Tirade sur le terrorisme

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Tirade sur le terrorisme

Message  Malcolm le Lun 17 Avr 2017 - 15:10

Je me souviens de ce jeu vidéo, CounterSrike ("contre-frappe, contre-attaque"), sorti après Half Life sur la base du même moteur de jeu, et qui était l'un des premiers jeux "en ligne". Le principe était assez simple : dans un environnement délimité, se prêter à jouer un terroriste ou un antiterroriste, selon deux-trois scénarios différents ("tuez-les tous", "gardez/sauvez les otages", "posez/désamorcez la bombe" ... ) et, plus le joueur "jouait bien" ou "durait" d'une partie l'autre (5 min. environ), plus il obtenait de crédits pour (au début de chaque partie) les dépenser en "meilleur matériel" meurtrier/puissance de frappe (ainsi, les derniers arrivants dans un environnement pouvaient se retrouver avec un malheureux 6 coups devant un automatique ou un fusil-sniper embusqué, etc. jusqu'à temps qu'ils aient "suffisamment bien joué" ou "assez longtemps" pour se doter des mêmes dispositifs ...). C'était début 2000, et l'état d'urgence était décrété "par solidarité (?)" avec les USA qui venaient de voir tomber deux gratte-ciels. Depuis, d'autres attentats ont suivi. Mais à noter déjà que ce nécroludisme de CounterStrike, je l'avais éprouvé lors de la sortie de Medal of Honor sur Playstation, où il s'agissait de jouer un Allemand ou un Allié pendant la Seconde Guerre mondiale. Tu parles d'un "devoir de mémoire" *Lol* ... Mais enfin - me souffle-t-on à l'oreille - ç'eut été contrevenir à la sacro-sainte liberté, donc tout est en ordre, et depuis Call of Duty s'y est mis - et pas que Call of Duty - de façon fort qualitative d'ailleurs, en termes de jeux vidéos première-personne-tireure (FPS, First Person Shooter).

De tout cela, retenons seulement cette notion de nécroludisme, dont nous nous satisfaisons assez bien non seulement dans les jeux vidéos (laissez-faire, laissez-passer) mais aussi dans toutes les productions audiovisuelles. C'est-à-dire que bien malin celui qui accuserait trop vite la jeunesse, à commencer par ce fait que c'est lui qui la dota d'une console ou d'un ordinateur-personnel-joueur (PC-gamer), et que par ailleurs il se laissa assez bien bassiner par des images non-sense verte, diffusées en boucle au JT pendant la Seconde Guerre du Golfe intentée par les USA en 2003 et qui n'en finit plus d'avoir des conséquences malheureuses, quand par ailleurs les Irakiens se portaient mieux sous Sadam Hussein, dont on ne trouva jamais les prétendues armes nucléaires, ni surtout le prétendu lien avec Al Qaeda et Ben Laden.

Soit donc que ces façons d'exaltations autour de la terreur, participent assez globalement d'un glauque ou d'un sordide psychosocial, sociopolitique, et écoculturel, de civilisation atlantique. Glauque et sordide appréciables et appréciés, car suscitant suffisamment de fascinations pour "marcher" financièrement, et le plus souvent enrubannés de discours affectés contre "les souffrances" - où l'humanitarisme, donc, advient à un nécrofestivisme dont le nécroludisme n'est finalement qu'une spécification : nous, Atlantiques, communions glauquement et glauquement et sordidement - du moins, assez médiocrement - dans ce goût pour la terreur, et il est terriblement à parier (pas ma main, tout de même) que les attentats sur nos propres sols (quand on n'en a pas été victime au premier comme à d'autres degrés, mais uniquement spectateur ou victime indirecte, victime par solidarité nationale) ... il est terriblement à parier que les attentats sur nos propres sols procurent une forme d'éjouissance nécrofestive, assurément nécroludique quand elle trouve à s'exprimer çà et là dans des formes d'action humanitaire ou effectivement vidéoludique, pour rester sur mon exemple initial. En fait, toutes ces formes d'action ne seraient pas aussi attrayantes sans cela, surtout lorsqu'elles sont festives et ludiques naturellement, mais il n'est pas dit qu'autrement ce type d'éjouissances n'ait pas lieu. Juteux effroi.

