Des quatre vérités du principe de connaissance

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Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Kal' le Ven 31 Mar 2017 - 22:22

Au sein du principe de connaissance, que j'ai évoqué il y a peu, il existe des raisons qui se fondent nécessairement sur quatre types de jugement desquels la vérité est à chaque fois différente. En effet, la logique enseigne selon la théorie des jugements qu'on peut joindre ou séparer des représentations abstraites ; et chacun des jugements doit établir une connaissance dont il doit en avoir la raison, et lorsqu'il y a concordance, adéquation, il reçoit alors l'attribut de vrai. La vérité est le qualificatif d'une relation entre un jugement et son principe, normalement abstraits, mais peut-être matériels, qui en diffère. Par ailleurs, il n'existe pas de vérité « intrinsèque », reposant uniquement sur elle-même, elles sont toutes « extrinsèques » en rapport avec les conditions métalogiques de la raison.



  • Vérité logique :


Lorsqu'un jugement a comme raison un autre jugement, on parle par conséquent de vérité logique. Cela consiste entre une comparaison, par conversion ou contraposition de jugements, voire par le rajout d'un troisième. De telle sorte, pour le dernier cas, qu'un jugement qui en serait la production est qualifié de complètement syllogistique. C'est alors l'enchaînement de notions abstraites à laquelle on y tire une conclusion.



  • Vérité empirique :



Un jugement peut se fonder sur la première classe des objets sensibles, c'est-à-dire sur une représentation intuitive. On parle dès lors de vérité empirique car sa cause est matérielle. Et lorsqu'il y a adéquation entre le jugement et sa raison, qu'il est donc vrai, c'est toujours quand il est joint et divisé à partir de la représentation sensible. Le raisonnement est la faculté médiatrice entre les représentations abstraites et intuitives, et qui opère avec les jugements se fondant sur une vérité empirique.



  • Vérité transcendantale :


La partie purement formelle de la représentation, ce qui structure la sensibilité pure, qui conditionne la possibilité même de l'expérience, peut être à la source de jugements dont la vérité s'établit selon les formes de la perception. C'est une vérité transcendantale. Les mathématiques pures en sont un exemple ainsi que tout ce qui détermine l'intuition, à savoir la spatio-temporalité ainsi que la causalité.



  • Vérité métalogique :



Aussi bien qu'il existe des conditions formelles à l'expérience, il en existe tout autant en ce qui concerne les représentations abstraites ; celles-ci se dévoilent par l'examen de la raison par elle-même. Dans ce cas, le fondement du jugement repose sur ce qui conditionne la pensée : c'est la vérité métalogique. Schopenhauer nous explique qu'il existe seulement quatre types de jugements de ce genre dont voici la formulation :

- Le sujet est égal à la somme de ses attributs, ou a = a.
- Un attribut ne peut pas être tout à la fois affirmé et nié d’un même sujet, ou a – a = 0.
- Parmi deux attributs contradictoirement opposés, l'un doit convenir à tout sujet.
- Le lien d'un jugement avec sa raison suffisante, qui lui est extérieure, et ce qui distingue toute vérité.


Dernière édition par Kalos le Mer 12 Avr 2017 - 23:42, édité 3 fois
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Malcolm le Mer 12 Avr 2017 - 0:05

