Réflexion sur l'in/égalité

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Réflexion sur l'in/égalité

Message  Kenshin (Bigone) le Mar 29 Nov 2016 - 20:27

Bonsoir,

Je post ici pour ne pas polluer d'autre sujets. Je tente une réflexion simple et modeste.

Tout d'abord, un constat. Nous sommes tous différents; Ensuite, TOUT est différent, unique. Aucun élément existant n'a son identique ( une infime différence existe toujours) donc, rien a son égal. Pour les hommes, nous sommes tous différents : personne ne mesure pareil, n'est pareil etc. Nous sommes donc des différences . Mais, nous nous sommes tous une et même chose: unique, comme je l'ai dit.
Ce qui nous rend comme les autres, c'est d'en être différent.
Si on prend la définition suivante : L'égalité est l'état, la qualité de deux choses égales ou ayant une caractéristique identique (égalité d'âge de taille ...). ( http://www.toupie.org/Dictionnaire/Egalite.htm ) , on peut donc dire qu'on est tous identiques parce qu'uniques par nos différences, donc , égaux.
On peut donc être deux choses à la fois : égaux et inégaux.

Pourquoi créer le concept d'in/égalité ? Face à un événement, un élément, nous n'avons pas les même dispositions pour réagir. Un plus grand verra plus haut et un plus gros, tombera moins facilement. Dans l'ordre des choses, on peut dire que nos différences nous attribuent un rôle propre. Je suis plus grand donc je serai guetteur. Je suis plus gros donc j'affronterai le rhinocéros (même si ça fait pas une grande différence...). Il est donc peut être nécessaire que la société nous laisse trouver notre rôle, nous aide à le faire. je sais, faut pas pousser quand même avec ce genre d'idéalisme ! Mais c'est un autre sujet...
Ce qu'on peut dire, c'est que la notion d'in/égalité semble être un jugement de valeur apporté à nos différences. pour cela, il faut donc un objectif, un but à atteindre. Pour arriver à ce but, nos différences ( qualités) doivent nous permettre de l'atteindre.
Si c'est un jugement de valeur, ce n'est donc qu'une illusion.
Un génie intellectuel peut être considéré comme inégal/ n'ayant pas son égal ( supérieur) parce qu'il atteint le but plus souvent que d'autres différents. Mais le génie intellectuel détecte plus les erreurs, donc les siennes. Il y porte plus d'importance parce qu'il en saisit plus la portée. Il est donc inférieur, en ce qui concerne le " je m'en fous de mes erreurs". Le truc, c'est qu'on retiendra ce qui le rend performant, ce qui est utile. ( qu'il se ronge les ongles jusqu'au sang, on s'en fout du moment qu'il nous rende riche, par exemple).

L'égalité ou l'inégalité est donc un choix.

Quand je dis par exemple que je suis supérieur à un autre, je vais devoir mettre en évidence son infériorité. ce qui déjà indique que ma raison, transforme l'égalité en inégalité. Je le rends inférieur par mon jugement de valeur. C'est donc que je veux être supérieur. Donc si je veux être supérieur c'est que j'avais l'idée que celui que je veux changer était au moins mon égal ( on ne veut pas être supérieur à quelque chose dont on est déjà supérieur...), ou supérieur pour une raison ou une autre. Je veux changer ma vision du monde , de l'autre parce qu'elle me dérange. En gros, je ne me supporte pas, j'ai un problème avec moi même, je le transfert sur l'autre etc. ex: la création de races humaines...

La question de la demande d'égalité/ d'inégalité dans la société.
. dialogue imaginaire : ( cela relève de l'imagination, je le répète)
- les individus : On veut tous un emploi, suffisamment payé. (si tout le monde dit ça c'est qu' on veut donc tous  être égaux en terme de dignité)
- Les politiques : vous aurez ce que le marché peut vous donner.  ( vous êtes égaux face à la volonté du marché)
- Les individus : On veut tous du pouvoir ( le but du pouvoir c'est de l'utiliser donc d'en avoir plus que l'autre / on veut être inégaux)
- Les politiques : Vous aurez ce qu'on a décidé nous de vous donner ( Le politique décide / on lui a donné sa supériorité en terme de pouvoir de décision/ égalisation).

