Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

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Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Ragnar II le Mer 10 Mai 2017 - 11:28

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Lorsque Darwin découvre le moyen de reproduction du nématode du grillon, il est littéralement épouvanté par la cruauté du processus en question. En effet, ce ver s'introduit dans le corps de sa proie, qu'il maintient en vie pour s'en alimenter tout en lui faisant certainement souffrir le pire des martyres.

Mais ce nématode entomopathogène exerce en plus une transformation du circuit neuronal du grillon, ce qui pousse celui-ci à changer radicalement de comportement. Normalement, le grillon est un insecte vivant dans les herbes éloignées de tout plan ou cours d'eau. Mais sous l'influence de ses neurones modifiés par le nématode, il se dirige vers l'eau et s'y jette pour se suicider par noyade, ce qui libère alors les œufs pondus entretemps par le nématode.

Et le circuit naissance-vie-reproduction-mort reprend en assurant la pérennité de l'espèce nématode entomopathogène.

Nous avons déjà avec cet exemple un aperçu de ce que pourrait être le « libre arbitre » d'un grillon, selon qu'il soit contaminé ou non par le nématode ...

Cela dit, il existe un autre exemple du même type.

Le protozoaire toxoplasma gondii est un organisme ayant la capacité de contaminner les petits rongeurs en prenant le contrôle du circuit neuronal de ces rongeurs pour inhiber complètement la crainte qu'ils ont normalement envers leur prédateur principal, à savoir le chat. Les rongeurs ainsi contaminés se laisser approcher par les chats pour en faire leur repas.

Nous avons donc avec les petits rongeurs le même phénomène qu'avec le grillon, ce qui peut laisser songeur au regard de leur « libre arbitre » ...

Mais il y a avec les rongeurs contaminés par le protozoaire en question un autre phénomène, d'une importance capitale pour l'humain.

Le chat est un remarquable animal de compagnie, pour les humains.

Tout chat ayant ingéré un rongeur contaminé par le protozoaire toxoplasma gondii contamine a son tour tout humain ayant le moindre contact avec les feces du chat ainsi contaminé, notamment lors des changements de bac à déjections effectués sans précautions. Les effets de cette contamination ne se traduisent en général pas par des pathologies faciles à déceler. Elle se traduisent quand même par des tendances à la schizophrénie, à la dépression nerveuse et aux tendance suicidaires (comme avec le grillon contaminé par le nématode entomopathogène). Pour mémoire, un tiers de la population humaine de la planète serait ainsi contaminé ...

Les humains contaminés par le protozoaire toxoplasma gondii ne sont-ils pas déterminés par leur contamination ? Jouissent-ils de leur libre arbitre ?

La remarque de Spinoza sur le déterminisme ne reprend-elle pas toute sa valeur ? (chacun se croit libre de ses décisions mais n'agit en réalité que sous l'effet d'un illusion provoquée par son ignorance de tout ce qui le détermine en totalité).

« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », nous dit le sage, et il a raison, s'il place le terme « conscience » sur le champ de l'éthique, de la morale.

Mais si l'on place ce terme sur le plan de l'éveil au monde :

« Conscience sans science », alors, ça, qu'est-ce que c'est ?

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Philo le Mer 10 Mai 2017 - 11:47

Ragnar II a écrit:Tout chat ayant ingéré un rongeur contaminé par le protozoaire toxoplasma gondii contamine a son tour tout humain ayant le moindre contact avec les feces du chat ainsi contaminé, notamment lors des changements de bac à déjections effectués sans précautions. Les effets de cette contamination ne se traduisent en général pas par des pathologies faciles à déceler.
On ne sait pas le détecter autrement dans le corps humain ?
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Mer 10 Mai 2017 - 11:59

Merci pour ce beau morceau de réflexion : cela fait longtemps que tu n'avais pas offert cela à la lecture. Je veux dire, une qualité telle. Alléluia amen à ta science, ton art et ta philosophie, ô Ragnar.
« Conscience sans science », alors, ça, qu'est-ce que c'est ?
Une affaire de définitions. En effet, ton texte est soutenu d'une architectonique inrévélée : celle de la santé et, pour le dire ainsi, d'un normosanitarisme, par lequel on dira volontiers schizophrène un tiers de l'humanité. Ce qui, sous un angle, ne me dérange pas puisque je nous estime psychanalytiquement dans une psychose de masse - mais c'est un autre débat, auquel je mets directement fin pour HS. On pourra toujours en discuter dans la partie afférente. (Néanmoins, ironie du sort, les chats sont adorés de par les Nets, comme en mimétisme bactériologique-mémétique ... Passons.)

