La vie et son processus

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VIVRE EST CE DESIRER DE VIVRE

Message  Invité le Mer 16 Déc 2015 - 18:10

Vivre, est-ce désirer de vivre ? Tel est la question. La vie est l'ensemble des phénomènes qui maintiennent l’activité des organismes jusqu’à leur mort. Tous les êtres humains naissent avec ce même devoirs ; le droit à la vie. Tout les personnes désirent de vivre sinon pourquoi craindre la mort. Pourquoi travaillons nous pour pouvoir survivre, pour avoir du confort, … Pourquoi nous essayons de trouver tous les remède possible pour prolonger de vivre, mais certaine personnes en mettent fin. La vie est-elle un désir pour tout le monde ?
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Re: La vie et son processus

Message  Kal' le Mer 16 Déc 2015 - 19:01

Votre réflexion, bien d'autres l'ont eue avant vous. Tel Arthur Schopenhauer nous disant que tous les êtres sont animés par le Vouloir-vivre, principe irrationnel et universel. Ce Vouloir-vivre se manifestant également dans les objets inanimés en tant que Volonté pure d'auto-persistance dans l'être. La vie est un désir pour tout le monde, ou plutôt presque, car le sage peut faire en sorte que le Vouloir-vivre se contredise : il désire ne plus désirer. La vie étant essentiellement composée d'insatiables désirs, source de toutes souffrances, la négation de la Volonté de vivre semble être le seul salut. De la vient la sagesse du bouddhisme, et, dans une moindre mesure, du christianisme.

Pour répondre à votre question -d'un point-de-vue schopenhauérien-, oui, la plupart des gens veulent vivre et cela sans savoir pourquoi. Pourquoi désirons-nous vivre ? La Volonté, principe irrationnel qui n'est donc pas sous le joug du principe de raison (c'est-à-dire "agissant" sans cause ni objectif), n'a nullement besoin de motifs, elle est absurde.
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Re: La vie et son processus

Message  Invité le Jeu 17 Déc 2015 - 10:13

Aurait il d'autre philosophes qui pensent que la vie n'est pas un désir ? Pensez vous que certaines personne ne désir aucune vie ?
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Re: La vie et son processus

Message  Kal' le Jeu 17 Déc 2015 - 18:11

Attention, Arthur Schopenhauer ne pense pas que la vie n'est pas un désir, mais, objectivement, il pense qu'elle n'est plus à désirer. La négation de la vie est un sujet qui a été abordé par un grand nombre de philosophes, à commencer par les plus célèbres tels que Jésus-Christ ou encore Bouddha. Mais il y en aussi qui ont prôné l'ascétisme sous différentes formes : Socrate, Platon, Eckhart et beaucoup de philosophes scolastiques ou extrême-orientaux. Pour votre seconde question, pourriez-vous être plus précis ?
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Re: La vie et son processus

Message  Anormal le Jeu 17 Déc 2015 - 23:18


Je me demande s'il ne faut pas tout simplement reformuler la question en : " sommes-nous des Êtres de désirs ?" (autrement dit: de simples véhicules à gènes ?)

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La vie et son processus

Message  Kal' le Lun 16 Jan 2017 - 23:26

Avec le processus de la vie tout un système complètement absurde et illogique s'enclenche : c'est le décompte à rebours de notre mort. Cette mort, que personne n'a voulu, attire et accapare toute l'attention, on en a fait le problème central de l'existence : « pourquoi meurt-on ? » est devenue la question enfantine terriblement lourde de responsabilités.

Cioran, très justement, a changé notre regard sur l'affaire : avec lui, l'inconvénient de l'existence n'est pas en avant, mais en arrière : c'est la naissance. La naissance constitue le soubassement du processus vital, processus qui tire les possibilités de la virtualité de la non-existence pour les incarner ; le processus de la vie emprisonne les possibilités dans la prison de l'être. L'être est intimement lié au temps, car le temps est le principe de décomposition du processus vital ; c'est son pire ennemi, car le maintien dans le temps suppose nécessairement une puissance ; cette puissance, c'est le Vouloir, le comburant, et le temps inenvisageable sans l'espace est le combustible. Les êtres qui échappent, avec beaucoup de chance, à la connaissance de soi, constituent les êtres possibles ; car même s'ils sont incarnés, leurs traits ne leur donne pas un caractère spécifique le permettant d'y attribuer une identité : ils ne sont pas prisonniers. Ce n'est pas le cas de l'homme, comme vous l'avez compris, qui dispose d'une conscience, qui est le seul pont à ma connaissance qui joint le Vouloir et le temps. Sur cet entortillement des formes a priori de la connaissance, je ne m'aventure pas ; je me contenterai de dire que le temps et l'espace sont un Vouloir qui ne dispose pas du connaître : ils veulent seulement et c'est pour ça qu'ils sont (l'un ne se distingue pas de l'autre). Les animaux, les êtres possibles, forment un groupe à part dans la disposition du Vouloir : car ils sont un Vouloir qui veut et qui prend conscience du Vouloir en tant que Volonté pure (espace-temps) ; ils n'opèrent toutefois pas de réflexion dans cette conscience, ils ne peuvent saisir la contradiction inhérente du « toujours Vouloir ».

