Se considérer pour-soi ou pour-autrui

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Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Avis' le Sam 22 Avr 2017 - 18:45

Provenance : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1947-mediation-interieure-d-autrui#37694


Alors ça... c'est savamment tricoté ! Mais j'ai tout pigé, je crois (on ne sait jamais...)
Du reste, avec "l'enfer c'est les autres", dans un lieu clos, j'imaginais tout de même d'autres sorties que l'enfer...

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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Dim 23 Avr 2017 - 3:33

Du reste, avec "l'enfer c'est les autres", dans un lieu clos, j'imaginais tout de même d'autres sorties que l'enfer...
Peux-tu expliquer cette phrase ?
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Avis' le Dim 23 Avr 2017 - 7:29

Ce qui m'a toujours gêné avec Sartre, (dans la mesure où je comprenais ce qu'il voulait dire bien sûr) c'est qu'autrui étant un autre toi-même, tu lui dois autant d'égards qu'à toi-même, mais qu'en même temps autrui c'est l'enfer, c'est à dire que l'enfer est en toi-même, ce qui détruit la nécessité de traiter qui que ce soit, autrui et toi-même avec égards. 
C'est tellement théorisé que la vraie vie ne ressemble pas du tout à cela : tu as des ennemis irréconciliables, et qui le resteront, mais tu as des amis avec qui tu t'entendras toujours. Et même des ennemis que tu peux mettre dans ta poche si tu leur proposes par exemple de bonnes affaires. La vie ne ressemble pas du tout à ce que Sartre veut en montrer. Je le tiens donc pour un truqueur.
Il n'existe donc ni respect définitif, ni haine définitive, ce sont les événements, la contingence qui décident, pas la théorie. Si donc tu enfermes trois gus à huis clos, il suffira qu'ils élaborent un projet commun pour s'entraider. Et à l'inverse, ton autrui-voisin auquel tu dois égards et entraide peut s'avérer la pire pourriture qui te rende (je connais bien ça) un coup de pied pour tous les services que tu lui as rendus.
En conclusion, autrui n'est absolument pas un autre moi-même. Même essence (voir Spinoza) mais pas du tout la même substance.

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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Dim 23 Avr 2017 - 12:13

Quand je lis ce qui précède Avis', j'ai le sentiment de lire le discours d'un forcené qui 1. soit a bien compris ce qui précède, mais est de mauvaise foi ; 2. soit a mal compris ce qui précède, et est de trop bonne foi pour être vrai. Concrètement, clairement, et radicalement, il n'y a pas d'alter ego chez Sartre, ni d'égaux, mais uniquement des libertés s'entre-niant et se contre-arrogeant ou appropriant ce qu'il est convenu d'appeler monde. Et ce, de diverses façons, dont l'infernale n'est qu'une possibilité entre autres. D'ailleurs quand, dans sa vie militante, un Sartre finit par dire violemment provoc (de tête) : si vous tuez un Européen, vous faîtes d'une pierre deux coups, vous tuez un oppresseur et libérez un oppressé, on voit mal comment ce que tu dis peut fonctionner, ou bien nous ne disposons pas, toi et moi, de modalités logiques similaires.
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Avis' le Dim 23 Avr 2017 - 13:24

mais uniquement des libertés s'entre-niant et 

Aucune liberté non plus, selon moi.
Rien que des pulsions, des contingences, et des petits calculs d'intérêt. Ce n'est pas parce qu'on peut dire "non" qu'on est libre, sinon un âne qui refuse son picotin est libre lui aussi.
En résumé, autrui n'est ni un autre soi-même, ni libre, mais pas forcément un ennemi définitif, en revanche tout est diplomatie et savoir-faire. (Lorsqu'on opte pour la diplomatie et le savoir-faire... mais on peut tout aussi bien opter très lucidement pour la castagne, ça s'est souvent vu dans l'histoire).


