Entendre le bergsonien

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Entendre le bergsonien

Message  Malcolm le Jeu 19 Jan 2017 - 0:46

Un bref développement sur Bergson.

Vraiment, Bergson semble l'auteur philosophique le plus naïf et le plus simple à lire qui soit. Or, sous un angle, il l'est, à la fois naïf et simple, et le revendiquerait d'ailleurs pour lui-même peut-être s'il ne l'a pas fait, au plan du pragmatisme dans la démarche (W. James, J. Dewey, avec lesquels il entretint des correspondances). C'est-à-dire qu'à un moment donné, il faut arrêter de gloser et de se prendre la tête : le fait est que nous avons à vivre, et que pour vivre nous avons à agir.

Soit donc cet axiome où vivre est agir, qui conditionnera tout le reste. Mais d'abord, vivre est agir, indépendamment de toute réflexion sur la nature du réel, de l'action "comme telle", et a fortiori de sa moralité. A partir de quoi nous avons encore-toujours-déjà [c'est un plaisir d'embloyer cette expression, depuis que Meillassoux l'a attaquée *Lol* ] affaire à un élan vital.

Il ne faut rien voir d'autre dans cet élan qu'une conclusion logique, inhérente à la vie comme action et rien d'autre, pas comme ceux qui voudraient en faire un vitalisme, une magie, et que sais-je. Bergson s'en défend très bien dans les Deux Sources ... - je ne sais plus quel chapitre.

A partir de là s'articulent toutes les notions bergsoniennes, telles que l'instinct comme intelligence engrammatique du vivant ; l'intelligence comme instinct programmatique du vivant ; la science comme bon sens intelligemment méthodique du vivant ; le bon sens comme ingéniosité entre instinct et science ; l'intuition comme saisie instantanée du déploiement intrinsèque des choses ; la métaphysique comme processus par lequel on intuitionne l'intrinsèque, encontre l'extrinsèque auquel tout le monde ne veut plus jamais que se rendre mécaniquement ("les faits, les faits, les faits ; les sciences à la cartésienne, les sciences à la cartésienne, les sciences à la cartésienne ; le droit positif, le droit positif, le droit positif ; etc.") - pour ainsi dire obsessionnellement-compulsivement-sadomasochiquement-morbidement.

Aussi, je répète que Bergson tient un propos naïf - en tant que natif - et simple - en tant que pratique. A la longue, intellectuellement, cela frustre le lecteur appréciant le chiadé (or tout intellect aime chiader, et le chiadé) mais il n'en fallait pas moins que Bergson se manifesta par les temps qui courent, quand bien même sans surprise il fut entendu comme vitaliste-magicien, tant son alternative n'a rien d'obsessionnelle-compulsive-sadomasochique-morbide.

Ceci étant, sur une durée suffisamment longue, toute condensation bergsonienne finit évaporée - "c'est pas faux".
Verdict ou moralité : ne condensez pas Bergson ! un peu de sérieux.


EDIT: emblématiquement sur l'obessionnel-compulsif-sadomasochique-morbide de nos mondes, cette vidéo : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1487p100-presidentielles#31028
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Malcolm
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