Le Phallus, maléfique ?

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Sam 10 Fév 2018 - 10:45

Le complexe de Jocaste ne doit pas que frapper les femmes ménopausées, sinon il n'y aurait pas d'inceste des mères avec leurs enfants plus tôt. Au Canada, on s'intéresse aussi à l'influence des mères sur les enfants, que la bienséance veut toujours innocente. Non, Vipère au poing d'Hervé Bazin à l'appui, par exemple. Alors, ce complexe de Laïos devrait intégrer l'incestualité rarement réalisée, des pères. Néanmoins, la plupart des viols ont lieu dans le cadre des proches de la victime.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Shub le Sam 10 Fév 2018 - 11:06

Un des premiers films pornographique non interdit par la censure vivace à cette époque (je crois sous Pompidou) s'appelait "Le sexe qui parle". J'en ai vu des extraits, ils le repassent de temps en temps en tant qu'anthologie du X sur Arte à des heures indues évidemment. Et  j'ai bien rigolé en revoyant des extraits, comme l'homme au comptoir qui en est à son énième pastis et son deuxième paquet de Gauloises et qui commence à se sentir légèrement gris: d'un seul coup il commence à trouver marrant certaines choses qui lui paraissaient ternes et sans intérêt avant. Aucun propos intellectuel dans ce film vous vous en doutez bien j'imagine... Peut-être ai-je un côté franchouillard en moi, un vieux Gaulois qui sommeille et hérité de mon père (pas de ma mère car ça va plutôt chercher du côté des shtetl en Lithuanie) et que j'ai refoulé.
Pas de Phallus ni de Mère ou de Père -ni symboliques ni imaginaires- dans ce film et curieusement je trouvais cela très égalitaire comme vision car le sexe féminin (i.e. le sexe des actrices qui jouaient dans ce film) était aussi sinon plus bavard que celui des hommes. Dans ce film on ne cite ni Freud ni Lacan. Subjectivation d'un sexe qui a enfin le droit de s'exprimer ? Gloire à l'hédonisme en lui souhaitant longue vie ? Je pense pas que le metteur en scène de cette perle -digne de figurer dans les salles d'attente des psys en libre accès- ait eu une quelconque intention psychanalytique et une volonté discursive sur quoi que ce soit ! Pourtant ça correspondait à la période dite de "libération sexuelle" et tout le monde, féministes comprises bien sûr, découvrait qu'il y avait une parole qui avait été enfouie et réprimée surtout chez les femmes depuis des siècles.
Conclusion: s'il y en avait une ça pourrait être "moins on interprète le sexe et la différence des sexes plus on vit". Mieux ou moins bien ? J'en sais rien.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Sam 10 Fév 2018 - 13:40

"Une intention psychanalytique", ça n'existe pas, hélas, sinon celle d'interpréter psychanalytiquement du non-intentionnel libidinal-charnel animal-humain. Par contre, ton propos est littéralement HS, puisqu'on a beau dire "mieux vaut ne pas trop se prendre la tête pour le vivre", il se trouve qu'ici on se propose de "l'entêter", puisqu'on le pense comme possible.

Tu es, en fait, dans une résistance, à dire ce que tu dis, qui simultanément veut s'acoquiner. Pourquoi pas, mais HS, déconnecté de la raison pratique de ce forum. Autant le fermer et cesser toute pensée, si l'on va dans ta direction. C'est-à-dire : faire comme la majorité de nos contemporains, personnes acritiques bien-trop-sérieusement frivoles hédoniques non-mais-grave.

Cesse d'être contourné.
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Shub le Sam 10 Fév 2018 - 16:00

J'écoute mais n'entends point trop ce que vous dites. Sans doute une "résistance" encore de ma part.
Je suis sans doute dans une position paranoïde du sujet comme disait qq que je connais, celle de celui qui ne veut pas entendre la vérité ,psychanalytiquement coloriée ou non de par cette argumentation sans doute sophistiquée et cultivée (aucun doute) à mon propos.

