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Message  Malcolm le Sam 4 Fév 2017 - 21:31

Rapport du National Intelligence Council (NIC) américain à l'horizon 2035 : https://usbeketrica.com/article/2035-ou-le-very-bad-trip-des-services-de-renseignement-americains

Bizarrement, aucun de ces scénarii ne me convainc.
Je ne crois pas le futur fermé.
Surtout la deuxième prospective, complètement délirante de détails : on dirait un roman de mauvaise SF.

Au reste, j'ai une proposition : inscrire l'interdiction de poursuivre des buts lucratifs dans les Droits de l'Homme, quand bien même l'argent resterait facilitateur d'échange ... + inscrire l'interdiction d'adresser/faire subir de la publicité aux mineurs. Quant aux programmes-jeunesse, qu'on leur prescrive une orientation-conte & légende en termes de valeurs, plutôt que Touche pas à mon poste ou télé-réalité (ces deux types d'émissions étant interdits aux mineurs). Bref : qu'on étende la catégorie Adultes à autre chose que le porn, et que les parents fassent leur boulot.


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Message  Kal' le Sam 4 Fév 2017 - 22:42

Vraisemblablement, du sensationnel. Toutes les époques se sont crues au bord de la catastrophe.

Tournons-nous vers Kant, pour une fois, qui décèle dans cette inclination au chaos un nihilisme dissimulé :

Kant, La fin de toutes choses a écrit:Mais pourquoi, en général, les hommes s'attendent-ils à une fin du monde ? Et, cela étant, pourquoi précisément à une fin épouvantable pour la plus grande partie du genre humain ?... La première de ces prévisions semble enfantée par une idée de la raison. La raison dit aux hommes que la durée n'a d'intérêt qu'autant que les êtres raisonnables qu'il renferme répondent à son but final ; dès l'instant que ce but n'aurait plus de chance d'être atteint, la création n'aurait plus d'objet, elle ressemblerait à un drame entièrement dépourvu de toute action intelligible, de tout dénouement. La seconde prévision se fonde sur la croyance à une déchéance de la nature humaine, déchéance incurable, désespérée, en présence de laquelle il ne reste plus à la sagesse et la à justice suprêmes, tout au moins à l'égard de la plupart des hommes, qu'un seul parti convenable à prendre : les supprimer de ce monde, et les supprimer par une catastrophe. De là encore la croyance à des préludes avant-coureurs du dernier jour, tous plus terrifiants les que les autres. Comment voudrait-on, d'ailleurs, qu'enfiévrée par une grande anxiété l'imagination ne se forgeât point des signes et des prodiges ? Pour les uns, ce sera le triomphe de l'iniquité, l'oppression des pauvres sous la débauche effrénée des riches, l'universelle abolition de la loyauté et de la confiance, ce seront des guerres sanglantes déchaînées parmi toutes les nations de la terre, etc..., bref, une dissolution morale, un débordement soudain de toutes sortes de crimes, accompagnées de calamités telles que les âges précédents n'en auront encore jamais vu. Pour d'autres, la nature deviendra le théâtre de cataclysmes, il y aura des tremblements de terre, des tempêtes, des déluges, on verra des comètes et des météores. De fait, les hommes sentent, et non sans cause, le fardeau de leur existence, bien qu'ils l'aient eux-mêmes alourdi.

[...]

L'homme ne peut trouver son consentement dans la vue d'un changement moral autant que physique qui se prolonge éternellement. [...] Là-dessus donc l'homme, qui se creuse la tête, verse dans la mystique. La raison n'aime pas à se confiner dans sa fonction propre, dans son rôle pratique ; les aventures du côté du transcendant l'attirent, et c'est pourquoi elle a aussi ses mystères. Dans la mystique, elle ne se comprend pas elle-même, ni ne comprend ce qu'elle veut ; plutôt que de s'arrêter aux frontières du monde sensible, ainsi qu'il siérait à un indigène intellectuel de ce monde, elle aime mieux divaguer. [...] Le souverain bien, c'est le Néant ; on se déverse dans l'abîme de la divinité, on s'y engloutit et la personnalité s'évanouit. [...] Tout cela uniquement pour qu'à tout prix les hommes puissent enfin jouir de ce repos éternel qui constitue à leurs yeux la fin bienheureuse de toutes choses ; conception qui n'est rien de moins qu'une abolition de toute intelligence, qu'une cessation même de toute pensée.
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Message  Malcolm le Sam 4 Fév 2017 - 23:20