Je reviens sur cette affaire de définition. Tu as judicieusement écarté la conscience morale de l'investigation, à bon droit. Par contre, tu n'as pas défini la science. C'est-à-dire qu'on a la ... prescience ... que ta science est une puissance d'agir pour la conscience, serait-elle dépourvue de libre-arbitre. Par quoi donc, à la bourdieusienne ("la liberté, c'est la conscience de la nécessité"), est posé parodiquement à Nietzsche ("vouloir libère") l'axiome suivant : savoir libère. C'est-à-dire que savoir libère, dans cette mesure où ça libère des puissances d'agir sur nos propres déterminations à agir par ailleurs, sans toutefois que cela n'affecte tréfondamentalement les déterminations. Mais enfin, on aurait donc là une puissance d'agir éthologique - puisque tu postes ça en éthologie ... - une puissance d'agir, donc, comportementale, attitudinale, morale, bien plus grande, de ce qu'on dispose sociotechniquement et technoscientifiquement, des moyens d'intervenir sur nos déterminations ; interventions, interventionnisme de ta démarche, proactionnarisme du savoir méthodique et bioingénierique, sur la base desquelles nous devrions nous sentir, donc, plus puissants (plus "libres d'arbitrage" sur nos vies). Mais, naturellement, il s'agit d'un sentiment de puissance ; d'une illusion spécifique de nos volontés de puissance sur nous-mêmes, prises dans des récursions morales & intellectuelles comme en ruban de Mœbius logique & logiquement. C'est-à-dire qu'on n'en sort plus (par névrose narcissique d'ailleurs) comme en autophagie et cannibalisme imaginaires.

Enfin, j'ai balancé cette notion de normosanitarisme qui, en effet, ne suppose pas la santé comme équilibre - homéostasie de l'organisme - mais comme normativité sanitaire édictée ou décrétée par l'institution sanitaire ; de telle sorte que son autorité règne absolutistement dans cet ordre de jugements. C'est-à-dire que, relativement à un groupe homéostatique, la schizophrénie, d'origine biologique ou psychanalytique peu importe, et du moment qu'elle ne "suicide" pas l'espèce, peut tout aussi bien constituer une vitalité-viabilité-vivabilité, c'est-à-dire un régime existentiel normal (la normalité n'est pas la normativité : la normalité déploie le champ d'une moyenne dotée de variables ; la normativité aligne sur ses critères), ou donc - à la nietzschéenne - un type de vie. Là, le darwinisme ne dit pas si ce sont les spécimens les plus dynamiques qui survivent, mais bien les plus homéostatiques. (Au reste, on sait désormais que l'évolution des espèces est en large partie due aux variations climatiques, sans parler d'un mutationnisme épigénétique transmissible toujours-déjà à l'oeuvre : les gènes ne sont pas tout, donc ; la signifiance vécue joue même dans l'hérédité directe psychogénéalogiquement.)

Bref : c'est trop-plein de certitudes, comme propos, et c'était sans parler de l'humanitarisme soutenant tout cela, puisqu'il s'agit évidemment d'une mentalité médecins-sans-frontière que tu proposes là. Saving private mankind from its delusions. A quelle fin ? C'est eugéniste de sens commun (l'humanitarisme aussi, est un eugénisme).
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RÉFLEXION SUR LE LIBRE ARBITRE

Message  Ragnar II le Ven 12 Mai 2017 - 11:43

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Le fond de l'objet de départ du présent fil de discussion, ce n'est pas l'épouvante.

C'est le libre arbitre.

Tout éloignement excessif des connaissances actuelles livrées par la science d'aujourd'hui rend sourd et aveugle aux réponses données à notre époque aux plus grandes questions posées par la philosophie depuis 2500 ans.

Simple remarque sur le fond du message d'introduction, qui, placé par la force des choses dans le contexte habituel des échanges entre humains très humains, se joue  comme toujours sur l'incommunicabilité la plus pesante.

Surtout sur internet.

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Très cordialement,

À bientôt ...