Légèrement moraliste non cette position à mon égard ? Cesse de... Tu es dans une résistance... etc.: là je croirais vraiment entendre mon psychanalyste.
Bon je croyais que vous étiez nietzschéen mais comme disait l'autre mais tout le monde peut se tromper comme à la fin de Some like it Hot avec Marilyn.
Il y a nietzschéen et nietzschéen, comme on peut dire il y a croyant et croyant ou à une certaine époque heureusement révolue il y avait marxiste et marxiste...
De toute façon les polémiques ça me fatigue. Pardon mais les polémiques avec vous particulièrement, ça me fatigue. Avec tout le monde d'ailleurs ou alors faut vraiment que ça en vaille la peine.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Prince' le Sam 10 Fév 2018 - 16:08

Cesse de... Tu es dans une résistance... etc.: là je croirais vraiment entendre mon psychanalyste.
Si tel est le cas, c'est un piètre praticien, changez en urgemment. 
Avec tout le monde d'ailleurs ou alors faut vraiment que ça en vaille la peine.
Il n'y a pas de polémique, mais uniquement un échange. Ne pas répondre n'est en rien un signal, si un propos vous indiffère, et c'est tout à fait légitime, inutile de le faire savoir. Conservez en tête ce dicton japonais : "Trop est pire que pas assez".
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Sam 10 Fév 2018 - 17:33

Et de me retourner réellement des griefs imaginaires n'arrangera pas l'affaire, Shub, puisque tu contournes, tu contournes, tu contournes, en plus d'être tors dans la démarche. Si tu préfères, nous nous croisons sans nous rencontrer, et je ne peux rien répondre à tes griefs parce qu'ils me sont parallèles (comme s'ils se/si tu te- déployai-ent/s dans un univers parallèle, ou bien à travers une vitre convexe et concave, en volutes). Mais m'estimer moraliste, cela en dit long sur ton autodéfense, et m'estimer anietzschéen-mais-tu-te-disais-tel, cela en dit long sur ton nietzschéisme ou connaissance idoine. C'est-à-dire que tu ferais mieux de changer de psychanalyste en effet, comme a dit Princeps, auquel je souscris sans réserve.
Philosophos a écrit:Le complexe de Jocaste ne doit pas que frapper les femmes ménopausées, sinon il n'y aurait pas d'inceste des mères avec leurs enfants plus tôt. Au Canada, on s'intéresse aussi à l'influence des mères sur les enfants, que la bienséance veut toujours innocente. Non, Vipère au poing d'Hervé Bazin à l'appui, par exemple. Alors, ce complexe de Laïos devrait intégrer l'incestualité rarement réalisée, des pères. Néanmoins, la plupart des viols ont lieu dans le cadre des proches de la victime.
L'avant-dernière phrase alors, me fait songer au complexe d'Électre : l'inceste des pères (comme des mères, d'ailleurs) est rarement réalisé, mais règne une incestualité, comme tu dis (une ambiance incestueuse), favorisant le complexe d'Électre, c'est-à-dire le fantasme des filles selon lequel le père viole la mère, et par voie de conséquence serait un violeur potentiel pour elles. Inconsciemment, ce fantasme rejoint aussi celui (complaisant comme fantasme, évidemment pas comme réalité) du violeur inconnu, et plus simplement de l'amant inconnu. A partir de tels fantasmes, on peut en vouloir à jamais à la gente masculine pour rien, et allègrement sombrer dans un complexe de Jocaste.

Ces affaires sont complexes, car il faut toujours discerner l'imagination voire le fantasme - la fixation de l'imaginaire - d'un-e-tel-le (enfant-œdipe/électre, mère-jocaste, père-laïos) et la réalité où des démarches peuvent susciter l'ambiance incestueuse (l'incestualité, bien plus fréquente qu'on ne l'imagine) voire la réalité où des démarches s'avèrent effectuellement incestueuses (rares, auquel cas l'imaginaire collectif se focalise sur une prétendue méchanceté masculine sans réfléchir).