Excursion : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1955-propos-politiques#37711

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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Dim 23 Avr 2017 - 15:10

Tu t'obstines à ne pas vouloir comprendre Sartre, et à lui opposer tes moi-je, moi-je inconsidérément. Je ne pense pas que cela fusse dans ton projet, mais ça n'est pas ainsi que tu deviendrais Animi, pour sûr ! *Lol*

En effet, lorsque tu dis :
Aucune liberté non plus, selon moi.
Rien que des pulsions, des contingences, et des petits calculs d'intérêt. Ce n'est pas parce qu'on peut dire "non" qu'on est libre, sinon un âne qui refuse son picotin est libre lui aussi.
En résumé, autrui n'est ni un autre soi-même, ni libre, mais pas forcément un ennemi définitif, en revanche tout est diplomatie et savoir-faire. (Lorsqu'on opte pour la diplomatie et le savoir-faire... mais on peut tout aussi bien opter très lucidement pour la castagne, ça s'est souvent vu dans l'histoire).
Non seulement Sartre n'a jamais dit (bis repetita mauvais lecteur !) qu'autrui était un autre moi-même, un alter ego (et encore moins, quand il tient des propos politiques pareils) ... mais de plus tu n'as pas compris quelle était la stance ontologique, ni seulement la définition, de cette liberté ... et encore tu considères l'humain sous un angle ontologiquement prévu par Sartre dans l'Être et le Néant.

C'est-à-dire, bougre d'âne, que je ne te demande pas d'être sartrien, non. Mais que je te demande de reconnaître à Sartre sa valeur, et surtout de ne pas lui opposer des moi-je vitfaits "scientifiquement", sans teneur réelle. Parce que tu crois que de poser un mot, par exemple pulsion, devant un autre mot, par exemple liberté, a un quelconque intérêt savant ? *Lol* Mon Dieu ! - pour autant que tu existes, et surtout si tu n'existes pas - c'est le degré zéro de l'intelligence (soit donc, définitoirement : la faculté de mettre les choses en relation).

Précisément, bel Avis', les "contingences" dont tu parles sont intégrées à l'ontologie sartrienne dans la notion d'instant, que tu ne voudras pas plus comprendre sous l'angle sartrien que le reste. Mais d'ailleurs, dans ton déterminisme bizarre, tu devrais bien comprendre pourtant qu'une contingence est un instantané absolu, radical, imprévisible, non ? un instantané depuis lequel les choses auraient pu prendre une toute autre direction qu'elles prirent ? ... Eh bien, bel Avis', tu as là l'instant sartrien, par lequel tu te résous projectivement, ce qui s'appelle sartriennement liberté. Si en plus à cela, tu ajoutes tes "petits calculs d'intérêt", il va de soi qu'ils ont largement leur place dans cette liberté-là, encore que je soupçonne assez évidemment que le seul petit calculateur intéressé dans notre échange (moi-je) ce soit toi ! *Lol* et honnêtement tu es lourd sur Sartre depuis un moment, par quoi je m'adresse moins à toi qu'à nos potentiels publics (Lupus Maior se reconnaîtra devant Kercoz  :roll: ) car je me fais de moins en moins d'illusions sur ton potentiel ententif, encore que tu ais des éclairs de génie quand tu veux. Mais, dans l'ordre de ce forum dédié à Sartre, il ne s'agit pas de prendre Sartre pour prétexte à nos petits calculs d'intérêt théoriques contingents & impulsifs.

Alors enfin justement, au titre de cette impulsivité, chez Sartre, la pulsion (dont on comprend mal, dans son déterminisme scientifique à elle, que tu la juxtaposes à la notion de contingence, mais où l'on comprend très bien que tu n'as pas la maîtrise de ton propos, ce qui est légitime mais incorrect, et surtout n'excuse pas tes veuleries) ... eh bien, chez Sartre, la pulsion a une place, mais pas n'importe quelle place. Et, à vrai dire, que monsieur Avistodénas soit d'accord ou non avec cette place, cela ne change rien à l'affaire de ce forum, qui consiste donc à entendre le philosophique, et précisément le philosophique sartrien là.

