Amour du travail bien fait

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Avis' le Mar 14 Mar 2017 - 15:15

Kerkoz a écrit:Parler du travail en tant qu' activité dévoyée ne me semble intéressant qu'en tant qu'on s' intéresse au dévoiement.

Intéressant, en parlant d'une activité dévoyée. Serait donc dévoyé un travail répétitif. Soit. Mais alors il faut partir du principe que si l'on veut sortir de la répétitivité, il faut devenir un super-champion de ce travail afin de montrer que l'on peut aussi devenir super-champion dans quelque chose de différent. En général une aptitude ne passe pas inaperçue. Mais ouvre alors le problème de la compétition. Qui peut s'analyser comme saine émulation.
Bref il faut dans la vie savoir ce que l'on veut. *Héhéhey*

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Prince' le Mar 14 Mar 2017 - 15:19

Malcolm a écrit:Le problème de Kercoz, c'est qu'il ne veut pas sortir de sa définition du travail, ni admettre que le topic initial puisse en avoir posé une qui ne soit plus de l'ordre du tripalium "capitalisté" - car il doit pourtant travailler son jardin, dans nos ordres d'idées, à nous autres. Kercoz donc, n'est pas dans l'échange, ce qui s'appelle échange.
Une précision, Kercoz, que tu n'as pas saisi au vol. Malcolm te fait exactement, trait pour trait, le même reproche que moi ; l'absence de prise en compte des critiques (bienveillantes). Tu as matière à progresser, peaufiner, parfaire, mais cela impose une certaine remise en question.
Fin du H.S.
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Re: Amour du travail bien fait

Message  Kercoz le Mar 14 Mar 2017 - 16:08

Avistodénas a écrit:
Kerkoz a écrit:Parler du travail en tant qu' activité dévoyée ne me semble intéressant qu'en tant qu'on s' intéresse au dévoiement.

Intéressant, en parlant d'une activité dévoyée. Serait donc dévoyé un travail répétitif. Soit. Mais alors il faut partir du principe que si l'on veut sortir de la répétitivité, il faut devenir un super-champion de ce travail afin de montrer que l'on peut aussi devenir super-champion dans quelque chose de différent.

Non. Par dévoyé, je ne pense pas spécialement au caractère répétitif . Quand tu lance 200 fois ta ligne pour pêcher, c'est répétitif mais pas dévoyé. La répétition fait partie de l' activité. Par dévoyé j' implique surtout la spécialisation. La mono activité est aussi traumatisante pour l' individu que la mono culture pour l' environnement.
L' idéal en tant que modélisation optimisant l' individu serait la polyactivité. La polyactivité théorique épouse les contingences multiples que sont tes capacités, tes gouts , tes plaisirs, les possibilités de ton environnements , qualité de ta terre, demande locales ( fonctionnaires en congés souhaitant se loger, randonner, grimper ), besoins saisonniers ( vigne, fruits ,moisson) ....
Cette polyactivité permet une auto-régulation des tes activités. Par ex , j'ai qqs "Marans" que les bobos adorent parce que leurs oeufs sont tres foncés. La poulette prète à pondre se vent 40 à 50 euros. Une simple annonce suffit à un un petit gain régulier. Mais élever 50 Marans c'est la galère. Un 20 aine de volailles et 20 poussins max 2 mois est suffisant , ne procure pas plus de boulot que 10 poules+ le coq.
C'est bien sur un modèle idéalisé, mais est ce si utopique. De plus le Net permet une part d'activité sur écran. Actuellement je vends des bouquins par le net. C'est assez difficile malgré mon stock important, mais curieusement je vends, du fait d' une faible concurence des encyclo volumineuse genre quillet et même l' énorme universalis, le stockage rural est bien moins onéreux.
La poly activité a l' avantage de développer des domaines et capacités différentes. L' individu hyper spécialisé devient un zombi avec une patte hypertrophié.

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Prince' le Mar 14 Mar 2017 - 16:17

J'étudie 11 heures par jour, du lundi au dimanche. Je n'éprouve pas la moindre lassitude. C'est un plaisir sans cesse renouvelé. On ne raisonne pas à partir de soi ;). C'est la base de la sociologie.
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Re: Amour du travail bien fait

Message  Avis' le Mar 14 Mar 2017 - 17:28

 Je n'éprouve pas la moindre lassitude. C'est un plaisir sans cesse renouvelé.

