Volonté, représentation et vice versa

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Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Mar 31 Jan 2017 - 22:32

La Volonté est ce principe universel, aveugle, irrationnel et absurde qui se déploie dans une représentation. Celui qui projette la représentation est le sujet connaissant, dont la substance est la Volonté. Le sujet connaissant peut donc se définir comme étant la Volonté prenant connaissance d'elle-même ; la représentation est en cela un miroir qui représente la Volonté.

La Volonté, ou le Vouloir, peu importe, est aussi un principe autoabsorbant, et, en vertu de cela, s'absorbe autant dans la représentation phénoménale que dans sa propre essence. C'est ce qui marque, tout d'abord, son absurdité, c'est-à-dire sa contradiction inhérente : elle se veut elle-même contre elle-même pour elle-même. Elle est irrationnelle, deuxièmement, car la Volonté ne justifie en rien son caractère absolu et infini : n'agissant sans causes ni buts, elle n'est la conséquence d'aucun principe. Cette incapacité à résoudre son irrationalité et son absurdité est, troisièmement, le caractère de son aveuglement. Ces trois prédicats composent donc la Volonté et la définissent pour le mieux.

Une fois cela pris en compte, nous pouvons évoquer la représentation. Les prédicats de la représentation sont : le principe de raison (qui se subdivise en quatre racines, dont la causalité), les formes a priori de la sensibilité et le principium individuationis. Cela implique : 1) que la représentation est rationnelle. 2) qu'elle ne peut être comprise que sous le rapport du temps et de l'espace. 3) qu'il y a division primordiale entre sujet/objet et tous les autres phénomènes de la représentation. – Bien qu'il n'y ait aucune différence au fondement de ces trois principes, qui, à vrai dire, signifient tous la même chose.

En cela, Schopenhauer s'inscrit dans la suite de la philosophie kantienne sur plusieurs points, dont le principal est qu'il existe un noumène aux phénomènes expérientiels – expérience qui prend, ici, le nom de représentation. Ce noumène, cette chose en soi, donc, s'intuitionne seulement mais ne peut pas être appréhendé par la raison. En effet, la raison compute, analyse, conjugue et comprend les relations interphénomènales ; c'est-à-dire les effets en acte et en puissances des rencontres phénoménales ainsi que leurs causes. La science est une discipline rationnelle de surface : les connaissances qu'elles dévoilent sont inconnues à la perception immédiate mais pourtant déjà présentes dans la structure des phénomènes et de leurs relations. La philosophie, quant à elle, est une discipline synthétique : c'est une métaphysique, qui, par-delà les phénomènes, intuitionne la chose en soi en basculant des objets de la représentation au sujet même de la volition. Pour le philosophe, la raison se comprend comme un épiphénomène du Vouloir nécessaire à la survie dans la représentation.

Schopenhauer essaie de nous dire là que tout est affaire d'intuition. L'intuition permet l'appréhension du principe actif le plus immédiatement perceptible dans notre for intérieur : le Vouloir. Ce Vouloir, cette Volonté, s'exprime au travers de l'être vivant sous la forme du vouloir-vivre : un désir absolu de prolongation et de perpétuation de la vie – nourriture, reproduction, etc.

Cette intuition de la Volonté nécessite naturellement une prédisposition très précieuse. Schopenhauer distingue pour ce faire l'intellect (qui est la faculté d'appréhension en quelque sorte) et la Volonté. Il peut arriver cependant que certaines personnes disposent d'un intellect légèrement plus conséquent – mais ne surpassant jamais l'essence du sujet, la Volonté. Ces personnes-là sont des génies, ou, plus généralement, des esthètes, c'est-à-dire ceux qui peuvent avec une aisance plus naturelle accéder à l'intuition de la Volonté au travers de la contemplation artistique ; par la contemplation d'un objet sublime, le sujet supprime la division sujet/objet et devient momentanément un intellect pur débarrassé de tout vouloir. Encore mieux, certaines personnes peuvent passer de la connaissance de la Volonté, à sa conscience : prendre conscience, donc, que la Volonté est absurde, aveugle et irrationnelle ; et que toutes les composantes représentatives se rejoignent en leur essence. Cette intuition intervient lorsque le sujet abolit la division phénoménale par l'amour pur : la compassion, un amour sans vouloir à la différence de l'amour sexuel. Cette personne peut dès alors devenir un ascète : c'est l'ultime contradiction de la Volonté – vouloir ne plus vouloir ! etc.