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Le symdrome de Wendy

Message  Mal' le Sam 10 Fév 2018 - 23:49

Mal' a écrit:Il faut vraiment s'y entendre pour deviner de quoi je parle. Sur quoi donc, le Phallus maléfique, le phallocentrisme du féminisme et non des hommes pourtant phalliques comme hommes, non-phallocentriques pour cette raison, des deux premiers posts - ce phallisme naturel - reste un trouble-fête, car intervenant dans l'exponentialisation à l’œuvre chez le désir=jouissance féminin.
A relire l'échange et tomber là-dessus, cela signifierait une chose, car il arrive à bien des femmes d'espérer être troublées-fêtées ... eh bien, à ce compte d'espérer être toublée-fêtée, il s'avère qu'un phallus lambda peut bien faire l'affaire - aussi crument, pour les plus licencieuses, bien que dépressivant pour bien d'autres (voir alors aussi, sur leur investissement de l'amour). Un phallus lambda peut bien faire l'affaire, où il sera question de (s'en)jouer alors, les jeux du sexe.

Bon.

On dit souvent que ce sont les hommes, qui (en) jouent, pourtant. Mais, en vérité, je crois que pour les hommes, c'est chose très sérieuse que le sexe, sans quoi ils ne seraient pas globalement plus pudiques que les femmes, au fond, et sans quoi ils n'en feraient pas un enjeu viril élevé. Or, pourtant, les faits me semblent têtus, et cela rejoint évidemment les effets de la névrose obsessionnelle, décrits par Lacan.

Mais à quoi jouent alors les femmes ? ... Elles jouent au docteur pour se sentir bonnes, faire du sport, avoir un bébé, etc. ... car cela réveille, hein ! ... Quant à nous, nous pourrons batailler. Après tout, le fantasme de la mygale et de la mante religieuse n'est plus très loin ... et surtout, comme disent les célibataires endurcis, le mariage est une plaie - jamais de mariage !

Où nous arrivons au fameux symdrome de Peter Pan masculin, fuyard devant la paternité et le couple, en partie à cause de ce barnum dont les femmes ne sont pas innocentes. Mais enfin, et puisque j'ai cherché un complexe de Laïos, voyez comment se déploie un complexe de Wendy, à présent.

Le symdrome de Wendy, c'est le comportement de cette femme qui, plutôt que d'accepter les réalités, entre dans cette fausse conscience qu'elle en a la responsabilité particulière, doublement enfantine et vieillarde dans la démarche. Enfantine, elle se fera tout à fait charmante, mais hélas sera prompte au reproche à la moindre gêne subjective ; vieillarde, elle se fera parfaitement tançante, de ce qu'elle aurait une expertise singulièrement particulière des réalités, à pouvoir t'en décréter le vrai - ce qui n'est alors absolument pas pour satisfaire l'enfantinité, de même que l'enfantinité à elle seule suffit autarciquement à satisfaire la vieillardise. Wendy, en effet, est la fille qui, contrairement à Peter Pan, à bien-trop-sérieusement compris qu'il fallait rester terre-à-terre, jusqu'à la plus débile trivialité en l'occurrence, dans cet oxymore enfantine-vieillarde. Où naturellement, les femmes frappées d'un tel syndrome, regarderons avec une bienveillance atroce les hommes frappés du syndrome de Peter Pan, qui eux-mêmes en seront confortés dans leurs terribilités et autres nullités, sachant qu'à ce moment-là les Wendy adoreront pouvoir les reprendre, pour les sauver, et se faire passer pour d'excellentes personnes à peu de frais, contrastivement, ce qui n'aura jamais pour effet que d'humilier spécialement bien les Peter Pan, afin qu'ils s'enferrent dans leur condition, qui elle-même justifie que "doivent" exister les Wendy, aux yeux des Wendy elles-mêmes seules évidemment. (Carl G. Jung eut dit des Peter Pan qu'ils sont épris par l'anima, des Wendy par l'animus.)

Mais enfin, pour les Peter Pan comme les Wendy, le phallus comme tel est maléfique : trop "patriarcal" dans le fantasme ...