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P.S. : Reformulons comme suit la question posée à la fin du message d'introduction de ce fil :

Qu'est-ce que c'est, une conscience se penchant sur le concept de libre arbitre en ignorant cependant tout de la sélection naturelle des espèces de nématodes et protozoaires se reproduisant par modification de fond du circuit neuronal et donc des pensées et actions de toute corporéité abritant par hasard et nécessité ce genre d'espèces ?

Quelle est la valeur des idées, des pensées, des raisonnements d'une telle conscience, d'un tel esprit, d'une telle personnalité, d'une telle corporéité ?

Mal' a écrit:Merci pour ce beau morceau de réflexion : cela fait longtemps que tu n'avais pas offert cela à la lecture. Je veux dire, une qualité telle. Alléluia amen à ta science, ton art et ta philosophie, ô Ragnar.

Merci !

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Dernière édition par Ragnar II le Ven 12 Mai 2017 - 11:49, édité 1 fois

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Ven 12 Mai 2017 - 11:48

Ragnar II a écrit:Quelle est la valeur des idées, des pensées, des raisonnements d'une telle conscience, d'un tel esprit, d'une telle personnalité, d'une telle corporéité ?
Ma réponse sera nietzschéenne : l'innocence du devenir, dont nématodes et protozoaires sont. Sinon, rien, mais alors on peut crever - ce qui adviendra de toutes façons.

Donc, le fond du sujet est bien l'épouvante, devant le manque d'autodétermination éthologique.
Ragnar II a écrit:Le fond de l'objet de départ du présent fil de discussion, ce n'est pas l'épouvante.

C'est le libre arbitre.


Dernière édition par Mal' le Dim 18 Fév 2018 - 22:15, édité 3 fois (Raison : Perfectionnisme)
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Philo le Ven 12 Mai 2017 - 11:50

Ragnar II a écrit:Qu'est-ce que c'est, une conscience se penchant sur le concept de libre arbitre en ignorant cependant tout de la sélection naturelle des espèces de nématodes et protozoaires se reproduisant par modification de fond du circuit neuronal et donc des pensées et actions de toute corporéité abritant par hasard et nécessité ce genre d'espèces ?
Eh bien, à mon avis, ça ne change pas grand chose. Parce que déjà à l'époque de Darwin, on avait conscience de pas mal de choses qu'on ignorait deux siècles plus tôt, quand la médecine se limitait à Gallien. Et de toute façon, maintenant on sait pour la reproduction du nématode et du protozoaire, donc nous avons de nouveau le libre-arbitre, puisque nous pouvons détecter ces comportements irrationnels et les éviter (à condition de prendre ses précautions avec la litière du chat).

Ne serait-ce pas comme de prédire l'avenir ? Celui qui connaît l'avenir peut le modifier en modifiant le présent, et donc, l'avenir reste imprévisible. Or, le libre-arbitre concerne l'avenir. C'est bien parce que j'ai été capable de prévoir les conséquences d'une action que je suis déclaré responsable en cas de délit ou de crime.
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RÉFLEXION SUR LE LIBRE ARBITRE

Message  Ragnar II le Ven 12 Mai 2017 - 12:03

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Les intuitions de la philosophie classique se jouent aujourd'hui sur deux plans :

Leur réfutation indiquée au moyen du rationalisme actuel. (Exemple : Descartes a tort de séparer le corps et l'esprit.)

Leur approbation livrée au moyen de la vérification actuelle des idées. (L'innocence du devenir est vérifiée aujourd'hui par la réfutation de tout projet, de toute téléologie, dans la nature.)

Il reste maintenant à nous intéresser au devenir.

Et les pensées darwinienne et néodarwinienne offrent un remarquable outil pour ça ...

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Je suis prêt à postuler que la philosophie de notre temps, hé bien c'est la science ...

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Ven 12 Mai 2017 - 12:04

Avec tous les problèmes qu'elle pose. Cela dit, tu ruines ton triptyque alors.

Mais je répètes que ton message n'a jamais vocation qu'à épouvanter devant la possibilité d'autodétermination éthologique. Il faut lire Sartre là, sur le pour-soi, seul mode existentiel ontologique vécu. Le reste est apport pour-autrui (et pour-soi-pour-autrui).