Ces rapports ignorent totalement la querelle des ressources énergétiques.
Pas étonnant que les USA en soient là de leur non-prise en compte écologique (depuis l'an 2000 par là, il faut savoir que l'Europe a réduit de 19,6% ses émissions de gaz à effet de serre, par là - ce qui n'est pas tout, mais n'est pas rien ; du moins avais-je lu ça dans un Science & Vie voilà un ou deux ans, S&V qui aime à donner de la voix climatosceptique par ailleurs, mais passons).
En prenant sérieusement en compte la donne énergétique, nous avons sérieusement intérêt à développer le renouvelable, si seulement nous tenons à continuer à vivre comme nous vivons, ce qui n'est évidemment pas tenable.
Tout le soufflé occidental a bien plus de chance de tomber progressivement - il tombe déjà - et la transition se fera - se fait déjà - à son rythme éclectique par temps ochlocratiques. Mais elle se fait, quand bien même des guedins continuent beaucoup comme en 40.
Ceux-là auront certainement mal au cul assez tôt, s'ils ne l'ont pas déjà.

Excellent Kant. *Merci*
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Message  Kal' le Sam 4 Fév 2017 - 23:36

Le problème des ressources, c'est, si j'ose dire, une certaine mesure de l'écosystème (pour ne pas utiliser le terme de "nature" que je n'apprécie guère) pour régler son compte à la propension humaine à la destruction de son environnement. En réalité, c'était déjà programmé en puissance dans l'homme : la consomption des ressources est prévue de longue date pour mettre fin aux dégâts engendrés par notre espèce.
La pollution est une conséquence du jonglage de cette volonté biologique, qui, pour permettre sa perpétuation, doit couper dans les velléités de certaines de ses productions pour préserver le reste de sa biocénose - si tu vois où je veux en venir.
Bien entendu, on peut y remédier, mais avons-nous vraiment envie de le faire ? - c'est ce curieux désir de fin du monde que décèle si bien Kant.
En somme, l'homme veut échapper au « devoir » d'exister.
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Message  Malcolm le Sam 4 Fév 2017 - 23:43

Tu parles d'équilibrage "cosmique" - en l'occurrence terrien - que nous, comme espèce, laisserions aux "lois de la nature". Je suis d'accord, à condition d'intégrer les "lanceurs d'alerte" et autres "bénévoles" dans ces "lois". Je veux dire qu'ils participent de l'équilibrage, autant que les pollueurs.
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Message  Avis' le Dim 5 Fév 2017 - 0:29

Excellent Kant, en effet. (Mais où donc trouvez-vous tous ces textes avec autant d'à propos, avez-vous donc une bibliothèque dans la tête...? Ou dans votre ordi...?)

Si le débat s'ouvre, chacun répondra ici en fonction de son caractère et de ses fixettes. Cà c'est sûr. Et non pas en fonction d'une analyse cohérente, pas plus que pertinente, car la tâche est impossible et les données incomplètes.
Pour ma part, étant d'un naturel joyeusement pessimiste -ou d'un pessimisme joyeux - je pense que tout ira pour le pire dans le plus mauvais des mondes.
Deux pîèces que je joins au dossier, histoire de le complexifier un peu plus :
1) Nous sommes sept milliards sur cette terre, bientôt neuf selon toute vraisemblance, dont la moitié seulement sont les consommateurs compulsifs que nous sommes nous-mêmes. Et l'autre moitié n'aspire qu'à nous imiter. Cela donne une idée de ce que sera sous peu la consommation énergétique (quelle qu'en soit la source, l'offre devrait être nettement insuffisante et créer les tensions que l'on peut redouter). On ne peut empêcher quatre ou cinq milliards d'humains supplémentaires d'entrer sur le marché et de nous envier, c'est bien naturel. La pression démographique n'a pas encore révélé tous ses dangers.
2) Je crois savoir que l'activité magnétique du noyau terrestre s'affaiblit actuellement (les pôles ont tendance à se déplacer à une vitesse accrue, de l'ordre de 50 km par an) ce qui diminue la protection magnétique contre l'activité solaire et induit (si ce n'est pas la cause essentielle) le réchauffement. Je vois mal comment cette activité pourrait être sous contrôle.