Or, figurez-vous que je ne conspuerais-condamnerais pas aussi vite que cela nos méchantes mœurs. En effet, il se peut bien que tout cela provienne d'un aiguillon atavique, d'un instinct plongeant ses racines dans nos cerveaux reptiliens, à savoir : le besoin d'excitation devant le danger, le besoin d'éprouver un stress, une vigilance, une stimulation, un risque - serait-il fantasmatique - pour s'entretenir biologiquement ... Vous savez, comme nos chats d'appartement la nuit, qui tout d'un coup vous transforment le plus brillant parquet en piste de F1 sur laquelle faire gratter leurs griffes, pattes activées par quelque fantôme. On sait bien que ce comportement est issu d'une chasse, fonction "à vide". Eh bien, éthologiquement là, ce serait bien "à vide" que nous serions, et que nous nous éjouisserions conséquemment pour le nécrofestivisme et le nécroludisme - ou encore, dit autrement, nécroludisme et nécrofestivisme sont des effets de nos "à vide", certes forts lucratifs pour les avides alentour, à commencer par l'audimat.

Observez donc bien qu'il s'agit d'une éjouissance de civilisation, d'une exaltation socioculturelle événementielle, certes sur une base naturelle, aussi terrible - sordide et glauque - soit-elle, et quand bien même cela offusquerait nos "bonnes" mœurs. Mais il y a "mieux".

Il y a "mieux", de ce que par ailleurs nous nous auto-terrorisons pour plein de raisons. En effet, vivant dans le monde empirio-rationaliste que notre discours hérité tient volontiers à rattacher à l'humanisme de la Renaissance, au progressisme des Lumières, au démocratisme du Siècle de l'Industrie, et au mondialisme du Siècle des Grandes Guerres ... vivant dans ce monde empirio-rationaliste, donc, nous avons tout fait pour impersonnaliser autant que faire se pouvait - quand bien même les pistons, les clientèles, les favoris et autres parrainages restent manifestes - les démarches. A ce titre, donc, nous avons tout fait pour machiniser l'ordre social (bureaucratie), tout fait pour nous "robotiser". Auquel point robotique robotisé donc, nous nous effrayons les uns des autres, les uns les autres, de ce que plus rien ne semble bien faisable, libre, autonome, dans nos mondes massifiés. Plus encore, constatant bien l'influence inaliénable (et heureuse, en réalité) du si-trop-fameux "facteur humain" (évidemment considéré comme "indésirable" officiellement dans les "bonnes" mœurs), nous nous effrayons des mécompétences alentour (chez "les fonctionnaires, les jeunes, les hommes, les blancs, les seniors, etc.") avec donc nos grands gagnants dans les discours ("les femmes, les enfants, les actifs, les étrangers"). Finalement, et de fait, tout un chacun est terrorisé par la médiocrité du monde mais, s'auto-terrorisant de cette médiocrité, s'y rend lui-même directement - par pleutrerie inconsciente, et encore auto-justifiée dans ses "bonnes" mœurs, au nom de ce qu'il aurait lui-même opéré ce genre de bons constats. Mais tout le monde se terre et, le soir devant la télé, "découvre à quel point les personnes auxquelles il ne correspond pas sont nulles", ce qui est terrifique en effet.

