ne peux pas dire mieux ...  J'ai gagné ...

Aujourd'hui, je me suis refait, comme on dit en termes de finance et d'économie, mais maintenant, en plus, je sais ...

Je ne peux pas dire mieux non plus ... Je sais ...  

Mais que personne ne me demande ce que j'ai gagné, ce que je sais, parce que sinon je ne le saurai plus ...

(Propriété Privée)

(Il faut aimer) ...

.

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Re: Contre le nihilisme moral

Message  LibertéPhilo le Lun 14 Nov 2016 - 10:37

Ragnar serait aussi Pied-noir, en plus d'être Canadien et Français ? Ce qui expliquerait sa capacité à baratiner (un Pied-noir vendrait n'importe quoi) et son caractère bouillonnant. *Lol*

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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Malcolm le Lun 14 Nov 2016 - 12:05

Et il y a ce clochard dynamique et souriant, auquel je donnais toujours un euro en me rendant au supermarché, et auquel je dis un jour : si vous voulez vous restaurer chez moi un moment ... Ce clochard, qui me dit en caressant son beau chien, sans peur et sans reproche, qu'il avait une adresse, et qu'il touchait le RSA, et qu'il mendiait pour arrondir les fins de mois.

Cette moitié de clochard n'avait pas tort, dis-je, et il en faut beaucoup aujourd'hui, pour ne plus avoir d'adresse postale - désaffiliation totale, ce qui est rare et très probablement "mérité" - sans parler des boîtes postales disponibles pour 30€/mois de par les Nets, pour les voyageurs et autres, qui permettent de toucher tout ce qu'il est étatiquement permis.

Vive la pauvreté ! *Lol*


Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1497-modernite-du-bon-epicure#29433
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t772-pourquoi-la-croissance-est-moins-efficace-que-le-revenu-de-base


Une maxime personnelle : parfois, souvent même, on gagne plus à perdre qu'à gagner. Ce qui est aujourd'hui de sens commun. Récemment, le Philomag titrait "les Vertus de l'échec" !

*

Qui n'a jamais éprouvé le sentiment d'impuissance ou la démoralisation ? La tristesse ? La rage du désespoir, la frustration incapacitaire ? "L'injustice" - au moins comme sentiment ? - car, quant à définir la justice, c'est une autre paire de manches socratique ! *Lol*

Mais "tout cela" n'est-il pas sain ? ... L'enregistrement de notre faiblesse n'est-il pas sain ? ... La reconnaissance de nos faiblesses, n'est-elle pas une probité de base ? une honnêteté intellectuelle, et pas qu'intellectuelle, mais belle et bien existentielle-expériencielle ? ...

Si je ne suis pas capable d'agir çà et là, ni même seulement de pouvoir m'exprimer, et encore même seulement de pouvoir penser, de ce que je suis enferré dans mes propres contradictions, et à rebours les contradictions de la situation, etc. cela fait-il de moi une rature ? une merde ? un rien ? ... Si je suis soudain épris par l'affliction, la démoralisation, le blues, le cafard, la mélancolie, la nostalgie, la dérision, etc. cela fait-il de moi "un impuissant en soi" ? *Lol*

Non mais, le simple fait de se poser ce genre de questions, signale déjà toute la débilité qu'il y a à se sentir/trouver ainsi alors, au cas où de telles motions se présenteraient.

Et puis, deux solutions :
1. l'écharnement ressentimental ;
2. l'humiliation, qui n'est jamais qu'un écharnement compensatoire, inverse de l'écharnement ressentimental.

Dans le premier cas, on a l'idéal-type militant ; dans le second cas, l'idéal-type sanctifiant. Où le militant s'élancera dans des idéations impossibles d'irréalisme, à te défendre des ouvertures déjà existantes, ou bien à te vouloir renverser le sort/le droit naturel (Strauss)/le droit symbolique (Muray) - le Réel, quoi. Et où le sanctifiant s'élancera dans des idéations compossibles de mysticisme, à te revendre des béatitudes inexistantes, ou bien à te vouloir convertir ces mêmes sort/droit naturel/droit symbolique - Réel. Comme s'ils pouvaient être modifiés, comme s'ils pouvaient être devinés (latin divinatio, qui donne divination, divin, deviner) ! *Lol*

Mais le militant ne l'accepte pas, de ce qu'il croit cet inamovible réactionnaire ! *Lol*
Mais le sanctifiant l'accepte trop, de ce qu'il croit cet inamovible proactionnaire ! *Lol*

Ha c'est marrant. Sauf quand ça prend sur moi ! *Colère* *Lol*

Mais je dis : il n'y a pas plus de péché eschatologique, qu'il n'y a de progrès futurologique. Qui au final, reviennent au même jugement apocalyptique. A des millénarismes temporels ou spirituels.
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Georges le Jeu 24 Nov 2016 - 12:25

Il est à mon sens des constats d'incapacité que même le ressentiment n'arrivera pas à contrer, des idéaux dont la valeur est inaltérable aux yeux de notre volonté de puissance. Reste à devenir capable ou à s'accommoder de la souffrance inhérente au constat d'incapacité.

