Les Deux Sources de la morale et de la religion

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Les Deux Sources de la morale et de la religion

Message  Malcolm le Dim 1 Jan 2017 - 14:34

Je lis actuellement les Deux Sources de la morale et de la religion de Henri Bergson et, pour être franc, j'en suis à peine à la page 90/290 format poche (hors intro préfacière chez GF, qui monte le nombre de pages à 180/380 par là), chapitre 2, la Religion statique ... j'en suis à peine là, que je dois dire à quel point je suis épaté par ce texte.

D'abord, il est écrit avec une plume. Bergson, évidemment. Mais, ensuite, et pour décevant que la réception publique le tint en son temps (1932) jusqu'à aujourd'hui en fait (comme en écho de loin en loin, et en sourdine), je le trouve génial de simplicité. Bergson, évidemment toujours, dans toute sa splendeur.
Au point où j'en suis, en fait, Bergson a grosso modo situé la socialité dans le cadre plus général de son vitalisme relatif (au fond, un pragmatisme développemental ou développementalisme pragmatique, avec centralement l'action/élan vital comme nécessité procédurale, là-maintenant à vivre pour vivre - métaphysique intuitionniste tout à fait concrète, quand on y pense). Vitalisme relatif, donc, par lequel il distingua le fait social, comme fait saisi entre instinct et intelligence (instinct chez la fourmi, par exemple, quasi-dépourvu d'intelligence quoi qu'en manifestant des signes certains ; intelligence chez l'homme, donc, quasi-dépourvue d'instinct quoi qu'en manifestant des signes certains). C'est-à-dire que la liberté procurée par l'intelligence humaine, n'en est pas moins fonctionnellement instinctive - de même que l'astreinte provoquée par l'instinct fourmilier, n'en est pas moins fonctionnellement intelligent (ne jamais oublier l'intuitionnisme métaphysique nécessaire, par quoi les catégories sont poreuses et fluentes, quoi qu'absolues : cela permet de penser vraiment génialement, si on a l'ingéniosité pour le saisir ; oui en fait, Bergson pourrait tenir - sous cet angle - dans la qualité d'ingénieux).

Revenons-en à mes moutons.

Ayant isolé la socialité entre instinct et intelligence, Bergson situe donc génialement/ingénieusement la majorité de nos comportements sociaux, de la moralité à la religiosité, comme des non-contraintes/non-astreintes (à mille lieues de Schopenhauer, voyant la société comme une plaie individuelle, ou même de Nietzsche, voyant la société comme une épreuve ; mais en fait, explicitement, Bergson s'oppose à Kant, dont il ne trouve aucun impératif catégorique dans la vie, en dehors de ces cas d'hésitation que nous retrouvons tous : par quoi Bergson anticipa, en fait, sur les neurosciences, qui nous apprennent aujourd'hui que 90% de nos activités sont réflexes, et que seules 10% mobilisent la conscience - conscience qui, énergétiquement, est énergivore).



A moi, cela m'inspira ce matin au réveil mi-ensommeillé, d'intuition subconsciente, cette pensée que j'aurais bien raison de poser les mœurs, le "fait morel", comporte-mental, au cœur de l'humanité comme caractère. C'est-à-dire que "une mœur", comme comportementation entre instinct & intelligence (Bergson à la rescousse), non seulement se détache mal "d'une autre mœur" dans la vie observable ... mais en plus n'est pas du tout vécue comme morale (tu-dois) ou comme religion (reli(s)ons ! en exhorte-exhaussement-prière enthousiaste à un niveau ou l'autre) alors que de "la moeur" découlent morales et religions, en ce sens que des mœurs-comportementations génésiques, sécréteraient socio-biologiquement et -historiquement (mais toute biologie est prise dans une Histoire ... "évolution" ... ) du fait moral & religieux. C'est un peu "la base" que cette socialité bergsonienne.

Était-ce évident ? ... Pas sûr : rien de moins évident que l'évidence.

Est-ce vrai ? ... A chacun d'en décider, quoi que ça me semble couler de source, réalistement au moins. Où je rejoins sentimentalement le Repteux (il ne me laisse que cela, en effet, du sentimentalisme) avec ses petits pas, etc. voyez-vous, par-devers ses potentielles fadaises ou son lynchage médiatique.
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Malcolm
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Re: Les Deux Sources de la morale et de la religion

Message  Avis' le Ven 10 Mar 2017 - 12:25

Je n'ai pas lu Bergson.
Mais ce qu'il dit est loin d'être idiot lorsqu'il parle de l'articulation instinct-intelligence.
Partons d'une autre prémisse :
L'homme est le prédateur suprême (instinct, pulsion). En tant que tel, il est aussi susceptible d'être "prédaté" par ses semblables. Donc il doit s'en protéger. D'où le contrat social (morale, religion, code civil, pénal, du commerce etc)
(intelligence).
Ainsi s'expliquent le plus simplement du monde les "sources de la morale et de la religion".
Et bien d'autres choses...

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Re: Les Deux Sources de la morale et de la religion

Message  Malcolm le Ven 10 Mar 2017 - 12:35

Avistodénas a écrit:Je n'ai pas lu Bergson.
Mais ce qu'il dit est loin d'être idiot lorsqu'il parle de l'articulation instinct-intelligence.
Partons d'une autre prémisse :
L'homme est le prédateur suprême (instinct, pulsion). En tant que tel, il est aussi susceptible d'être "prédaté" par ses semblables. Donc il doit s'en protéger. D'où le contrat social (morale, religion, code civil, pénal, du commerce etc)
(intelligence).
Ainsi s'expliquent le plus simplement du monde les "sources de la morale et de la religion".
Et bien d'autres choses...
Ce qui me fait penser à ceci : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1493-qu-est-ce-que-le-sujet
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Re: Les Deux Sources de la morale et de la religion

Message  Avis' le Ven 10 Mar 2017 - 13:41

Super !

Je suis donc pragmatique, à défaut de pouvoir être transcendantal avec les conditions de possibilité. Et alors j'assume que , puisque l'homme finit toujours par trouver plus fort ou plus malin que lui-même, il est tenu (comme ligaturé) par la nécessité de trouver tous les moyens appropriés de sa sauvegarde. Question de vie ou de mort. Donc, et c'est le commencement de sa ruse, il passe des contrats, d'abord tacites, puis écrits, qui prennent tout autrui à témoin.
MAIS ! Sitôt que se dégage une possibilité d'impunité, il redevient aussi sec le super-prédateur qu'il n'a en réalité jamais cessé d'être. Donc, l'homme est un voyou, qui craint la répression. C'est sa nature profonde. Sur le fonds de cette nature profonde, le culturel est une tentative, toujours échouée, toujours renouvelée car il n'existe pas d'autre moyen hormis le lavage de cerveau ou la castration, de le remodeler selon un schéma pacificateur, qui marche la plupart du temps, sauf à privilégier les malfaisants qui eux, ne se tiennent absolument pas pour liés par ces conventions et qui gâchent la vie de leurs contemporains. D'où l'importance radicale que revêt la répression.

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Re: Les Deux Sources de la morale et de la religion

Message  Malcolm le Ven 10 Mar 2017 - 18:00

Si l'on veut.
Sur la question de l'annulation de l'agressivité, je conseille l'excellente série Firefly (SF western), avec son film final.
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Re: Les Deux Sources de la morale et de la religion

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