Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

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Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Sam 28 Jan 2017 - 22:42

Je pense, de bonne foi, que si nous pouvions calculer très correctement le nombre d'agnostiques en Europe, il dépasserait le nombre de croyants. Je dis comme ça, instinctivement et à la louche, que l'on obtiendrait 60% d'agnostiques pour 40% de croyants, toutes religions confondues. Depuis, environ, le XIIIe siècle, c'est quand même la première fois que le christianisme n'est plus la religion majoritaire en Europe. Vous devez savoir, vous qui êtes lecteurs d'Onfray, que les religions sont étroitement liées aux civilisations, et lorsque la religion d'une civilisation disparaît, cette dernière ne se maintient pas longtemps. Mais loin de moi les thèses conservatrices et réactionnaires.

C'est assez ironique pour le christianisme, qui, statistiquement, n'a jamais connu autant d'adeptes, et qui est, pourtant très tardivement depuis le XIXe siècle, la plus grande religion mondiale. La branche la plus impactée par cet effondrement est le catholicisme. Le protestantisme et l'orthodoxie connaissent encore une certaine vigueur. Je vais tenter d'expliquer pourquoi.

Tout d'abord, le catholicisme a été la religion principale des pays riches et instruits. C'est sa plus grande malchance : il y a une antinomie entre le savoir et l'action ; on ne peut pas être motivé par une religion lorsque l'on sait que tout va contre son sens. Ensuite, les aspects majoritaire et officiel du catholicisme ont été son plus grand fardeau, car une religion mêlée à un État en subit toujours les scandales séculiers. De plus, les gens d'aujourd'hui aiment être minoritaires, ils se confortent dans la minorité pour marquer leur différence, ainsi le côté majoritaire du catholicisme, même dépassé, les repousse. On peut aussi souligner l'avachissement des Occidentaux, qui ne savent plus faire violence contre eux-mêmes : une religion d'essence ascétique comme le christianisme n'attire plus. D'ailleurs, comme principal facteur de déliquescence du catholicisme, nous pouvons précisément imputer cette opulence occidentale, mère de l'hygiénisme et de l'irénisme : s'il n'y a plus de souffrance pour intensifier le besoin métaphysique, la religion ne peut plus contenter.

Pour le protestantisme : son caractère foncièrement démocratique et même simplet, si j'ose dire, accroche encore. Pour l'orthodoxie : la pauvreté matérielle et intellectuelle des pays de l'Est garantissent encore pour un peu de temps sa survie, déjà bien entamée par l'ancienne politique soviétique.

Bref, profitez des clercs. Personnellement, ils me font penser aux vieux loups gris d'Europe qui pullulaient jadis : c'est une espèce en voie d'extinction dont on regretterait presque la disparition, sachant pourtant bien qu'auparavant on ne rêvait que de ça. L'âge moyen des prêtres en France est de 75 ans et leur nombre est en chute libre, nous ne sommes même pas assurés qu'il en restera dans 200 ans.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Janot le Sam 28 Jan 2017 - 23:34

Cher kalos (le beau),

votre analyse concluant à la disparition du christianisme par abus d'ascétisme, et pour ce qui concerne le protestantisme qualifié de "simplet", permettez que je trouve vos analyses un peu courtes, et pour tout dire, mal informées, en fait, pour être cruel, je vous situe à la limite du béotien ; c'est bien le drame des agnostiques et athées de croire assez comprendre aux religions qu'ils combattent pour en justifier l'analyse, voire la décomposition. Onfray, qui a tant lu, n'a rien compris à Freud (je veux dire à sa métapsychologie), et son traité d'athéisme, lu dans un mouvement de désespérance, ne m'a apporté qu'un ensemble de poncifs et lieux communs indignes de lui — mais par la suite, ce qu'il a dit un été sur Jankélévitch était d'un niveau assez bas (en fait, sa philosophie était à peine mentionnée !), preuve que tous les grands hommes peuvent avoir un passage à vide.