Enfin, les hommes ne réagissent pas tous de la même manière. Et leur réaction globale tiendrait tout à la fois de la réflexion cohérente, et de la conduite pulsionnelle ( qui n'est pas comme chacun sait, la meilleure conseillère). Donc, imaginons le choc des égoïsmes.

Ces deux points semblent d'ores et déjà nous condamner à l'impuissance car ils sont incontrôlables. Alors je ne saurais dire si 2035 est la date fatidique, ce qui est sûr, c'est qu'un jour, çà finira mal. Un peu plus tôt, un peu plus tard...
Quand je vous disais que j'étais un joyeux pessimiste. *Héhéhey* :evil:

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Message  Malcolm le Dim 5 Fév 2017 - 0:53

Je m'étais déjà fait ces réflexions, mais ce n'est pas aussi simple.
En effet, beaucoup de choses plaident pour la guedinerie ... ou du moins le semble (plaider), de ce qu'elles sont médiatisées, et se tiennent médiatiquement. Mais entre l'idée qu'on se fait du monde, et le monde, il y a ... un monde.
Notamment, les cultures sont toujours vivantes, et il y a harte de mouvances locales qui bougent qui bougent qui bougent (certes prévu dans un scénario, le premier je crois, mais dans un contexte si con que je préfère en oublier le texte).
On ne sait pas de quoi demain sera fait.
On ne sait pas.

Le croire, c'est le vouloir.
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Message  Kal' le Dim 5 Fév 2017 - 0:54

Avistodénas a écrit:(Mais où donc trouvez-vous tous ces textes avec autant d'à propos, avez-vous donc une bibliothèque dans la tête...? Ou dans votre ordi...?)

Ça faisait longtemps que je l'avais en tête, mais, pour être franc, le mérite n'est pas de moi : je l'ai trouvé en lisant je ne sais plus quel article dans Philosophie Magazine. Peu importe.

Avistodénas a écrit:Pour ma part, étant d'un naturel joyeusement pessimiste -ou d'un pessimisme joyeux - je pense que tout ira pour le pire dans le plus mauvais des mondes.

Même si ce n'est pas vraiment le sujet, ce qualificatif n'est pas aussi paradoxal qu'il puisse paraître, l'un n'excluant pas l'autre. Cf. Clément Rosset, « rassurez-vous, tout va mal », etc., que j'ai tant de fois évoqué.

D'ailleurs, techniquement, si nous vivons dans le pire des mondes nous y trouvons là en quelque sorte notre salut : il ne peut pas être pire, alors aucun souci du lendemain !


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Message  Avis' le Dim 5 Fév 2017 - 9:15

