Tous les régimes sont "démocratiques" ?

Page 5 sur 5 Précédent  1, 2, 3, 4, 5

Aller en bas

Re: Tous les régimes sont "démocratiques" ?

Message  Prince' le Mar 21 Fév 2017 - 14:39

Primo, je vais faire comme si tu avais eu l'élégante courtoisie de reconnaitre ta mésinterprétation.
Secundo, j'ai déjà donné et étayé 36 000 fois ce que dit Jouvenel - qui nécessite, pour être comprit, d 'avoir une connaissance fine de Tocqueville, et d'avoir lu les autres bouquins de D.J., notamment De la Souveraineté qui aborde la question de la liberté, ou son article Du Principat. Les articles et citations n'ont pas disparu.
Tertio, personne n'a remit en cause Jouvenel et la mise en exergue d'un accroissement du pouvoir ; j'ai remis en cause sa pertinence dans ce qui nous occupe.

Edit : Allez savoir pourquoi, je n'ai pas vu la citation dès le départ.

Car le souverain peut tout, mais dès lors qu’il a délégué, c’est le délégué, que ce soit une assemblée ou un prince, qui s’approprie la souveraineté et devient omnipotent.
Le principe d'un pouvoir autoritaire (dictature etc.) c'est précisément de ne pas déléguer. Tu sens la contradiction avec notre sujet ? Hitler, Mussolini, Franco, ils ne délèguent rien, ils ordonnent. Edit bis : Et ce n'est pas le Peuple qui a délégué son pouvoir (cf. mes remarques historiques sur le nazisme, et les différentes guerres civiles espagnoles).
On en arrive à ces propositions monstrueuses que l’on trouve déjà chez Spinoza ou chez Hobbes, à savoir que, quelle que soit la loi promulguée par le souverain, les citoyens ne peuvent en aucun cas s’en plaindre, puisque le souverain, c’est eux, et que le bon sens commande que l’on ne fasse jamais rien contre soi-même, dès lors que l’on a consenti à la loi.
Chez Hobbes, le citoyen conserve la possibilité de se soulever dès lors qu'il se sent en danger. Et c'est bien de cela dont on parle.

Bis repetita, il n'est pas question de dire que Jouvenel est inepte, mais que 1) tu lui fais dire ce qu'il ne dit pas, 2) l'utilises à mauvais escient. Ce qui n'est pas la même chose.

Prince'
Ancien modérateur


Voir le profil de l'utilisateur http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2280-charte#44774

Revenir en haut Aller en bas

Re: Tous les régimes sont "démocratiques" ?

Message  Malcolm le Mar 21 Fév 2017 - 16:18

Kercoz a écrit:
Princeps a écrit:*y comprit ce qu'il ne dit pas, pas au sens d'âneries.
En ce moment , je lis Marc Aurele. Je ne peux donc que te plaindre de céder à l' agressivité.
Il me semble ardu de dire de quelqu'un qui ne te reconnaît pas d'âneries, qu'il cède à l'agressivité.
Si probité (honnêteté intellectuelle, conformité à la morale sociale) signifie pour toi agressivité Kercoz, alors je ne donne pas cher de ma peau (or, je n'en donne pas cher, car c'est bien l'époque dans laquelle je vis, qui confond ainsi, et me donne pour pas cher ! *Lol* Pas chyèr li tapis, pas chyèr ! *Héhéhey* ).


Dernière édition par Malcolm le Mar 21 Fév 2017 - 16:49, édité 1 fois
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tous les régimes sont "démocratiques" ?

Message  Prince' le Mar 21 Fév 2017 - 16:23

La ringrazio, disent les italiens. *Merci*.
avatar
Prince'
Ancien modérateur


Voir le profil de l'utilisateur http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2280-charte#44774

Revenir en haut Aller en bas

Populisme général !