Revenons au christianisme : Ce n'est pas l'ascétisme (venu nullement de Jésus, mais de la mouvance essénienne de la première communauté) qui a engendré le déclin de celui-ci, mais l'incapacité viscérale de comprendre les évolutions de mentalité et de pensée, vu du haut de leur hiérarchie vaticane, douillette, importante et déconnectée du réel, drapée dans une puissance à dire, dans la soie et la pourpre, le vrai et le faux, le juste et l'injuste. L'Église catholique vit depuis 1563 (fin du concile de Trente) dans une dogmatique et théologie figée et, hélas, absurde, s'obstinant à lire les évangiles à plat, donc, malgré les lumières des exégètes, à affirmer l'inérrance des évangiles et la littéralité primordiale des récits, et donc des dogmes. Mais l'exégèse internationale a progressé à grands pas, et entendre dans une homélie l'interprétation au premier de gré de  la fin (ajoutée) de l'évangile de Marc ("allez évangéliser le monde entier") est à la fois attristant et signifie que les nouveaux croyants viendront des pays pauvres et peu capables d'exégèse savante, à savoir l'Afrique et l'Asie — pour lesquels, en plus, devenir prêtre catholique est une ascension sociale).

Pour être parfaitement compris, j'ajouterai que cela n'enlève rien à l'évangile de Jésus, ni à la spiritualité, mais à certaines formes à la fois rigides et obtuses dont personne ne regrettera la disparition.

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Sam 28 Jan 2017 - 23:53

janot a écrit:votre analyse concluant à la disparition du christianisme par abus d'ascétisme, et pour ce qui concerne le protestantisme qualifié de "simplet", permettez que je trouve vos analyses un peu courtes, et pour tout dire, mal informées, en fait, pour être cruel, je vous situe à la limite du béotien ; c'est bien le drame des agnostiques et athées de croire assez comprendre aux religions qu'ils combattent pour en justifier l'analyse, voire la décomposition.

Tout d'abord, je n'ai pas dit que c'était l'abus d'ascétisme qui avait enclenché la disparition du christianisme, mais plutôt l'apaisement des souffrances qui a réduit à rien la nécessité des Européens à faire violence contre eux-mêmes, c'est-à-dire à pratiquer l'ascétisme. Deuxièmement, cette tirade explicative n'est en rien une critique des religions. Athéisme ou religion, peu m'importe. Je ne fais pas non plus une analyse psychanalytique du phénomène religieux. Pour ce qui est du caractère simplet du protestantisme, c'était volontairement provocateur : il ne faut pas le nier, le protestantisme est largement moins intellectualisant que le catholicisme. Bien entendu, j'ai fait des raccourcis, mon explication n'est en rien exhaustive et académique.

janot a écrit:Revenons au christianisme : Ce n'est pas l'ascétisme (venu nullement de Jésus, mais de la mouvance essénienne de la première communauté) qui a engendré le déclin de celui-ci, mais l'incapacité viscérale de comprendre les évolutions de mentalité et de pensée, vu du haut de leur hiérarchie vaticane, douillette, importante et déconnectée du réel, drapée dans une puissance à dire, dans la soie et la pourpre, le vrai et le faux, le juste et l'injuste.

Je ne fais pas de théologie ou de critique du dogme, je constatais juste l'extinction du christianisme. Peu m'importe de savoir de qui procède, du Père ou du Fils, le Saint-Esprit, ou de savoir pour ceci ou pour cela ce qui a dépêché la disparition d'une religion : ce n'est pas une étude rétrospective.

janot a écrit:L'Église catholique vit depuis 1563 (fin du concile de Trente) dans une dogmatique et théologie figée et, hélas, absurde, s'obstinant à lire les évangiles à plat, donc, malgré les lumières des exégètes, à affirmer l'inérrance des évangiles et la littéralité primordiale des récits, et donc des dogmes.

C'est naïf. Il est dans l'essence du religion de défendre son dogme, aussi absurde soit-il. Une religion n'est pas qu'une entreprise commerciale. Critiquer l'antimodernisme des élites catholiques, c'est pratiquer une forme de condescendance historique, et c'est aussi ne pas prendre en cause l'ensemble des facteurs qui les ont poussés à ces pratiques, mais, de nouveau : peu m'importe.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  FernandoP le Sam 28 Jan 2017 - 23:54

Je suis tout à fait d'accord avec ton argumentaire.

Ca éveille juste en moi qq réflexions.

Ces calculs pour essayer de déterminer l'importance des croyants de telle ou telle religion me laissent perplexe.