Donc, si je suis citoyen et que je demande de l'inégalité , c'est donc que je crois ou que je sais , que celle-ci , va me profiter. Je veux tendre vers l'inégalité donc je pars de l'égalité. L'intérêt va donc définir mon choix.
Mais, quand je veux encore plus d'inégalité ? J'ai demandé de l'inégalité et j'en redemande. Je ne suis pas encore satisfait. a travers l'inégalité, je cherche donc quelque chose encore plus inégal que l'inégal . Le cruel ? Je deviens fou?
"La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent."  Albert Einstein
Si on cherche plus d'inégalité c'est que l'état ne nous satisfait pas, on veut donc un autre résultat en faisant la même chose.




L'inégalité est le propre de l'homme parce que différences. Mais au niveau sociétal, on regroupe nos différences pour converger vers un projet commun. De la différence, on veut aller vers l'unique. Le moyen c'est la différence, la fin, c'est l'unique. Donc égaux.
Donc vouloir être supérieur ( inégal) , c'est vouloir créer une nouvelle différence. On veut donc être encore plus différents, donc plus unique, donc en fin de compte, en ne voulant pas être comme les autres, on le devient un peu plus. On cherche peut être à se sentir plus humain parce qu'on a le sentiment de pas l'être, assez.

La supériorité étant donc relative, émanant d'un choix, d'une croyance, la volonté d'inégalité est donc une sorte d'aberration ( de la raison..?)

La question n'est donc pas de savoir si on veut plus d'inégalité ou d'égalité ? On est les deux. On doit donc tendre à la fois vers les deux. C'est la liberté d'être qui nous laisse être différent. C'est ce pouvoir là qui compte. etc.etc. je vais pas vous saouler avec ça.

 La question est plutôt , pourquoi choisi t on de n'être qu'un seul élément ? Trop égalitaire, trop inégalitaire ?



ps:
Dernière chose : le temps. je sais , qu'est ce que ça vient foutre là... ? C'est pas l'espace qui donne vie à notre différence mais c'est le temps. On est un morceau de temps. On a ce côté commun. le temps est le même pour tous. on est tous égaux face au temps. dans le sens ou personne ne le maitrise. Je peux être deux chose différentes, deux volontés : égal, inégal. Le centre reste le même , ma volonté, ma raison. Je n'ai qu'un espace, qu'un centre, ma raison. J'ai deux volontés, ce qui le relie, c'est le temps.
Ceux qui veulent trop d'égalité ( supprimer les différences) ou trop d'inégalité ( augmenter les différences) ....

*

je termine ( on va pas faire 500 pages sur le sujet...) :

Un cas de figure qui définit le réel :

J'ai à manger pour une personne et j'ai un enfant affamé à côté de moi :
Ces trois cas coexistent dans la réalité de notre monde ( donc on ne juge pas)

1) je garde tout pour moi : l'enfant ne mérite pas ce que j'ai, je l'ignore, il n'est pas mon égal.
2) je partage scrupuleusement : l'enfant mérite au tant que moi, il est mon égal
3) je lui donne plus à lui / je peux même m'abstenir de manger pour tout lui donner: l'enfant est au moins mon égal.

J'ai donc émis un jugement de valeur, fait un choix, définit si l'égalité existait ou non. Après personne n'a dit que je devais nourrir à moi seul l'humanité...

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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Malcolm le Ven 2 Déc 2016 - 15:02

Tu veux surtout dire que tu l'inventes, l'égalité, en agissant comme tel (égalitairement).
Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1672-la-religion-lucrative-ou-le-colerique-dedaigneux
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1664-jacques-ranciere-et-l-egalite
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1655-la-dangerosite-castoriadisienne-l-imaginaire-radical
Et c'est drôle alors, comme tu te sens piégé moralement par cette invention (d'où ta tirade).
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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Kenshin (Bigone) le Ven 2 Déc 2016 - 22:50

je dirai plutôt que les deux états existent, et je décide d'en faire valoir un plutôt qu'un autre. Mais je vois ce que tu veux dire.