Pour en revenir au processus de la vie, je peux dire qu'étant donné qu'il est soumis à la décomposition temporelle (le Vouloir s'absorbe lui-même, peut-être une énième conséquence du principe d'individuation, une des plus sommaires) il ne peut que filer droit au désastre individuel (la mort) ou collectif (disparition des abstractions). C'est pour cela que je m'étonne toujours quant à la capacité qu'ont certain à apprécier la catastrophe intrinsèque enclenchée par la naissance ; je les imagine souvent comme des menteurs ou des gens de peu de lucidité voire des simples d'esprit – seuls les idiots peuvent jouir du désastre, précisément parce qu'ils ne savent pas qu'il aura lieu. D'où l'utilité de l'idée du suicide, cet adjuvant qui nous administre un semblant de quiétude parce qu'illusion du contrôle, ou tout du moins son impression (l'ersatz d'un ersatz !). Mais je continue de penser que le suicide est un geste manifestement optimiste car il exprime une espérance, on ne supprime pas en effet la Volonté par l'acte même qui permet sa perpétuation, c'est-à-dire le cycle de la mort et de la vie (ce qui est le problème de la naissance, tout début provoquant une fin et une fin un début). Bref, c'est un bien drôle et sinistre processus qu'est la vie, une tragi-comédie en somme.

« Rassurez-vous, tout va mal », vraiment ?


Dernière édition par Kalos le Ven 31 Mar 2017 - 19:55, édité 1 fois
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Re: La vie et son processus

Message  Malcolm le Jeu 19 Jan 2017 - 0:24

Outre que c'est un texte très bien écrit, il succombe et veut faire succomber, précisément, aux "charmes de l'entropie", esthétiquement. C'est bel et bien à une esthesis de la décomposition/déliquescence, à laquelle on a affaire là, et c'est pour moi d'ailleurs un grand plaisir - et une potentielle fascination, notamment sur le jouvenceau que je fus - qu'il y a à lire Cioran. Mais encore ! c'est un plaisir que je lui suppute-même, sans quoi il y aurait renoncé ...

Toutefois, il faut aussitôt ajouter que cette centration sur la naissance n'est pas le fait princeps de Cioran. Pour ce, je citerai premièrmeent la sagesse tragique de Nietzsche, elle-même inspirée d'une anecdote mythologique relatée dans les Origines de la tragédie à partir de l'esprit de la musique : le roi de Macédoine (il me semble, qu'on me corrige au besoin), va-t-en-guerre, croise le satyre Silène, suivant de Dionysos. Et le général d'armée de demander à Silène ce qu'il vaut mieux pour lui : être en vie, ou être mort. Réponse de Silène : mieux eût valu pour toi que tu ne naquisses point. - Soit donc, la vie nous expose au dilemme du roi-général, par quoi seul il suffirait à en faire une souffrance, s'il n'y avait pas encore les autres maux (dont l'espoir, pour un Grec ancien, mythe de la boîte de Pandore à l'appui).

Mais encore, je pense à Hannah Arendt, à peu près contemporaine de Cioran, faisant de ce fait primordial (la naissance), quelque chose de tout autre : la chance, par-devers la décomposition, que le monde ne s'enferre jamais, et toujours - peut-être sisyphéennement - soit à "re"-faire. Les éducateurs le savent bien (parents, profs, etc.).

Or, j'évoque Sisyphe, et ça me rappelle à Albert Camus, sur la possibilité du suicide. Mais, si cette possibilité soutint probablement Cioran dans sa vie, elle soutint déjà Nietzsche aussi d'ailleurs ... tandis que Camus en fit la résolution non-absurde de l'absurde. - L'absurde, à savoir : l'impossibilité du réel à faire raisonnablement sens de soi. De sorte que la raison, démunie, puisse se réfugier dans des sens, absolus ou non, mais quoi qu'il en soit nécessairement dérisoires, risibles, voire ridicules, en regard de l'absurde. A ce point, le suicide serait une option, s'il ne résolvait pas logiquement la contradiction, par un acte tout aussi dérisoire, risible, voire ridicule, dans sa tentative minable, vaine et pitoyable de résoudre la contradiction donc, par quelque sens absolu à se suicider. Bon.