Normal, l'activité intellectuelle n'est pas une mono-activité, l'esprit se portant toujours sur du nouveau ou plus approfondi. Toujours une découverte, quoi.

kERKOZ pour moi, les poules, c'est mort : mon épouse fait une véritable phobie-panique de la plume. Elle est capable de foutre le camp ! Et de m'abandonner. Et là, je suis mal.
Pense-tu qu'une spécialisation soit vraiment lassante ? Lorsqu'on parvient à tel degré de spécialisation, j'ai l'impression qu'on est pris soi-même à son propre jeu et qu'on ne s'en rend même pas compte tant il serait impensable de faire autre chose. Surtout quand on a pu mettre cette spécialisation à son propre service, et non à celui d'une entreprise dont on ne saisit pas très bien la finalité.
Si tu entends aussi par là changer de boulot dans la vie, çà c'est le top ! Tu as carrément l'impression d'avoir eu plusieurs vies. Et en plus, tu finis assez polyvalent. Quoi de mieux pour la retraite ?

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Kercoz le Mar 14 Mar 2017 - 18:07

Avistodénas a écrit: pour moi, les poules, c'est mort : mon épouse fait une véritable phobie-panique de la plume........................
Pense-tu qu'une spécialisation soit vraiment lassante ? Lorsqu'on parvient à tel degré de spécialisation, j'ai l'impression qu'on est pris soi-même à son propre jeu et qu'on ne s'en rend même pas compte tant il serait impensable de faire autre chose..............
Si tu entends aussi par là changer de boulot dans la vie, çà c'est le top !

Dommage, les poules c'est sympa et moins con qu' on pourrait le penser.
La Spécialisation n'est pas naturelle. Braudel dit que les villages n'avaient pas de Boulanger . Pour le four  souvent commun, c'etait une rotation ou une spécialisation et chacun pouvait etre le boulanger d' un vieux isolé ou d' un non paysan.
S'il n' y avait pas de Boulanger, il y avait un forgeron ( par groupe de village) . Mais le forgeron, comme l' instit avait poulailler et potager.
Il faut comprendre qu' un paysan comme mes grans parent n' était pas un agriculteur et encore poins un "exploitant agricole".
Paysan c'était une forme de vie, pas un métier. Le peu de surplus sert à payer les impots et les fournitures exogènes tres peu nombreuses.
Mon grand père, au bout d' un moment à préféré se séparer du cheval. Il échangeait le prêt d'un cheval ponctuellement contre une journée de travail dans une ferme. Rien d ' écrit: La ferme , plus importante lui demande de l' aide lors de certains travaux et rend ce service par des prets de matos ou de personnel par exemple pour le battage. Ce système d'échange non formalisé est basé sur l' affect ( rendre plus qu' on a reçu). Lors d' une maladie l' un va bosser gratos pour maintenir la ferme de l' autre  à flot .
Il est certain  qu'en poly activité qu' on a tendance à privilégier une activité que l' on préfère , qui rapporte mieux ou qu' on maitrise mieux, mais c'est une tentation à combattre. J' ai eu la chance qu' à l' époque la polyactivité existait encore dans l' enseignement. Bien qu'étudiant l' élec, on avait beaucoup d' heure de dessin indus. Ca m' a permis de pouvoir bosser charpentes  et autres travaux en gros bois. Ca c'est du vrai plaisir !
Quand tu sais dessiner sur les 4 faces un ensemble puis chaque morceau, tu sais construire un balcon, une mezza, une véranda. Et comme c'et la main d'oeuvre le plus cher, tu peux te permettre d' utiliser du chêne en 25 cm, ...
Je plains sincèrement les monospécialisés. De plus je pense qu' en multipratique, l'individu acquière plus que la somme des acquis de chaque pratique. J' ai fait du pentathlon et c'était évident.
Je me souviens dans un gite mal famé des pyrénées d' une nana qui ne voulait pas venir grimper ou randonner: musicienne, il lui fallait travailler sa musique et ses textes. Un ami lui a dit que si elle ne faisait que bosser ses texte , elle n'aurait rien à y mettre , il fallait vivre pour parler de la vie. Ce n' était pas un tres bon grimpeur, mais un vrai sage.

