Méditation épicurienne (atomistique générale sous le vocable d'indépendantisme)

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Méditation épicurienne (atomistique générale sous le vocable d'indépendantisme)

Message  Malcolm le Lun 31 Oct 2016 - 1:37

Il ne faut pas se le cacher : l'être humain, comme tout le vivant, et même le cosmos, est constitutivement dépendant. Dépendant de ses besoins, dépendant des organisations, dépendant des milieux (écoumènes, environnements, écodynamismes), ainsi que la matière même et ses galaxies se forment par combinatoires.

A ces combinatoires, les sciences inventent des régularités & autres raisons, communément appelées lois naturelles, quand bien même il ne s'agit jamais que de projections intellectuelles, certes véritaires, mais néanmoins conjoncturelles - à commencer par leurs dépendances à l'égard de l'Humanité qui les inventa pour entendre quelque chose à son monde (anthropocentrisme fatal, anthropomorphisme intellectuel évident). Par exemple, et quand bien même les sciences reviennent là-dessus (apparemment, la diffraction de la lumière cosmique nous donnait l'impression d'un univers en expansion, ou quelque chose comme cela, mais non) : il est édifiant de voir comme le notion de Big Bang et de Big Crunch est mimétique d'une existence humaine, qui auparavant se projetait religieusement en Création et Jugement Dernier, de par sa nature Naissante d'abord et Agonisante finalement ; autant d'analogies ou de parallèles anthropo-centriques et -morphiques, superstitieux comme rationnels (même "combat").

Tout se combine, certes, tout se forme interdépendamment, à un niveau ou l'autre, or cela, en tout état de cause, semble bien artificieux dans l'entendement - entendement, qui est un artifice par lui-même, donc - et finalement l'esprit de méthode doit bien nous rendre à un aléatoire complet, occasionnant des combinaisons conjoncturelles entendables, c'est-à-dire rationalisables, "compréhensibles" au moins au plan opératif (mais non actif), intelligibles pour nos esprits nerveusement néocorticaux, à l'instant T dans le lieu E (soit : dans cette parcelle d'univers géoperspective).

Nos groupements humains même, proviennent intrinsèquement de cet aléatoire métaphysique, de par les hasards géohistoriques, socioéconomiques, individuopolitiques et écologoculturels (tout ce qui doit s'appeler : écologie humaine) de nos naissances et trajectoires existentielles, jusqu'à l'agonie terminale (la fécondation et la gestation en sont exclues : les astrologues le savent bien - humour - et de toute évidence l'Histoire universelle démontre qu'on ne considéra jamais l'Homme comme Homme, qu'à partir du moment où il devint plausible qu'il survécût à la mortalité infantile : tout ce qui implique la possibilité décomplexée de l'avortement euthanatique à tout moment avant cinq ans, âge où concrètement nous accédons normalement à l'humanité réelle par l'éducation honorable, une parole gérée, la génération bien comprise, et bientôt la raison à sept ans, c'est-à-dire l'alterversion égodécentrique - je dis bien normalement, car ce n'est massivement plus tant le cas que ça).

Il n'y a pas de groupements humains, d'agrégations matérielles ou de combinaisons cosmiques, qui échappent à cette non-loi de l'aléatoire, par le jeu artificieux d'un Grand Hasard antérieur à nos entendements artificiels s'inventant une nature des choses (un ordre), dans l'innocence du devenir quand bien même dangereux parfois sous notre angle (raison pour laquelle on tente de le maîtriser un tant soit peu, voire de le contrôler vivement, sans parler de l'enrôler rationnellement).
Or, dans l'ensemble, tout cela fonctionne paradoxalement sur le mode de la dépendance indépendante, ou de l'indépendance dépendante, soit tout aussi bien : de l'interdépendance écodynamique.
Mais cette dynamique, elle est le principe actif au cœur de nos descriptions artificiellement entendues, peu importe leur opérativité ou non (les sciences n'ont jamais produit que des opérativités procédurales conjoncturelles, qui ne prouvent aucunement leur vérité absolue, croyance qui serait un scientisme).
Arthur Schopenhauer le désignait - ce principe actif - du nom de Volonté (volonté impersonnelle, cosmodynamique, ontologique, acausale, atemporelle, dont nous procéderions donc aussi, en tant que parties-prenantes du monde comme volonté - et représentation, par nos entendements artificiels). Reste que Schopenhauer s'imaginait avoir tout compris de la nature intrinsèque des choses par là, alors qu'il n'en est rien de dicible hors la représentation, quand bien même la contemplation et l'art des artistes pourraient éventuellement nous y faire un tant soit peu accéder, dans l'Idée. Passons : tout cela est par trop platonicien-kantien pour me satisfaire. Car enfin : autant redire fidéistement "que Sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel", encore que Schopinou la haïssait vilement, cette Volonté philosophique, dans un pathétique ressentiment existentiel.

Revenons à notre brebis égarée ... je veux dire : l'indépendantisme.

L'indépendantisme, donc, en tant que isme, n'est pas l'indépendance, étant entendu par nos nécessaires artifices, que le monde est fait d'interdépendances écodynamiques, expérienciellement et expérimentalement - et pour ainsi dire, avec Michel Henry : phénoménologiquement.
De sorte que quoi.

De sorte que l'indépendantisme, et indépendamment de son acception politique, corresponde à la tournure comportementale, de celui qui fraye les voies d'une existence affranchie.

Cet indépendantisme, il devient délirant de séparatisme ou d'autonomisme, lorsqu'il se fait libéral-libertaire comme c'est le cas de nos anarchistes qui, par-devers leurs bons sentiments pavant l'enfer humain, concordent point pour point éthologiquement - mais non certes éthiquement - avec notre individualisme commercial humanitaire et ses conditions, qui certes blatèrent trop autour de l'indépendance, de la liberté et de l'autonomie pour être vrais, précisément parce qu'ils ne supportent pas les séparations tréfondamentales, à savoir : la coupure du cordon ombilical (phénomène des Tanguy, par exemple), la coupure des sexes (parasexualités néo-normatives, genrisme), la séparation de la progéniture alors infantilisée (phénomène des post-ados ou adulescents), l'absence à la party/à la fête/à la bataille/à l'effort [jouissif] donc, ou à l'effort [lucratif] communs (phénomène de dédain envers les congés maladies, les congés mater- ou pater-nité, jusqu'aux plans sociaux philactionnariaux, etc.) [jouissance et lucre étant follement rendus à cette banalité universelle du cul, pouvoir & fric].

Bref : l'indépendantisme, dans ce contexte, correspond au détachement de celui qui sait se décider (étym. decisio, "action de (re)trancher"). Or, en tant que l'humanisme fut de toute éternité un effort humainement décisif, échappant totalement à l'humanitarisme pour ce que ce dernier cherche radicalement à se fondre animalement dans la masse ... - mais vous m'avez déjà compris, à force d'entendre ma patte stylistique.

Fuyez les égrégores, pauvres fous, si seulement vous en avez la force.
Puissent les autres succomber sous le propre poids de leurs esprits pesamment vengeurs, dans une dépression qui les absorbera ainsi qu'un typhon, les balaiera ainsi qu'un tsunami, les ravagera ainsi qu'une tornade, les effondrera ainsi qu'un tremblement de terre, et cætera.
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Malcolm
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