On dit "art"

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On dit "art"

Message  Malcolm le Lun 8 Aoû 2016 - 11:39

comme expression, la mimesis (imitation ou représentation) artistique, aussi difformée (sans péjoration) ou réfractée (sans luminique) qu'elle soit - ce qui est dire que l'art est mise en perspective du réel (esciemment et nesciemment) par un artiste, soit donc une espèce de sujet esthétique objectivé (sujet esthétique d'une œuvre : notion en critique d'art, particulièrement littéraire mais valable intermédialement) ou d'objet subjectif ... ou ce qui est dire encore que l’œuvre, comme interjection factive, est une con/densité communicative factive - eh bien, cette expression mimesique, elle opère, pour le percepteur de l’œuvre, comme une préhension rhématique.

Cette préhension rhématique, l'artiste, créateurement, l'a rendue possible, d'après sa motion créatrice (esciente et nesciente) expressive mimesique aboutissant à l'interjet dit, comme con/densité communicative factive ("l'objet d'art" n'est anthropologiquement jamais neutre, si seulement quelque "objet culturel/sociotechnique" l'a jamais été). Le percepteur, de son côté, reçoit "le message" (escient et nescient) de l'artiste, aussi esciemment et nesciemment dans sa démarche perceptrice qu'était esciente et nesciente la démarche créatrice, mais dans son horizon d'attentes possibles - tout ce qui fait de l’œuvre un prisme communicationnel plus ou moins malgré soi, et donc une diffraction sémiologique (pour le dire communément : une fois créée, l’œuvre - comme tout - "échappe à son créateur").

Reste que cet interjet de l'articité (au sens d'activité artistique, non d'ontologie artistique de l’œuvre), comme expression mimesique, "met sous le nez" du percepteur le message de sa con/densité communicative factive.

Source : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t93-les-natures-mortes-de-vanite#23556
Tout ce qui est dire, qu'on peut comprendre l'intentionnalité de l’œuvre, en cherchant bien, esciente & nesciente, donc en multipliant les perspectives dessus, quand bien même toute somme a toujours quelque indécrottable reste - parfois lié à l'ambiguïté ou la parcellité-mêmes de "la chose".
Or je pense qu'en dehors des cas d'ambiguïté et de parcellité de l’œuvre (encore qu'elles puissent y être introduites messagèrement comme telles), il y a possibilité de saisir l'intentionnalité. A commencer par ce fait, que l'intention d'une œuvre est de "rendre", "donner un rendu", "faire un décompte-rendu", de quelque réel (observable, émotionné et/ou intuité, pour le dire vitfait). A partir de quoi même, l' "obscurité" d'une œuvre parle pour l' "obscurité" du réel.

Source : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1346p25-tolkien-et-la-religion#24256

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Tiré de ...
C'est une expression artistique, peu importe sa valeur artistique, ou son contenu.
Le gars n'a peut-être rien à voir avec la dépressivité qu'il signifie.
Il y a un écart entre l'exprimant & l'exprimé, toujours.
C'est pour cela qu'en littérature, on distingue l'auteur du narrateur, par exemple.

Il y a bien un lien créatif, dans les méandres de l'atelier, mais laissons cela aux psychologues de la créativité at least.
Ou bien, peut-être que, en termes nietzschéens, Orelsan (peut-être) a assez de dionysisme (ou de trempe) pour s'adonner à ce type d'apollinisme (ou de clip).
Mais au final, le clip est là, et extrêmement intéressant au fond.


EDIT: idem du percepteur : entre le critiquant & le critiqué, il y a un écart, qui explique l'appréciation objective d'un jugement de goût.
Par exemple, je reconnais à Mozart sa valeur, bien que je n'écoute pas de Mozart.


REDIT: bref, le rap, ce mal-aimé ...
Sortant donc d'une formation littéraire doublée de philo, je peux témoigner d'un conflit entre les deux disciplines, au moins au plan universitaire, donc "officiel", qui d'ailleurs se traduit concrètement souvent dans les préférences de lectures : les littéraires méprisent généralement les philosophes, de ce que les philosophes tentent vainement de rationaliser ce que la littérature saisit inexprimablement (quand bien même "il faut" multiplier les perspectives sur une œuvre) ; les philosophes méprisent généralement les littéraires, de ce que les littéraires tentent pédantement de multiplier les perspectives théoriques & critiques sans rationalisation de fond.

Les deux n'ont pas tort à mon sens.

Je crois pour ma part, que l'ambiguïté de l'art, est la même que nous avons devant la définition du réel, en tant que l'art est tout aussi (ou du moins se veut tout autant) singulier, inexprimable, etc.

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Puisque donc l'art est une habileté, un métier, une technique pour commencer dans le terme (les Grecs anciens disaient indifféremment teknè pour les artistes & artisans), il faut penser que chacun d'entre nous - sous cet angle - est bien plus artiste qu'il ne paraît. Mais artiste dans ce sens précis car, l'industrialisation allant ces deux-trois derniers siècles, nous avons toujours et plus eu tendance à dissocier l'art de l'artisanat, sous l'effet de l'industrie (qui se passe d'abord dans des ateliers à caractère artisanal) - et puis, l'imprimerie, la presse, la radio, etc. ont suscité des communications-à-consommer, de sorte que tout objet d'art (sens étymologique) n'est plus une œuvre d'art (sens moderne).