Aussi, le phénomène terroriste dépasse infiniment les agressions extérieures ou internes inspirées par l'extérieur, de ce que nous le cultivons comme des guedins, "râh trop bien !" *Lol*

*Guedin*
L'urgentisme, la détresse, sont des fantasmes.
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kal' le Lun 17 Avr 2017 - 16:41

L'Europe ne s'est jamais autant ennuyée.
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kercoz le Lun 17 Avr 2017 - 18:05

Lucrèce, De rerum natura :

Suave, mari magno turbantibus aequora ventis
E terra magnum alterius spectare laborem ;
Non quia vexari quemquamst jucunda voluptas,
Sed quibus ipse malis careas quia cernere suavest.
Suave etiam belli certamina magna tueri
Per campos instructa tua sine parte pericli ;
Sed nihil dulcius est, bene quam munita tenere
Edita doctrina sapientum templa serena,
Despicere unde queas alios passimque videre
Errare atque viam palantis quaerere vitae,
Certare ingenio, contendere nobilitate,
Noctes atque dies niti praestante labore
ad summas emergere opes rerumque potiri.

O miseras hominum mentes, o pectora caeca !
Qualibus in tenebris vitae quantisque periclis
Degitur hoc aevi quod cumquest.
Nonne videre nil aliud sibi naturam latrare, nisi ut qui
Corpore seiunctus dolor absit, mensque fruatur
Jucundo sensu cura semota metuque ?


Traduction:
Il est doux, quand la vaste mer est soulevée par les vents, d'assister du rivage à la détresse d'autrui; non qu'on trouve si grand plaisir à regarder souffrir; mais on se plaît à voir quels maux vous épargnent. Il est doux aussi d'assister aux grandes luttes de la guerre, de suivre les batailles rangées dans les plaines, sans prendre sa part du danger. Mais la plus grande douceur est d'occuper les hauts lieux fortifiés par la pensée des sages, ces régions sereines d'où s'aperçoit au loin le reste des hommes, qui errent çà et là en cherchant au hasard le chemin de la vie, qui luttent de génie ou se disputent la gloire de la naissance, qui s'épuisent en efforts de jour et de nuit pour s'élever au faîte des richesses ou s'emparer du pouvoir.

Ô misérables esprits des hommes, ô cœurs aveugles! Dans quelles ténèbres, parmi quels dangers, se consume ce peu d'instants qu'est la vie! Comment ne pas entendre le cri de la nature, qui ne réclame rien d'autre qu'un corps exempt de douleur, un esprit heureux, libre d'inquiétude et de crainte?

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kal' le Lun 17 Avr 2017 - 19:28

Les voies de Kercoz sont impénétrables.
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Malcolm le Lun 17 Avr 2017 - 20:25

L'extrait semble torsement transversal : on a un Lucrèce s'éjouissant des guerres auxquelles il ne prend pas part, tout en profitant des sages. Pour moi, j'appelle cela une joie maligne ! *Lol* mais l'époque est bien différente. En effet, Lucrèce vit un temps qui - pour dépeuplé qu'il soit, rapport à nos jours - connaît des mœurs bien plus brutales. Soit donc que la surexposition inévitable (surexposition, rapport à nos jours) la surexposition inévitable à la violence, fait conclure à Lucrèce que sa posture philosophique est heureuse. N'ignorons pas non plus qu'il fut épicurien, ce qui explique beaucoup de choses : l'épicurien pense se diviniser au jardin, et appelle cela sa sagesse, mais il y a bien une sorte de cruauté au fond de cela - du moins, chez Lucrèce donc ; je ne sais pas si Épicure eusse pensé au reste du monde quant à lui.

Aussi bien, le propos lucrétien correspond sous un angle, à l'Homme atlantique actuellement, de ce qu'il s'éjouit quelque part - disais-je - du spectacle des guerres. Seulement, contrairement à Lucrèce : 1. il vit une époque aux mœurs infiniment moins (physiquement) brutales & conspuant violemment (au plan moral) la violence - cherchez l'erreur ! *Lol* 2. contrairement à Lucrèce, et à la manière du Romain lambda, il ne recherche pas la sagesse, 3. il s'expose volontairement au spectacle de la violence, qu'il recherche pour s'en éjouir, à la manière du Romain aux jeux du cirque (combats de gladiateurs, etc.) - sinon que là, c'est avec bonne conscience ! *Lol* car il "n'a" "que" fait organiser la mise en scène journalistique de l'événement (physiquement) violent *Lol* dans une violence morale monstre (re-cherchez l'erreur ! *Lol* ).