Kalos a écrit:Au sein du principe de connaissance, que j'ai évoqué il y a peu, il existe des jugements qui se fondent nécessairement sur quatre types de raisons desquels la vérité est à chaque fois différente.
A noter qu'en philosophie, et du moins dans un tel contexte, jugement signifie acte de pensée se voulant le plus objectif possible. Et c'est drôle alors, comme la vérité est là fondée sur quatre types de raisons, car on aurait plutôt tendance à dire que les raisons découlent de la vérité, et que de raison, il n'y en a qu'une, et non pas quatre - encore moins quatre types ("C ki c ga ?").
En effet, la logique enseigne selon la théorie des jugements qu'on peut joindre ou séparer des représentations abstraites
Encore une venant en sus - la logique, - qu'on distingue mal communément de la raison, de la vérité, voire du jugement. Voilà qu'elle enseigne or, pour enseigner, il fallait bien qu'elle se fondât en vérité, mais on ne se doutait pas que la vérité pouvait être à elle-même différente, alors, qu'est donc la vérité de cette logique qui enseigne, et est-elle bien logique elle-même ? car on voudrait chez Schopenhauer trouver là la Volonté, mais ça n'est pas certain dans l'idée.
Au reste, joindre ou séparer des représentations abstraites, est somme toute fort visuel voire spatial, dans l'idée, or il n'était pas dit que la logique le fût, de ce qu'elle est "logiquement" discursive.
Que d'épaisseurs de mystère !
chacun des jugements doit établir une connaissance dont il doit en avoir la raison, et lorsqu'il y a concordance, adéquation, il reçoit alors l'attribut de vrai.
Est donc vrai, ce qui procède d'un jugement se connaissant dans son fondement logique, de ce que cette logique elle-même se fondait en vérités métalogiques (ce qu'on apprendra plus tard, et qui résorbera mon questionnent de savoir si la logique est bien elle-même logique, puisque donc elle est métalogiquement fondée ... ).
La vérité est le qualificatif d'une relation entre un jugement et son principe, normalement abstraits, mais peut-être matériels, qui en diffère.
Qui diffère de la relation, si l'on suit bien sans erreur. En quoi l'aspect matériel n'est-il qu'éventuel ?
Par ailleurs, il n'existe pas de vérités « intrinsèques », reposant uniquement sur elles-mêmes, elles sont toutes « extrinsèques » en rapport avec les conditions métalogiques de la raison.
Ah voilà j'avais donc bien compris, mais je doute soudain que logique et raison (enseignement de la logique et raison), soient bien distincts, ce qui me pose problème quant aux prémisses !

Au reste, fort bien donc, telle est la classification schopenhauerienne.


Excursion : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1926-entendre-le-philosophique
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Kal' le Mer 12 Avr 2017 - 19:46

Mal' a écrit:En quoi l'aspect matériel n'est-il qu'éventuel ?

Un jugement logique peut être le résultat direct d'un autre jugement logique, mais cette chaîne ascendante doit nécessairement s'arrêter à une représentation intuitive : il n'existe pas, pour Schopenhauer, de concepts purs de la raison.

Mal' a écrit:mais je doute soudain que logique et raison (enseignement de la logique et raison), soient bien distincts, ce qui me pose problème quant aux prémisses !

Une vérité empirique s'appuie sur le prince de raison du devenir, de la loi de causalité donc, et il n'y a rien de logique, enfin plutôt rien d'artificiellement logique, dans l'enchaînement d'une cause puis d'un effet. Ainsi logique et raison ne sont pas identiques.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Malcolm le Ven 14 Avr 2017 - 12:42

Un jugement logique peut être le résultat direct d'un autre jugement logique, mais cette chaîne ascendante doit nécessairement s'arrêter à une représentation intuitive : il n'existe pas, pour Schopenhauer, de concepts purs de la raison.
Où l'on "bute" alors sur l'expérience-limite de la Volonté ? ... Mais d'ailleurs, cela m'interroge sur cette expérience-limite en effet : son enregistrement, sous un angle, et uniquement sous cet angle, serait-il un aveu d'impuissance gnoséologique ? ... Schopenhaueriennement non, au contraire, c'est de bonne humilité devant l'infondement, l'arrêt nécessaire, le départ intuitif donc.
Tout ce qui, d'ailleurs, me fait songer à je-ne-sais-plus-quel texte spinozien (aidez-moi !), dans lequel Spinoza dit que la fondementation du connaître n'a rien de mis en abyme ni à mettre en abyme, et qu'on peut bien commencer évidemment quelque part. Mais Spinoza était pour le moins réaliste, métaphysiquement.
En tout cas, sous l'angle dit, il y aurait apposement de la Volonté comme pour dire : "Ici, un espace interstellaire euclidien-brunoïen prend fin et, au-delà ... mais il n'y a pas d'au-delà." Singulier, non ?
Une vérité empirique s'appuie sur le prince de raison du devenir, de la loi de causalité donc, et il n'y a rien de logique, enfin plutôt rien d'artificiellement logique, dans l'enchaînement d'une cause puis d'un effet. Ainsi logique et raison ne sont pas identiques.
Pourvu qu'il soit bon prince ! *Lol* ... soit donc métalogique, si j'ai bien tout suivi ? tandis que la raison consiste "seulement" en motif (Volontaire ?) ?
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Kal' le Ven 14 Avr 2017 - 14:18