Message  Malcolm le Lun 15 Mai 2017 - 12:09

***

Dans le cadre de cette réflexion sur la démocratie, je me permettrai une diffraction du sujet, qui concernera cette notion de populisme. En effet, "le populisme" ou "les populismes" sont éminemment de mode, depuis ces dernières élections présidentielles françaises, où j'ai largement pu lire ceci, qu'entre le populisme d'extrême-gauche (mélenchonisme), le populisme d'extrême-droite (lepenisme) et le populisme d'extrême-centre (macronisme), la France aujourd'hui était rendue "au populisme", donc.

Avec ce marqueur caractéristique que le mélenchonisme fonctionne à la vilenie anti-médiatique, versant dans le complotisme ... que le lepenisme fonctionne à la fâcherie anti-intellectuelle, versant dans le crétinisme ... et que le macronisme fonctionne à la piètrerie anti-méchante, versant dans le moralisme ... - je résume à sauts de cabri, on ne m'en voudra pas, j'ai d'autres chats à fouetter, en relation avec la généalogie de la démocratie.

En effet, interrogeons-nous une seconde sur la sémiotique, qui consista à adjoindre le terme peuple au suffixe *isme. Cela ne coule pas de source, non seulement que la notion de peuple reste sujette à caution - en dehors des peuplements territoriaux, qui ne font pas encore un organisme surconscient de soi, s'il se peut qu'advienne un tel organisme, comme une telle surconscience, et surconscience de soi par-dessus le marché, en dehors des effets de reconnaissance contextuels et autres prophéties autoréalisatrices, dont on sait pourtant toute l'importance en dynamique des groupes - ... non seulement que la notion de peuple reste sujette à caution, donc - disons qu'elle est "à prendre avec des pincettes" - mais encore que je vous laisse imaginer le souci, qu'il y a à y suffixer un tel morphème que *isme, en tant que ce morphème signal indistinctement, et selon le contexte, 1° une pensée cohérente, 2° une tendance vers, 3° une mouvance de.

Soit :
1° le populisme comme pensée cohérente du peuple, issue d'un penseur, voire d'un groupement au sein de ce peuple ; ce populisme est une élaboration intellectuelle voire affective, plus et moins fondée selon quelque critère - le sol, le sang, l'héritage, la culture, le droit, etc. - peu importe. A ce titre, seul le FN est populiste, qui nous propose désormais "la France" sur un critère de nationalisation, en conformité avec les droits de l'Homme dans la bouche de Marine Le Pen. C'est-à-dire un souverainisme. Par contre, ni Mélenchon ni Macron n'y sont. Mélenchon n'envisage que le peuplement administratif, s'il dit peuple ; Macron, lui, n'envisage rien, même quand il dit peuple - rien, en dehors de l'européisme et du mondialisme universalisto-lucrativistes (gauche-droite 2.0).
2° le populisme comme tendance vers le peuple, issue d'une personne, voire d'un groupement au sein de ce peuple ; ce populisme est un élan à la sincérité plus et moins douteuse, indépendamment de tout critère, encore qu'il puisse se fonder en populisme selon 1°. C'est-à-dire là, que Marine Le Pen n'est pas populiste : ses propositions, elle les avançait sur le mode du "le peuple dispose". Elle n'avait pas d'élan, mais comptait au contraire sur l'élan du peuple vers elle. De même, Jean-Luc Mélenchon : les deux sont dans ce respect du peuple ! (populisme 3°) ... Par contre, et de façon détonnante, c'est Macron, qui fut dans ce populisme-là. Populisme sans science ni conscience.
3° le populisme comme mouvance du peuple, fatalement issue du peuple, mais certainement aiguillonné - comme toute mouvance - par l'un(e) ou quelques un(e)s, en quête d'ailleurs de quelque cohérence (1°) voire de quelque représentant (2°). A partir de quoi, on voit bien que Marine Le Pen comptait sur un tel populisme - sans en être, comme ressortant des élites, mais escomptant en être démocratiquement élue sur la base de son populisme 1°. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, déploya toute sa rhétorique à l'entraînement fantastique d'un tel populisme, en s'en croyant : c'est la raison de ses belles prestations publiques, dans son héritage révolutionnaire au moins formel - il comptait sur quelque conscience de classe, indistinctement toutefois. Enfin Macron, quant à lui, avec En Marche, procéda du suscitement mélenchonien d'un tel populisme, tout en s'en tenant pourtant à sa posture sociologique, sur le modèle lepeniste.