En effet " on ne sait pas de quoi demain sera fait", pas même ce qui est pourtant écrit car nous manquons aussi bien de clairvoyance que de données complètes. Ce qui nous parle en revanche, c'est l'Histoire, dans la mesure où nous savons l'interpréter. On en retire un sens de l'inéluctable, comme dans les tragédies grecques. Aucun des grands malheurs qui jalonnent l' histoire de l'humanité n'a semble-t-il été évité par prescience. Tout juste pourrait-on se résigner à ce qu'à quelque chose malheur fût bon.
Mais l'homme est un animal industrieux, dont l'activité multiplicatrice s'accélère devant la concurrence internationale. Et s'accélèrent avec elle les inéluctables, les impondérables, les imprévisibles, qui ne lui laissent même plus le temps de conjecturer, la tête dans le guidon : la pollution généralisée ? Nous ne l'avions pas vue venir qu'elle nous saisit à la gorge, nous voilà incapables d'y remédier au point que des espèces entières disparaissent sitôt identifiées. Et c'est un drame caché car ce phénomène prélude à notre propre disparition. Non pas totale, car nous sommes une espèce particulièrement tenace, vivace, mais si fragile dans son dénuement face à une nature qu'il nous fallut dompter, mettre à genoux pour nous épanouir.
Mais jusques à quand.... ô Catilina ,

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Message  Prince' le Dim 5 Fév 2017 - 11:40

Aucun des grands malheurs qui jalonnent l' histoire de l'humanité n'a semble-t-il été évité par prescience. Tout juste pourrait-on se résigner à ce qu'à quelque chose malheur fût bon.
Il y a là un effet de perspective ; on voit davantage les catastrophes arrivées que celles évitées.
Mais tu as raison :
p. Valéry, Regards sur le monde actuel a écrit:L’Histoire justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout.
Extraits : http://classiques.uqac.ca/classiques/Valery_paul/regards_monde_actuel_autres_essais/regards_monde_actuel__et_autres_avant_propos.html
Toutes les époques se sont crues au bord de la catastrophe.
Là aussi, il y a un effet de perspective ; parce que nous nous pensons au-bord de la catastrophe, on oublie les époques qui se pensent triomphantes (la Renaissance pour ne prendre qu'un exemple qui frappe l'esprit, ou l'Athènes de Démosthène). En revanche, et c'est peu être ce que tu as voulu dire, chaque époque produit son millénarisme.

J'ai survolé l'article. En fait, j'y vois un amalgame de l'ensemble des plus grandes peurs étasuniennes. La géopolitique décrite est symptomatique de cela ; Russie, Chine et Iran devenant de véritables rivaux. Si c'est déjà le cas de la Chine (avec une série de précautions oratoires), les deux autres en sont encore loin. N'oublions pas que l'actuelle force de la Russie, fondée sur une intelligent opportunisme, repose sur sa capacité à amalgamer de potentiels adversaires des U.S.A. L'ennemis de mon ennemis est mon ami. Réunir pour mieux régner. J'en ai finis avec les poncifs. Idem sur l'explosion des états, du fait des tensions tribales et/ou religieuses. On touche là à la peur causé par l'isolationnisme de Trump : comment le monde va-t-il survivre sans que "nous" n'y intervenions pour maintenir l'ordre ?
D'ailleurs, l'unique scenario qui "finit bien" est le fait des U.S.A.

Quant aux craintes sur la guerre informatique... là encore, c'est faire mine de ne pas voir qu'un lissage va s'opérer. Les Russes sont (semble-t-il) excellents, jusqu'à que les autres grands états opèrent un rattrapage. Quant aux états incapables d'opérer pareil rattrapage, se sont ceux-là mêmes qui ne peuvent se défendre militairement. Nul doute que les populations se réjouiront de ne plus recevoir des munitions de toutes sortes. Idem pour la guerre spatiale.

Le réel problème (et vous l'avez relevé) c'est l'environnement. De ça, nous pouvons être réellement soucieux.
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Message  Avis' le Dim 5 Fév 2017 - 12:04

Il faut s’attendre que de telles trans­formations deviennent la règle. Plus nous irons, moins les effets seront simples, moins ils seront prévisibles, moins les opérations politiques et même les inter­ventions de la force, en un mot l’action évidente et directe, seront ce que l’on aura compté qu’ils seraient

Mais l'homme est un animal industrieux, dont l'activité multiplicatrice s'accélère devant la concurrence internationale. Et s'accélèrent avec elle les inéluctables, les impondérables, les imprévisibles, qui ne lui laissent même plus le temps de conjecturer, la tête dans le guidon,

Pardon de m'auto-citer, c'est un peu présomptueux, c'est juste pour ne pas me répéter, je dis en gros la même chose que le bon Valéry.