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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Sam 10 Fév 2018 - 23:57

Mais le complexe de Laïos existe, une simple recherche permet de le dégotter : Revue Française de Psychanalyse, BNF - Le complexe de Laïos selon John Munder Ross, par Marie-Claire Durieux ; de même, du symdrome de Wendy : Amélioretasanté - Le syndrome de Wendy : prendre soin des autres en s’oubliant soi-même

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Dim 11 Fév 2018 - 0:18

Je ne savais pas. Enfin c'est drôle alors, comme la multiplication des complexes et des syndromes, au fond, est de bonne expérience. Et, plutôt que de l'accabler, je la juge pratique, quand on s'y entend. Oui, c'est de bonne psychologie des profondeurs, où l'on constate assez bien que nos mondes ne veulent plus s'y reconnaître, dans leurs solipsismes paniques.

Merci Philosophos, quoique l'apport sur les Wendy me semble trop gengen. Ces femmes se le cherchent, et en retirent des satisfactions de cruauté sublimée par le soin, on aurait tort de l'ignorer. Elles aussi, sont des manipulatrices comme les Peter Pan. Le deuxième lien, concernant Laïos, est bien plus sérieux et intéressant - néanmoins, il a le défaut d'ignorer la relation père-fille que tu soulevas.
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Dim 11 Fév 2018 - 12:16

Mal' a écrit:l'imaginaire collectif se focalise sur une prétendue méchanceté masculine sans réfléchir
Ça m'évoque Jacqueline Sauvage.
Jacqueline Sauvage porte bien son nom, nous allons voir pourquoi.
Mariée pendant des décennies à Norbert Marot - lui aussi, semble bien porter son nom - elle finit par l'abattre dans le dos avec son fusil de chasse, alors qu'il était tranquillement assis en terrasse ou assimilé.
Seulement, dans les premiers temps de leur couple, Norbert avait fui le domicile conjugale pour s'installer avec une de ses employées.
Jacqueline, alors Marot, était allée le chercher avec le fusil, en le dénigrant comme quoi il violait ses filles.
A ce propos, l'une ou l'autre fille dira en jugement, qu'après une fugue, des gendarmes l'auraient giflée ou menottée, ce qui laisse perplexe pour le traitement d'une fugueuse.
Quant à l'aventure de son mari, Jacqueline Marot se rendit de nouveau chez elle pour la martyriser : une rosserie suivie d'une course-poursuite en voiture, qui s'est terminée dans une gendarmerie heureusement pour la martyr. Mais cette dernière ne porta pas plainte.
Dans la suite hélas, et malgré les menaces au fusil de Jacqueline, Norbert se mit à battre Jacqueline.
On ne peut pas admettre la brutalité, non ? pourtant on ne peut s'empêcher de penser que Jacqueline est factivement la première persécutrice de l'histoire.
Enfin, on ne sait pas tout, mais c'est gratiné.
Lors de son procès et de l'appel suivant, la justice entérine dix ans de prisons pour Jacqueline, redevenue Sauvage, son nom de jeune fille.
En prison, les matonnes remarquent qu'elle a la trempe nécessaire pour ne pas subir ses codétenues. De plus, il faut dire que, dans son couple, elle tenait librement les comptes du foyer. Enfin donc, son meurtre n'a pas été de légitime défense, mais avec préméditation, plus de trois heures après sa dernière rouste de Norbert selon le médecin légiste.
Jacqueline Sauvage a été amnistiée par François Hollande sous la pression délirante des réseaux sociaux et médias conjugués, contre toute décision de justice.
La vulgate présentait évidemment Norbert Marot comme un salaud de père violeur battant sa femme, maltraitant encore son fils d'ailleurs, qui s'était suicidé l'avant-veille des faits.
Une affaire sacrément gratinée.
Mais, si l'autorité exécutive, si prégnante dans la vie publique de notre Vème République, amnistie une telle personne que Jacqueline Sauvage sous le coup de l'opprobre publique, il ne faut plus s'étonner de rien au sujet de l'imaginaire collectif et sa focalisation sur la prétendue méchanceté masculine sans réfléchir à son pendant féminin.
Les femmes n'ont rien d'une sinécure, non plus.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Dim 11 Fév 2018 - 13:24

Oui, l'amnistie présidentielle accrédite la rage des haters, et recoupe les "relativisme", "dysréalisme" ou "solipsisme panique" dont nous parlons juste là. Ma pensée sur l'incivisme français, aussi.