La relative rareté productive ancienne, faisant de chaque confection une "pièce d'art", c'est-à-dire dans laquelle on avait mis de l'art, et qui avait une relative unicité de type edition collector. Or, précisément, le label edition collector ne peut apparaître qu'à partir du moment où la rentabilité productive forme des objets sériels, n'ayant jamais d'art que l'articité de la machine artificielle qui les produisit : qui, en tant que telle, contient bien "de l'art", mais qui elle-même peut être produite sériellement, au point finalement qu'il n'y a plus d'art étymologique que dans "les compétences" de l'ingénieur ... qui elles-mêmes peuvent être intégrées à des logiciels sériels, rendant accessibles l'art étymologique à tous ... et finalement, que reste-t-il, en dehors d'une poignée de chercheurs appliqués ? ... le restant de l'humanité est dépossédé de tout art étymologique - nous faisant apparemment perdre le statut d'artistes communs.

D'où vient alors, qu'on valorise désormais tant ès arts la "créativité". En effet, il semblerait que les machines et les industries ne sont pas capables de créativité (encore que l'IA, désormais, voudrait y atteindre ... ce qu'on devra certainement appeler "conscience machinique", en ce que nos propres "consciences" signalent effectivement une faculté relativement créative dans l'existence - remémoration, attention, orientation, direction, décision. Bref. En attendant, nous nous disons des artistes plus et moins créatifs, parce que nous manipulons plus et moins les appareils numériques, et que nous avons accès facilement aux boutiques de supports créatifs réels.

Reste que cela ne suffit pas : dans notre culte de l'originalité et de sa nouveauté, nous faisons tous un profond complexe d'infériorité créatif, et logique dans ces conditions où art alors, désigne l'originalité et la nouveauté - chose qu'il ne désignait pas anciennement, et pour quoi nous avons du mal à envisager la confection d'un lit comme de l'art, en Grèce antique. Mais ce culte originalitaire-nouveautaire est intrinsèquement issu de principe d'innovation en économie industrialiste-capitaliste. Naturellement, l'entrepreneur cherche à conquérir des parts de marché et, pour les conquérir, il doit proposer un élément différentiel-distinctif significatif, avec les micro-nuances que l'on connaît aujourd'hui, désespérément pour relancer une croissance idiote qui ne s'exalte que d'elle-même narcissiquement, sur le modèle majoritaire de ceux qui en bénéficient réellement, irresponsables.

Aussi bien, nous avons oublié que la singularité d'une démarche, elle n'est pas dans son originalité ou sa nouveauté impossibles (rien de bien nouveau sous le soleil ... ) mais, précisément, dans sa ... singularité ... c'est-à-dire ce qui, par-devers sa médiocrité ou sa moyenne, constitue son étrangeté et sa bizarrerie particulières. Tout ce qui ne se laisse pas réduire sériellement ou statistiquement, toutes les idiosyncrasies de nos préférences et de nos agences, conscientes et inconscientes - bref, notre être total, notre Soi par-delà notre Moi, - qui font que nous nous comportons chacun insensiblement différemment, du fait de notre constitution (on naît comme on est avec le nez qu'on a) mariée à notre complexion (nos déterminations).

A partir de là, il est de grands artistes dans l'Histoire, qui ne furent pas originaux ni nouveaux, mais qui furent singuliers - c'est-à-dire qui parvinrent à artialiser leur singularité, en la maîtrisant par art, et la rendant dans leur art. Rien d'original, rien de nouveau, "rien de transcendant", et pourtant nous sommes transportés, et vous connaissez certainement ce type de personnes autour de vous, qui ont ce je-ne-sais-quoi et ce presque-rien qui font toute la différence, quand bien même elles ne sont pas "transcendantes". Voilà l'art.

Mais donc, à partir de là, les revendications à un tout-le-monde-artiste sont évidemment fausses - d'autant plus fausses que l'art est confisqué par la technologie, encore qu'elle rende possible des arts tels que le design graphique, ainsi que le cinéma ou les jeux vidéos (mais à combien d'élus ?). Car, au vrai, il n'y a art qu'à partir du moment où il y a recherche de maîtrise, serait-elle dans "le regard", afin d'en traduire la singularité immanente (non-transcendante).

Singularité immanente dans la maîtrise (de soi), que l'Histoire universelle a toujours reconnu aux arteurs.
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Re: On dit "art"

Message  Malcolm le Jeu 10 Nov 2016 - 12:39

Tu es pénible Bigone, à supprimer tes interventions, comme en autoflagellation.
Que veux-tu que je fasse ? Que je te donne la fessée ? Une punition supplémentaire ?
Je crains hélas, que ce post-même te confirme dans cette dynamique.
A la limite, mieux vaut pour toi nous oublier : cela aidera peut-être mieux ta santé morale.
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Re: On dit "art"

Message  Kenshin (Bigone) le Jeu 10 Nov 2016 - 13:29

vous oublier, non, continuer à vous lire et apprendre, oui.
pour le reste, tu as raison, je suis pénible par moment. ( note que je ne supprime pas tous mes messages quand même...) Personne n'est parfait.

n'empêche que je le répète, tu as bien résumé les choses. Ce que tu as dit est juste et tu as su mettre des mots sur quelque chose dont j'en étais incapable.

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Re: On dit "art"

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