Bref : en effet, on voit mal ce que Lucrèce vient faire là ! du moins l'intention de poser le propos lucrétien est-elle dans une transversalité torse de ce que, au final, on pourrait croire Kercoz tout à fait éjoui desdits spectacles journalistiques - et pas que journalistiques - quand pourtant on sent bien qu'un "effort" ou qu'une forme de "recherche" a été tentée, pour harmonieusement coller au sujet.

Ceci étant, Kercoz ayant un jour confié ne pas aimer la philosophie, à la manière de Ragnar tentant de nous convertir tous à la science sans conscience, on peut conclure qu'il chercha tout aussi bien à démontrer que "les sages", par l'exemple du philosophe Lucrèce, tombent sous le coup de ma tirade sur le terrorisme, de telle sorte que cela dusse me convertir conséquemment. Auquel cas naturellement, la philologie et l'anthropologie historique & culturelle à laquelle je me suis initialement adonnée, viennent ruiner cet espoir - sauf peut-être à l'égard des lucrétiens entre les épicuriens, - tout en m'ayant donné l'occasion de resituer profitablement pour le quidam  *Merci*

(A moins que ma tirade lui rappela accessoirement Lucrèce, et que Kercoz se contenta d'un compulsif copier-coller. *Lol* )
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Crosswind le Lun 17 Avr 2017 - 20:34

Mal' a écrit:Aussi, le phénomène terroriste dépasse infiniment les agressions extérieures ou internes inspirées par l'extérieur, de ce que nous le cultivons comme des guedins, "râh trop bien !"

[...]

L'urgentisme, la détresse, sont des fantasmes.


Une certaine idée, depuis qu'une classe au moins d'êtres humains pense, estime qu'il est préférable de circonscrire notre penchant pour l'urgentisme, la détresse et les fantasmes, à des classes d'action plus tempérées. C'est d'ailleurs là l'idée maîtresse des pédiatres face à des enfants ennuyés ou violents, de leur offrir un expédient apte à canaliser leur frustration et colère, dans le bon sens du terme (tambourin, sport, etc...). Mais, d'un autre côté, il semble que le bonheur soit inversement proportionnel au malheur, de sorte que l'un n'aille pas sans l'autre. Pour ne citer que ces exemples, "le réconfort vient après l'effort", "après la pluie le beau temps",  "le repos du guerrier". Il nous faudrait, en quelque sorte, être en capacité de vivre d'abord, de penser ensuite, le drame, pour prétendre au bonheur. Autrement dit, sans mise à mort, point de réconfort, point de vie. De sorte que l'on ne pourrait jamais qu'apprivoiser le mal en tant que nécessaire au bonheur.

Quand on y réfléchit, cela peut faire sens. Espérer le chaos revient à aspirer sortir d'une neutralité de vie pour laquelle l'homme ne semble pas étudié, alors même que l'européen moyen tombe largement sous son joug. Mais le chaos offre en sus bien des avantages : la vengeance, le pouvoir et l'abondance passent par la violence, au moins. Ici l'italique prend une signification toute particulière en ce sens que la violence ne se veut qu'une voie parmi d'autres pour accéder à certains désirs. Il n'est en effet pas interdit de penser qu'une méthode pacifiste, de bon aloi, altruiste, puisse aboutir aux mêmes résultats. Mais alors, dirons-nous, pourquoi la violence, si une résolution pacifique des desiderata humains peut passer par l'unique pacificité ?