En somme ? ... "Justice légitime nulle part, police justicière à la Judge-Dredd-populaire partout." Où es-tu, Montesquieu et ta séparation des pouvoirs afin d'éviter la tyrannie, serait-ce la tyrannie de la majorité (Alexis de Tocqueville) ? d'une majorité qui, en réalité, reste à prouver. La tendance du moins, est-elle médiatique, et "fait l'opinion", atrocement.

Enfin, concernant la famille Marot alors, je n'ose pas imaginer l'inconscient terrible à l’œuvre, digne d'un ouvrage de Jean Cocteau. Et c'est cela, qui est plébiscité ! - Mais quoi ?! le clitoris serait-il aussi maléfique que le phallus ? *Lol*

... d'un phallus défini comme pénis, s'entend, non pas psychanalytiquement.
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Mar 13 Fév 2018 - 10:03

D'Antigone à #metoo ... Encore un syndrome ?

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Mar 13 Fév 2018 - 11:12

Je dirais plutôt un symptôme ... Antigone finit emmurée, après ses bravades. L'emmurement fonctionne comme un giron terrible, un retour à la Mère archaïque, atrocement par la voie du Père archaïque lui-même. C'est-à-dire qu'un Laïos renvoie une Électre vers une Jocaste. De quoi entrer dans des paranoïdies dingues, puisque les militant-e-s, défendant toutes les femmes, défendent intrinsèquement leurs mères-femmes en bravant les pères ; la mère d'Antigone, dans le mythe, est précisément Jocaste. Le père-frère, c'est Œdipe : inceste. Antigone rejoue cela devant son oncle Créon en le traitant avec une familiarité fraternelle d'égale à égal, au nom d'une injustice qu'elle estime faite à son frère Polynice devant son frère Étéocle.

Que cette injustice soit bien une injustice, c'est vrai, puisqu'à tout le moins Polynice - pour avoir moins bien gouverné Thèbes qu'Étéocle - pouvait avoir une sépulture décente, quoiqu'il attaqua Thèbes ! pour d'audibles raisons certes, mais l'attaqua quand même. Disons qu'Antigone ne supporte pas le machiavélianisme de la démarche de son oncle Créon-substitut paternelo-fraternel incestuel, qui vise précisément à créer un récit thébain propice à l'ensemble de la population. Où donc, Antigone, au nom de l'ordre divin abstrait, conteste l'ordre humain concret et le bien-être de la population !

C'est qu'elle est teigneuse et affectueuse, évidemment, et certainement brave. Reste que, inconsciemment, tout cela a hélas lieu au nom d'une spéculation (les dieux, et des dieux qui ne sont même pas toujours bons avec la population !), pour un chérissement incestuel envers Polynice, où Antigone se pose comme "la Wendy du Peter Pan de Thèbes" (l'association imaginaire Créon-Étéocle, fonctionne ici comme "le Capitaine Crochet", le mauvais père-frère - et voilà le rejeu devant Œdipe, père-frère d'Antigone). Ce qui est sans parler de ce qu'Antigone défend un homme, pas une femme ! ...

Ainsi, choisir Antigone comme figure tutélaire d'un certain néoféminisme acharné, en dit long sur le délire auquel on a affaire, totalement contradictoire dans la démarche, puisque ne pouvant se passer des hiérarchies transposées au champ virtuel d'un divin, tout autant assimilable aux lois cosmiques, lois naturelles, devant les lois politiques, lois artificielles pourtant propices à la population, contrairement aux sauvageries sur/naturelles*. Ce néoféminisme acharné peut bien être renommé un antigonisme de principe, confinant à l'animus jungien. Et la (mère !) nature confine au masochisme de l'emmurement. (D'ailleurs, les Amazones ne vivent-elles pas singulièrement recluses dans un sexisme infanticide ?)

C'est "la loi de la mère", selon Gilles Deleuze au sujet du masochisme ; Deleuze, d'ailleurs à ce propos entièrement validé par Jacques Lacan. C'est-à-dire, en définitive, qu'un tel acharnement procéderait de motions homosexuelles incestueuses mères-filles aveuglément devant cette possibilité maternelle, d'être un emmurement jocastien. Nos Wendys - car c'en sont massivement - en sont là et, le pire, c'est qu'elles veulent wendyser le monde, ne tolérant que les hommes dans leurs démarches wendysantes.