Précisément, nous n'avons jamais intérieurement - dans notre pour-soi - que l'expérience de tendances pouvant tout aussi bien s'expliquer par des choix bien plus fondamentaux. D'ailleurs, toute psychothérapie - à ce niveau - n'est jamais que la recherche de significations cachées, pas la peine de convoquer la psychanalyse et autres métapsychologies pour cela : il suffit de se rendre compte à quel point les psys répandus s'intéressent à la charge affective significative pour leurs patients, ou du moins les modèles d'interprétation de leurs patients, jusqu'en psychologie cognitive donc. Aussi, quand Sartre dit ontologiquement choix, il n'est absolument pas choquant, rapport à cette liberté qui ne s'est pas elle-même choisie, mais qui est sartriennement condamnée à être libre, de trouver un projet fondamental (révisable instantanément) à nos vies.

A partir de là, Sartre explique très clairement dans l'Être et le Néant, que la pulsion est une technicité psychologique, une interprétation psychologique de notre expérience personnelle, dans nos pour-soi. Seulement voilà : celui qui dit pulsion, ça n'est pas d'emblée moi dans mon pour-soi, mais tel psychologue qui m'observe (peut-être moi d'ailleurs, dans la mesure où j'observe quelqu'un d'autre), désireux de poser lui-même une entente épistémique, et scientifique en tant qu'il va s'en servir ultérieurement dans sa pratique, de ce choix libre - qui donc doit être entendu sartriennement, et non pas selon le premier écho que font ces mots en nous, tiré du seul dictionnaire commun, serait-ce le plus académiquement renseigné. C'est-à-dire que ça n'est pas en opposant le sens commun au sens sartrien, que l'on s'en sortira là.

Le mot pulsion donc, n'est jamais qu'une émanation du pour-autrui, c'est-à-dire de la façon dont pour-soi on intègre un pour-autrui à nos jugements - notre pour-soi-pour-autrui, ou pour-autrui tout court. En l'occurrence, l'autrui en question tient un propos scientifique, ou du moins à caractère scientifique. C'est-à-dire qu'ontologiquement, la science ne peut jamais que tenir un discours hors pour-soi, un pur discours pour-autrui, que certes donc je peux accepter dans mon pour-soi-pour-autrui (ce qui est bien le cas d'Avis', et par lequel il ne veut plus sartriennement voir les choix libres par lesquels il se résout projectivement à ne pas comprendre Sartre, ou à le refuser en bloc au nom de son moi-je-personnellement-"scientifique", à se chercher encore N excuses sartriennes pour n'y rien voir ni entendre en philosophie - mais c'est de mauvaise foi, soit donc d'oubli délibéré pour garder bonne conscience - ou bien, dirait Kercoz, face goffmanienne).

Mais enfin, donc, (Kercoz et) Avistodénas s'aliène(nt) tout à fait sciemment pour la science (se rendent au pour-autrui du scientifique). Science, à laquelle Sartre ne refuse pas ses pertinences, mais qu'il convient assez logiquement de ne pas confondre avec l'ontologie sartrienne, voilà tout, absolument rien n'est à mettre en balance - au contraire, Sartre a à en apprendre philosophiquement aux psychologues, et en a appris des psychologues - notamment des gestalitstes.

Au reste, les exactions d'Avis' lui valurent un ban' temporaire car, qu'il l'avoue, il le cherchait assez résolument depuis un moment, en charriant la démarche de l'administration (HS). Mais je répète à toute la communauté LP, que cette partie sur les auteurs, cherche à les comprendre - pas à les juger. Ce qui, au fond, s'appelle philosopher, donc, seule vocation de ce forum.


Excursion : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t1955-propos-politiques#37717
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Re: se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Kal' le Jeu 22 Juin 2017 - 16:09

Rosset se moque et parodie Sartre :