J'ai l'occasion d'échanger régulièrement avec des femmes vivant dans une congrégation, et je suis toujours déçu du manque de hauteur spirituelle de leurs réflexions. C'est vraiment du B.A, BA, "Faites ci, faites ça, Dieu vous le rendra" par exemple. Et je repars souvent avec des images pieuses de saintes, ou de qq Papes récents, ou des chapelets en plastic.

En parallèle, comme je m'intéresse à la question, je suis aussi surpris de certaines personnes se déclarent catholiques sans jamais avoir lu entièrement au moins les évangiles. Ce qui n'est quand mème pas un bouquin énorme.

Par contre, je rencontre aussi des gens qui se considèrent non-croyants, de milieux ouvriers, qui ne vont jamais à la messe, et qui vivent pourtant globalement selon les principes de base du christianisme.

Ces préceptes sont inscris en eux, et ils expriment ça simplement par des phrases comme "ça ne se fait pas".

Une appartenance "posturale" à une religion, contre une piété "corporellement" imprimée.


Dernière édition par FernandoP le Dim 29 Jan 2017 - 0:14, édité 1 fois

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Dim 29 Jan 2017 - 0:00

FernandoP a écrit:En parallèle, comme je m'intéresse à la question, je suis aussi surpris de certaines personnes se déclarent catholiques sans jamais avoir lu entièrement au moins les évangiles. Ce qui n'est quand mème pas un bouquin énorme.

La majorité des chrétiens, de l'Antiquité tardive jusqu'à la Réforme, ne lisaient pas la Bible, parce qu'ils étaient pour la plupart illettrés et que les textes étaient rédigés en latin. Rien de nouveau, quoi.

FernandoP a écrit:Par contre, je rencontre aussi des gens qui se considèrent non-croyants, de milieux ouvriers, qui ne vont jamais à la messe, et qui vivent pourtant globalement selon les principes de base du christianisme.

Oui, principalement parce que le socialisme est une forme de subchristianisme.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  FernandoP le Dim 29 Jan 2017 - 0:37

Kalos a écrit:

La majorité des chrétiens, de l'Antiquité tardive jusqu'à la Réforme, ne lisaient pas la Bible, parce qu'ils étaient pour la plupart illettrés et que les textes étaient rédigés en latin. Rien de nouveau, quoi.

FernandoP a écrit:Par contre, je rencontre aussi des gens qui se considèrent non-croyants, de milieux ouvriers, qui ne vont jamais à la messe, et qui vivent pourtant globalement selon les principes de base du christianisme.

Oui, principalement parce que le socialisme est une forme de subchristianisme.

Il me semblait que ton sujet traitait de l'état du catholicisme aujourd'hui. Les gens savent lire.

Pour le socialisme, tu as raison.

Ma réponse était vraiment sur la validité des chiffres, mais en basculant sur le phénomène d'admiration/concurrence qu'il y a entre les nouvelles générations qui revendiquent certaines traditions et les mettent en scène, sous les regards souvent goguenards d'anciens qui ont été domestiqués sous cette forme..

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Dim 29 Jan 2017 - 0:41

FernandoP a écrit:Il me semblait que ton sujet traitait de l'état du catholicisme aujourd'hui. Les gens savent lire.

Eh bien, exceptions faites, je pense que pour pouvoir préserver une religion, ou du moins pour y croire, il vaut mieux ne pas la comprendre. D'où ma remarque.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Avis' le Dim 29 Jan 2017 - 8:55

Il y a peu encore, les curés bénissaient les tracteurs ! Le catholicisme a bel et bien dénaturé le message de l'Evangile, que les fidèles ne lisent guère d'ailleurs, contrairement aux évangélistes qui s'y réfèrent constamment, mais la crédibilité des sciences porte les derniers coups de boutoir à ce qui n'est plus guère qu'une tradition - et on peut à raison demeurer attaché aux traditions que nous, humanistes patentés, admirons si fort chez les peuplades primitives, mais pas de çà chez nous !
Quel avenir aujourd'hui pour une religion qui bénit les tuiles ! -(à rapprocher du sujet sur la bêtise).

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kercoz le Dim 29 Jan 2017 - 9:01

Kalos a écrit:

Pour le protestantisme : son caractère foncièrement démocratique et même simplet, si j'ose dire, accroche encore. Pour l'orthodoxie : la pauvreté matérielle et intellectuelle des pays de l'Est garantissent encore pour un peu de temps sa survie, déjà bien entamée par l'ancienne politique soviétique.