Bref : le Phallus n'est évidemment pas maléfique - ni bénéfique, d'ailleurs - mais neutre, comme tout.

___________________
* Je dirai même qu'Antigone s'improvise pythie-prophétesse des dieux, ce qui est évidemment mensonger comme toute superstition. Elle le fait donc égocentriquement, en mentant sur cet égocentrisme par la sublimation daïmonique (de même que Socrate se dit inspiré par son daïmon apollinien, mais c'est un autre débat, où nous le découvririons égocentrique aussi). Bref, elle se comporte comme n'importe quelle prêcheuse : en s'autorisant farouchement de soi-même sur la base de rien. Les lanceurs de fatwa ne font pas autrement.
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Jeu 15 Fév 2018 - 11:52

La réalité est, entre autres, phallique, puisqu'il y a "du" phallus. C'est indéniable.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Lun 19 Fév 2018 - 8:44

Je rappellerai toutefois qu'il s'agit bien, dans l'ensemble, d'une méditation en psychanalyse des groupes. Par exemple, les syndromes de Peter Pan et de Wendy n'ont rien, en soi, de psychanalytiques, bien qu'ils fassent écho à une impulsivité pré-œdipienne/électrienne, ainsi qu'à l'hystérie. Ça n'a pas vocation à savoir la vérité de tous, mais seulement d'intuitionner - à la bergsonienne - un air du temps, en faisant des relations possibles à partir de la psychanalyse (Freud écrivit bien Totem et tabou, Malaise dans la civilisation, etc.). Bref, en raisonnant psychanalytiquement, procéder à un arraisonnement psychanalytique de l'époque ...

Nous vivons certes à l'heure post-Edward Bernays et Ernst Dichter, en marketing, non ?
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Mer 21 Fév 2018 - 16:26

J'imagine que ces deux ouvrages corroborent :

XY, de l'identité masculine, d’Élisabeth Badinter :
Le mouvement des femmes a fait voler en éclats toutes les idées traditionnelles sur virilité et féminité. Longtemps la masculinité a paru aller de soi. Chaque homme se devait de ressembler à un idéal bien campé dans la culture. Désormais, au contraire, les hommes sont amenés à s'interroger sur une identité que la formule chromosomique XY ne suffit pas à définir.
Dépassant la vieille querelle du féminisme contre phallocratie et machisme, Elisabeth Badinter dessine, dans cet essai, les contours encore flous du nouvel homme que notre siècle est en train d'inventer, et qui cessera enfin de refouler une part essentielle de lui-même. Prélude à une nouvelle harmonie des sexes ?

La Sexualité masculine, de Claude Crépault :
« On a tendance à dépeindre l’homme comme une sorte de phallus ambulant. On simplifie à outrance son mode de fonctionnement sexuel. On laisse croire que la sexualité masculine est fondamentalement déterminée par les lois de la nature, on l"animalise”.

« Mes quarante années de recherches en sexologie m’ont, à l’inverse, convaincu qu’elle est, autant que celle de la femme, sous la dépendance du psychisme et qu’elle est même plus énigmatique. »
C. C.

Pour mieux comprendre la sexualité faussement simple des hommes !

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Mer 28 Fév 2018 - 22:29

De tels éléments qu'en lien, peuvent donner le sentiment que "le phallus est maléfique". Auquel compte pourtant, le propos est d'une Électre ou d'un Œdipe qui se contredit : c'est qu'il faut de l'accouplement ... certes pas exactement sur le mode du viol, si je peux me permettre l'euphémisme.

D'ailleurs, rapport à tes liens Philosophos, de toute évidence un violeur n'a pas grand'chose dans le crâne, il n'a rien d'une énigme. C'est d'ailleurs son manque "d'énigmaticité", qui le rend traumatisant. Trop réel pour être (psychiquement) vrai ; et pourtant ... d'où : traumatisme, CQFD.