Etc.

Mais, là est le point *Lol* ... il faut à mon sens retenir avant tout l'esthesis cioranienne, qui est une métaphysique du renoncement devant le radicalement impromissible. Or, sous prétexte qu'un par-delà le décomposé est impromissible, il faudrait cioranement se démettre ? *Lol* ... Soyons sérieux. Cioran a contre lui tous les auteurs cités - en dehors de lui-même, bien entendu *Lol*

Même Cioran, n'a pas renoncé à l'écriture et ses ... promesses !
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Re: La vie et son processus

Message  Kal' le Jeu 19 Jan 2017 - 1:07

Je te rejoins sur presque tout. Mais :

Malcolm a écrit:Or, sous prétexte qu'un par-delà le décomposé est impromissible, il faudrait cioranement se démettre ?

Cioran ne s'est pas démis, inversement je dirai même qu'il s'est accompli (grâce, comme nous l'avons indiqué, à l'idée du suicide, et surtout, comme tu le soulignes, grâce à l'écriture). Il y a quelque chose de plus noble à ne pas s'accomplir, c'est ici que je ne comprends pas cette frénésie de l'accomplissement – surtout à l'aune de Nietzsche : la Volonté de puissance est universelle, c'est donc un instinct « vulgaire » car commun, pourquoi l'encourage-t-il ?

Cioran, De l'inconvénient d'être né a écrit:— Dommage, me disiez-vous, que N. n'ait rien produit.
— Qu'importe! Il existe. S'il avait pondu des livres, s'il avait eu la malchance de se « réaliser », nous ne serions pas en train de parler de lui depuis une heure. L'avantage d'être quelqu'un est plus rare que celui d'œuvrer. Produire est facile; ce qui est difficile, c'est dédaigner de faire usage de ses dons.
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Re: La vie et son processus

Message  Malcolm le Jeu 19 Jan 2017 - 13:25

Je te comprends, et te rejoins, avec quelques nuances terminologiques si tu veux bien : accomplir n'est pas s'accomplir, réaliser n'est pas se réaliser. Je pense que tu saisis la nuance. Je veux dire : si donc il est dans ma nature que d'accomplir/de réaliser (Cioran : l'écriture), OK, mais qu'on ne me dise pas que ça m'a accompli ou réalisé, ça c'est de la foutaise et du bullshit réunis, de ce que je m'associe fantasmatiquement à mon activité, débilement, en m'aliénant dans son (usu)fruit. Bref : c'est un truc d'économiste moderne complètement guedin, sans parler du développement personnel participant de cet économisme. Etc. Refoulement de l'angoisse de castration, narcissisme secondaire, vanité, par excellence.

Au reste :
la Volonté de puissance est universelle, c'est donc un instinct « vulgaire » car commun, pourquoi l'encourage-t-il ?
La réponse est dans la question : elle est universelle, donc porteuse du vil comme du noble.

***

Tiré de ...
J'ai toujours été perplexe devant cette affirmation : "c'est ta vie" car, en effet, nous vivons, sans détenir le vivre en question. Le problème est le même avec l'existence : nous existons, sans détenir l'exister en question. - Une des raisons, entre autres, pour lesquelles le suicide est communément une vengeance contre ces vivre & exister. Nous sommes la vie, nous sommes l'existence ; nous ne les avons pas, pas même notre mère qui en est prétendument "donneuse" ! ... Rien du tout. Ça lui échappe et nous échappe, par tous les bords qu'on prenne ça.
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Re: La vie et son processus

Message  Kal' le Lun 17 Juil 2017 - 20:20

Mal' a écrit:J'ai toujours été perplexe devant cette affirmation : "c'est ta vie" car, en effet, nous vivons, sans détenir le vivre en question. Le problème est le même avec l'existence : nous existons, sans détenir l'exister en question. - Une des raisons, entre autres, pour lesquelles le suicide est communément une vengeance contre ces vivre & exister. Nous sommes la vie, nous sommes l'existence ; nous ne les avons pas, pas même notre mère qui en est prétendument "donneuse" ! ... Rien du tout. Ça lui échappe et nous échappe, par tous les bords qu'on prenne ça.

C'est juste.
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