Ce qui était opposer Sartre à ta science : reconnaissons que c'est pour le moins téméraire, des deux côtés, et tout ensemble.
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Ragnar II le Sam 13 Mai 2017 - 13:05

Philo a écrit:
Ragnar II a écrit:Qu'est-ce que c'est, une conscience se penchant sur le concept de libre arbitre en ignorant cependant tout de la sélection naturelle des espèces de nématodes et protozoaires se reproduisant par modification de fond du circuit neuronal et donc des pensées et actions de toute corporéité abritant par hasard et nécessité ce genre d'espèces ?

Eh bien, à mon avis, ça ne change pas grand chose. Parce que déjà à l'époque de Darwin, on avait conscience de pas mal de choses qu'on ignorait deux siècles plus tôt, quand la médecine se limitait à Gallien. Et de toute façon, maintenant on sait pour la reproduction du nématode et du protozoaire, donc nous avons de nouveau le libre-arbitre, puisque nous pouvons détecter ces comportements irrationnels et les éviter (à condition de prendre ses précautions avec la litière du chat).

Ne serait-ce pas comme de prédire l'avenir ? Celui qui connaît l'avenir peut le modifier en modifiant le présent, et donc, l'avenir reste imprévisible. Or, le libre-arbitre concerne l'avenir. C'est bien parce que j'ai été capable de prévoir les conséquences d'une action que je suis déclaré responsable en cas de délit ou de crime.

Le libre arbitre dont tu parles, c'est celui de ceux qui savent ...

Mais il y a ceux qui ne savent pas. Revoir Spinoza et sa remarque sur le libre arbitre en tant qu'illusion provoquée par une ignorance inévitable de l'ensemble de toutes les causes.

Si tu es déclaré coupable de quoi que ce soit, c'est surtout parce que le juge qui te condamne obéit lui-même à son serf arbitre, à sa détermination. Le libre arbitre est pour lui aussi une illusion.

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Sam 13 Mai 2017 - 13:15

Le libre arbitre dont tu parles, c'est celui de ceux qui savent ...
Mais est-ce que ceux qui savent, savent tout de leurs déterminations potentielles ? ... Et la rétroaction, tout le monde en dispose-t-il mêmement en termes d'efficace ?
Mais il y a ceux qui ne savent pas. Revoir Spinoza et sa remarque sur le libre arbitre en tant qu'illusion provoquée par une ignorance inévitable de l'ensemble de toutes les causes.
Quand on en est là de la béatitude divine, est-on spinoziennement libre pourtant ?
Si tu es déclaré coupable de quoi que ce soit, c'est surtout parce que le juge qui te condamne obéit lui-même à son serf arbitre, à sa détermination. Le libre arbitre est pour lui aussi une illusion.
Épouvantable exemple ! Eh oui : quoi de plus épouvantable, que d'être condamné par un déterminisme aveugle et stupide "en soi" ? ... Mais, si tout l'est (aveugle et stupide), alors pourquoi parler de culpabilité (Kalos nous relaterait quelque volontarisme métaphysique là *Lol* ) ? - c'est ce dont se soucie Nietzsche, au début d'Humain, trop humain II. Néanmoins, Nietzsche n'en conclue pas au serf-arbitre.

Pour en revenir à ton dire, il tire vers ce dostoïevskisme : "Si Dieu n'existe pas, tout est permis." Dostoïevskisme qui inquiéta tant Albert Camus, dans l'Homme révolté, et qu'il appelle dramatiquement un nihilisme. Hélas, si tout est permis, tout est possible et, si tout est possible, tout est trop "libre".

Sophisme ? ...

Il est évident qu'il y a là jeu, sur la définition de liberté. Mais saute-t-on vraiment du coq à l'âne ? ... Je ne crois pas. Pour Sartre par exemple (au hasard ... ) la liberté est un choisir pur, indépendamment des conditions de possibilité de ce choisir. Donc, si la liberté est un choisir, et qu'en effet j'ai l'expérience d'un choisir, la liberté existe, peu importe les conditions de possibilités de ce choisir. Ontologiquement, dans mon pour-soi, c'est ainsi.
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Avis' le Sam 13 Mai 2017 - 13:28

Philo a écrit:
Philo a écrit : Et de toute façon, maintenant on sait pour la reproduction du nématode et du protozoaire, donc nous avons de nouveau le libre-arbitre,

Je n'ai pas lu plus avant, mais ta réflexion m'arrête : en fait, de savoir ce que nous ne savions pas, relance notre libre-arbitre. Intéressant ! A creuser ! *Pouce* 
J'avoue ne jamais y avoir pensé.