Voir aussi.
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Jeu 1 Mar 2018 - 11:33

A bien lire les chiffres, la majorité des viols ont lieu dans le cadre familial. L'incestualité dont tu parles est sordidement respectée.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Ven 9 Mar 2018 - 18:15

Philosophos a écrit:A bien lire les chiffres, la majorité des viols ont lieu dans le cadre familial. L'incestualité dont tu parles est sordidement respectée.
C'est d'ailleurs des éléments que Sigmund Freud avait enregistrés dans les témoignages. Il en eut tant qu'il conclut à des fantasmes de séduction. D'aucuns jugeront ça misogyne, mais je comprends aussi que cela put laisser perplexe. Après tout, n'était-il pas dans la situation de recevoir des patient·es censément maladif·ves ? Il y a un biais du praticien, inévitable biais.

Reste qu'il faut bien considérer une chose : l'histoire de notre espèce, c'est l'histoire de reproductions entre cousins, fatale reproduction entre cousins, étant donnée la taille des communautés et les moyens de transport & communication à disposition. Et, devine quoi : ce sont ces reproductions qui assureraient les lignées les plus biologiquement sûres. Nous souffrons aussi d'un biais chronocentrique ! comme toujours. En l'occurrence, d'une susceptibilité contemporaine, propre à toutes les paranos, devant les jeux du désir en famille - qui, du coup, n'ont pas "d'énigmaticité".

Où il y a une vaste & vague part d'indécidabilité en tout cela, hélas pour le scientifique. Voir alors.
Et c'est là, dans cette indécidabilité au présent, que les psychanalyses logent, c'est là qu'elles ont toute leur place, c'est là qu'elles jouent l'éminent rôle de travail sur soi, d'entendement du fantasme, à défaut de guérir aussi expéditivement qu'une psychothérapie - voire de guérir tout court X phénomènes, ce que Freud avait déjà pris en compte.
S'il faut vraiment guérir, d'ailleurs ! ce que Lacan avait probement mis sur le tapis, aussi - car qu'est-ce que "guérir" ou "être guéri" au fait au juste ? pour quoi et qui, selon quoi et qui, d'après quoi et qui, à quelles fins de quoi et qui ? Ce que Deleuze et Foucault ont précisément dénié en la psychanalyse, à l'accuser de normalisation contre toute pratique.

La psychanalyse est descriptive et libre, sur tous ces plans, par quoi elle permet de découvrir et affranchir.
Elle est guérit-Éros, c'est-à-dire qu'elle livre à toutes les folies, par lesquelles nous rapprenons à arpenter réellement le Wunsch incarné et qui toujours manque à la connaissance, c'est-à-dire les vécus. Expérience éminemment sceptique de sens antique, et que les existentialismes ont quelque peu retrouvée dans leurs genres (Kierkegaard, Heidegger, Sartre - sans parler de Nietzsche, qui n'était pas exactement existentialiste, mais donne à vivre un personnalisme existential fort, et qui fut sans conteste néo-sceptique).

Mais enfin, je crois que ce topic atteint sa limite.
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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  LibertéPhilo le Lun 12 Mar 2018 - 11:08

Non mais, d'un Phallus perçu bénéfiquement, indifféremment ou maléfiquement, j'ai l'impression que c'est affaire de cadres psychoéducatifs et psychoculturels.

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Re: Le Phallus, maléfique ?

Message  Mal' le Mar 13 Mar 2018 - 14:37

Ça rejoint le topic Notre monde est-il absurde, capricieux, sanglant et injuste ? ... Après, une brutalisation devant un dissentiment clair, reste un viol, quelle que soit l'époque.

Tout ce qui était à dire, c'était que les sensibilités varient en effet, et que la psychanalyse vient se loger dans l'éventuel après-coup comme avec le fantasme pur : dans tous les cas, il y a travail de l'imaginaire mnésique - travail du psychisme, - sur lequel opère lentement mais "biorythmiquement" la psychanalyse.

Enfin, elle permet de mûrir, quand on comprend la signification du stade génital et, mieux, qu'on y accède. C'est une sophopraxie.
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Mal'
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Re: Le Phallus, maléfique ?

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