Dernière édition par Kalos le Ven 31 Mar 2017 - 21:44, édité 3 fois
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Mer 1 Fév 2017 - 5:35

En qualité - ou plutôt défaut - de béotien, car il me manque la plupart des références philosophiques des auteurs qui nourrissent la philosophie, je lis avec attention ton texte sur la volonté, la représentation. Je le trouve assez complexe pour induire un sujet d'incommunicabilité entre qui sait, et ne sait pas, mais de ce que j'en entends, j'ai des motifs d'accord, et de désaccord :
La volonté peut en effet s'avérer irrationnelle en tant que pulsion chez l'homme et on peut considérer que volonté et rationalité n'ont que peu de rapports sinon que l'une conduit à l'autre (je ne développe pas pour ne pas nuire à la clarté du message).
En revanche "La volonté... n'agissant sans cause ni buts..." On ne peut pas dire que la volonté n'est motivée par rien, qu'elle n'a pas de cause. La volonté se trouve au contraire sous la tension permanente du manque. Car le manque est ce qui sous-tend toute manifestation de vie. A commencer par la vie végétale. Le végétal pousse vers la lumière pour sa photosynthèse : il ne peut pas manquer de lumière. Le règne animal ne peut manquer de nourriture. A fortiori chez l'être humain qui se double d'un être pensant : son psychisme, qui suppute, conjecture, présume, prospecte...baigne toujours dans cet état de manque permanent. Même le philosophe le plus éthéré est toujours dans le manque du concept qu'il n'a pas encore. Connaît-on un philosophe tranquille ? Apaisé ? Qui ne soit pas en quête permanente ? Qui se trouve en état d'ataraxie ? L'espace de deux secondes, peut-être... Et encore ! Car le manque persiste derrière le manque comblé et le renouvelle. Sans parler de tous les actes et prospectives qui font le quotidien. La marque originelle de tout vivant, et surtout de la pensée, c'est le manque.
A partir de quoi tout s'explique, il suffit de se poser la question. Pourquoi penser tel ou tel concept ? Parce qu'il manque. Parce qu'il manque ou qu'il manquera toujours quelque chose à sa perfection. Perfection envisagée par le "simple" fait de penser.
On peut situer le manque au bout de chaque fonction vitale:
La vision ? Je n'y vois pas assez. D'où le télescope.
L'ouîe ? Je n'entends pas assez. D'où les appareils de mesure des infrasons.
Le toucher ? Pas assez fin.
Le goût ? La quête du Graal du cuisinier.
Etc...
La pensée, propulsée par le vouloir irrationnel qu'est la pulsion de vie, ne fait qu'exacerber, multiplier le manque.
Je ne sais s'il s'agit là de pure assertorique car les références, procédures et codes me manquent - tiens, encore un manque, comme par hasard - mais tout me manque, y compris dans ma propre spécialité. Et je me demande bien ce que je fais sur terre si ce n'est tenter inlassablement de combler mes manques. La seule chose qui pourrait m'en dissuader, c'est la flemme, ou le découragement.
Excuse-moi, Kalos, de débouler ainsi avec mes grosses rangers dans ton exposé, mais j'avais besoin - qui dit besoin dit manque - de frotter mon vécu à la sapience d'un penseur.

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kercoz le Mer 1 Fév 2017 - 8:31

Avistodénas a écrit:
On peut situer le manque au bout de chaque fonction vitale:

Etc...

"""""Lamartine:
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé."""""

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Mer 1 Fév 2017 - 10:33

Encore un pur plaisir ! Décidément, on me gâte, ici !

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Mer 1 Fév 2017 - 19:28

Avistodénas a écrit:En revanche "La volonté... n'agissant sans cause ni buts..." On ne peut pas dire que la volonté n'est motivée par rien, qu'elle n'a pas de cause. La volonté se trouve au contraire sous la tension permanente du manque. Car le manque est ce qui sous-tend toute manifestation de vie. A commencer par la vie végétale. Le végétal pousse vers la lumière pour sa photosynthèse : il ne peut pas manquer de lumière. Le règne animal ne peut manquer de nourriture. A fortiori chez l'être humain qui se double d'un être pensant : son psychisme, qui suppute, conjecture, présume, prospecte...baigne toujours dans cet état de manque permanent.