Quand vous parlez d'humiliation évoquez-vous celle infligé par autrui ou une sorte d'auto-humiliation ?

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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Malcolm le Jeu 24 Nov 2016 - 14:09

A une autohumiliation.
C'est-à-dire que, sous un angle, surmonter la souffrance de l'impuissance est une humiliation, nécesssitant une autohumiliation si l'on veut. Une modestie non-feinte, dirais-je plutôt.
L'autohumiliation doloriste par contre, je ne vois pas l'intérêt, c'est artificiel. Et ça me rappelle ces assos dans lesquelles des gens vont jouer aux SDF pour "se rendre compte" de ce que c'est ... ridicule. Ce sont des gens qui n'ont tout simplement pas assez de lucidité - or il n'en faut pas beaucoup, - et qui s'imaginent que le partage d'une condition - en l'occurrence, pour faire joujou, même si cela engage comme en stage à quelques déconvenues, - les rends "meilleurs" ! *Lol*
Eh bien, le Brésilien fervent qui se laisse crucifier pour comprendre la passion du Christ, et de façon moindre ce pèlerin qui fait ses kilomètres à genou, de même. La recherche ruine toute "vérité de la chose", quand bien même ça peut en apprendre à quelque niveau.
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Oncle Thian le Ven 25 Nov 2016 - 12:35

Malcolm a écrit:Qui n'a jamais éprouvé le sentiment d'impuissance ou la démoralisation ? La tristesse ? La rage du désespoir, la frustration incapacitaire ?
Cette incapacité à changer un monde absurde est une question qui se pose à moi depuis longtemps et qui n’est pas sans incidence sur ma façon de vivre. J’aimerai vivre (et je le fais aisément pour d’autres facettes de mon existence) dans une forme de stoïcisme. J’avais évoqué, quand je m’étais présenté ici, la formule de Marc-Aurèle « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »
Or, je constate qu’il m’est difficile de ne pas réagir à ce que je perçois comme injuste, soit envers moi, soit envers autrui. Cette réaction, au sens dynamique du mot, s’exerce naturellement vers la source, mais si cette source est immuable, inaltérable, insensible à ma réaction, la force que j’ai tentée d’exercer me revient comme un boomerang.
Accepter son impuissance, imaginer avec Camus « Sisyphe heureux » n’est pas facile.

Malcolm a écrit:"L'injustice" - au moins comme sentiment ? - car, quant à définir la justice, c'est une autre paire de manches socratique !

En l’espèce, c’est bien la perception que l’on en a qui importe pour analyser notre manière d’y réagir et non une (possiblement objective) réalité.

Malcolm a écrit:
Et puis, deux solutions :
1. l'écharnement ressentimental ;
2. l'humiliation, qui n'est jamais qu'un écharnement compensatoire, inverse de l'écharnement ressentimental.
Dans le premier cas, on a l'idéal-type militant ; dans le second cas, l'idéal-type sanctifiant.


Sauf que ni l’un ni l’autre (sauf à ce que vous précisiez ces concepts) n’ont la capacité à reconnaître ce qui peut être changé de ce qui ne peut pas l’être.
La très contestable formule de Stéphane Hessel « Indignez-vous » n’apporte qu’une pseudo-réponse. Le monde est injuste, je m’indigne, j’ai fait mon devoir moral, je suis heureux et en paix avec moi-même. A cette proposition Camus répondait (par anticipation) que face à l’absurdité de la peste (contre laquelle on ne peut pas lutter réellement avec succès et qui de toutes manières reviendra) il faut agir (même en vain). Le docteur Rieux ne s’indigne pas, il agit. Je ne crois pas qu’il entre dans l’un des deux archétypes que vous proposez.
Il m’arrive parfois de me révolter, il m’arrive parfois d’agir contre les injustices que je ressens, il m’arrive parfois de le faire en sachant par avance que c’est sans espoir. Pourtant cela ne me rends pas « heureux » j’encaisse inévitablement l’effet boomerang que j’évoquais ci-dessus, peut-être juste moins malheureux que de n’avoir pas agi.

Bref il reste encore du chemin à faire avant l’acceptation prônée par Marc-Aurèle.

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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Georges le Ven 25 Nov 2016 - 13:28

A  Malcom
Ok merci.
Donc là où le ressentiment se chargera de faire apparaître l'objet cause d'impuissance comme non désirable voire sans valeur, l'humiliation pourrait elle permettre d'atteindre l'humilité en forçant le sujet à accorder ses aspiration à ses capacités.
Il me semble cependant être de puissants orgueils qui clairvoyants quant aux phénomènes de ressentiment et d'humiliation refuseront ces derniers ou plus précisément leurs conséquences (dévalorisation et ou inversions des valeurs ou humilité). De là un être torturé ne pouvant totalement abandonné sa fierté au ressentiment ou à l'humilité et ayant pour remède à son orgueil blessé la cruauté envers autrui.