Jouer à un jeu vidéo n'est pas cruel. Cela ne fait de tort à personne, et s'assimile intuitivement aux jeux de guerre des cow-boys et indiens. Je me vois encore, moi, enfant, tapis dans une forêt, un bâton en main, en plein hiver sous une belle couche de neige, à attendre l'"attaque de l'ennemi". Accompagné de mon chien, chien de garde, s'il vous plaît. J'ai refais toutes les guerres. J'ai égorgé un Monde et demi. Plus tard, je sacrifiai de larges nids de fourmis, dans une forêt cette fois plus imposante. Je tapai dedans à grands coups de bâton, et observai la pagaille, intrigué de cette double puissance. Ces soldats, agressifs, ces nourrices, mettant les oeufs à l'abri, et les milliers d'autres affairées. Leur puissance, et puis la mienne. J'ai tué beaucoup d'insectes, pour un plaisir étrange, sur lequel je ne peux toujours pas mettre un seul mot. Mais un jour, une vérité se révéla. Cette année-là nos pommes de terres étaient infestées d'un insecte trop bien connu, le doryphore. Mon paternel me chargea, après m'avoir montré un exemplaire, de les ramasser à la main et de les brûler (eh oui !). Pour je ne sais trop quelle raison, je ramassai en réalité des larves de coccinelles, croyant à tort avoir à faire à des doryphores (les larves de la bête à Bon Dieu se confondent quelque fois avec celles du doryphore, si l'on n'y prend garde). Pris d'une étrange pulsion, je ramenai mes larves dans la cuisine. Une fois rendu auprès des casseroles maternelles, je me mis à confectionner un couloir de la mort en carton (ou assimilé), déposai les larves (pour ceux qui l'ignorent, cela se meut lestement) à un bout, et attendis, de l'autre côté, un couteau de cuisine en main. Je jouissais de la mort prochaine de ces choses ennemies, extraites de plants amis, tout en sauçant l'ensemble d'une logique juridique des plus savoureuse : la Loi vous condamne, j'entreprends votre mise à mort, pauvres déchets.

Le massacre eut lieu. Une bonne centaine d'insectes passèrent l'arme à gauche par convois ordonnés, puis rangés en tant que trophée sur l'une des planches à rôti. Fatigué, je laissai le couteau sur le bois, et m'en allai, tout de même curieusement atteint. Au soir, mes parent m'informèrent gentiment de ce que les insectes éradiqués par mes soins étaient en réalité de "gentilles larves de coccinelles", et non pas ces méchants doryphores que je pensais avoir loyalement combattu. Un véritable couperet m'est alors tombé sur la nuque. En premier lieu je dus admettre, au détour d'une pomme de terre rapidement avalée, non sans glaciale horreur, avoir passé ma rage sur "de malheureux innocents". Mais surtout, je compris que cette addiction au meurtre pour de bonnes raisons  n'était qu'une chimère, que je m'y étais laissé prendre, et que pour le même prix n'importe quelle chose aurait pu passer sous la lame de mon couteau.

Depuis lors, je suis circonspect quant aux relations de l'homme à sa cruauté.


Peut-être se situe là une partie de l'essence de la vie, dans ce rapport au meurtre, à la finitude, à la souffrance. Mais depuis que l'histoire est Histoire, comment comprendre ce paradoxe trop actuel d'une violence perpétuelle, alors même que l'image d'un père ou d'une mère tenant l'enfant agonisant, la vie niée par la balle ou l'épée, s'épand par les âges ? Comment le comprendre si ce n'est en l'incluant dans une métaphysique quelconque, et donc en l'acceptant pleinement tout en tentant le dompter au gré de nos évolutions communes ? Le mal est en nous, dans chacun de nos actes.

Passivement, nous sommes tous des monstres.Activement, cela relève de notre propre morale.

Mais qui pourra juger de la morale, de la Religion ou de la Science ?

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kercoz le Lun 17 Avr 2017 - 21:02

Mal' a écrit:Bref : en effet, on voit mal ce que Lucrèce vient faire là ! du moins l'intention de poser le propos lucrétien est-elle dans une transversalité torse de ce que, au final, on pourrait croire Kercoz tout à fait éjoui desdits spectacles journalistiques - et pas que journalistiques - quand pourtant on sent bien qu'un "effort" ou qu'une forme de "recherche" a été tentée, pour harmonieusement coller au sujet.

