Généalogie des USA

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Généalogie des USA

Message  Malcolm le Mar 15 Nov 2016 - 18:19

Rapport à : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1119-originalites
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1511-genealogie-de-la-democratie-moderne-contemporaine
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1604-les-usa
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1611-politics-economics
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1574-elections-americaines

Il me vient cette idée que, les USA, s'ils naissent, c'est en grande partie du fait de l'utilitarisme, de l'économisme, et de la géopolitique anglo-française. C'est-à-dire qu'ils sont assez bien le fleuron européen, euro-américain certes, qui s'en serait tout simplement dissocié comme en bulbe, ou comme deux bulles de savon se créent à partir d'une seule, un peu comme dans ces lampes pluricolores très 70-80, dans lesquelles flottent des volutes.
Aussi, il n'est pas si évident de dire des USA "qu'ils n'ont pas d'Histoire", qu'ils sont une civilisation "jeune", quand bien même leur Histoire chronologique est courte - comparée à l'Europe - ou qu'ils sont dans une forme de jeunisme.

Les USA, ce sont avant tout le fruit d'un compromis involontaire, idéologique de sciences sociales & militaire, entre Angleterre et France, doublé d'une aspiration locale (les 13 colonies) inhérente à leur isolationnisme propre - un océan atlantique mal franchissable, à l'époque, - et un isolationnisme lui-même porté par les colons du Mayflower aujourd'hui célébrés dans le Thanksgiving (paradoxalement, de ce que ces mêmes colons signeront la quasi-mort des Amérindiens, avant la conquête de l'Ouest). C'est-à-dire que, dès la base, les USA sont les enfants d'un divorce européen, d'une querelle européenne, or l'on sait que - malgré leur banalité désormais - les enfants de divorces sont dans un why, une culpabilité, un flou artistique, rapport à leur ascendance, aussi clarifiée soit-elle - au moins rapport à un contexte millénaire de mariages et vivant encore toujours, mais contexte humanisant symboliquement : on n'est pas des bêtes.

A partir de là, et dans cet abandonnisme pour ainsi dire consenti, désiré, voulu, les voilà "contraints" de s'innover, se créer, par-delà tout européanisme - si par européanisme, on veut bien entendre la géostratégie insularo-continentale dans- et autour de la- péninsule eurasienne. Or, étant parvenus, dans leur "innovationnisme/créativisme", à adopter les dimensions d'un quasi-continent - au même titre que le Canada, d'ailleurs, ce qui devrait élargir cette généalogie à l'Amérique du Nord, - et cela tout en négociant leurs isolationnismes (multiculturalismes, expansionnismes, etc.) en différents États plus "insulaires" dans leur "archipel", ils ont pour ainsi dire réussi à exalter leur "innovationnisme/créativisme" (mentalité pionnière à tous les niveaux, si l'on veut) dans tous les domaines de l'existence. Soit donc : aussi brève soit leur Histoire chronologique, ils n'en sont pas moins parvenus à récupérer tout un fond historique millénaire, comme en ballon d'hélium - donc. Il y a quelque chose de stratosphérique, dans leur esprit, propice à l'innovation/création d'une part, mais aussi propice à tous les idéalismes (protestantismes à l'appui, sans parler des néo-folklores amérindiens et idéalisations des Amérindiens mêmes). - Le cas de l'Amérique latine est infiniment plus héritier, par catholicisme (élection du pape François à l'appui), sans se passer de phénomènes idoines, comme en écho de proche en proche, sinon qu'il n'y a pas stratosphérisme, donc innovation/création moindre. Et, à la limite, le Canada de même, avec le Québec d'un côté, et la prégnance anglo-saxonne de l'autre (Commonwealth).

En somme, les USA se vendent et se présentent ainsi qu'une ligne de mire, un processus, que leur industralisme et leur médiatisme ne sont pas sans incarner, et pas moins que leurs sectarismes protestants ou autres. Il se peut donc, que les USA soient comme une Europe désessentialisée, au sens le plus platonicien du terme - mais cela ne les rend pas nietzschéens, ni même aristotéliciens, pour un sou. Désessentialisés de l'Europe, les USA sont inappréciables sous l'angle européen, tandis qu'ils entrent dans le champ d'un mobilisme non-héraclitéen, non-montaignien, quand bien même accointant, mais avec une distance évidente où Héraclite se voudrait limpide, et Montaigne angéliquement pragmatique. Soit donc : les USA vivent "essentiellement" sur le mode de la "mobilisation". Il y a du politique, pour un Étasunien, dans l'entrepreneuriat-même, proprement, tandis que l'Européen détache ces deux plans (et par quoi, les USA jugent l'Europe quasi-soviétique, dans ses gauches comme dans ses droites, tandis que l'Europe juge les USA quasi-anarchocapitalistes, dans leurs gauches comme dans leurs droites). En fait, l'Europe est plus certainement empiriste, rapport au pragmatisme étasunien - Canada et Amérique latine étant plus "bâtards" sous cet angle.

Et c'est drôle alors, comme le "désessentialisme mobiliste pragmatiste non-platonicien" des Amériques, peut être idéaliste, et comme "l'essentialisme empiriste post-platonicien" de l'Europe, peut être réaliste - de sens philosophique, où de toutes façons Platon est un réaliste des Idées, et où le christianisme - protestantisme compris donc - devint idéaliste sous les coups de Saül de Tarse, de Plotin, d'Augustin d'Hippone, de Luther et de Calvin. Passons ?

A la fin, je dirais que les USA sont "au-delà du réel", "la quatrième dimension", les "x-files", et que cela ... leur réussit ! - éthique pragmatiste.


EDIT: tout ceci expliquant assez bien pourquoi les USA sont rebutés par l'écologisme, ainsi que par le retrait de port d'arme. Dans le premier cas, ce serait quitter l'idéalisme dynamique et, dans le second, ce serait amoindrir le mobilisme. Ce qui, l'un dans l'autre, revient au même.
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Malcolm
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