Je n'ai cité nos trois candidats que pour illustrer mon propos, mais je m'étonne moi-même après réflexion, de constater l'hyper-populisme macronien - conjuguant les trois populismes, - tandis que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen cumulent relativement 1° et 3°, à divers degrés. Ce qui ne signifie pas que le macronisme parfait la chose, mais simplement qu'il sait communicationnellement jouer des trois. Bref.

Néanmoins, donc, le populisme est conspué par nos mondes démocratiques, et cela me sidère quand on sait que tout le monde veut s'accorder devant cette définition que la démocratie est gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple, de telle sorte qu'il soit permis de dire assez aisément que le démocratisme est onto- & phylo-génétiquement un populisme ! *Ptdr* ... Mais "les gens" de conspuer là le démagogisme, là le clientélisme, là le népotisme, là le favoristisme, là le victimisme, là l'électoralisme, etc. mais le démocratisme est onto- & phylo-génétiquement tout cela à la fois, comme populisme onto- & phylo-génétique ! *Ptdr* C'est-à-dire qu'on a des révolutions (d'Indépendance étasunienne, de Terreur française, etc.) qui sont des populismes 3°, se cherchant des populismes 1°, et finalement des populismes 2° ... à moins qu'un populiste 2° n'invente le populisme 1° suscitant le populisme 3° ... à moins qu'un populisme 1° n'enjouent des populistes 2° et 3° ...
Mais, au fait ! ... N'est-ce pas là tout ce qui fait le politique et ses forces en présence ? ses partis, ses partisans, ses penseurs, ses idéologues, ses luttes, ses combats, ses idéaux, ses incarnations, ses représentations, ses espérances, ses réalisations, ses promesses, ses prophètes, etc. ? *Choc* *Applause* *Lol* ... Bien sûr que si.

De telle sorte que Kalos ait initialement pu s'emmêler les pinceaux dans ce topic, à dire que "tout régime est démocratique" ... Non, bien sûr : tout régime n'est pas démocratique. Néanmoins, tout régime est manifestement populiste, en tant que peuplé ! *Lol* ... C'est-à-dire qu'il n'y a pas de politique sans peuplement, puisqu'il faut bien des Hommes pour faire politique ! *Lol*

Alors, finalement, cette conspuation générale du populisme, de quoi est-elle le signe des temps ? ... Ni plus ni moins, que de la haine du politique. Que de la velléité à ne plus faire de politique ; à rendre le politique - comme disait Alain - aux Importants (grandes gueules, petits malins, séducteurs, convoiteurs, ambitieux, exaltés et pédants), aux Compétents (les Importants qui se croient habilités à-), aux Mollusques (les hauts fonctionnaires, les technocrates, les grands bourgeois, les élites bien installées). En effet, sous l'angle du politique, ce radicalisme est un bien (voir aussi la politique au XIXème siècle).
Bref : vive le populisme, quand vit le démocratisme ! *Tchin* - on l'a bien vu avec la sanction des deux partis traditionnels, pas assez populistes dans la démarche, encore que Fillon put compter sur une base électorale accoutumée, et qu'Hamon dut ne plus compter sur une base électorale dégoûtée par le quinquennat écoulé.

Finalement, il est à parier que depuis Vichy au moins, nous soyons tous prisonniers d'une fantasmatique de Phallus maléfique. De fait, l'écho fasciste n'en a pas fini de résonner plus et moins fallacieusement (plus : devant le FN modéré, moins : devant le mouvement anti-FN forcené majoritaire, comme en succédané de politique, politique moutonnière).


Dernière édition par Mal' le Mar 23 Mai 2017 - 16:23, édité 1 fois
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tous les régimes sont "démocratiques" ?

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 5 sur 5 Précédent  1, 2, 3, 4, 5

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum