L'Etat doit-il subventionner la culture ?

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  Neo' le Jeu 17 Sep 2015 - 15:33

Merci hks !   *Héhéhey*
Voir donc articles 5 et 23 alinéa 3 pour les dits droits. Ce décret fait du Louvres une entreprise, une filiale très autonome de l'E.P.I.C. de la R.M.N.

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  JP2popup le Ven 18 Sep 2015 - 12:00

Neopilina a écrit:Merci hks !   *Héhéhey*
Voir donc articles 5 et 23 alinéa 3 pour les dits droits. Ce décret fait du Louvres une entreprise, une filiale très autonome de l'E.P.I.C. de la R.M.N.

Oui et moi je trouve cela très bénéfique...

C'est intéressant de lire le décret de 1992 proposé par hks  avec le recul de près d'un quart de siècle.

On voit bien la volonté du législateur de l'époque de confier à un management "moderne" la gestion dynamique des actifs de ces musées.

En l’occurrence, à l'époque, les actifs sont surtout  conçus comme

- foncier (la dotation en édifices publics, ie: le palais du Louvre);
- des fonds physiques (les "collections").


On voit bien qu'avec le temps, ce management "moderne" a identifié d'autres actifs,  plus marketing et industriels, intangibles, et pourtant bien réels, que le législateur de 1992 n'avait pas identifiés et qu'il s'efforce aujoud'hui de mettre en valeur:

- un actif marketing: la "marque Louvre", mondialement reconnue.
Elles ne sont pas nombreuses, sur ce marché, ces marques: British Museum, Guggenheim...

- un actif de savoir-faire, issu de toute l'histoire du Louvre et des générations de collaborateurs qui ont contribué à le constituer.

C'est en ce sens qu'il faut lire les projets d'expansion tels que: Louvre-Lens, Louvre Abu Dhabi..

Ces projets, outre qu'ils développent et renforcent ces 2 nouveaux actifs, permettent aussi d'utiliser plus largement l'actif "fonds-collection": en effet, le musée de Paris ne permettait pas d'exposer l'ensemble des collections
Maintenant, on peut avoir une stratégie active de l'exposition de ces  trésors.

In fine, le musée, autonomisé quant à ses flux financiers, devient plus réactif, plus expert,  et moins dépendant des subventions publiques sujettes aux aléas de l'état des finances publiques...

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  JP2popup le Sam 19 Sep 2015 - 16:28

J'ai trouvé sur le site des anciens de polytech, l'article d'un des ces anciens ô combien bien plus compétent que moi et de ma façon intuitive d'aborder ces choses muséologiques.

http://www.lajauneetlarouge.com/article/la-valeur-cachee-des-musees#.Vf1d7t_tlBc

Ce qu'il dit en expert recouvre ce je  dis en amateur: mon égo s'en trouve flatté  :oops: ...

Plus fondamentalement, pour revenir au thème du fil:

Le rôle de l'état est-il simplement de subventionner ces musées, ou, plus ambitieusement,  de mettre le management de ces institutions en capacité de lutter dans la rude compétition mondiale et de la progression en excellence qu'elle permet ?

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  LibertéPhilo le Sam 19 Sep 2015 - 19:51

Le sujet a dérivé vers la subvention des musées. Au départ, il s'agissait des intermittents du spectacle et des auteurs de bandes dessinées, qui demandent une aide similaire à celle des artistes de spectacle, ce qui à mon avis créera un appel d'air, augmentera une offre déjà pléthorique et fera baisser la qualité, tout en appauvrissant les artistes qui s'en sortent tout juste, sans donner aucune perspective à ceux qui crèvent de faim.

Concernant les musées, la dispersion des oeuvres aux quatre vents fait certes rentrer de l'argent, mais affaiblit l'intérêt de visiter le musée d'origine. Pour voir tous les tableaux célèbres du Louvre, il faut aller à Lens, au Qatar, en Arabie Saoudite, bientôt où ? En Chine, peut-être... A l'entassement des oeuvres dont parlait Valéry ("Le problème des musées") s'ajoute désormais un autre problème : leur dispersion.