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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Malcolm le Ven 2 Déc 2016 - 23:07

Quels états ?
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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Kenshin (Bigone) le Dim 4 Déc 2016 - 11:27

comme je te l'ai dit, je suis entrain de réfléchir à ce que tu dis. J'écoute tes arguments ( ce que je disais dans : je vois ce que tu veux dire)mais j'ai besoin de temps. Je réfléchis pas à la vitesse de l'éclair. J'ai ma vitesse...

je pensais par exemple, que la cruauté dans le réel tragique, était aussi d'une certaine manière, inventée. Qu'un gros animal mange un plus petit , que le sang coule, on pourrait penser que c'est simplement un ordre des choses. On va appeler ça, cruauté. "L'inventer".
C'était cela que je nommais : état.  Un élément de la nature du réel  qu'on peut dire même qui existe indépendamment de l'homme ( mais qui peut concerner l'homme) qui va justement le conceptualiser.

je dois me tromper mais j'ai pas encore compris, où. J'ai besoin de temps.

J'espère que c'est plus clair pour toi,

*

en fait, je viens de comprendre, tu as raison, j'invente l'égalité.
Oublie ce que j'ai dit dans mon post précédent, j'étais "à l'ouest".
Toujours difficile de sortir d'un schéma de pensée quand on est enfermé dedans.

Je vais donc me poser les questions suivantes : si j'invente l'égalité, pourquoi ?( je sais que tu m'as donné des éléments de réponse, mais là , beaucoup d'informations d'un coup) Quels sont les éléments du réel dans lequel ce concept prend sa source ? est ce légitime, justifié ? Quelles sont les conséquences de la création de ce concept.
Il y a certainement chez moi une recherche, un besoin d'universalité, peut être. Je dois creuser. J'en ai pour un moment.

dans tous les cas :

*

Je continue ma réflexion . encore une fois, je me trompe certainement , et n'hésitez pas à me contredire. Je suis juste là pour discuter. J'assumerai...

désormais, je me pose les questions suivantes :

Si je veux l'égalité, est ce que je veux que tout le monde soit comme moi ( égoïsme/ A mon image) ou je veux être comme tout le monde ( je cherche un modèle/ je ne sais pas qui je suis, " je ne me suis pas encore fabriquer d'image"?) ? Au fond, bien entendu, pourquoi je serai comme les autres et pourquoi je seraient ils comme moi ?

L'universalité
ne me semble pas possible, dès lors.

cependant, il semblerait que l'ont aient tous un point commun, c'est que l'on décide pas de naître.  Et si je dis : nous sommes égaux dans l'être, le naître, le non choix, le non contrôle, est ce une illusion ?
Ce que l'on peut noter, c'est que l'on nait ( est) pour devenir ( se forger une histoire, une identité et devenir soi même ?)
en sommes, nous sommes le fruit d'autres ( volontés) qui ont voulu que moi  j'existe , et moi même, je devrais/pourrais décider pour d'autre(s), d'exister.
La vie c'est donc avoir le choix d'être , de pouvoir en décider. Comment pourrais je me reconnaitre, si tout le monde était comme moi, un miroir ? Je ne verrai que mille et un reflets, je ne parlerai qu'à moi même, je serai bien, seul...

Au fond, on peut s'en foutre de pas gagner 10 millions par mois   mais le problème de l'égalité semble se poser lorsqu'il y a pénurie ou l'apparition de son spectre.  au fond, si je suis heureux avec ce que j'ai , je m'en fous de savoir que l'autre a plus et je peux même m'en réjouir. J'accepte l'inégalité.
Simplement, le problème se pose quand moi je n'ai plus assez et que l'autre a quand même, donc plus, donc trop. Il semblerait que je dise à la société : ne m'abandonne pas.  Si ce sont mes choix qui m'ont conduit à ça , je devrais les assumer en théorie.

L'égalité, la demander ( donc la créer, l'imaginer) , semblerait être lorsque l'on ressent l'inégalité comme une injustice. L'inégalité semble donc injuste, quand je n'ai plus assez.
Assez pour quoi ? Pour survivre, être heureux ?

Le rôle de la société n'est il pas alors ( pour que les êtres fonctionnent ensemble) de rendre l'inégalité tolérable : parle ton de dignité ?

*

CONCLUSION:
( peut être me suis je perdu ou suis je un serpent qui se mort la queue? ...un homme naïf ? )

L'égalité  est donc un symbole ( fort), un don ( quelque chose que l'on donne), peut être même un acte d'amour.