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Message  Kercoz le Dim 5 Fév 2017 - 13:11

Avistodénas a écrit:
Mais l'homme est un animal industrieux, dont l'activité multiplicatrice s'accélère devant la concurrence internationale. Et s'accélèrent avec elle les inéluctables, les impondérables, les imprévisibles, qui ne lui laissent même plus le temps de conjecturer, la tête dans le guidon,

Sur le point de la conjecture, il faut lire "l' art de la conjecture" de Bertrand de Jouvenel ...aussi initiateur de "Futurible",périodique repris par son fils. Intéressant sans ( à mon avis) atteindre l' importance de son ouvrage principal " Du Pouvoir, une histoire de sa croissance", qui donne du grain à moudre au structuralistes: Quel que soient les idéologies, les modèles politiques, etc , aussitôt que ça" bouge", dans une culture ou civilisation, le système accroit son pouvoir sur l' individu. Ce constat incontestable historiquement plaide en faveur d' une dynamique structurellement organiciste.

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Re: Futurologie

Message  Prince' le Dim 5 Fév 2017 - 13:16

Il importe d'avoir en tête et la biographie de Jouvenel, et Tocqueville pour comprendre ce qu'il dit (et notamment où il dévoie son maitre).
Quel que soient les idéologies, les modèles politiques, etc , aussitôt que ça" bouge", dans une culture ou civilisation, le système accroit son pouvoir sur l' individu.
Quelles réalités sont recouvertes par le verbe "bouger" ? Qu'est-ce que le "système" ? Le contrôle social, les organes du pouvoir etc. ?
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Message  Kercoz le Dim 5 Fév 2017 - 14:31

Princeps a écrit:
Quelles réalités sont recouvertes par le verbe "bouger" ? Qu'est-ce que le "système" ? Le contrôle social, les organes du pouvoir etc. ?

Bouger:  
Un jardinier te dira dès que tu remues la terre , les cailloux "remontent ". C'est un processus connu de granulométrie: les éléments les plus volumineux remontent en surface , même s' ils sont plus lourd. Dans les gravières que j' ai contrôlées, ils se sont aperçu que les bandes transporteuses, de par leur vibration, faisaient d'elles mêmes le tri des graviers: les plus gros en haut. Ca s'explique du fait que lorsqu'on "bouge" le mélange, on crée des vides qui vont se combler par les éléments les plus fins.
C'est un exemple qui montre qu' un ouvrier de gravière peut se poser des questions métaphysiques
Pour l' analogie que j' utilise pour expliquer le concept de Jouvenel, il veut dire ( me semble t il) que quelle que soit l'évolution du système  sociétal , il y a accroissement de l' emprise de ce système sur l' individu. C'est un processus structurel qu' il démontre. Il n'est pas lié à une idéologie ou une politique, c'est une sorte de déterminisme structurel.
Système:
Jouvenel , parle de "pouvoir" comme d'une entité immanente plutot que transcendante. Il dit par exemple que l' état en est un instrument mais seulement un outil. De mémoire il ne s'aproffondit malheureusement pas plus . Certains de ses critiques regrettent cet absence d' approfondissement et de référencements qui auraient pu l' aider.
Encore une fois, l' invariance de cette dynamique indique qu'il faut en chercher l' origine dans la structure . Perso, je dirai plutot dans la destructuration ( sortie) d' une structure originelle , mais ce n' est que mon avis tres peu partagé.