Le principe déterminant du protestantisme c'est de supprimer l' intermédiaire entre l' individu et le fait religieux.
C'est je crois bien Foucault qui a développé cette thèse en situant cet évènement comme simultané et en corrélation avec l' inversion des concept objet-sujet. Le cours d' A. de Libera reprends et développe cette thèse ( assez dur à suivre, je suis personnellement largué).
On peut, me semble t il , faire une corrélation forte avec l' émergence de l' individualisme. On peut aussi craindre que la religion qui est a mon sens un processus civil squattant le fait religieux ne remplisse plus son office. Cet office étant, en reprenant un rôle pré-existant, de rigidifier les comportements par des rituels. Des études récentes montrent que le rituel est supérieur dans ce domaine aux lois et règlements sur lesquels s'appuie l' occident moderne.

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Malcolm le Dim 29 Jan 2017 - 13:02

Sans rentrer dans les détails, moi, les formes du christianisme, je les trouve psycho-socio-dynamiquement bien vivantes :
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1257-judeite-chretiente-islamite-psychogenese
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1280-le-religieux-comme-ecole-d-ethique-phronetique
Et, si le catholicisme souffre de quelque chose, c'est bien de l'anti-autoritarisme contemporain, par lequel son autoritarisme "ne passe plus" :
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1161-autorite-une-notion-galvaudee
(Passant d'autant moins donc, l'autoritarisme, qu'il se passe dans les termes dits en lien ; or, de tous les monothéismes, le catholicisme est encore celui qui a la plus saine vision de l'autorité. Hérédité romaine oblige, Hannah Arendt et sa Crise de la Culture à l'appui ?)
Le reste est billevesée, et le bon roi Mich'Onfray peut remettre sa culotte à l'endroit.

A partir de quoi, le protestantisme vit de ce qu'il est individualiste dans la relation au dieu ; l'orthodoxie, de ce que l'autorité fonctionne assez bien chez les Slaves toujours, Poutine à l'appui.

Ce n'est pas la religion, qui compte, mais l'autorité qu'elle permet d'affermir.
Or, l'autorité, tu l'aimes ou tu la quittes ! *Lol* et, si tu la quittes, tu te rends au why.


EDIT: mon allusion est délibérément "nauséabonde."

REDIT: un sujet idoine : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t652-disparition-ou-evaporation-du-catholicisme-en-nos-regions
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Dim 29 Jan 2017 - 14:52

Malcolm a écrit:Et, si le catholicisme souffre de quelque chose, c'est bien de l'anti-autoritarisme contemporain, par lequel son autoritarisme "ne passe plus"

Oui, mais justement, pourquoi son autoritarisme ne passe-t-il plus ? Parce que l'autorité qu'elle permettait d'affermir, la monarchie, n'existe plus ? Et d'ailleurs, pourquoi ce régime ne fonctionne plus, alors ?

Mon postulat principal est que le soulagement des souffrances, et de ce fait de la détresse, exclut les peuples de se référer à une autorité et donc à une divinité protectrice. En gros, comme le formulait Hobbes : pour des temps difficiles, un peuple violent nécessite un régime à la mesure. La religion, donc, comme catalyseur.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Janot le Dim 29 Jan 2017 - 14:58

les catholiques ne lisaient pas la bible, même en sachant lire, car le magistère était contre : la bible et son interprétation était affaire de clercs !
Et, des siècles durant, la seule bible autorisée était la Vulgate de St Jérôme en latin ; les quelques autorisations en langue vernaculaire était tirée d'icelle, d'où une série de bêtises : hamartia = erreur, faute : traduit par peccatum -> péché ; berit = diatheke -> testamentum -> testament !! mauvais fruit (que prend Ève) -> malum -> la pomme (malum = mauvais ou : pomme) ; Moïse au visage rayonnant (qrn hébreu, qu'on peut lire : qeren : cornu ou qaran : radieux) -> avec des cornes !
Sait-on qu'encore au début du XXè siècle els séminaristes n'avaient pas le droit de posséder une bible ?