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  Neo' le Sam 19 Sep 2015 - 19:59

( Entassement ou dispersion, certaines collections sont telles qu'un particulier peut attendre, en vain, une vie avant qu'une oeuvre précise sorte des réserves pour exposition. Le Louvres, et autres devraient ouvrir un bureau des pleurs,  *Héhéhey*   , où on pourrait lui dire qu'on aimerait bien, à la prochaine rotation voir sortir tel ou tel objet d'intérêt majeur ou oeuvre d'art. Mais je suppose que les conservateurs ont déjà ce genre de retours. )
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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  Hks le Dim 20 Sep 2015 - 11:29

philo a écrit:Le sujet a dérivé vers la subvention des musées. Au départ, il s'agissait des intermittents du spectacle et des auteurs de bandes dessinées, qui demandent une aide similaire à celle des artistes de spectacle, ce qui à mon avis créera un appel d'air, augmentera une offre déjà pléthorique et fera baisser la qualité, tout en appauvrissant les artistes qui s'en sortent tout juste, sans donner aucune perspective à ceux qui crèvent de faim.
Disons que je suis sensible au sujet. Tu n'inclus pas les plasticiens -illustrateurs,  ils sont inscriptibles  dans ce cercle des  activités artistiques à problèmes.
Une solution, c' est le revenu inconditionnel ( on n'en parle  ici et là, des libéraux au parti de gauche ).
Mais il semble que ce que je souligne de ce que tu dis en soit une critique anticipée .
https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenu_de_base

Je n'ai pas souligné "tout en appauvrissant les artistes qui s'en sortent tout juste," car le revenu de base (ou inconditionnel) n' appauvrirait pas les artistes qui s'en sortent tout juste

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  LibertéPhilo le Dim 20 Sep 2015 - 17:14

Neopilina a écrit:Entassement ou dispersion, certaines collections sont telles qu'un particulier peut attendre, en vain, une vie avant qu'une oeuvre précise sorte des réserves pour exposition.
Vider les salles pour envoyer les tableaux au bout du monde devrait permettre de "faire tourner".

hks a écrit:
philo a écrit:Le sujet a dérivé vers la subvention des musées. Au départ, il s'agissait des intermittents du spectacle et des auteurs de bandes dessinées, qui demandent une aide similaire à celle des artistes de spectacle, ce qui à mon avis créera un appel d'air, augmentera une offre déjà pléthorique et fera baisser la qualité, tout en appauvrissant les artistes qui s'en sortent tout juste, sans donner aucune perspective à ceux qui crèvent de faim.
Disons que je suis sensible au sujet. Tu n'inclus pas les plasticiens -illustrateurs,  ils sont inscriptibles  dans ce cercle des  activités artistiques à problèmes.
D'accord pour les illustrateurs, qui sont touchés comme les auteurs de BD par les difficultés de la filière du livre. Car, contrairement aux plasticiens, qui ne génèrent aucun autre revenu que le leur (à l'exception des commissions des galeristes), les acteurs du livre récupèrent 95% de commission (contre 5% pour les auteurs), ce qui représente une manne considérable dont les créateurs ne profitent guère. Ce documentaire fait le tour du problème :



Une solution, c' est le revenu inconditionnel
Pour ne pas trop dériver du sujet initial, je t'invite à lire ce qu'on en a dit ici, et à participer si tu veux : http://www.liberte-philosophie-forum.com/t772-pourquoi-la-croissance-est-moins-efficace-que-le-revenu-de-base

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  Hks le Dim 20 Sep 2015 - 23:28

OK merci pour le lien, je n'avais pas vu que vous en aviez parlé. :)

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Re: L'Etat doit-il subventionner la culture ?

Message  Malcolm le Jeu 5 Mai 2016 - 16:02

Rapport au post initial. Tiré de ...

Qu'est-ce que l’État ? qu'est-ce que la culture ? qu'est-ce que l'art ? qu'est-ce que subventionner ?

L’État contemporain
Pragmatiquement, et selon mon aperception des choses, l’État (français) correspond organiquement avec l'administration bureaucratique. Or, l'administration bureaucratique, d'après étymologie, désigne le pouvoir bureautique tendant à servir. Pouvoir, parce qu'il a un potentiel exécutif territorial ; bureautique, parce qu'il a une prétention rationnelle de neutralité, avec efficacité fonctionnelle de traitement rationalisé ; tendant à, parce qu'il faut bien qu'il se serve lui-même pour commencer ("charité bien ordonnée commence par soi-même") ; servir, et servir le public, le peuple, la nation, le territoire.
Du pouvoir, nous pouvons dire qu'il est dramatiquement limité par l'inertie des masses, la rapinerie des marchés et l’État européen. De la bureautique, nous pouvons dire que son rationalisme laisse à désirer (la valeur de l'outillage dépendant inexorablement de l'ouvrier). De la tendance à servir, nous pouvons dire qu'elle sombre dramatiquement dans la tendance à se servir clientélistement, sous la pression des marchés et de l’État européen. Du service enfin, nous pouvons dire que la Constitution ne fait pas un programme culturel, et nous pouvons ajouter que la culture obéirait bizarrement à un programme, voire au prix d'elle-même.

La culture contemporaine
Toujours pragmatiquement dans mon aperception, la culture désigne tout et n'importe quoi. L'égalitarisme des droits, gonflé en égalitarisme des chances & des conditions, au moins dans l'intentionnalité, a gagné la préhension culturelle, où tout et n'importe quoi doit être pris comme équivalent culturellement. Suite à quoi, la baguette gastronomique = l'émission Touche pas à mon poste = la musique de Bizet = la 2CV automobile = le gangsta rap = Batman vs. Superman au cinéma = la charonnerie néotraditionnelle = l'écocitoyenneté = l'allocution présidentielle de Nouvel An = le commentaire lambda sur Facebook = GTA en jeux vidéo = l'estampe d'Hokusai dans mon salon = l'anime Persepolis = la nouvelle pub Narta = les meubles Ikéa = l'exposition temporaire du Louvre = l'esthétique Maison du Monde.
Bref : s'il faut subventionner quelque chose dans ces conditions, c'est tout et rien à la fois. Donc, comme la Constitution ne dit pas ce qu'il faut subventionner, et que tout est virtuellement subventionnable, on est dans la panade. Tout ce qui s'appelle nihilisme.

L'art contemporain
Non, je ne parlerai pas de cette catégorie dans l'art que l'on dit contemporain, mais de la contemporanéité pragmatique de la notion d'art, dans mon aperception ...
Eh bien, vu l'état de la culture, on m'a compris, et rien d'étonnant alors que tout le monde se veuille un peu artiste, ou qu'un certain créativisme tout droit venu des USA règne, plus et moins soutenu par des intelligentsiae promouvant la fameuse mais introuvable "intelligence collective", sur la base conséquentialiste de phénomènes collectifs diffusionnistes & associationnistes, dans le grand rêve réseautique d'Internet, voire le grand rêve transhumaniste ...
Bref : pour avoir pris au sérieux l'ironique pissotière de Duchamp en 1917, notre époque n'a plus jamais fait que se répéter et répéter cette ironie, jusqu'à l'art dit contemporain donc, en passant par la gravité d'Andy Warhol jugeant le sérialisme consumériste artistique ... Car à mon sens, cette pissotière devait avoir fait son temps du moment qu'elle fut une fois exposée, pas au-delà. Où le "transgressivisme traversif" de nos sociétés annule toute possibilité de transgression réelle ...
Aussi bien, l'art s'effondra en design, désormais, étendu à tout l'univers (cf. à ce propos Gilles Lipovetsky & Jean Serroy et leur Esthétisation du monde ... ).
Néanmoins, on ne peut pas nier l'authenticité de certaines démarches, et surtout productions artistiques : où l'art rapproche et raccroche à sa façon, avec les Beaux-Arts et l'académisme, certes heureusement évolués.
Alors, dans le fil de ma pensée, je dirais là que c'est bien les seuls types d'art que je subventionnerai - voir le seul type de culture - à savoir : des arts de type art pour l'art, mais pas que ; des arts ne se donnant pas la vocation dégénérée de "communiquer citoyennement" ou de "citoyenner communicativement", ni non plus de "rechercher l'absolument original & inédit" ... deux types de démarches magnifiquement encore que maladroitement synthétisés dans Cosmopolis, de David Cronenberg, où le personnage principal, désensibilisé par sa bulle existentielle spéculative, est confronté au militantisme et à la quête sensationnaliste-émotionnaliste, pour moi véritable trame de fond contemporaine triste, bâtarde et pauvre.

