Matéri/autisme

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Matéri/autisme

Message  Malcolm le Lun 31 Oct 2016 - 1:53

Ès philosophies, il ne faut pas être surpris que naquit le naturalisme - soit la pensée selon laquelle, il y a du naturel (quand on peut très bien envisager le naturel comme une définition culturelle arbitraire, artificielle). Aristote le définit comme ce qui se meut de soi-même sans finalité ni auteur que la cause première de l'univers, mais on ne sait toujours pas ce qu'est cette cause première ni plus ces motions de soi-même (quand bien même les sciences naturelles les décrivent toujours & plus finement, observant des objectivités étonnantes).

De là vint, envers & contre tout, et sur des initiations philosophiques toujours, le matérialisme, selon lequel la nature est globalement et localement matérielle, sinon que lesdites sciences naturelles nous ont largement démontré l'inexistence de l'atome, voire l'ondulation fréquentielle du réel (et ce n'est que le réalisme actuel).
De sorte que, techniquement, on préfère parler de physicalisme, afin d'incorporation desdites fréquences & autres énergies plus et moins sombres, sans parler de la fameuse "matière noire" ... on n'en finirait pas.

De là alors même, le naturalisme littéraire, ainsi que le concrétisme poétique, sur les bases du positivisme philosophique puis du technicisme contemporains, à moins que l'art ne les précéda ès réalisme (en fait, il y a certainement codynamisme séculaire, depuis la Renaissance ... ).

Bon.

Il semble pourtant que nous ne puissions dénier la valeur de nos sensations, dans un "sensationnalisme" constatif et absurde, par lequel Albert Camus rédigea son essai le Mythe de Sisyphe, dans lequel il régla, pour lui-même d'abord, ses comptes avec le sentiment de l'absurde de sa génération-fille de ces mouvements et d'une ou deux Guerres mondiales ... résolution révoltaire dans l'essai l'Homme révolté, qui tente précisément de surmonter le nihilisme historique via ce sensationnalisme constatif et absurde pourtant, contre lequel une révolte moralisée parvient à l'humanitarisme social et au solidarisme syndical.
Reste que ce sensationnalisme, froid logicisme de la plus-value intensive vitale (par-devers les constat & absurdité, et concluant froidement-logicien sur les secours & syndications) il est lui-même partie de cette tendance (post)moderniste (postmoderne de Jean-François Lyotard, hypermoderne de Gilles Lipovetsky, surmoderne de Marc Augé, à qui mieux-mieux, hélas pourtant réalistes ès philosophies, sociologies et anthropologies). En effet, ce sensationnalisme (qui n'est pas seulement camusien), il tient du naturalisme, du matérialisme, du réalisme, du positivisme, du concrétisme, eux-mêmes tenant de l'empirisme renaissancien, ainsi que du sensualisme lumièréen, par lesquels advinrent les sciences naturelles.

Tous ces mouvements, ils ne disent rien de substantiel quant à la nature du réel, quand bien même ils en saisissent suffisamment bien les processus, pour aboutir aux démiurgies techniciennes contemporaines (où la technologie se confond affectivement avec la magie). Tout ce qu'ils disent, c'est qu'il y a du réel sans au-delà ni en-deçà ni par-devers ni à-travers, de façon sensationnaliste, soit sur la base d'une sensitivité prise pour intelligibilité, malgré l'anthropocentrisme de la chose (encore que, dans cet ordre d'idées-là, l'Homme très-physique, comme partie du tout, est spinoziennement saisi par les mêmes logiques ... ).

A la fin, donc, tout ce sur quoi il est possible d'aboutir, ce n'est jamais qu'un "matéri/autisme", soit un autisme du matériau (déraison camusienne du monde) - matériau qu'il faut bien constater dans l'absurdité de son étantité, donc aussi bien son autisme : son idiotie (Clément Rosset), tout à soi pareil, sans extériorisation ni intériorisation (par quoi, Gilles Deleuze & Félix Guattari n'ont pas eu tort de faire schizoïde notre monde capitaliste afférent).
Or, c'est sur la base seule de ce matéri/autisme, sensationnaliste, que furent jamais possibles toutes les utilisations techniques du monde, de mémoire d'Homme. Les artisans, techniciens, ingénieurs, physiciens, médecins, artistes & autres plasticiens ... en savent quelque chose.
Par quoi, donc, il semble juste évident/évidenciel/évidencialiste que nous nous rendions tous au matéri/autisme ... si ce n'est qu'à soi seul, constativement et absurdement, il ignore tout sens (signification, orientation & sensation humaines) tandis qu'il en est un à soi seul ... à moins que de le vouloir tautologiquement - ce qui certes manque de rêve ! car l'Homme, n'est-ce pas, est une "machine qui rêve" ? ... Sinon, comment expliquer toute la sémiologie évolutionnaire-révolutionnaire-réactionnaire-néoréactionnaire, qui fait l’intentionnalité de nos politiques ? ... Sans parler ne serait-ce que des arts, essais, magies, philosophies & témoignages ...

Bref : les sciences naturelles sont loin d'être le tout de l'univers et, en matéri/autistant le réel, sont dans une aliénation infrastitieuse (contraire de superstitieux : les choses qui nous dépassent - signifiant donc les choses au-dessus desquelles on passe ! un peu comme l'infraordinaire de Georges Perec). En fait, c'est un peu comme si, au nom de l'exploitation compréhensive du réel, vous vous sabotiez toutes possibilités de l'envisager de façon plus dynamique, et vivante ...

... comme si vous vous ôtiez toute possibilité de sortir du matéri/autisme, vous renvoyant à votre propre incapacité de sortir de vous-mêmes ! (de votre propre autisme)
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Malcolm
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