Que dire. On a les plaisirs qu'on peut. Un de mes plaisirs du dimanche soir, que je ne raterais pour rien au monde, est très simple et consiste, juste à l'apéro, au listing des embouteillages. J'ai 10 000 fois plus de risque de me faire trucider en traversant la route ou en buvant un vin non bio, que de croiser un terroriste. Tu ne risque pas de me voir au Bataclan ni sur une terrasse ou la mousse est à 5 euros, ni au stade de France. Les fait divers sont faits pour faire diversion. Je ne suis tout simplement pas concerné. Pour fouiller plus avant, il est sur qu'il y a une forme malsaine du malheur d'autrui. Mais Sade c'est vraiment pas mon truc.

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Prince' le Lun 17 Avr 2017 - 21:12

Et il fallait sacrifier ce pauvre Lucrèce ? 
Mal', je te signale que dans l'introuvable de Strauss que tu t'es procuré, tu as un long chapitre sur Lucrèce. Je crois me rappeler que Ph. Le Doze a pondu un article sur le sujet. Le nom suffira à retrouver l'article.
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Malcolm le Lun 17 Avr 2017 - 23:45

Peut-être se situe là une partie de l'essence de la vie, dans ce rapport au meurtre, à la finitude, à la souffrance. Mais depuis que l'histoire est Histoire, comment comprendre ce paradoxe trop actuel d'une violence perpétuelle, alors même que l'image d'un père ou d'une mère tenant l'enfant agonisant, la vie niée par la balle ou l'épée, s'épand par les âges ? Comment le comprendre si ce n'est en l'incluant dans une métaphysique quelconque, et donc en l'acceptant pleinement tout en tentant le dompter au gré de nos évolutions communes ? Le mal est en nous, dans chacun de nos actes.
Tout cela me fait songer - et je conseille sa lecture - à la Faim du tigre, essai de René Barjavel qui était loin d'être con. Il y a aussi, et d'actualité pour moi, Baruch Spinoza et son conatus, évidemment, du même acabit d'ailleurs. Tout ton décours sur ces malheureux doryphores, ne prouve qu'une chose à mon sens : l'innocence du devenir ... (Héraclite, Nietzsche)

Quant à cette image saisissante en effet, d'un père et d'une mère tenant leur enfant mourant, elle est de bonne logique afférente : la vie veut continuer, la vie veut vivre, or les enfants sont dans la continuité des parents, non l'inverse. Cette métaphysique est celle d'un élan vital, bergsonien peut-être, mais pas que bergsonien.
Lupus a écrit:Mal', je te signale que dans l'introuvable de Strauss que tu t'es procuré, tu as un long chapitre sur Lucrèce. Je crois me rappeler que Ph. Le Doze a pondu un article sur le sujet. Le nom suffira à retrouver l'article.
C'est noté *Tchin*
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Avis' le Mar 18 Avr 2017 - 11:41

Mal a écrit:Finalement, et de fait, tout un chacun est terrorisé par la médiocrité du monde mais, s'auto-terrorisant de cette médiocrité, s'y rend lui-même directement - par pleutrerie inconsciente, et encore auto-justifiée dans ses "bonnes" mœurs, au nom de ce qu'il aurait lui-même opéré ce genre de bons constats. Mais tout le monde se terre et, le soir devant la télé, "découvre à quel point les personnes auxquelles il ne correspond pas sont nulles", ce qui est terrifique en effet.