Quand je parlais de la rigidité catholique, je pensais surtout à la lecture littérale entêtée de la bible, quand des générations d'exégètes protestants (et allemands) ont pointé les difficultés et invraisemblances (Isaïe n'a pas pu vivre deux siècles, il y a donc 2 Isaïe ; Jonas est un récit allégorique ou symbolique et non historique, Jésus n'a envoyé personne évangéliser le monde, la finale de Marc est un ajout, chacun le sait ; nazôréen ne veut pas dire "de Nazareth", etc.).

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Princeps le Dim 29 Jan 2017 - 15:02

Kalos, ta formation devrait te prémunir contre ce style de réflexion sans sources. *Lol*.
De ce que je trouve, le nombre de catholiques augmente partout dans le monde. C'est la question de la pratique qui importe - j'ai lu rapidement vos échanges, si c'est fait, parfait, sinon, je vous gronde.

Une source choisi arbitrairement (Kalos, je compte sur toi pour m'en faire grief) : http://www.libertepolitique.com/Convaincre/Dossiers-thematiques/Les-statistiques-de-l-Eglise-catholique-dans-le-monde-2016
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Dim 29 Jan 2017 - 15:11

janot a écrit:Quand je parlais de la rigidité catholique, je pensais surtout à la lecture littérale entêtée de la bible, quand des générations d'exégètes protestants (et allemands) ont pointé les difficultés et invraisemblances (Isaïe n'a pas pu vivre deux siècles, il y a donc 2 Isaïe ; Jonas est un récit allégorique ou symbolique et non historique, Jésus n'a envoyé personne évangéliser le monde, la finale de Marc est un ajout, chacun le sait ; nazôréen ne veut pas dire "de Nazareth", etc.).

Mais ces invraisemblances constituaient le fondement de la croyance. C'était vraiment risqué de critiquer des "invraisemblances" bibliques tout en admettant que Dieu s'était fait homme. Les protestants, ou ceux qui ont le mieux détruit le christianisme. Quelle bêtise d'avoir livré la Bible aux philologues !

Nietzsche, Le Gai Savoir, §358 a écrit:La réforme de Luther était, dans toute son étendue, l'indignation de la simplicité contre la « multiplicité », pour parler avec prudence, un malentendu grossier et honnête auquel on peut beaucoup pardonner. - On ne comprenait pas l'expression d'une Église victorieuse et l'on ne voyait que de la corruption; on se méprit sur le scepticisme distingué, ce luxe de scepticisme et de tolérance que se permet toute puissance victorieuse et sûre d'elle-même. On néglige aujourd'hui de s'apercevoir combien Luther avait la vue courte, combien il était mal doué, superficiel et imprudent, pour toutes les questions cardinales de la puissance, avant tout parce qu'il était homme du peuple, à qui tout l'héritage d'une caste régnante, tout instinct de puissance faisait défaut : en sorte que son œuvre, sa volonté de reconstitution de cette œuvre romaine, sans qu'il le voulût, sans qu'il le sût, ne fut que le commencement d'une œuvre de destruction. Il ébranla, il détruisit, avec une loyale colère, là où la vieille araignée avait tissé sa toile le plus longtemps et avec le plus de soin. Il livra à tout le monde les livres sacrés, de telle sorte qu'ils finirent par tomber entre les mains des philologues, c'est-à-dire des destructeurs de toute croyance qui repose sur des livres. Il détruisit l'idée d'« Eglise » en rejetant la foi en l'inspiration des conciles : car ce n'est qu'à condition que l'esprit inspirateur qui a fondé l'Eglise vive encore en elle, construise encore en elle, continuant à bâtir sa maison, que l'idée d'« Eglise » garde sa force. Il rendit au prêtre le rapport sexuel avec la femme, mais la vénération dont est capable le peuple, et avant tout la femme du peuple, repose aux trois quarts sur la croyance qu'un homme qui est exceptionnel sur ce point sera aussi une exception sur d'autres points,- c'est justement là que la croyance populaire en quelque chose de surhumain dans l'homme, au miracle, au Dieu sauveur dans l'homme, a son man-dataire le plus subtil et le plus insidieux. Luther, après avoir donné la femme au prêtre, a dû prendre à celui-ci la confession auriculaire, c'était psychologiquement logique : mais par là le prêtre chrétien lui-même était en somme supprimé, le prêtre dont ce fut toujours la plus profonde utilité d'être une oreille sacrée, une eau silencieuse, une tombe pour les secrets. « Chacun son propre prêtre » - derrière de pareilles formules et leur astuce paysanne, se cachait, chez Luther, la haine profonde pour « l'homme supérieur » et la domination de l'« homme supérieur », tel que l'a conçu l'Église : - il brisa un idéal qu'il ne sut pas atteindre, tandis qu'il paraissait combattre et détester la dégénérescence de cet idéal.