Comme nous l'avons dit, elle ne doit pas être universelle, dans le sens, d'obligé, d'obligation. Elle est d'une certaine manière, l'égalité, la liberté de rétablir un équilibre.
Au fond, c'est s'asseoir à table avec quelqu'un , et oublier , s'oublier pour être avec l'autre. En général on ressent ça quand on est avec ami. Nos différences, inégalités ne comptent plus, on mange la même chose.
En disant en ça , bien entendu, on peut penser à celui qui partage son pain. Dire que tout le monde à le droit à du pain, ce n'est pas dire que tout le monde devra avoir la même part. Chacun sa part, à chacun de faire sa part. Si demain je n'ai pas assez , de pain, peut être que quelqu'un rétablira l'équilibre, ou non. C'est un peu la vie en société. Si nous concourrons tous vers le même but, si nous œuvrons pour que l'autre ait plus ou moins que nous mais assez, nous contribuons à maintenir cette équilibre qui fera qu'ensemble, nous fonctionnons. Si je puise toute l'eau d'un puits pour moi, il est évident que les autres n'auront pas pour accomplir le nécessaire qui me demande de boire toute cette eau...
Aussi, je me disais, qu'est ce qu'un génie, le génie ? Un génie sera incompris, fou, trop différent, écarté, ignoré ( par la force des choses puisqu'on ne le comprend pas) s'il n'arrive pas à se faire comprendre des autres. Le génie c'est donc savoir se mettre au niveau des autres (pour leur donner quelque chose). Le pourquoi ( le but) dépendra de chacun mais on comprend bien qu'on fait l'apologie du génie, du supérieur ( en terme de performance), de l'inégalité, de la starification mais tout ça, pour se retrouver au même niveau. Parce que quand on voit un athlète réaliser l'impossible, il le rend , possible, saisit, compris, partagé. On se dit : je ne pourrais jamais courir aussi vite que lui, mais l'être humain peut le faire. Or, je me dis à ce moment, moi aussi, je suis un être humain.
Le langage une chose non naturelle, inventé par l'homme, mais qui est devenu une seconde nature, nous rappelle que dans la première chose que l'on désire, par la communication, c'est être compris les uns des autres, se comprendre, partager ces mots, ce langage , trouver de l'égalité à certain moment , s'en servir pour que chacun puisse s'exprimer , donc être avec les autres. Il y aura bien des Shakespeare, et heureusement. Il nous montreront une beauté que nous n'avons pas vu, qui est possible.  Le recours( ponctuel) à l'égalité, c'est s'assurer que chacun puisse accomplir cet impossible, le rendre possible, parce que sans les autres, rien est possible. Même les pires tortionnaires, ont besoin des autres pour les exploiter. Dans ce cas là, ils les mettent sur un pied d'égalité. Ils sont tous exploitables... L'égalité c'est un peu donc, ce que l'on en fait.
L'égalité serait d'arriver à un moment et de constater que j'ai besoin de l'autre , que l'autre a besoin de moi et c'est pour cela qu'on se rappelle mutuellement. J'ai bien dit "mutuellement". Il ne s'agit  pas d'un "plus grand" qui a pitié d'un " plus petit". C'est justement se dire à un moment donné, que l'on a pas besoin d'être plus grand, ou plus petit. On a simplement besoin d'être.
Enfin, prenons la déclaration universelle des droits de l'homme. Elle nous dit que nous sommes tous égaux en droits par exemple, mais on vient bien dans la réalité que ce n'est pas le cas. Et si ce n'était qu'un rappel pour nous dire que nous avons le droit d'être égaux par moments et que si les hommes en sont venus à devoir le rappeler, c'est que l'oublier nous conduit à de trop grandes injustices.
Il y a de la cruauté dans ce monde, elle a participé à sa construction, mais le monde , la vie ne se sont pas fait seulement selon la cruauté et l'inégalité. Il a fallu à un moment que l'homme raisonne, avec son cœur, pour que la vie suive son court.