Par là j'entendais que la Volonté veut et pas autrement qu'elle ne le fait : le pourquoi ? ne se pose pas : son désir n'est pas motivé si ce n'est par sa propre perpétuation, et étant donné qu'elle est Volonté pure et infinie elle n'a effectivement aucune cause. Il faut bien prendre en compte cette dichotomie non-essentielle entre la Volonté et sa représentation ; la représentation, elle, est rationnelle et intelligible : le sujet prend conscience de son désir ainsi que la motivation de celui-ci mais il ne connaît pas le fondement de cette motivation. C'est ce qui fait que l'homme tend à confondre, lorsqu'on lui parle de la Volonté, ce principe universel avec sa volition subjective (ou la volonté avec une minuscule).
De cette façon, l'homme pense être libre de désirer ce qu'il veut (« je veux une voiture, être riche, bien habillé... »). Schopenhauer met un terme à cette interprétation erronée en expliquant que l'homme veut initialement, avant de savoir ce qu'il veut. La connaissance n'est qu'un rajout accidentel.


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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Malcolm le Mer 1 Fév 2017 - 20:34

Avistodénas, ce topic apparaît dans la partie Philosophes > Schopenhauer. Il s'agit donc de ce que fait Schopenhauer de la graphie volonté et de son accoustique [volõte], en philosophant ; pas de la volonté comme vœu, acte de volition, encore que la volonté schopenhauerienne la surdétermine.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Mer 1 Fév 2017 - 23:46

J'ai beaucoup de mal avec cette Volonté qui ne se représente pas. Comment concevoir une Volonté qui ne se représente pas, non intelligible, qui n'est pas à l'esprit, que l'esprit ne conçoit pas ? Comment concevoir ce qui ne se conçoit pas ?
Qu'est-ce qu'une volonté ou Volonté sans volition, une volonté sans fonction, qui ne fonctionne pas, un afonctionnalisme. Une volonté vide de volonté. J'ai beau retourner cet aphénomène en tous sens, qui ne sort de rien et ne va à rien... Le vide quantique, lui au moins, est plein d'énergie, il se conçoit. La volonté vide serait-elle pleine de quelque chose, qu'on pourrait concevoir ? Mais que je n'arrive pas à concevoir !
De toute évidence, il me manque des clés, quelque chose m'échappe, et qui doit être important. Il est probable que je ne comprendrais pas mieux à lire Schopenhauer puisque vous l'expliquez aussi clairement que possible.
Je crois que je puis accéder au stade de vulgarisation de la philosophie, mais pas à ses théorèmes. Frustration et manque.

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Jeu 2 Fév 2017 - 0:02

La Volonté s'est bien faite représentation par le biais du sujet connaissant. C'est le fondement, le motif de la Volonté qui est inintelligible et qui reste indéfiniment obscur, mais la Volonté dans la représentation, elle, est bel et bien intelligible puisqu'elle s'intuitionne et se raisonne.
Pour ce qui est du reste, c'est un malentendu. La volition est l'expression la plus immédiatement perceptible de la Volonté chez le sujet connaissant ; la volition n'est toutefois pas le résultat d'une libre décision mais prend source dans le principe universel de la Volonté : ce n'est pas je qui veut, mais le veut qui veut indépendamment de moi.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Jeu 2 Fév 2017 - 0:34

Compris *Héhéhey*  ! Enfin, je crois : autrement dit la Volonté (inintelligible) s'est faite homme (qui peut concevoir), comme Dieu (inintelligible) s'est fait homme par son fils (qui peut concevoir) - c'est une image.
Mais alors, puisque je "puis concevoir" un manque primordial, ce manque concernerait la volonté (ou Volonté dans la représentation), et non la Volonté tout court. Correct ?

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Jeu 2 Fév 2017 - 0:46

Attention à ne pas faire un parallèle trop rapproché entre Dieu et la Volonté. Dieu est l'être rationnel par excellence, qui agit selon des motivations et qui suit un dessein en partie cachée à la connaissance des hommes. La Volonté est totalement irrationnelle, et donc, de ce fait, substantiellement incompréhensible. Surtout, elle est aveugle, elle ne se comprend pas elle-même directement.
Oui, il n'y a pas réellement de manque, si ce n'est dans la représentation où le sujet comprend ses désirs comme étant la cause d'un manque. L'emploi du terme Volonté n'est pas une fantaisie, il ne désigne pas autre chose que sa définition : un unique vouloir perpétuel.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Jeu 2 Fév 2017 - 0:59

kalos a écrit:l n'y a pas réellement de manque, si ce n'est dans la représentation où le sujet comprend ses désirs comme étant la cause d'un manque.

Okay okay ! C'est tout à fait çà.
Dieu n'était que le procédé mnémotechnique pour me rappeler, concrétiser.

Ouf ! Tu me sauves de l'auto-flagellation.

Encore une petite seconde : lorsque tu dis "le sujet comprend ses désirs", désirs et volonté ne sont-ils pas très cousins ?

