Roland Barthes : Le mythe

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Roland Barthes : Le mythe

Message  Kal' le Mar 10 Jan 2017 - 20:36

Le mythe selon Roland Barthes.

Le mythe est un message idéologique, qui, par le biais du discours, conforte une opinion. Ainsi, il est un système de communication. Le mythe n'est pas simplement une idée, c'est une signification, une unité significative. Le mythe est donc une parole ; toute chose, qui transmet une parole (c'est-à-dire un message), peut être mythe. Ce n'est toutefois pas la chose qui indique que son message est un mythe ; c'est le message lui-même par la forme qu'il adopte.

Par exemple :

Un fer à repasser est un fer à repasser. Si je demande à un célébrité de vanter mon fer à repasser, alors le fer à repasser véhicule un message tout à fait différent. Il est désormais associer à une figure de célébrité, donc de prospérité et d'efficacité.

La parole qui véhicule un message est protéiforme, et n'est pas seulement orale. Cela englobe tout ce qui transmet une unité significative. Cette unité est décryptée par le sémiologue.

La forme du mythe, relevée par le sémiologue, s'articule comme suit :

La langue, pour donner naissance à un signe, doit associer un signifiant et un signifié. Ce signe, produit par la langue, devient, dans le métalangage du mythe, la source d'un nouveau signifiant (forme) qui est associé à un signifié (concept).  Le signe qui en résulte véhicule le mythe.

Roland Barthes, Mythologies a écrit:On retrouve dans le mythe le schéma tridimensionnel dont je viens de parler : le signifiant, le signifié et le signe. Mais le mythe est un système particulier en ceci qu'il s'édifie à partir d'une chaîne sémiologique qui existe avant lui : c'est un système sémiologique second. Ce qui est signe (c'est-à-dire total associatif d'un concept et d'une image) dans le premier système, devient simple signifiant dans le second. Il faut ici rappeler que les matières de la parole mythique (langue proprement dite, photographie, peinture, affiche, rite, objet, etc.), pour différentes qu'elles soient au départ, et dès lors qu'elles sont saisies par le mythe, se ramènent à une pure fonction signifiante : le mythe ne voit en elles qu'une même matière première ; leur unité, c'est qu'elles sont réduites toutes au simple statut de langage. Qu'il s'agisse de graphie littérale ou de graphie picturale, le mythe ne veut voir là qu'un total de signes, qu'un signe global, le terme final d'une première chaîne sémiologique. Et c'est précisément ce terme final qui va devenir premier terme ou terme partiel du système agrandi qu'il édifie. Tout se passe comme si le mythe décalait d'un cran le système formel des premières significations.




Dernière édition par Kalos le Mar 10 Jan 2017 - 23:53, édité 2 fois
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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Crosswind le Mar 10 Jan 2017 - 21:30

Fort nébuleux, pour ma part !

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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Kal' le Mar 10 Jan 2017 - 21:38

Dis moi où ça cloche, pour que je puisse préciser.
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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Crosswind le Mar 10 Jan 2017 - 21:46

Un exemple concret illustrant l'ensemble du tableau serait salutaire, pour ma compréhension. Après, ce n'est pas mon domaine, j'ai quelques lacunes en la matière !

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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Kal' le Mar 10 Jan 2017 - 21:51

Roland Barthes, Mythologies a écrit:Il est temps de donner un ou deux exemples de parole mythique. J'emprunterai le premier à une remarque de Valéry : je suis élève de cinquième dans un lycée français ; j'ouvre ma grammaire latine, et j'y lis une phrase, empruntée à Esope ou à Phèdre : quia ego nominor leo. Je m'arrête et je réfléchis : il y a une ambiguïté dans cette proposition. D'une part, les mots y ont bien un sens simple : car moi je m'appelle lion. Et d'autre part, la phrase est là manifestement pour me signifier autre chose : dans la mesure où elle s'adresse à moi, élève de cinquième, elle me dit clairement : je suis un exemple de grammaire destiné à illustrer la règle d'accord de l'attribut. Je suis même obligé de reconnaître que la phrase ne me signifie nullement son sens, elle cherche fort peu à me parler du lion et de la façon dont il se nomme ; sa signification véritable et dernière, c'est de s'imposer à moi comme présence d'un certain accord de l'attribut. Je conclus que je suis devant un système sémiologique particulier, agrandi, puisqu'il est extensif à la langue : il y a bien un signifiant, mais ce signifiant est lui-même formé par un total de signes, il est à lui seul un premier système sémiologique (je m'appelle lion). Pour le reste, le schème formel se déroule correctement : il y a un signifié (je suis un exemple de grammaire) et il y a une signification globale, qui n'est rien d'autre que la corrélation du signifiant et du signifié ; car ni la dénomination du lion, ni l'exemple de grammaire ne me sont donnés séparément.
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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Crosswind le Mar 10 Jan 2017 - 21:57

Impeccable !

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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Crosswind le Mer 11 Jan 2017 - 17:06

J'ai une première question. Quelle différence doit-on constater entre le mythe défini selon R. Barthes et la distinction, au sein du signifié, entre dénotation/connotation ? La dénotation, d'une certaine manière arbitraire, vise à montrer objectivement que le mot cheval, ou le son cheval, ou la palpation braille "cheval" vise un objet caractéristique du monde. La connotation introduit quant à elle le contexte, elle autorise dans la théorie une sémantique multiple. Le mot cheval, etc., peut renvoyer vers autre chose qu'un cheval pris dans son acception la plus courante.

Donc je ne vois pas la valeur ajoutée à l'ensemble proposé, le mythe.


Dernière édition par Crosswind le Mer 11 Jan 2017 - 21:13, édité 1 fois

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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Kal' le Mer 11 Jan 2017 - 17:24

D'après ce que j'ai pu comprendre, Roland Barthes évoque la dénotation et la connotation dans son essai S/Z, mais je ne l'ai pas lu. J'ai fait des recherches et il s'avère, apparemment, que Barthes entend le métalangage du mythe comme un synonyme de la connotation.
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Re: Roland Barthes : Le mythe

Message  Crosswind le Mer 11 Jan 2017 - 17:31

Kalos a écrit:D'après ce que j'ai pu comprendre, Roland Barthes évoque la dénotation et la connotation dans son essai S/Z, mais je ne l'ai pas lu. J'ai fait des recherches et il s'avère, apparemment, que Barthes entend le métalangage du mythe comme un synonyme de la connotation.

Ce qui me semblerait des plus logique.

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Re: Roland Barthes : Le mythe

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