Mal' a écrit:Où l'on "bute" alors sur l'expérience-limite de la Volonté ? ... Mais d'ailleurs, cela m'interroge sur cette expérience-limite en effet : son enregistrement, sous un angle, et uniquement sous cet angle, serait-il un aveu d'impuissance gnoséologique ? ... Schopenhaueriennement non, au contraire, c'est de bonne humilité devant l'infondement, l'arrêt nécessaire, le départ intuitif donc.

Tu réponds toi-même à ta propre question. La représentation est avant tout la Volonté prenant connaissance d'elle-même à partir d'un sujet ; et la Volonté aspire à sa connaissance, car celle-ci témoigne de sa plus haute objectivation. Il n'y a donc pas de "limites" à l'expérience, car il faudrait pour cela qu'il y ait bien quelque chose qui limite l'expérience ; et la connaissance constitue l'ensemble des choses que l'on puisse connaître, au sens interne (Volonté) comme au sens externe (représentation), donc le monde de la représentation forme tout ce qui peut être connu : la Volonté, en tant que chose en soi, n'est pas source de connaissance stricto sensu, mais seulement connaissable.

Mal' a écrit:Tout ce qui, d'ailleurs, me fait songer à je-ne-sais-plus-quel texte spinozien (aidez-moi !), dans lequel Spinoza dit que la fondementation du connaître n'a rien de mis en abyme ni à mettre en abyme, et qu'on peut bien commencer évidemment quelque part. Mais Spinoza était pour le moins réaliste, métaphysiquement.

On se demande bien alors d'où il tire tous ses concepts obscurs, si ce n'est de sa puissante imagination.

Mal' a écrit:soit donc métalogique, si j'ai bien tout suivi ? tandis que la raison consiste "seulement" en motif (Volontaire ?) ?

Dans quel sens entends-tu raison ? En tant que faculté ou sous la forme du principe de raison ? Le motif, la loi de motivation, est une perception interne de la causalité.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Malcolm le Dim 16 Avr 2017 - 17:32

Il n'y a donc pas de "limites" à l'expérience
Il y a fourvoiement. Une expérience-limite n'est pas une limite à l'expérience, mais une expérience - si l'on veut - ultime, qui serait en l'occurrence "la Volonté pure", comme on dit d'une came dans les films que c'est d'la bonne. De telle sorte que, même si Tout Est Volonté - et d'ailleurs en tant que Tout L'Est, - on ait intuitivement accès à l'expérience-limite de "la Volonté pure", bonne came. Expérience qui, sans shoot ni high, nous rendrait à une forme de présence bouddhique. Où l'intuition seule, donc, suffit.
On se demande bien alors d'où il tire tous ses concepts obscurs, si ce n'est de sa puissante imagination.
Quels concepts ? ... S'il s'agissait de fondementation, c'est de moi là, pour les besoins de la cause. Sinon, les concepts spinoziens ne sont pas obscurs du tout, mais au contraire se veulent limpides comme tout. Un peu d'aristotélisme, dans un réalisme afférent donc, "et le tour est joué". Ceci étant, j'ouvrirai prochainement les topics qui vont bien, pour en parler.
Dans quel sens entends-tu raison ?
En tant que cause, motif, motivation, justification. Ai-je schopenhaueriennement tort ? Par quoi donc le métalogique consiste en un genre de fondementation de la logique, faisant advenir les raisons.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Kal' le Dim 16 Avr 2017 - 18:04