J' oubliais ! Retraite ? c'est quoi ça ? c'est un terme de perdant

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Malcolm le Mar 14 Mar 2017 - 18:16

Kercoz a écrit:
Dommage, les poules c'est sympa et moins con qu' on pourrait le penser.
La Spécialisation n'est pas naturelle. Braudel dit que les villages n'avaient pas de Boulanger . Pour le four  souvent commun, c'etait une rotation ou une spécialisation et chacun pouvait etre le boulanger d' un vieux isolé ou d' un non paysan.
S'il n' y avait pas de Boulanger, il y avait un forgeron ( par groupe de village) . Mais le forgeron, comme l' instit avait poulailler et potager.
Il faut comprendre qu' un paysan comme mes grans parent n' était pas un agriculteur et encore poins un "exploitant agricole".
Paysan c'était une forme de vie, pas un métier. Le peu de surplus sert à payer les impots et les fournitures exogènes tres peu nombreuses
Mon grand père, au bout d' un moment à préféré se séparer du cheval. Il échangeait le prêt d'un cheval ponctuellement contre une journée de travail dans une ferme. Rien d ' écrit: La ferme , plus importante lui demande de l' aide lors de certains travaux et rend ce service par des prets de matos ou de personnel par exemple pour le battage. Ce système d'échange non formalisé est basé sur l' affect ( rendre plus qu' on a reçu). Lors d' une maladie l' un va bosser gratos pour maintenir la ferme de l' autre  à flot .
Il est certain  qu'en poly activité qu' on a tendance à privilégier une activité que l' on préfère , qui rapporte mieux ou qu' on maitrise mieux, mais c'est une tentation à combattre. J' ai eu la chance qu' à l' époque la polyactivité existait encore dans l' enseignement. Bien qu'étudiant l' élec, on avait beaucoup d' heure de dessin indus. Ca m' a permis de pouvoir bosser charpentes  et autres travaux en gros bois. Ca c'est du vrai plaisir !
Quand tu sais dessiner sur les 4 faces un ensemble puis chaque morceau, tu sais construire un balcon, une mezza, une véranda. Et comme c'et la main d'oeuvre le plus cher, tu peux te permettre d' utiliser du chêne en 25 cm, ...
Je plains sincèrement les monospécialisés. De plus je pense qu' en multipratiqe, l'individu acquière plus que la somme des acquis de chaque pratique. J' ai fait du pentathlon et c'était évident. 
Je me souviens dans un gite mal famé des pyrénées d' une nana qui ne voulait pas venir grimper ou randonner: musicienne, il lui fallait travailler sa musique et ses textes. Un ami lui a dit que si elle ne faisait que bosser ses texte , elle n'aurait rien à y mettre , il fallait vivre pour parler de la vie. Ce n' était pas un tres bon grimpeur, mais un vrai sage.

Leur travail est-il productiviste Kercoz ?
J' oubliais ! Retraite ? c'est quoi ça ? c'est un terme de perdant
N'était-ce pas mon propos d'entrée de jeu Kercoz ? - sauf à parler de retraite philosophique, c'est autre chose !
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Re: Amour du travail bien fait

Message  Rêveur le Mar 14 Mar 2017 - 18:26

Avistodénas a écrit:Pense-tu qu'une spécialisation soit vraiment lassante ? Lorsqu'on parvient à tel degré de spécialisation, j'ai l'impression qu'on est pris soi-même à son propre jeu et qu'on ne s'en rend même pas compte tant il serait impensable de faire autre chose. Surtout quand on a pu mettre cette spécialisation à son propre service, et non à celui d'une entreprise dont on ne saisit pas très bien la finalité.
Si tu entends aussi par là changer de boulot dans la vie, çà c'est le top ! Tu as carrément l'impression d'avoir eu plusieurs vies. Et en plus, tu finis assez polyvalent. Quoi de mieux pour la retraite ?