Princeps a écrit:Kalos, ta formation devrait te prémunir contre ce style de réflexion sans sources.
De ce que je trouve, le nombre de catholiques augmente partout dans le monde. C'est la question de la pratique qui importe - j'ai lu rapidement vos échanges, si c'est fait, parfait, sinon, je vous gronde.

Et, pourtant, j'ai précisé :

C'est assez ironique pour le christianisme, qui, statistiquement, n'a jamais connu autant d'adeptes, et qui est, pourtant très tardivement depuis le XIXe siècle, la plus grande religion mondiale.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Janot le Dim 29 Jan 2017 - 15:25

Dieu qui s'est fait homme, c'est de la théologie, de la foi ; Jésus le juif prédisant la fin du monde imminente ne peut pas, trois pages plus loin, demander d'aller évangéliser la terre pour qu'elle devienne chrétienne !! Ce n'est pas parce qu'on est croyant qu'il faut avaler n'importe quoi !!
Nietzsche n'a pas du tout compris Luther, il le rabaisse parce qu'il ne l'a pas lu, et fait dans le passage cité une sorte de salmigondis psychologique assez pitoyable. Quant à la confession auriculaire, elle n'est pas dans l'évangile, et Luther a raison de la supprimer. D'ailleurs, on sait par Paul et les Actes que les chrétiens devaient confesser leurs fautes publiquement. Là aussi, quel entêtement absurde de la part de l'Église catholique que de dire que le Christ a institué les 7 sacrements !! Ce qui, par parenthèse, a conduit à l'excommunication du grand Alfred Loisy.

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Dim 29 Jan 2017 - 15:30

De nouveau, j'ai l'impression que vous faites une étude rétrospective des racines du christianisme alors que la question n'est pas du tout là. De la sorte, vous essayez de justifier la cohérence du protestantisme, je ne sais pas pourquoi.

Voici : peu importe que cela soit vrai, tant que cela paraît vrai : maxime de l'élégance aristocratique inhérente du catholicisme.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Janot le Dim 29 Jan 2017 - 15:54

peu importe que cela soit vrai, tant que cela paraît vrai
Voilà qui me paraît assez méprisant pour les religions ; mais quelle forte application on peut faire de ces paroles au monde politique !!

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Kal' le Dim 29 Jan 2017 - 16:01

janot a écrit:Voilà qui me paraît assez méprisant pour les religions

En réalité, vous m'avez mal compris, car il n'y a pas de meilleur compliment.
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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Philosophos le Dim 29 Jan 2017 - 18:36

Kalos a écrit:Quelle bêtise d'avoir livré la Bible aux philologues !
C'était inévitable. Mais on n'a pas attendu les philologues pour torpiller la Bible. Les premiers savants à l'avoir attaquée (indirectement) sont les physiciens, ainsi par exemple, la question de l'âge de la Terre a finalement obligé l'Eglise catholique à abandonner la date proposée par la Genèse, et ce, bien avant qu'on connaisse la durée exacte, et hallucinante, de notre planète grâce à la radioactivité.

Avistodénas a écrit:Il y a peu encore, les curés bénissaient les tracteurs !
Ou bien, ce Pape qui excommunia une comète ! *Lol* Je ris, mais dans leur système de pensée, il n'y avait rien de plus logique.

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

Message  Janot le Dim 29 Jan 2017 - 18:42

Kalos a écrit:
janot a écrit:Voilà qui me paraît assez méprisant pour les religions

En réalité, vous m'avez mal compris, car il n'y a pas de meilleur compliment.
C'est dire la fragilité de l'entendement humain, la moindre fiabilité de l'expression sémantique, le néfaste fossé qui sépare les esprits humains et les malentendus qu'engendre la méconnaissance du génie d'autrui !

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Re: Tentative d'explication de la disparition du catholicisme

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