Clément Rosset, Lettre sur les chimpanzés, a écrit:On sait que, selon Sartre, les différents modes d'existence se définissent essentiellement par le regard d'autrui, toujours aliénateur, qui les fige, les glace, et les “choséifie“. […] Ainsi, il n'y a pas, en soi, de Jaunes ou de Noirs de par le monde, mais certains Hominiens auxquels l'Hominien occidental a répété inlassablement : “Tu es le Jaune-pour-autrui-dans-le-monde“, ou “Tu es le Noir-pour-autrui-dans-le-monde“, jusqu'à ce que ces malheureux hommes aient fini par se persuader qu'ils étaient bien réellement, qui le Jaune, qui le Noir.
Ainsi en a-t-il été des Chimpanzés. À force de s'entendre répéter à travers les grilles : “Toi, tu es un Chimpanzé“, le primate en est arrivé à se constituer véritablement comme Chimpanzé. […] C'est nous qui, par notre regard, avons posé les Chimpanzés en tant que Chimpanzés-pour-autrui-dans-le-monde. […] C'est parce que l'Hominien [occidental] bourgeois a toujours voulu regarder le Chimpanzé comme Chimpanzé, que le Chimpanzé s'est trouvé, en un mot, chimpanzéifié. […] Telle est notre œuvre. […] De Primates libres, nous avons fait des esclaves. Comment ne pas craindre, ne pas prévoir, ne pas comprendre, leur imminente révolte ?
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Avis' le Jeu 22 Juin 2017 - 18:49

Voyant quelqu'un qui regarde par un trou de serrure, je me précipite pour voir aussi ce qu'il regarde (car je suis un comique) : quel est alors mon statut d'autrui pour Sartre ? Suis-je toujours le spécimen ontologique auquel il attribue tel ou tel trait arbitraire ?

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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Jeu 22 Juin 2017 - 21:11

Il est évident que le Sartre politique n'est pas le Sartre philosophe, et Rosset enfonça des portes ouvertes. Je ne le savais pas si bas mais, ayant vu quelques unes de ses interventions, cela ne m'étonne pas. Cela dit, Sartre tendit évidemment le bâton avec lequel on allait pouvoir le battre ainsi, et c'est de bonne guerre, plutôt marrante, en fait. Nous dirons que c'est le côté bien non-bobo de Rosset qui parla ainsi et, quant à moi, je l'applaudirai comme une otarie *Applause* *Lol*
Avis' a écrit:Suis-je toujours le spécimen ontologique auquel il attribue tel ou tel trait arbitraire ?
Sartre, précisément, s'applique à ne t'en attribuer aucun, ce par quoi Rosset put opérer telle caricature.
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Kal' le Jeu 22 Juin 2017 - 21:26

Dans Les Matinées structuralistes, il tape sur Derrida en le parodiant aussi, où il explique satiriquement la différence entre le concept de « l'écrithure » avec un h en la distinguant de la simple « écriture ». À l'époque de la publication, il faut savoir, Foucault, Deleuze, Lacan et Derrida étaient au sommet de la gloire, lesquels penseurs ne sont toujours pas aujourd'hui vraiment réputés pour leur clarté. On ne fera jamais assez ce reproche aux philosophes de ne pas vouloir écrire limpidement. Par ailleurs, je pense que Rosset tourne en ridicule bien plus la manière d'écrire de Sartre que sa philosophie en elle-même.
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Jeu 22 Juin 2017 - 22:47

Sartre est extrêmement limpide. Comme tout, le tout c'est d'embrayer. Que Rosset se révolte.
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Avis' le Ven 23 Juin 2017 - 7:26

Ai-je bien compris (au moins en partie) ? L'autrui de Sartre opère comme ma conscience : il est à la fois celui qui m'observe à nu et celui à qui je dois donner le change. Si ma conduite a quelque chose de douteux, je me dois à moi-même à la fois de me re-légitimer, en même temps que je me reproche. Plus ou moins selon que je suis capable de sincérité. Ou selon que j'ai un besoin urgent de me sentir légitime, condition de ma survie psychique.

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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Ven 23 Juin 2017 - 14:40