Il y a fourvoiement. Une expérience-limite n'est pas une limite à l'expérience, mais une expérience - si l'on veut - ultime, qui serait en l'occurrence "la Volonté pure", comme on dit d'une came dans les films que c'est d'la bonne. De telle sorte que, même si Tout Est Volonté - et d'ailleurs en tant que Tout L'Est, - on ait intuitivement accès à l'expérience-limite de "la Volonté pure", bonne came. Expérience qui, sans shoot ni high, nous rendrait à une forme de présence bouddhique. Où l'intuition seule, donc, suffit.

Dans ce cas, oui. Aucune connaissance ne précède l'intuition, si ce n'est la forme même sous laquelle apparaît l'intuition. J'aimerais ergoter en rajoutant qu'il n'y a pas de connaissance de la Volonté pure, mais une connaissance pure de la Volonté au travers de l'intuition des Idées.

En tant que cause, motif, motivation, justification. Ai-je schopenhaueriennement tort ? Par quoi donc le métalogique consiste en un genre de fondementation de la logique, faisant advenir les raisons.

Les fondements métalogiques de la raison sont eux aussi les raisons propres à la logique. Il n'y a pas de discontinuité. En un sens plus général, rien ne fait advenir les raisons ; la Volonté n'est pas la "cause" des raisons, ni même le sujet : le principe de raison ne concerne que les relations des objets intuitifs et abstraits entre eux.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Malcolm le Dim 16 Avr 2017 - 19:01

J'aimerais ergoter en rajoutant qu'il n'y a pas de connaissance de la Volonté pure, mais une connaissance pure de la Volonté au travers de l'intuition des Idées.
Aux lecteurs mal-attentifs : ce propos vient ajouter une information, non nuancer celles déjà présentes.
la Volonté n'est pas la "cause" des raisons, ni même le sujet : le principe de raison ne concerne que les relations des objets intuitifs et abstraits entre eux.
D'accord, mais c'est donc ainsi que ça procède, la Volonté. Sic est, fiat ! "Amor fati" schopenhaurien. Intuition, expérience-limite, donc. Par quoi je posais bien la question de savoir si, non-schopenhaueriennement, ça ne sonnait pas comme un aveu d'impuissance, et du moins comme une forme de réalisme spinozien apparentable de loin en loin, encore que ça ne soit absolument pas substantialiste, et que la substance-là soit la Volonté, par quoi donc c'est métaphysiquement volontariste. Il y a pourtant un réel.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Kal' le Dim 16 Avr 2017 - 19:51

Schopenhauer ne s'en tient pas au réalisme, il y a toujours une chose en soi en définitive.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Malcolm le Dim 16 Avr 2017 - 20:08

Moi je crois que la chose en soi est métaphysiquement très réaliste ! mais bien sûr, pas du sens des réalités évoqué en lien. Ce pourrait d'ailleurs être là très substantialiste, si alors l'on considérait la Volonté comme substance infinie & éternelle (d'où, Spinoza, dans un genre évidemment moins théiste, et encore que le Dieu spinozien est bien plus statique dans son implacabilité qu'une telle dynamique volitive).
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Kal' le Dim 16 Avr 2017 - 20:25

Le réalisme spinozien n'implique pas du tout la même éthique. De plus, la représentation n'est pas toute la Volonté ; la Volonté "existe" "en dehors" de la représentation, où elle est une dans son essence, etc.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

Message  Malcolm le Dim 16 Avr 2017 - 21:44

C'est juste. Il n'y a pas chez Spinoza un tel dualisme Volonté-représentation, et l'éthique est totalement différente. Je ne traitais que sous l'angle métaphysique.
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Re: Des quatre vérités du principe de connaissance

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