*

je relis ça :
Malcom a écrit:Tu veux surtout dire que tu l'inventes, l'égalité, en agissant comme tel (égalitairement).
et ouais...si j'avais mieux lu....et relu....qu'est ce qu'on peut être entêté des fois ... *Choc*
bigone a écrit:( on va pas faire 500 pages sur le sujet...)
Complétement débile ! chacun écrit le nombre de lignes qui lui parait nécessaire... qu'est ce qu'on peut être ....***des fois...  *Choc*

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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Mal' le Dim 25 Fév 2018 - 11:55

Kenshin a écrit:Il y a certainement chez moi une recherche, un besoin d'universalité, peut être. [...]

Si je veux l'égalité, est ce que je veux que tout le monde soit comme moi ( égoïsme/ A mon image) ou je veux être comme tout le monde ( je cherche un modèle/ je ne sais pas qui je suis, " je ne me suis pas encore fabriquer d'image"?) ? Au fond, bien entendu, pourquoi je serai comme les autres et pourquoi je seraient ils comme moi ?

L'universalité
ne me semble pas possible, dès lors.
Mais pourtant, tu en éprouves le besoin. D'où vient-il ? ... Tu parlais d'idéalisme, dans le premier post. Est-ce cela ? ... Dans l'idéal, le monde est beau-il est gentil ; dans le réel, il est épars-divers.
cependant, il semblerait que l'ont aient tous un point commun, c'est que l'on décide pas de naître.  Et si je dis : nous sommes égaux dans l'être, le naître, le non choix, le non contrôle, est ce une illusion ?
Conceptuellement, peut-être pas : le concept de naissance semble pur & parfait. Pouvant l'appliquer à toutes les naissances, je me dis 1 naissance = 1 naissance, sur la base de l'identité pure & parfaite du concept de naissance. C'est par cette identité, que je peux écrire "=", c'est-à-dire inventer l'égalité. Mais naturellement, c'est une invention conceptuelle que j'introduis idéalement dans les choses. Donc, avant que cette égalité soit dans les choses que je fais égales, l'égalité est dans ma tête. Disons qu'elle existe (l'égalité) en tant que concept bien pratique, et pour le moins technique, afin d'y entendre goutte aux choses. Néanmoins, ne forcé-je pas les choses, à les techniciser-praticiser ainsi ? ... Auquel cas, notoirement, ne forcé-je pas les hommes ? ... Or c'est précisément sur la base de ce pressentiment que je les force, qu'il semble falloir introduire la liberté alors. Voir aussi.

L'universalité est alors, comme je la définissais, est "propension à se croire valable, utile, serviable, nécessaire, à tous, tel quel." Or, cela est un forcing ressortant de l'égalité. (Reste que l'universalisme n'est pas que cela, si seulement il procède de l'hospitalité - ce qui ne s'est jamais historiquement présenté ainsi, quoi que je me définisse universaliste en ce sens hospitalier, personnellement, par civisme. C'est toute la différence entre une pensée spéculative et une pensée pratique.)
Le rôle de la société n'est il pas alors ( pour que les êtres fonctionnent ensemble) de rendre l'inégalité tolérable : parle ton de dignité ?
Je ne sais pas si c'est son rôle, mais certainement, une société qui rend l'inégalité intolérable est au bord de la guerre civile. Le Léviathan ne remplit plus sa mission ; néanmoins la référence au Léviathan impliquerait alors des médiations capables de remédiations, dans l'ordre social. Il faut de la patience. Reste enfin, que si ces remédiations n'adviennent jamais du fait de médiations absconses, voire absentes, que reste-t-il sinon l'insurrection ? ... En tout cas c'est ainsi qu'historiquement cela marche.
CONCLUSION:
( peut être me suis je perdu ou suis je un serpent qui se mort la queue? ...un homme naïf ? )
Est-on naïf, de réfléchir honnêtement ? *Colère* ... Mais, si tu te sens potentiellement naïf, c'est qu'en fait tu as été honnête, et peut-être aussi que tu te laissas aller à des variations transgressives, des pensées divagatoires pourtant utiles, une rêvasserie intellectuelle, comme cela te venait. Fatalement, cela a ses faiblesses raisonnementales, mais c'est un brainstorming pratique, au plan réflexif.
L'égalité  est donc un symbole ( fort), un don ( quelque chose que l'on donne), peut être même un acte d'amour.