 Voici qui me donne occasion pour intervenir (je n'ai pas lu l'ensemble du fil).
 On peut te répondre qu'une activité peut continuer à passionner (ne pas te lasser) si elle continue à générer du nouveau, bref si elle contient toujours du divers. Ce n'est pas parce qu'on fait une activité spécifique qu'on n'est pas polyvalent, polyactif. Un professeur de mathématiques, un fermier, un écrivain, un sportif, etc., peuvent tous être polyactifs quand bien même ils garderaient le même métier toute leur vie. Un sportif apprend certains gestes précis, mais il cherchera dans ses matches à créer quelque chose, il aura des adversaires variés, il aura des victoires et des défaites, etc. Le fermier peut avoir une activité diverse en ayant un potager plus un élevage, et puis simplement des animaux différents.
 Je dirais même qu'une activité peut être spécialisée tout en permettant cette diversification. Tu auras beau, en tant qu'historien, te spécialiser sur une période très précise, mettons par exemple la Révolution française, ou même, par exemple, le serment du jeu de paume, ou la prise de la bastille, tu ne vas pas chaque jour répéter la même chose, mais aborder tous les aspects de l'évènement, le déployer dans toute son étendue. En se spécialisant de la sorte, on peut donner du sens au geste le plus simple. Ce geste le plus simple, ça peut être tel geste d'un cordonnier, mais qui prendra pour lui tant de sens, qu'il sera capable de ne jamais l'épuiser, de toujours y trouver quelque chose de nouveau. Tout ceci est particulièrement vrai de l'artiste, mettons du peintre qui peindrait toujours des bouleaux : le propre d'une telle passion, c'est bien de contempler tout ce qui s'offre, de s'en imprégner, d'aimer en voulant tout connaître, en voulant en reproduire le plus ; peindrait-il pendant longtemps le même bouleau, il pourrait trouver des manières, des angles, des techniques différents pour l'aborder, et il pourrait repérer tous les moindres détails, et comment chacun s'accorde avec les autres et avec l'ensemble. L'homme a besoin de nouveau, et dans ses activités, il est souvent lui-même producteur de nouveau. C'est ainsi que nous sommes, nous avons besoin d'un monde où vivre, d'un donné, d'un héritage, mais comment n'être que celui-ci, comment ne rien apporter au monde, comment vivre et mourir sans rien laisser de nouveau au monde, comme si nous n'avions jamais existé, comme si nous n'avions été qu'une répétition inutile de ce qui avait déjà été ? Nous ne blâmons certes pas Akaki Akakievitch pour son incapacité à faire autre chose que copier ; mais nous en avons pitié. N'aurait-il jamais acheté de manteau, il n'aurait jamais pu lui arriver de nouvelle. D'ailleurs, c'est ainsi qu'elle s'intitule : Le Manteau.
 On sait la réponse faite à celui qui balance entre arbre et pirogue, que c'est à partir de l'arbre qu'il construit sa pirogue. De fait, comme le dit Bergson, nous avons besoin d'accumuler du temps, de l'expérience, pour nous projeter dans l'avenir. On étend sa conscience par le nouveau, qui ne peut être un simple changement capricieux, un autre simple autre, sans contenu finalement, ou sans contenu a priori, en ce sens qu'il serait voulu seulement en tant qu'autre ; on étend sa conscience en remplaçant l'habitude par le rituel, par le quotidien ou le présent auquel on peut donner un sens, et qui lui permette d'en déployer indéfiniment du nouveau. Un nouveau dans la continuité avec son existence. Le quotidien toujours identique, incapable d'abriter du nouveau (et ceci donc inclut le métier), bride, détruit peu à peu, corrompt, jusqu'à ce qu'on abdique ou désespère toujours. L'ouvrier en usine, qui travaille à la chaîne, qui gagne à peine de quoi nourrir sa famille, qui n'a quasi aucun loisir, qui n'a pas su étudier, se cultiver, développer du style, comme le Macaire Diévouchkine des Pauvres gens, qui morne ne sait plus quoi dire à ses proches (voire qui vit dans la solitude), dont la conversation est terriblement plate comme celle de Bovary d'après Emma, qui ne peut plus rien réanimer, finira ou bien par abdiquer, se laisser aller dans l'existence, ou bien par désespérer toujours. - ou bien il se réveillera d'une manière ou d'une autre. Cela vaut bien sûr jusque pour le fortuné qui serait dans une telle situation de misère humaine d'une manière ou d'une autre. Or finalement, peut-être qu'on peut rapprocher cette situation de celle d'un Onéguine, d'un ennuyé, voyant le monde autour de lui aller, couler comme un fleuve, sans savoir se raccrocher à quoi que ce soit, qui << veut toujours être ailleurs >> (une chanson de Noir Désir), sans finalement être nulle part. À partir de là on ne peut rien construire. Il ne s'est pas trouvé d'arbre. L'autre n'a pas eu le loisir pour se forger sa pirogue. Quand on a l'arbre, et qu'on peut s'en servir, alors on peut aller, partir d'une terre qui demeure sa terre, pour aller vers une terre qui sera aussi sa terre, et dire avec Pouchkine :