Perso, je vois plutôt cet auto-terrorisme comme cette façon que nous avons tous de nous tenir par la barbichette, ce qui donne une nation archi-bloquée, un pays tétanisé dans tous ses rouages à l'exception de ceux qui concernent le commerce car, comme il s'agit ici d'innovation sur laquelle nul autre que l'innovateur n'a de prise en raison des règles internationales, le pays se porte plutôt bien (sauf en matière de concurrence des produits attachés au sol français sur lesquels n'importe qui puisse nous tailler des croupières) au plan du commerce international. 
Nous nous tenons par la barbichette au sens où, ne s'agissant pas de celui qui rira le premier mais de celui qui émettra la moindre idée culturelle ou sociale novatrice ou se voulant telle, les douze camps d'en face lui tomberont dessus relayés par les média et il y a de quoi être terrorisé en effet, sauf deux ou trois hurluberlus (Finkielkraut, Zemmour.... et je ne les connais pas tous) qui se trouvent du coup soumis au feu roulant de la "bien-pensance" comme on dit, (je crois que l'inventeur de ce terme horrible est J.F Kahn). 
De fait, ce qui nous terrorise, c'est le bien. Car le bien, c'est bien. Rien à dire de plus. Et quand le bien, c'est bien, que voulez-vous dire derrière, contre quoi voulez-vous mettre en garde puisque alors ce n'est pas bien?
Exemple : voulez-vous opter pour une immigration raisonnée ? Ce n'est pas bien car vous créez alors et nécessairement des injustices à l'égard des candidats à l'immigration (qui ne sont d'ailleurs plus des candidats mais des immigrants de fait. Tenterez-vous alors d'arguer (démerdez-vous avec le tréma) que l'injustice qui leur est faite par la force des choses sur le sol français même.... Au loup !!! c'est la faute à l'état français, il y a de l'argent pour les armes, il y en a donc pour la misère... Bref, on n'en sort plus, on est terrorisés par l'idée même qu'une idée nous effleure. (Une idée pas bien, évidemment).
Tandis que les jeux vidéo, ça ne risque rien. Minuscules guerres à prix minuscules, alors que le premier qui se trouverait en face d'un vrai canon de fusil en chierait dans son froc. (Et comme on le comprend).

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Malcolm le Mar 18 Avr 2017 - 11:50

C'est en partie ce que j'ai voulu dire, dit autrement, différemment, et plus amplement, dans mon "mieux" du dernier paragraphe, initialement  *Merci*  C'est-à-dire qu'il n'y a plus de bon sens, et que la pire terreur est là, dans cette guedinerie imposée à tout l'univers, que l'on retrouve déjà manifestement dans ce qui précède.

Evidemment qu'un jeu vidéo ne risque rien, évidemment que - comme dit Crosswind - c'est anecdotique (encore qu'il est bien plus de parents aujourd'hui, des mères surtout, et des tas d'éducatrices derrière où l'éducation est surinvestie par 95% de femmes : c'est ce qu'elles appellent les acquis paritaires du féminisme ! *Lol* où elles se rendent à des fonctions à caractère maternel ! *Lol* ... encore qu'il est des parents donc, pour juger horrible de "jouer à la guerre" !     *Lol* ) ... mais enfin, je conspuais surtout - comme toi Avis' - le pain que l'on se fait sur le terrorisme pourtant. Je veux dire par là que s'il est anecdotique de jouer à la guerre avec un bâton dehors entre copains, jouer à la guerre dans une simulation hyper- voire sur-réaliste de théâtres d'opération bien réels tout en faisant du bankable (les jeux vidéos, premier marché "culturel" au monde bien devant les livres, et derrière eux le reste - ce qui me rassure tout de même à sa façon, les livres en deuxième position, je veux dire ... ) eh bien, faire du bankable sur la terreur est foncièrement sordide et glauque, quand en plus cela prend sur le "devoir de mémoire" en te laissant l'opportunité de "jouer un nazi" ou "un moudjahid", etc. Tout d'un coup c'est un peu moins anecdotique quand même ! *Lol*

A combien d'exemplaires se vendit le Charlie Hebdo après le 11 janvier 2015 ? *Lol* ...
... joyeux nécrofestivisme, les amis ! *Applause* - votre "solidarité" vaut des millions de kopecks *Lol*
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kercoz le Mar 18 Avr 2017 - 12:07

Avis structuraliste : les Allemands étaient obligés de fusiller des otages du village où les terroristes avaient agi. C'est la déstructuration de notre modèle qui offre cette possibilité de terroriser. Notre affect est journellement sollicité par un tremblement de terre au Pérou, un massacre en Syrie, un "agité du bocal élu" à l'autre bout du monde. La vraie question est de se demander s'il est normal de se sentir concerné par des événements si lointains. Cela signifie-t-il qu'ils nous concernent ? Le fait de solliciter notre affect si fréquemment a-t-il un effet sur nos capacités d'affect et sur nos réactions sur une sollicitation qui, plus proche, aurait nécessité que l'on réagisse ? (De l'intérêt non agricole des circuits courts.)