Avistodénas a écrit:Ai-je bien compris (au moins en partie) ? L'autrui de Sartre opère comme ma conscience :
Non : ma conscience opère de telle sorte à ce qu'elle dispose d'un pour-autrui, inoculant autrui en moi, par quoi je peux le reconnaître, et me trouver reconnu - mais Sartre insiste surtout sur un effet de chosification.
il est à la fois celui qui m'observe à nu et celui à qui je dois donner le change.
Pas à nu, mais auquel l'ontologie consciencielle permet un contact par le regard ontologique (instinctive prise en compte, si l'on veut, comme je concluais en lien).
Si ma conduite a quelque chose de douteux,
Pour qui, quelque chose de douteux ? Si c'est pour-soi, c'est donc qu'il y a conscience réflexive d'un comportement, jugé douteux de toi par toi-même, de ce que tu intégras cette faculté de juger douteux tel comportement, dans ton libre projet d'être, par lequel tu juges donc que tel comportement - douteux - ne cadre pas avec ce projet d'être. Peu importe que, plus tôt dans ta vie, tu ais choisi - de bonne ou mauvais foi, soit donc délibérément ou aliénément - d'intégrer une norme sociale ou un jugement d'autrui, par quoi tu juges désormais douteux tel comportement : désormais cela t'appartient.
Toutefois, si c'est pour-autrui que ton comportement est douteux, c'est donc soudain que le regard-regardant d'autrui, qui est certes regard-regardé par toi, te fait ontologiquement éprouver un doute sur ton comportement. Il y a inoculation ontologique, de conscience à conscience, de ce que tu fais l'expérience du regard ontologique ainsi ; et c'est d'ailleurs ainsi que, plus tôt dans ta vie, tu as éventuellement acquis pour-soi que tel comportement était douteux dans ton libre projet d'être, en fin de comptes (comme précédemment).

En somme, Rosset n'a pas tort de railler la complexité de la chose pour expliquer que, au fond, nous nous influençons les uns les autres. C'est vrai. Toutefois, dans le cadre de l'ontologie phénoménologique dont Sartre a fait philosophie, les choses s'expliquent ainsi, de telle sorte que cette ontologie de la conscience, déduit que les consciences sont en contact. Rosset ne permet pas de penser cela et, plus factualiste quant à lui, raille cela de ce que ce serait du délire. Car enfin, en effet, cela dit que - de ce que nous tenons compte les uns les autres, même à distance, - nos consciences sont ontologiquement en contact, par proxémie phénoménologique, si l'on me suit. Or, cela se défend - et bien.
je me dois à moi-même à la fois de me re-légitimer, en même temps que je me reproche. Plus ou moins selon que je suis capable de sincérité. Ou selon que j'ai un besoin urgent de me sentir légitime, condition de ma survie psychique.
Seulement si ton libre projet d'être t'a induit à te sentir illégitime, ou délégitimé. Ton programme psychique, si tu préfères. Sartre, c'est un peu de la PNL ! *Lol*
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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Avis' le Ven 23 Juin 2017 - 16:58

Mais il est deux formes de délégitimation : celle que Sartre évoque d'être surpris en vilaine posture et celle par exemple, qui peut être définitive, programmatique, d'avoir été trouvé sous un porche d'église par exemple. Ou bien d'être sorti de la Dass, raison pour la quelle d'aucuns recherchent leurs géniteurs aux fins de re-légitimation. Dans un cas la délégitimation est sartrienne, dans l'autre en effet, elles est programmée.

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Re: Se considérer pour-soi ou pour-autrui

Message  Malcolm le Ven 23 Juin 2017 - 19:24

Avistodénas a écrit:Mais il est deux formes de délégitimation : celle que Sartre évoque d'être surpris en vilaine posture et celle par exemple,
Cette notion de légitimité n'a rien à faire là dedans. Ça n'est pas parce que tu as honte d'être indiscret devant autrui (au fond, Sartre prend seulement un exemple aisément identifiable, car il est toujours dans le libre projet d'être du lorgneur, de se déjuger devant quelque surpreneur ! ... Généralement, ce type d'indiscrets éhontés, sont nommés des malappris ; mais il entre dans leur libre projet d'être autre chose : l'embobinement, et leur sans-gêne est une façon de gêner alors celui qui les surprit, pour éviter que l'autre déjuge, car ils ne se déjugent pas quant à eux - au reste, une stratégie de manipulation qu'emploient nos politiciens, avec les racailles) que tu es illégitime (tandis qu'eux, le sont, illégitimes).
qui peut être définitive, programmatique, d'avoir été trouvé sous un porche d'église par exemple. Ou bien d'être sorti de la Dass, raison pour la quelle d'aucuns recherchent leurs géniteurs aux fins de re-légitimation. Dans un cas la délégitimation est sartrienne, dans l'autre en effet, elles est programmée.
Encore une fois tu te trompes : cela ne délégitime rien, la légitimité n'a pas sa place là. Qu'on m'ait trouvé sous un porche, abandonné par ma mère, fait partie de "conditions initiales" puis d'un "entour social déjugeant" qui, n'étant pas mon libre projet d'être (qui est néantisation de l'être, pour-soi, afin de libre projection d'être - d'autoprogrammation) n'ont que foutre avec ma conscience et mon libre projet d'être.