Eugène Onéguine, I, 50, trad Jean-Louis Backès, a écrit:Il est temps que, loin du rivage,
(De cet élément ennemi),
Sur la houle des mers du Sud,
Sous le soleil de mon Afrique,
J'aille regretter la Russie,
Où j'ai souffert, où j'ai aimé,
Où j'ai mis mon cœur au tombeau

Edit : je n'ai pas lu les deux derniers messages, je le ferai après Tea Time.


Dernière édition par Rêveur le Mer 15 Mar 2017 - 3:22, édité 1 fois

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Kercoz le Mar 14 Mar 2017 - 22:20

Malcolm a écrit:

Leur travail est-il productiviste Kercoz ?

Je ne comprends pas ta question. Mes dernières phrases portaient sur l' altérité qui contredit la spécialisation. Ce lui qui ne vit pas n' a rien à dire sur la vie. Mes grands parents n' étaient pas productiviste au sens sociétal ou du Marx du 18 Brumaire et de ses sacs de patates. Ils sont par contre productiviste à leur niveau. C'est à dire qu'ils font en sorte de produire assez pour suffir à leur besoin et payer les impots. Le productivisme c'est leur imposer de produire 10 fois plus pour nourrir ceux qui cogitent 10 h par jour sans se lasser.(mode humour).
Quand j' allais chercher le pain, j' amenais un ticket que le boulanger lui avait donné en échange du blé qu' on lui avait porté. Je me posais toujours la question de savoir si le pain que je ramenais était réellement fabriqué avec le grain ...chaque année je doutais un peu plus.
Ce truc du travail - activité est un problème important. Plus tu sous traite/spécialise, plus ton activité s'éloigne de la production de biens essentiels, plus tu es dépendant du système. Si les capétiens n' ont jamais pu lever d' impot ( cf B. de Jouvenel) c'est que les paysans étaient auto-suffisants et armés. Le morcelage freine le gain de productivité mais apporte une résilience inappréciable. Essaie d' imaginer le marché noir qui a alimenté les ville durant la dernière si la situation se reproduisait actuellement. Va demander 2 douzaines d' oeufs aux usines à oeufs dont les poules sont crevées apres 3 h sans courant, sans ventilation!

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Levineannamaria le Mer 15 Mar 2017 - 9:08

Le souci du travail bien fait est parfois une plaie. L'employé qui s'acharne à produire un travail bien fait peut devenir exaspérant. Il suit ses propres critères du "bien fait" et excède largement ce que la communauté attend de lui. Un travail qui tient la route dans le cadre au sein duquel ce travail est réalisé voilà ce qui lui est demandé.
Les salariés les plus anciens suivent des critères de perfection qui leur sont propres. Des critères inutiles qui freinent l'action. Ils se font plaisir en s'appuyant sur des déterminations personnelles, éventuellement philosophiques, d'une philosophie antique. Mais l'antiquité n'a plus cours, non plus que les philosophes datés.
La philosophie du travail doit et va changer, et les maitres anciens ne valent plus, dans leur discours, que dans un cadre suranné et fossilisé.
Le monde est en création, la pensée elle-même évolue.
Si philosophie du travail il doit y avoir elle sera pensée par des philosophes nouveaux et créateurs.
Cela n'empêche certes pas d'aller consulter les écritures, comme cela n'empêche pas l'israélite d'aller lire les prophètes. Par respect pour l'histoire du peuple, mais certainement pas pour suivre leurs directives.