Comme nous l'avons dit, elle ne doit pas être universelle, dans le sens, d'obligé, d'obligation. Elle est d'une certaine manière, l'égalité, la liberté de rétablir un équilibre.
Au fond, c'est s'asseoir à table avec quelqu'un , et oublier , s'oublier pour être avec l'autre. En général on ressent ça quand on est avec ami. Nos différences, inégalités ne comptent plus, on mange la même chose.
En disant en ça , bien entendu, on peut penser à celui qui partage son pain.
Je pense que tu parles d'hospitalité, de convivialité, de fraternité. Le compagnon, c'est le cum-panes (avec le pain, celui avec qui on partage le pain). Me vient en tête l'Auvergnat, de Georges Brassens. Et je me dis que si tu te sentais naïf, aussi, dans tes réflexions, c'est que notre époque prend cela pour de la nullité, alors que c'est la sommité de l'existence, qu'une telle amitié : tous les Antiques l'encensaient.
Dire que tout le monde à le droit à du pain, ce n'est pas dire que tout le monde devra avoir la même part. Chacun sa part, à chacun de faire sa part. Si demain je n'ai pas assez , de pain, peut être que quelqu'un rétablira l'équilibre, ou non. C'est un peu la vie en société. Si nous concourrons tous vers le même but, si nous œuvrons pour que l'autre ait plus ou moins que nous mais assez, nous contribuons à maintenir cette équilibre qui fera qu'ensemble, nous fonctionnons. Si je puise toute l'eau d'un puits pour moi, il est évident que les autres n'auront pas pour accomplir le nécessaire qui me demande de boire toute cette eau...
Oui, dans une société digne de ce nom. Néanmoins, en français nous avons un autre mot qu'égalité, pour traiter de ce dont tu parles : équité. C'est plus délicat en d'autres langues, et même en français équité confère encore beaucoup trop à équivalence. Néanmoins, tu parles d'un principe de justice économique logique. Cette équité, donc, qui est pratique hospitalière, conviviale, fraternelle, de bonne compagnie, donc de franche société.

Mais enfin, dans ta conclusion, ta pensée s'emballe, et mélange un peu tout justement parce que tu recherches - quoi ? - le bon sentiment.

Bref, continuons diversement sur ton mélange :
Aussi, je me disais, qu'est ce qu'un génie, le génie ? Un génie sera incompris, fou, trop différent, écarté, ignoré ( par la force des choses puisqu'on ne le comprend pas) s'il n'arrive pas à se faire comprendre des autres. Le génie c'est donc savoir se mettre au niveau des autres (pour leur donner quelque chose). Le pourquoi ( le but) dépendra de chacun mais on comprend bien qu'on fait l'apologie du génie, du supérieur ( en terme de performance), de l'inégalité, de la starification mais tout ça, pour se retrouver au même niveau. Parce que quand on voit un athlète réaliser l'impossible, il le rend , possible, saisit, compris, partagé. On se dit : je ne pourrais jamais courir aussi vite que lui, mais l'être humain peut le faire. Or, je me dis à ce moment, moi aussi, je suis un être humain.
Peut-être, mais il faut bien comprendre que la prouesse athlétique est de l'ordre du sensationnel-sensoriel ; de l'ordre du visible. La prouesse géniale, elle, est de l'ordre du sensitif-significatif ; de l'ordre de l'invisible. De plus, l'athlète (ou l'artiste factif, ou le fabricant, ou l'ingénieur, etc.) a besoin d'entraînement et de matériel ; le génie (ou l'artiste scriptural, ou le penseur, ou le professeur, etc.) a besoin de concentration et de connaissance. Les premiers, encore une fois, se laissent percevoir, contrairement aux seconds.

Or, comme les seconds ne se laissent pas percevoir, l'imbécillité spontanée juge que le génie (etc.) n'a rien fait, ce qui est parfaitement débile. Mais, comme la plupart des gens n’œuvrent pas dans l'esprit, le monde commun décrète que le génie (etc.) est invalide, tandis que l'athlète seul (etc.) le serait - valide. Cela est d'une ignare malhonnêteté indescriptible, fatalement cruelle et injuste pour le génie (etc.).