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Jeu 2 Fév 2017 - 1:04

J'utilise désir, volonté et vouloir comme synonymes : ils sont l'expression de la Volonté chez le sujet connaissant.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Jeu 2 Fév 2017 - 1:12

Excellent. Me voilà en paix avec moi-même. Je vais pouvoir dormir. Bonne nuit, et encore merci.

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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Malcolm le Jeu 2 Fév 2017 - 15:30

Avistodénas a écrit:De toute évidence, il me manque des clés, quelque chose m'échappe, et qui doit être important. Il est probable que je ne comprendrais pas mieux à lire Schopenhauer puisque vous l'expliquez aussi clairement que possible..
Je crois que je puis accéder au stade de vulgarisation de la philosophie, mais pas à ses théorèmes. Frustration et manque. [...]
Ouf ! Tu me sauves de l'auto-flagellation.
[...]
Excellent. Me voilà en paix avec moi-même. Je vais pouvoir dormir. Bonne nuit, et encore merci.
Ne te coupe pas non plus les veines pour ça, hein ...
Kalos a écrit:J'utilise désir, volonté et vouloir comme synonymes
Vraie question : est-ce le cas de Schopenhauer ? (ma mémoire flanche)
Kalos a écrit:La volition est l'expression la plus immédiatement perceptible de la Volonté chez le sujet connaissant ; la volition n'est toutefois pas le résultat d'une libre décision mais prend source dans le principe universel de la Volonté : ce n'est pas je qui veut, mais le veut qui veut indépendamment de moi.
Oui, une expérience psychique fondatrice.
La volonté métaphysique chez Schopenhauer, reste une vaste mer, un océan tourmenté, par lequel on sent comme pour soi un influx, une vague, une pression. Ça fait très William Turner.

Au reste :
Kalos a écrit:La Volonté s'est bien faite représentation par le biais du sujet connaissant.
C'est vrai, mais je suis toujours surpris par ce saut d'un principe irrationnel vers un processus rationnel. Dans l'optique schopenhauerienne, la seule explication possible (qu'il ne donne pas, mais que Clément Rosset donne, lui, dans l'Anti-Nature) c'est le hasard pur, métaphysique lui aussi. C'est-à-dire que cette volonté lui est pour ainsi dire identifiable. Et cela me fait encore penser à la contingence chez Quentin Meillassoux : c'est la même chose, et Meillassoux n'invente rien, sang noir ! (mais Meillassoux de fustiger Schopenhauer en six lignes, où il témoigne ne pas l'avoir lu).
Finalement, Schopenhauer dit métaphysiquement ce que disent les sciences : que la vie, et précisément la vie intelligente, et encore plus précisément la vie intelligente humaine, apparut fortuitement dans l'univers. Sous un angle, c'est "un miracle" ; sous un autre "un non-sens". Sinon que les sciences y cherchent des causalités assurément, tenant de la représentation schopenhaurienne, non de sa métaphysique volonté (par quoi elles ont "au moins" le bénéfice de la cohérence).
Le hiatus demeure, au moins jusqu'à nouvel ordre, et je trouve le volontarisme schopenhaurien un tantinet surfait alors, comme tu en critiques Kalos l'extrême-rationalisme paradoxal, sur le fond.
D'ailleurs, j'ai dit ailleurs (où ?) sur Schopenhauer, qu'in fine sa volonté était la représentation de l'irreprésentable (contradiction) : mêmes problèmes qu'avec la notion de néant.

Mais ma critique reste logicienne.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Jeu 2 Fév 2017 - 15:41

Malcolm a écrit:
Kalos a écrit:J'utilise désir, volonté et vouloir comme synonymes
Vraie question : est-ce le cas de Schopenhauer ? (ma mémoire flanche)

Je pense, même si je n'ai pas de passage en tête pour le confirmer.

Malcolm a écrit:Au reste :
Kalos a écrit:La Volonté s'est bien faite représentation par le biais du sujet connaissant.
C'est vrai, mais je suis toujours surpris par ce saut d'un principe irrationnel vers un processus rationnel. Dans l'optique schopenhauerienne, la seule explication possible (qu'il ne donne pas, mais que Clément Rosset donne, lui, dans l'Anti-Nature) c'est le hasard pur, métaphysique lui aussi. C'est-à-dire que cette volonté lui est pour ainsi dire identifiable. Et cela me fait encore penser à la contingence chez Quentin Meillassoux : c'est la même chose, et Meillassoux n'invente rien, sang noir ! (mais Meillassoux de fustiger Schopenhauer en six lignes, où il témoigne ne pas l'avoir lu).

C'est ce que j'ai expliqué précédemment en disant que la question pourquoi ? ne se posait pas : la Volonté ne s'explique pas rationnellement ; en gros, si tu préfères : c'est comme ça, point barre.

Malcolm a écrit:Le hiatus demeure, au moins jusqu'à nouvel ordre, et je trouve le volontarisme schopenhaurien un tantinet surfait alors, comme tu en critiques Kalos l'extrême-rationalisme paradoxal, sur le fond.

Ce n'était pas le volontarisme schopenhauérien que je critiquais, je faisais juste état du sentiment de nausée que me provoquait le trop-plein de rationalisme de la représentation.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Malcolm le Jeu 2 Fév 2017 - 16:14

Ce n'était pas le volontarisme schopenhauérien que je critiquais, je faisais juste état du sentiment de nausée que me provoquait le trop-plein de rationalisme de la représentation.
Oh la boulette, le malentendu (sur la rationalité).
Car à moi, et en tant que Schopenhauer produit le logos de sa volonté, la volonté reste une extrême-raison "des choses" comme irraison, à la Meillassoux (ou plutôt Meillassoux comme à la Schopenhauer). Voir alors.
C'est qu'il faut bien entendre la volonté ! *Lol* - Avistodénas à l'appui.
C'est ce que j'ai expliqué précédemment en disant que la question pourquoi ? ne se posait pas : la Volonté ne s'explique pas rationnellement ; en gros, si tu préfères : c'est comme ça, point barre.
Oui, mais je l'oppose "à Schopenhauer", que tu sembles bien ... vouloir représenter :P ... en précisant donc que ma critique reste logicienne.

Soit donc : Schopenhauer requiert un "saut de l'ange".
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Jeu 2 Fév 2017 - 21:13

Malcolm a écrit:
Kalos a écrit:J'utilise désir, volonté et vouloir comme synonymes
Vraie question : est-ce le cas de Schopenhauer ? (ma mémoire flanche)

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, supplément au second livre, chapitre XIX a écrit:Sont, en effet, des impulsions et des modifications de la volonté, non seulement là volition et la résolution, au sens étroit du terme, mais encore toute aspiration, tout désir, toute répulsion, toute espérance, toute crainte, tout amour, toute haine, bref tout ce qui constitue immédiatement le bonheur ou la souffrance, le plaisir ou la douleur ; tous ces états d’âme sont précisément l’acte de volonté, en tant qu’il agit au dehors.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Malcolm le Jeu 2 Fév 2017 - 21:28

❤

Il y a une intuition psychanalytique là-dedans, insue.
Voire métapsychique.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Kal' le Dim 27 Aoû 2017 - 0:29

Mal' a écrit:❤

Il y a une intuition psychanalytique là-dedans, insue.
Voire métapsychique.

Freud a écrit:Très rares sont sans doute les hommes qui ont aperçu clairement les conséquences considérables du pas que constituerait, pour la science et la vie, l’hypothèse de processus psychiques inconscients. Mais hâtons-nous d’ajouter que ce n’est pas la psychanalyse qui a été la première à faire ce pas. On peut citer comme précurseurs des philosophes de renom, au premier chef le grand penseur Schopenhauer, dont la « volonté » inconsciente peut être considérée comme l’équivalent des pulsions psychiques de la psychanalyse. C’est le même penseur du reste, qui, en des termes d’une vigueur inoubliable, a rappelé aux hommes l’importance encore sous-estimée de leurs aspirations sexuelles.
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Re: Volonté, représentation et vice versa

Message  Avis' le Dim 27 Aoû 2017 - 13:46

On peut citer comme précurseurs des philosophes de renom, au premier chef le grand penseur Schopenhauer, dont la « volonté » inconsciente peut être considérée comme l’équivalent des pulsions psychiques de la psychanalyse.

Kalos a écrit:C'est ce que j'ai expliqué précédemment en disant que la question pourquoi ? ne se posait pas : la Volonté ne s'explique pas rationnellement ; en gros, si tu préfères : c'est comme ça, point barre.

La volonté s'expliquerait donc rationnellement : c'est une pulsion. Quelqu'un disait que la "volonté" Shopenhauerienne ne pouvait s'assimiler à un "vouloir vivre absurde". Il semble bien que oui, pourtant.
Le sexe n'est-il pas absurde ? Et n'est-il pas le moyen qu'a trouvé l'évolution pour perpétuer la vie ? Qui donc serait absurde, elle aussi ?
Vertiges de la problématisation.

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Re: Volonté, représentation et vice versa

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