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Malcolm le Mer 15 Mar 2017 - 11:02

@ Kercoz : donc tu admets que tout travail n'est pas productiviste ?

@ Levineannamaria : bienvenue sur le forum pour commencer. Et, pour enchaîner : ne confondrais-tu pas amour du travail bien fait avec, à la fois, zèle et solipsisme dans la démarche ?
Je veux bien te croire que les zélateurs solipsistes soient des plaies, surtout en équipe ! *Lol* car ils ne fonctionnent pas comme coéquipiers. Or alors, ça n'est pas ce qu'on peut nommer un travail bien fait.
En effet, et tel que l'amenait le premier post, le bien est conforme aux règles de l'art & du métier. Si donc l'art & métier implique de fonctionner coéquipièrement, n'y a-t-il pas contradiction à dire travail bien fait pour un zélateur solipsiste ? ... au fond, le zélateur solipsiste n'est-il pas l'intégriste du travail ? le stakhanoviste ? le néomanager-main-de-fer-dans-un-gant-de-velours lucrativiste ? j'en passe et des meilleures ?
Où donc ton "créativisme" a évidemment ses droits, et entre dans le champ des règles de l'art & métier.


Dernière édition par Malcolm le Mer 15 Mar 2017 - 12:24, édité 1 fois
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Re: Amour du travail bien fait

Message  Avis' le Mer 15 Mar 2017 - 11:26

La grève du zèle, çà dit quelque chose..? *Héhéhey*

Certains la font, sans même le savoir.

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Kercoz le Mer 15 Mar 2017 - 11:35

On tourne en boucle, on va encore faire un "Larsen".
Le terme travail, entendu comme activité productive dévoyée ( intensive-extensive) est par définition productiviste. Disons que c'est un dévoiement productiviste d' une activité nécessaire. Cette activité "nécessaire" ne me semble pas devoir être qualifié de "travail" dans le sens ou ce terme ( et son étymologie ) est connoté sur les inconvénients occasionnés par le dévoiement en question)
De plus on peut aussi dire qu'une activité productive mais que je ne considère pas comme un travail peut avoir un quota de pénibilité non négligeable voire intense. MAIS cette pénibilité étant directement référée à un besoin, une nécessité, elle est en quelque sorte "magnifiée", idéalisée.
Le fait est que lorsque l' activité salariée ( travail) s'éloigne des activités liées à la production de biens essentiels, le rapport entre l' activité et le fait qu'il soit "productiviste" n'est pas immédiatement évident. Pourtant, une activité que je nommerais tertiaire ( non liée à une nécessité première ou secondaire) ne peut se déparier du système productiviste puisqu' elle ne peut exister que grace au productivisme ( et au degré d' icelui).
L' intrication de ces niveaux d'activité occulte leur degré de pouvoir de domination sur les niveaux de productions de biens essentiels.


Dernière édition par kercoz le Mer 15 Mar 2017 - 18:19, édité 1 fois

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Malcolm le Mer 15 Mar 2017 - 12:22

Avis' a écrit:La grève du zèle, çà dit quelque chose..? 

Certains la font, sans même le savoir.
D'autant plus que l'inverse existe aussi, et qu'en l'état le propos de Levineannamaria est indécidable, à savoir : au nom du "créativisme" et de l'anti-"amour du travail bien fait comme zèle solipsiste", on finit en médiocratie du travailleur ... D'où je dis "qu'un homme, ça se tient ; ça a de la tenue".
Voir alors : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1269-la-race-de-philosophes-tels-qu-alain-typicite-alainienne
Kercoz a écrit:On tourne en boucle, on va encore faire un "Larsen".
Le terme travail, entendu comme activité productive dévoyée ( intensive-extensive) est par définition productiviste. Disons que c'est un dévoiement productiviste d' une activité nécessaire. Cette activité "nécessaire" ne me semble pas devoir être qualifié de "travail" dans le sens ou ce terme ( et son étymologie ) est connoté sur les inconvénients occasionnés par le dévoiement en question)
De plus on peut aussi dire qu'une activité productive mais que je ne considère pas comme un travail peut avoir un quota de pénibilité non négligeable voire intense. MAIS cette pénibilité étant directement référée à un besoin, une nécessité, elle est en quelque sorte "magnifiée", idéalisée.
Le fait est que lorsque l' activité salariée ( travail) s'éloigne des activités liées à la production de biens essentiels, le rapport entre l' activité et le fait qu'il soit "productiviste" n'est pas immédiatement évident. Pourtant, une activité que je nommerais tertiaire ( non liée à une nécessité première ou secondaire) ne peut se déparier du système productiviste puisqu' elle ne peut exister que grace au productivisme ( et au degré d' icelui).
L' intrication de ces niveaux d'activité occulte leur degré de pouvoir de domination sur les niveaux de productions de biens essentiels.
Marx que tu citas, dit le travail libère, le travail est le propre de l'Homme, le travail est créateur - tant qu'il n'est pas aliéné par le capitalisme, notamment.
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Re: Amour du travail bien fait