Subventionner contemporain
Le subventionner ou fait de subventionner, actuellement, et en tant que la culture étatique n'a aucun critère, nihiliste, conduit à subventionner politiciennement et mercantilement les projets qui "donneront de la gueule" dans la veine communication, citoyenneté, recherche, absoluité, originalité, inédité. Naturellement, tout cela est une foutaise et une supercherie sans nom - l'ayant vécu suffisamment à travers la France, dans l'organisation d'événements socioculturels, pour pouvoir me prononcer judicieusement.
Or, même les meilleurs, même "les vrais", en sont rendus à devoir tenir ce discours lèche-boule et -cul à la bien-pensance médialitique contemporaine, ainsi que massive, cybernétiquement. D'où viennent les unes journalistiques, où l'on s'interroge veulement sur l'intermittence du spectacle.

Bref, la situation est juste dramatique, quand on y tient.
Mais, comme je ne m'en ferai pas d'ulcère, je la perçois tragiquement. Passons.

Nous nous demandions donc si l’État doit subventionner la culture ? ... Je répondrai que, dans la conjoncture actuelle, qu'il la subventionne ou non, c'est tout un.

Mais la problématique de l'administration culturelle reste pertinente, et entre dans le champ plus vaste du mécénat nécessaire à la vita creativa insoucieuse de ses conditions d'existence, au prix de sa grandeur.
Finalement, du mécénat, il devra toujours plus et moins y en avoir. Quand il est administratif, il promouvra logiquement, et nolontairement, une ambiance sociale à laquelle il tient par souci d'ordre public (d'où les procès faits à Dieudonné, qui l'avait bien cherché pourtant, à ironiser même en dehors de la scène, donc à prendre autrui pour un con). Quand il est privatif, il promouvra logiquement, et volontairement, un désir personnel.
De sorte que nous puissions dire que la culture & l'art ne sont pas neutres, mais il existe quelque cas où l'indéniable valeur d'un homme reconnu, ait conduit un mécène à lui donner carte blanche, ce qui est le paradis pour lui.
Enfin, tout cela, c'est dans l'optique où il n'y a aucun critère.
Car, dans l'optique où l’administration ou le privé propose des critères, des conventions et des programmes, on s'imagine bien que la créativité en souffrira.

Néanmoins, ne souffrons-nous pas nous-mêmes, globalement, du mythe crétiviste, originaliste ? ... Nous voudrions toujours et plus de renouveaux et nouveautés, au point que nous en soyons aujourd'hui à consumer notre passé, et que les musicos radiophoniques consensuels ne parviennent plus à proposer autre chose que des remakes de la dance des années '90, dernière proposition caractérisée dans l'Histoire de la musique - du moins, à ce que j'en sais, et peu importe la valeur ou la non-valeur intrinsèque de la dance.
En réalité, un grand auteur est avant tout singulier, non ? et assumant sa singularité, avec ce talent de savoir la valoriser comme il faut, non ? ... C'est du moins ainsi que je vois les choses.
Aussi bien, des critères, conventions & programmes ne ruineraient rien du tout.
Si pendant cinq siècles le sonnet fit fleurette, c'est précisément à cause de la rigidité de sa forme : ce que notre époque misarchique-chlocratique a oublié, et ne veut surtout pas révulsionnairement retrouver, à se tirer une balle dans le pied.
Néanmoins, avec plus d'autoritarisme dans la démarche, et surtout de raison, nous parviendrions à de bien meilleurs résultats, à savoir plus ou moins quoi subventionner, administrativement ou privativement. Car la bohème anarchique de l'artiste, et plus généralement du cultivé hors-philistinisme, elle ne se passe pas d'une impériosité arbitraire & autoritaire instinctive, striction et nécessité par lesquelles il crée. Or, il en va ainsi de tout.
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