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Avis' le Mar 18 Avr 2017 - 12:16

Le terrorisme est à l'oeuvre jusque dans tes repas de famille : le repas pascal. C'est pas si loin...
D'habitude, les mecs, dans les repas de famille, ça refait le monde. Ca refaisait. Et ça tonitruait.
Aujourd'hui, il n'y en a plus que pour les nanas et leurs chiares. De quoi parlent-elles ? De maladies, et de leurs chiares
Ca commence par les maladies. Toujours. Toujours. Et toi, tu bouffes pour faire bonne figure parce que les maladies, ça te noue la glotte. Au bout d'un moment, tu as l'impression d'avoir sucé des furoncles. Heureusement tu sais qu'en toute fin de repas viendront les désinfectants, cognacs, vieilles prunes, calvados... 
Ensuite, les gosses. Bon j'arrête mais le terrorisme, c'est aussi ça ! Il est partout.

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Malcolm le Mar 18 Avr 2017 - 13:29

Ta réaction dernière Avis', est de bonne pleutrerie, ainsi que j'en parle à la fin du topic initial, de telle sorte que ta "bonne mine" participe du terrorisme. Mais en effet, il n'y en a plus que pour les grands gagnants du discours social comme je le disais déjà : les femmes, les enfants, ... - et on appelle ça vivre ! *Lol* ... En même temps, vu que l'Europe s'ennuie comme dit Kalos, elle cherche de quoi parler. Mais refaire le monde ne serait pas assez néolibéral. Il y a une profonde incurie, impossibilité de penser, de par nos mondes. "Surtout pas de vagues." voilà le credo, et qu'on nous tende bien vite un miroir ! *Lol*

Au reste Kercoz tu n'as pas tort, mais que viennent faire les Allemands dans tout cela ? Et de quel terrorisme parles-tu alors ? Celui de la Résistance ? Mais tu te moques du monde !
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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kercoz le Mar 18 Avr 2017 - 14:06

Mal' a écrit:Au reste Kercoz tu n'as pas tort, mais que viennent faire les Allemands dans tout cela ? Et de quel terrorisme parles-tu alors ? Celui de la Résistance ? Mais tu te moques du monde !

Tu fais l'âne pour avoir de l' avoine ? Le terrorisme actuel n'a qu'un seul but : induire une répression ou une simple pression sur les population issues de l'immigration afin de modifier un rapport de force. L'action terroriste a un effet qui est lié à la structure des interactions d'un système. Quand la moitié de la planète est au courant du moindre pet d'un leader ou d'un "people", l'action terroriste possède un bras de levier bien plus important qu'à une époque ou une personne sur 10 avait la radio, et une sur trois lisait le journal qui n' était que local. Ceci dit, pour rester sur les bienfaits et de la résilience d' une structure morcelée, il faut se rappeler que les villes, en 40, se sont alimentées grâce aux millions de petites fermes. En cas de situation similaire, essaie d'aller négocier une douzaine d'œufs (à vélo), dans un élevage de 20 000 poules, toutes  mortes à la première coupure de courant.

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Malcolm le Ven 14 Juil 2017 - 20:56

L'avoine n'est pas mauvais, en tout cas ! *Lol*

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Re: Tirade sur le terrorisme

Message  Kal' le Ven 14 Juil 2017 - 21:01

Hassen Chalghoumi a la réputation d'être parmi les musulmans la serpillière de la République.

Voir : http://www.lepoint.fr/societe/hassen-chalghoumi-un-paria-parmi-les-siens-16-09-2013-1731330_23.php
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Re: Tirade sur le terrorisme

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