Pourtant, le génie (etc.) vit quotidiennement comme chacun : il a besoin de reconnaissance et de relation, mais son domaine l'écarte des perceptions courantes. A partir de là, on aura beau jeu de le dire inaccessible ! la vérité, c'est qu'il est aussi inaccessible que le record de saut à la perche - donc accessible pour les personnes aptes avant tout. C'est ainsi. Ne confonds pas le spectacle (de l'athlète, etc.) avec le recueillement (du génie, etc.). Mais ce problème est vieux comme la philosophie, entre vita activa et vita contemplativa.
Le langage une chose non naturelle, inventé par l'homme, mais qui est devenu une seconde nature, nous rappelle que dans la première chose que l'on désire, par la communication, c'est être compris les uns des autres, se comprendre, partager ces mots, ce langage , trouver de l'égalité à certain moment , s'en servir pour que chacun puisse s'exprimer , donc être avec les autres. Il y aura bien des Shakespeare, et heureusement. Il nous montreront une beauté que nous n'avons pas vu, qui est possible.  Le recours( ponctuel) à l'égalité, c'est s'assurer que chacun puisse accomplir cet impossible, le rendre possible, parce que sans les autres, rien est possible. Même les pires tortionnaires, ont besoin des autres pour les exploiter. Dans ce cas là, ils les mettent sur un pied d'égalité. Ils sont tous exploitables... L'égalité c'est un peu donc, ce que l'on en fait.
L'égalité serait d'arriver à un moment et de constater que j'ai besoin de l'autre , que l'autre a besoin de moi et c'est pour cela qu'on se rappelle mutuellement. J'ai bien dit "mutuellement". Il ne s'agit  pas d'un "plus grand" qui a pitié d'un " plus petit". C'est justement se dire à un moment donné, que l'on a pas besoin d'être plus grand, ou plus petit. On a simplement besoin d'être.
Enfin, prenons la déclaration universelle des droits de l'homme. Elle nous dit que nous sommes tous égaux en droits par exemple, mais on vient bien dans la réalité que ce n'est pas le cas. Et si ce n'était qu'un rappel pour nous dire que nous avons le droit d'être égaux par moments et que si les hommes en sont venus à devoir le rappeler, c'est que l'oublier nous conduit à de trop grandes injustices.
Il y a de la cruauté dans ce monde, elle a participé à sa construction, mais le monde , la vie ne se sont pas fait seulement selon la cruauté et l'inégalité. Il a fallu à un moment que l'homme raisonne, avec son cœur, pour que la vie suive son court.
Tout cela est hospitalier, convivial, fraternel, de bonne compagnie et de franche société, si l'on peut dire (je relativise, à cause de l'exemple du tortionnaire évidemment). Néanmoins (avec l'exemple du tortionnaire) dire de l'égalité qu'elle est ce qu'on en fait, c'est bien comprendre que l'égalité n'est pas ... égale ! ... jamais égale à elle-même ... donc est-elle seulement, en dehors du concept ?
je relis ça :
Malcom a écrit:Tu veux surtout dire que tu l'inventes, l'égalité, en agissant comme tel (égalitairement).
et ouais...si j'avais mieux lu....et relu....qu'est ce qu'on peut être entêté des fois ... *Choc*
C'était donc que tu étais dans une variation transgressive, des pensées divagatoires pourtant utiles, une rêvasserie intellectuelle, comme cela te venait. Fatalement, cela a ses faiblesses raisonnementales, mais c'est un brainstorming pratique, au plan réflexif.
bigone a écrit:( on va pas faire 500 pages sur le sujet...)
Complétement débile ! chacun écrit le nombre de lignes qui lui parait nécessaire... qu'est ce qu'on peut être ....***des fois...  *Choc*
*Lol* *Héhéhey*
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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Kenshin le Mer 28 Fév 2018 - 14:35

ouch ! tu ressors un vieux post ...je pense avoir beaucoup évolué depuis...mais bon...oui ! je répondrai à ça plus tard. merci quand même d'avoir pris le temps de commenter ça. la j'essaie de terminer mon post sur les idées (je vais me lancer même si je sais que c'est pas abouti...ca rappellera peut être ce post! :-) ) et je reviendrai sur ce thème.

A bientôt!

kenshin

ps: merci pour l'avatar admin !
ps: tu résumes bien les choses, je pensais a haute voix en écrivant, sans avoir vraiment pris le temps de construire une réflexion...

***

Mal' a écrit:Kenshin a écrit:Il y a certainement chez moi une recherche, un besoin d'universalité, peut être. [...]