Message  Avis' le Mer 15 Mar 2017 - 13:01

Malcolm a écrit:. D'où je dis "qu'un homme, ça se tient ; ça a de la tenue".

Voilà un discours que je comprends. Et çà pleurniche pas. (Sauf sous la torture évidemment).

A mon avis, et je n'en suis pas très sûr, le capitalisme naît de ce qu'il faut (en l'espèce) nourrir tout le monde. Il ne répond jamais qu'à des besoins.(A sa façon).

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Malcolm le Mer 15 Mar 2017 - 14:04

Avis' a écrit:Voilà un discours que je comprends. Et çà pleurniche pas. (Sauf sous la torture évidemment).
"Ça pleurniche pas", peut-être, mais crois-moi que ça peut largement pleurer, s'affliger, s'éplorer et s'effondrer. C'est de bonne émotivité, avant que l'éthique dix-neuviémiste, industrialiste, stakhanoviste, productiviste, lucrativiste, styliste, etc. ne vende une sur-virilité de merde (sur la base de la courtisanerie d'Ancien Régime & sa bourgeoisie parvenante, sans parler des Lords ni des Prinzen). Or, une telle sur-virilité ne fait jamais que compenser une sous-virilité ; soit donc : une virilité qui ne se sent plus exister qu'à la faveur de démonstrations de performance (la pauvre !) encontre toute bonne logique de compétence, etc. C'est déshumanisant. Mais le pire, c'est que les femmes "aiment ça", qui réclament alors l'égalité et le droit à faire comme les hommes ! Ha les connes ! *Lol* *Applause*
A mon avis, et je n'en suis pas très sûr, le capitalisme naît de ce qu'il faut (en l'espèce) nourrir tout le monde. Il ne répond jamais qu'à des besoins.(A sa façon).
Non. Le capitalisme est une technologie bourso- et banco-centrique de l'entrepreneuriat, permettant l'accélération du développement à toutes les motivations consensuellement crédibles. Soit donc : il cause plus qu'il ne répond mais, à force de causer, il répond devant ses causes, et ainsi de suite. Ainsi par exemple, l'invention de l'automobile est un développement causant des besoins auxquels il répond en causant exploitation & acheminement pétroliers, raffineries, stations, routes, sécurité idoine, formation conductrice, etc. qui eux-mêmes, etc. C'est juste lucrativistement hasardeux ! *Blase*  *Lol*
C'est-à-dire que toute innovation, avant ou pendant le capitalisme, avait cet effet, mais que le capitalisme l'a dramatiquement multiplié en interdisant que la puissance publique s'en mêle, rapport à des logiques de masse critique, etc.

Voir aussi : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1511-genealogie-de-la-democratie-moderne-contemporaine
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Re: Amour du travail bien fait

Message  Kercoz le Mer 15 Mar 2017 - 14:17

Un homme , surtout, il faudrait que """ça s'empèche""""".


Dernière édition par kercoz le Mer 15 Mar 2017 - 18:00, édité 1 fois

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Re: Amour du travail bien fait

Message  Malcolm le Mer 15 Mar 2017 - 14:18

Kercoz a écrit:Un homme , surtout, il faudrait que """ça s'empèche""""".
Cette expression n'est pas de toi. Mais c'est bien, tu as compris ce que je veux dire sur la tenue 8)
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Re: Amour du travail bien fait

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