Comme néantisation, ma conscience, par contre, se saisit de l'être-jeté-au-monde (dans un foyer chaleureux, négligent, ou abandonné dans la rue, etc.). Cet être-jeté-au-monde, comme condition initiale, ma liberté (synonyme de conscience, synonyme de néantisation, selon l'angle où on l'envisage) ... ma liberté se l'approprie, peu importe comment. C'est librement que ma conscience néantise ça, pour lui faire faire sens dans mon projet d'être.

Il y a toutefois une limite à cette appropriation : si mon être-jeté-au-monde est un en-soi, un "fait", le déjugement d'autrui sur moi est le fait d'autres pour-soi, donc d'autres libres projets d'êtres (d'autres consciences, d'autres libertés, d'autres néantisations). Or, mon néant ne saurait néantiser le néant d'autrui, puisque ce sont des néants ... sur quoi donc, je me retrouve confronté, par le regard ontologique, dans mon pour-autrui, à l'inoculation du déjugement d'autrui sur ma situation : autrui m'a chosifié dans cet être-jeté-au-monde et suites, alors que j'ai d'autres chats à fouetter. En somme, en me faisant la charité, la pitié ou l'amitié, on me fait chier, on me soûle, on me fatigue, on "prend sur moi".

C'est d'ailleurs ainsi qu'est fait "le Noir" ou "le Jaune", concrètement, par-devers la caricature de Clément Rosset ! Soit donc phénoménontologiquement : que tel Homme, de pigmentation noire, n'est pas noir, car un libre projet d'être n'a pas de couleur. Par contre, devant autrui, son pour-autrui l'informe régulièrement - selon le regard qui lui est jeté, et ses propres jugements librement élaborés dans son projet d'être, car il peut aussi se faire projectivement "des idées" sur le compte d'autrui - qu'il a (non qu'il est) une pigmentation noire (encore justement, que par son pour-autrui il sent, ou par son mauvais pour-soi il croit sentir, qu'on veut le faire être noir - ce qui n'est pas la même chose ! et parfois il l'accepte sans broncher ! ça peut même l'arranger ! *Lol* ).

Or, pour le Noir, l'orphelin ou le jeune, être ontologiquement regardé comme Noir, orphelin ou jeune - et non comme liberté - est naturellement insupportable, car il est chosifié par le regard d'autrui dans son pour-autrui, voire il se fait chose par le regard d'autrui dans son pour-soi. Et c'est ainsi que naît le type-"esclave ordinaire" (voir aussi l'analyse du masochisme et du sadisme, dans l'Être et le Néant).

Mais remarquons aussitôt que l'Occidental - et là encore une fois, c'est pareil : suis-je "un Occidental", ou bien me fais-je librement un Occidental ? ... si la situation me donne pour tel, le suis-je pour-soi ou pour-autrui, ou les deux ? ... et, si oui, comment ? ... rappelons-nous que nous pensons au niveau d'une ontologie phénoménologique - remarquons aussitôt, donc, que l'Occidental qui se prend en selfy, se fait d'abord comme objet pour-soi en-soi par soi, de ce que l'instantané le chosifie, pour s'avoir soi-même, en croyant se faire être ainsi (l'aliénation est totale, intériorisée dans la conscience : victoire du capitalisme). Ou bien, le Djihadiste - mêmes remarques que pour l'Occidental - fait les Occidentaux, non seulement avoir le statut d'Occidentaux, mais bien en être, de telle sorte "qu'assurément ils méritent par nature telle déflagration kamikaze".

Vous me suivez ?

Nous tous, chacun, nous sommes des néants : rien ne nous convient, sinon ce que nous convenons - chacun pour-soi, inoculé pour-autrui - qu'il nous convienne ... Voilà la liberté.
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