Si je veux l'égalité, est ce que je veux que tout le monde soit comme moi ( égoïsme/ A mon image) ou je veux être comme tout le monde ( je cherche un modèle/ je ne sais pas qui je suis, " je ne me suis pas encore fabriquer d'image"?) ? Au fond, bien entendu, pourquoi je serai comme les autres et pourquoi je seraient ils comme moi ?

L'universalité ne me semble pas possible, dès lors.

Mais pourtant, tu en éprouves le besoin. D'où vient-il ? ... Tu parlais d'idéalisme, dans le premier post. Est-ce cela ? ... Dans l'idéal, le monde est beau-il est gentil ; dans le réel, il est épars-divers.

Difficile à dire, mais je pense que ça vient d’une croyance. Ca m’a l’air d’être une question très complexe.  Ca me rappelle un lien dans un post renvoyant à un article de psychologie qui expliquait que comme le cerveau avait beaucoup trop de choses à gérer, les croyances étaient nécessaires pour assurer une forme de stabilité.
Tout ce que j’ai envie de dire c’est que ça simplifie les choses. Si cette hypothèse est vraie alors,  plus le monde deviendra complexe, plus on pourrait éprouver ce besoin.

Mal' a écrit:c'est une invention conceptuelle que j'introduis idéalement dans les choses. Donc, avant que cette égalité soit dans les choses que je fais égales, l'égalité est dans ma tête. Disons qu'elle existe (l'égalité) en tant que concept bien pratique, et pour le moins technique, afin d'y entendre goutte aux choses. Néanmoins, ne forcé-je pas les choses, à les techniciser-praticiser ainsi ? ... Auquel cas, notoirement, ne forcé-je pas les hommes ? ... Or c'est précisément sur la base de ce pressentiment que je les force, qu'il semble falloir introduire la liberté alors. Voir aussi.

Donc l’égalité, le concept , pour être un outil ?
Mal' a écrit:Mais enfin, dans ta conclusion, ta pensée s'emballe, et mélange un peu tout justement parce que tu recherches - quoi ? - le bon sentiment.

On en revient à la rêverie, la croyance.  Celle qui peut être est un monde ( celui de l’enfant) mais qui peut-être n’est pas exclusivement celle de l’enfant et peut devenir aussi celle de l’adulte ( le nourrir). Il sera , l'adulte, celui qui la prendra en compte, la pensera sans la juger.
Et c'est vrai que quand on pense au concept d'égalité, on note qu'il est exclusif...égal ou pas égal.

Mal' a écrit:Tout cela est hospitalier, convivial, fraternel, de bonne compagnie et de franche société, si l'on peut dire (je relativise, à cause de l'exemple du tortionnaire évidemment). Néanmoins (avec l'exemple du tortionnaire) dire de l'égalité qu'elle est ce qu'on en fait, c'est bien comprendre que l'égalité n'est pas ... égale ! ... jamais égale à elle-même ... donc est-elle seulement, en dehors du concept ?

Bien dit.

Merci beaucoup d’avoir déterré ce message. J’ai compris encore beaucoup de choses sur le sujet. Ca m’a donné envie de le reprendre mais à la différence suivante : faire l’effort de lire des auteurs. Les comprendre par moi-même ( et non me contenter de reprendre ce que les autres en ont en pensé…). Prendre le temps, quoi !

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Re: Réflexion sur l'in/égalité

Message  Mal' le Dim 11 Mar 2018 - 16:46

Kenshin a écrit:Donc l’égalité, le concept , pour être un outil ?
Tous les concepts, sont des outils de conception. Certains ont même des applications très courantes, tels que le concept-design, le concept-album, le concept-car, etc. Platon à l'appui (1, 2).
Kenshin a écrit:Merci beaucoup d’avoir déterré ce message. J’ai compris encore beaucoup de choses sur le sujet. Ca m’a donné envie de le reprendre mais à la différence suivante : faire l’effort de lire des auteurs. Les comprendre par moi-même ( et non me contenter de reprendre ce que les autres en ont en pensé…). Prendre le temps, quoi !
Un jour, nous discuterons sec dans la partie les Penseurs-mêmes, et ce sera ce qui peut se faire de mieux sur le forum.
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Re: Réflexion sur l'in/égalité

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