https://www.catallaxia.org/wiki/Bertrand_de_Jouvenel:Jouvenel,_pionnier_m%C3%A9connu_de_l'%C3%A9cologie_politique

dernier chap.
""""""De même sont absents des trois textes sus-mentionnés les noms du diplomate et géographe américain George Perkins Marsh, l'auteur de Man and Nature paru en 1864 et republié en 1874 sous le titre The Earth as Modified by Human Action, du philosophe français du Vivant Henri Bergson dont L'Evolution créatrice date de 1907, celui du géochimiste russe Vladimir Ivanovich Vernadsky, dont La Biosphère, parue en russe en 1926, fut traduite en français en 1929, comme ceux des classiques de l'écologie scientifique que furent, à l'extrême fin du XIXème siècle le Danois Eugenius Warming et l'Américain Frederic Clements, deux des fondateurs de l'écologie végétale, le Suisse François Alphonse Forel, fondateur de la limnologie, puis au début du XXème siècle, l'Anglais Charles Elton, fondateur de l'écologie animale, l'Anglais Arthur Tansley, créateur en 1935 du terme "écosystème" et (((surtout l'Anglo-américain George Evelyn Hutchinson ainsi que son disciple américain Raymond Lindeman qui, en 1942, établit la pertinence de la thermodynamique dans l'étude des réseaux trophiques))), pour ne citer que quelques savants écologistes parmi les plus réputés. Sont également absents les noms de Fairfield Osborn, auteur de Our Plundered Planet (1948), publié en français en 1949 sous le titre de La Planète au pillage, de William Vogt, auteur The Road to Survival (1948), publié en français en 1950 sous le titre La faim du monde, et étonnamment, pour ce qui est de ses deux livres "écologistes", celui de Rachel Carson, l'auteur de Silent Spring (1962). Or tous ces auteurs eussent pu fournir des arguments supplémentaires à Bertrand de Jouvenel. Il est vrai que ce dernier se réfère à deux biométriciens que nous avons cités au passage, à savoir Lotka et Volterra, inventeurs des premiers modèles mathématiques proies-prédateurs - peut-être particulièrement interpellateurs pour un économiste ! -, et qu'il fait grand cas de George L. Clarke, """""""""""

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Message  Prince' le Dim 5 Fév 2017 - 17:30

Une fois encore… il y a un problème de fiabilité de la source. Plus simplement, dans la mesure où on ne connaît pas l’auteur de la notice Wiki’, il n’est pas raisonnable de s’y fier. Wiki’ n’est utile qu’à ceux qui savent ce qu’il (re)cherchent. Sans connaître Jouvenel, l’article ne vaut rien.
C'est un exemple qui montre qu' un ouvrier de gravière peut se poser des questions métaphysiques
Ce qui veut dire, qu’on ne pense pas ex nihilo, qu’il faudra lire pour conduire la réflexion à son terme (sauf pour les relativistes et les génies). Bien.
que quelle que soit l'évolution du système sociétal , il y a accroissement de l' emprise de ce système sur l' individu
Ça ne répond pas à mes questions. En réalité, plutôt que Du Pouvoir, c’est De La Souveraineté qu’il importe de lire (et en partie pour ce qu’il dit sur Hobbes, qu’il faut donc connaître au préalable).
p.8 :
Revenant sur l'idée que les hommes se sont fait autrefois de la puissance publique, on trouve qu'ils la concevaient asservie à une mission bien précise, qu'elle ne pouvait outre-passer comme elle n'y pouvait manquer, sans être estimée en faute par référence à un étalon assez précis. Or les causes externes et internes qui ont mû et gonflé la puissance publique l'ont acheminée à des tâches sans cesse élargies et multipliées, sans contours définis.
Pour notre affaire, p. 39 :
Ces images jouent un rôle « autoritaire », c'est-à-dire, tendent à créer des agrégats conformes. Mais il n'est pas certain que des agrégats puissent subsister qui auraient la configuration choisie. L'étude de la structure des agrégats suggère que la stabilité est fonction de formes nécessaires. S'il en est ainsi, ce que seule une étude approfondie pourrait nous faire connaître, des agrégats qu'on voudrait intérieurement conformes aux configurations choisies ne peuvent subsister, et les configurations choisies ne joueraient en ce cas que le rôle de « mythes », servant à la démolition d'agrégats existants et à la construction d'agrégats autres mais non conformes au mythe.
Il énonce clairement la possibilité d’un changement, d’une évolution.

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