A oncle Thiam
L'indignation appelle une réaction. Réaction qui sera soit ,une contre attaque quasi immédiate et effective soit si la riposte n'est dans l'immédiat possible car vous en êtes incapable, une vengeance. Or la vengeance reporte la riposte désirée et à besoin pour exister sur un temps long ( la vengeance est un plat qui se mange froid) du re-sentiment. Il vous faut revivre l'indignation afin d'alimenter votre vengeance et contrer l'oubli. Seulement cette situation par trop douloureuse ne peut tenir indéfiniment et la réponse à ce mal être va consister en une dépréciation de la source de votre indignation (cette personne n'en vaut pas la peine) ou de la "valeur" portée par cette source.

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Culpabilité : grande vectrice de dépression / nihilisme moral / nullité comportementale

Message  Malcolm le Dim 1 Jan 2017 - 15:02

Tout dépend du stoïcien en question.

***

Quelqu'un de par le Net, a écrit:Bonjour à tous !
Que pensez-vous du sentiment de culpabilité? ???
Colère mêlée de Honte, honte qui est déception sociale, dont on parvient si peu à se départir (il n'y a pas de solution occidentale, à ce niveau, que le pardon et le repentir, contrairement aux civilisations plus orientales par exemple, emblématiquement le Japon avec seppuku à l'extrême) ... dont on parvient si peu à se départir, qu'on en développe une colère sans objet que soi et "le monde", soi rapport "au monde". Colère donc, par laquelle on s'enferre vicieusement dans l'autodéception sociale (surmoïque) ad libendum, ad nauseam & ad rabiem (le ça n'a plus que ... ça ... ), de telle sorte que le moi crève sous le poids (coulpe, culpa) d'une telle dette (allemand Schuld, poids, schuldig sein pour être coupable). Etc.

Bref : la culpabilité, c'est une honte - honte qui est une bonne chose, socialement - névrotique.
Névrose occidentale, Nietzsche à l'appui.
Nietzsche, in /le Gai savoir/, §274 a écrit:Que considères-tu comme ce qu’il y a de plus humain ? — Épargner la honte à quelqu’un.
C'est évident, dans un tel contexte que le nôtre.
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Kal' le Dim 1 Jan 2017 - 15:45

L'homme qui éprouve de la culpabilité porte en réalité le poids d'une faute imaginaire qui est seulement due à l'absence d'un crime qu'il aurait pu commettre ; le «coupable », l'accablé de remords, ne regrette pas tant le fait que l'autre souffre, mais plutôt que sa souffrance ne prend pas son origine dans sa propre personne mais d'une causalité capricieuse – causalité qu'il ne peut appréhender, qui est forcément une source de terreur. Cette peur ancestrale excite, instigue un sentiment de désorientation, l'homme perd le fil, en somme. Le puits de la culpabilité est l'égoïsme : le sujet n'est plus celui qui tisse la toile de la causalité, il en est la victime, il est pris au piège ; la culpabilité, c'est l'homme qui prend conscience d'un hasard qu'il ne maîtrise pas, ainsi il déplore sa déficience : je ne suis pas un centre, mais un périphérique. « Autodéception » est un terme juste, Malcolm, car le coupable (qui n'en est pas un) est contrarié, et ce n'est pas les carences du monde qui lui pose problèmes, ce sont les siennes auxquelles il doit faire face, qui le désappointent : il est déçu de lui-même et en ressent la honte inhérente.

Une impuissance du moi à la régénération de l'autre, à son optimisation ; ce constat à deux versants, j'y reviens souvent : le moi en tant qu'individu, et l'autre en tant qu'espèce, c'est une mise en garde du génie, le gardien de la pérennité anthropique.
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Malcolm le Dim 1 Jan 2017 - 15:50

Je te trouve brillant, et ça me fait penser à ça et ça :
* https://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra/Premi%C3%A8re_partie/Du_p%C3%A2le_criminel
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1700-psychanalyse-une-etiologie-du-manque

Par contre :
Une impuissance du moi à la régénération de l'autre, à son optimisation ; ce constat à deux versants, j'y reviens souvent : le moi en tant qu'individu, et l'autre en tant qu'espèce, c'est une mise en garde du génie, le gardien de la pérennité anthropique.
Tu parles bien de culpabilité toujours, comme "mise en garde du génie, gardien de la pérennité anthropique" ? :|
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Kal' le Dim 1 Jan 2017 - 15:57

Oui, comme un réflexe de l'espèce, « anthropique » et « zoologique » (il n'y a pas réellement de différences), en quelque sorte (cf. l'empathie, Tirade sur le véganisme).
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Re: Contre le nihilisme moral

Message  Malcolm le Dim 1 Jan 2017 - 16:01

Ah ! j'y vois plutôt une dégénérescence dépressive, encore qu'effectivement elle procède de la même volonté de puissance vitale, sinon qu'elle se retourne contre soi.
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Re: Contre le nihilisme moral

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