Le Penser

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Le Penser

Message  Malcolm le Ven 18 Nov 2016 - 16:50

Il y a Parménide qui, dans son présocratisme de l'Être, l'identifie à la pensée. Cette vidéo contribuera à l'entente de la chose : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1526-les-grecs-substance-et-proto-science - à quoi j'ajouterai ceci, dans un autre genre : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1479-entendre-le-logique - C'est qu'en effet, le logique - s'il existe - ne semble jamais que se manifester polylogiquement, selon les démarches, sans exact en-soi en dehors des rationalisations produisant des rationalités se voulant attribuables à tout : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t960-democratiser-la-philosophie-analytique - sinon que, comme je le soulignais alors, se pose la question docimologique des critères - notamment : de valeurs, - critères par lesquels se déploie le logique, polylogiquement donc, et minimisant la portée à la fois de la philosophie analytique, et du parménidisme : en effet, il semble qu'expérienciellement "rien ne se passe" exactement jamais comme l'aimeraient les plus "raisonnables" d'entre nous : le Penser décolle incessamment "des choses".

C'est-à-dire que le Penser, n'est pas aussi directement qu'on le voudrait un Agir. Alors, dans ce jeu - comme on dit qu'une table ou autre, a du jeu, - il y a une place pour la dénégation cognitive et le déjouement rationnel malin "des choses", sans parler des dérivations imaginaires, dont on voit pourtant qu'elles sont nécessaires à toute proaction. En effet, ce jeu, de soi, n'est pas malsain, puisqu'il suscitera bientôt normalement toutes sortes de démarches qui, elles, chacune, pourront être dites logiques dans leurs polylogies-mêmes. De telle sorte que, dans son genre, tout se passe comme si chacun Pensait particulièrement l'Être, Philosophait-Analytiquement judicieusement à sa façon. Et c'est à ce point qu'on voudra bien convoquer l'appétence/le conatus spinozien, voire la volonté de puissance nietzschéenne.
L'appétence/le conatus (ou désir) spinozien, il a ce génie démentiel, de totaliser rationnellement même la polylogie, dans une entente logique globale - qui pourtant ne saurait s'identifier au logique comme tel, de ce que je demanderai volontiers trouver le critère de ce désir : Spinoza, pour rationaliste qu'il s'avance, ne nous en laisse pas moins dans un flou artistique ontologique, dont on devine maintenant assez bien pourquoi il le nomma Dieu, panthéiquement & matérialistement même.

C'est que Penser, donc, cela n'Agit pas magiquement sur l'Être, le Réel ou "les choses", par-devers la possibilité d'une transférence : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1550-transference-ou-de-l-ame-de-tous-et-tout - Transférence qui, in fine, a quelque chose d'infinitésimal, d'inassignable, quand bien même potentiellement effectif, et souvent effectif entre personnes au moins. Spinoza même la reconnaissait bien évidemment, cette absence de magie, dans sa sorte d'amor fati post-stoïcien : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1450-banalite-spinozienne-de-toute-antiquite - il est des inexorables, des inébranlables, des inamovibles. Soit donc : un sort, arbitraire, définissant le possible.

Pour autant, et sans compter la possibilité d'une transférence, Penser est Agir : c'est de bon sens pragmatique, au moins en linguistique. C'est-à-dire que, Pensant, j'Agis at least sur moi-même, dans un réflexionnement/positionnement processuel. En effet, quand bien même je n'adhère pas aux contenus du Penser (quelconque me suggérant de méditer la période nazie, par exemple), il n'en reste pas moins que mon Penser du nazisme va engendrer des ouvertures quant à ma présence, par réflexion sociohistorique et position politico-culturelle, qui engendrera bien assez tôt des manières d'être, de communiquer et d'opérer, aux conséquences mêmes subtiles, même nescientes ou inconscientes. Au pire, il s'agira simplement d'un effet-papillon temporel sur ma trajectoire, de ce que je n'aurais pas été ici si par le passé, j'avais fait autre chose que Penser le nazisme. Notoirement, cet effet-papillon est le cas des personnes n'endurant pas quelque méditation, et préférant éluder les problèmes, croyant trouver dans leur allant les solutions qui conviennent - pas forcément à tort - pour leurs vies ainsi bien délimitées.

Bref : toute expression Pensée, Exprimée ou Opérée-là, a son Agir propre, qui donc pourtant n'est pas magique, et n'influence pas la structure de l'Être, du Réel, "des choses", comme on aurait pu le déduire de Parménide, ou comme les philosophes analytiques s'imaginent pouvoir s'ajuster extrêmement dans l'idée escomptée.

Mais alors, là où "tout cela" devient un barnum-monstre, c'est quand N personnes, auteurs, groupes de réflexion et militants, s'avancent vers vous en prônant des positive-attitudes, des ways of thinking'n behaving (et, de fait, ces tendances proviennent essentiellement des mondes anglosaxons, notamment américains), par lesquels elles vous distribueront à foison, en veux-tu en voilà, quelque panacée pour le Penser, de telle sorte que ce Penser advienne nécessairement à quelque Agir - dit proaction.
Pour autant qu'il n'est pas exactement idiot de vouloir doter autrui de tournures d'esprit capables de l'élancer dans un Penser-Agir obligatoire, il n'en reste pas moins que les entités qui vendent cela, croient régulièrement inventer la poudre de l'Action du Penser, qui ne les avait pas attendus pour être toujours-déjà une forme d'Agir par le Penser. Mais c'est que ces entités veulent orienter, conditionner, manœuvrer leur monde, afin de le faire entrer dans un certain type de Penser-Agir - de tournure d'esprit, donc : où l'on retrouve ce constat bergsonien, que l'action est centrale comme concept, mais où ce concept est vectorisé, et d'autant mieux qu'il permet un certain type de Penser-Agir.
D'aucuns diraient assez prosaïquement, que c'est de la manipulation ; or, c'en est, car seule l'entité ayant suscité telle tournure de Penser-Agir, en est bien consciente, et ne souhaite jamais au-delà d'autrui qu'il s'en saisisse, quand bien même ce Penser-Agir se présente comme ouverture, social engineering.

C'est cet engineering, social, qui pose question, où le social (l'associatif, l'interpersonnel, l'humain, le coopératif, le partenarial, etc.) n'est jamais plus Pensé (d'une Action du Penser de base, non comme Penser-Agir de résultante) que comme machinisme connectique ou réseautique et, en somme, c'est plaquer le modèle neurocognitif d'Internet à une espèce et ses spécimens, qui d'une part n'avaient jamais attendu tel social engineering pour s'arraisonner, et qui d'autre part ne sauraient si optimistement s'inscrire dans un tel modèle, au fond machine abstraite et rien qu'abstraite, à la deleuzienne : pour enthousiasmante qu'elle soit en termes de points de fuite, de lignes de mire et de devenirs-autre, il n'en reste pas moins l'abstraction de la ou des "chose(s)", comme en flocon de neige merveilleux et unique post-cartésien : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1356-l-homme-qui-se-fit-flocon-de-neige-merveilleux-unique - dans une systémique post-sartrienne ce qui se fait de plus sartrien à ce niveau projectif, avec toute une cybernétique de l'impératif catégorique : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1399-initiation-a-l-imperatif-categorique-de-kant - mais néantisé en "cooptatif allégorique" (soft power) ! *Lol*

En somme, on a - comme avec la "réalité virtuelle" - cru "augmenter" la réalité, quand on n'aura jamais fait que lui surimprimer quelque modèle : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1277-l-esprit-de-modelisation-cartographie-holographie-du-reel - au nom même d'une velléité transformiste (innovationniste/créativiste : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1617-genealogie-des-usa ) du réel, qui ne lui avait rien demandé et qui ne l'avait pas attendu pour se transformer sous d'autres espèces.

Bon : dans l'ensemble, cette dialectique revient à celle-là : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t980p50-le-bonheur-est-il-inaccessible-a-l-homme#20042 - et les plus enthousiastes d'entre nous n'auront jamais fait que s'assimiler la démarche secretariale de ceux que parfois ils critiquent, et d'autres fois contribuent ingénieusement à enrichir, mais souvent les deux à la fois. Ce n'est ni bien ni mal, mais c'est juste dingue ; dinguerie que les promoteurs de tels Penser-Agir sont les premiers à dire assumer responsablement.

J'ai comme un doute sur l'adverbe.
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Malcolm
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