Mal', un topic !!!!

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Sam 13 Mai 2017 - 13:37

Topic toi-même.
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Ragnar II le Sam 13 Mai 2017 - 14:00

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Les mystères de l'informatique sont sans doute à l'origine de la disparition d'un message que j'allais placer. Tant pis. Je reprends sur la branche d'une autre arborescence de propos.

La remarque de Dostoïewsky sur la mort de Dieu et le potentiel de réaliser tout, absolument tout en conséquence, cette remarque date d'une époque qui n'a plus cours. Camus dit d'ailleurs bien que si tout est possible, cela ne signifie en rien que tout doit être fait. Onfray reprend l'argument.

Cela dit, le déterminisme biologique, que nous commençons à cerner aujourd'hui, il permet de faire la démonstration irréfutée qu'une éthique, qu'une morale est inscrite au plus profond de la corporéité humaine en tant qu'héritage dont il est possible de trouver la trace chez les mammifères en général et le singe en particulier, tout en n'excluant pas la brutalité et la cruauté inscrite elle aussi au plus profond de cette corporéité humaine, surtout chez les homme au sens de mâle. Notons que Dieu n'a d'ailleurs pas empêché les pires brutalités, les pire cruautés.

Cela signifie simplement que la disparition de Dieu n'est en aucun cas la condition de la disparition de toute éthique, de toute morale.

Hé non, en effet, ce n'est parce que tout est permis que tout doit être fait.

Les lieux du monde où Dieu n'a jamais émergée ne se caractérisent d'ailleurs pas par le fait que TOUT est fait par tous les humains ...

Il serait temps que la pensée des philosophes soit confrontée aux informations livrées par la science ...

.

Avistodénas a écrit:
Philo a écrit:
Philo a écrit : Et de toute façon, maintenant on sait pour la reproduction du nématode et du protozoaire, donc nous avons de nouveau le libre-arbitre,

Je n'ai pas lu plus avant, mais ta réflexion m'arrête : en fait, de savoir ce que nous ne savions pas, relance notre libre-arbitre. Intéressant ! A creuser ! *Pouce* 
J'avoue ne jamais y avoir pensé.

Mal', un topic !!!!

À creuser aussi :

Savoir ce que nous ne savions pas en apprenant par exemple que toutes les expériences menées par la science sur le libre arbitre concluent invariablement par une forte probabilité de réfutation du libre arbitre. « Forte probabilité » en vertu du fait que la science n'avance jamais aucune certitude, aucune preuve, contrairement à ce que pourraient penser de bien nombreux humains très humains.

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Le temps me manque.

Au revoir. À bientôt.

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Philo le Sam 13 Mai 2017 - 14:33

Ragnar II a écrit:La remarque de Dostoïewsky sur la mort de Dieu et le potentiel de réaliser tout, absolument tout en conséquence, cette remarque date d'une époque qui n'a plus cours.
Il me semble que Dostoïevski met cette phrase dans la bouche d'un anarchiste nihiliste. Pour être honnête, j'ajoute qu'il est tout aussi vrai que l'écrivain était profondément croyant, comme la plupart des Russes, et qu'il a voulu montrer qu'un monde sans Dieu serait un monde sans morale.

Avistodénas a écrit:Je n'ai pas lu plus avant, mais ta réflexion m'arrête : en fait, de savoir ce que nous ne savions pas, relance notre libre-arbitre.
Seul Dieu sait tout, Adam et Eve aussi, mais eux sont tombés dans l'ignorance. En fait, la science nous met à la place de Dieu et nous renvoie au Paradis ! Las ! C'était sans compter Ragnar, qui nous dit que la science n'a pas de certitude ! *Souri*

Ah au fait, pour que le libre-arbitre fonctionne, il faut bien sûr que Vrai = Bien.
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Sam 13 Mai 2017 - 15:19

Ragnar a écrit:Il serait temps que la pensée des philosophes soit confrontée aux informations livrées par la science ...
De même qu'il serait temps que tes interventions ici soient renseignées par la Charte et le Bon Usage du forum (pas de doublon, pas d'information précise quant à soi). Tu as de longue date découvert comment poster, et tout juste découvert que tu pouvais modifier ton profil. C'est bien. Découvre, à présent, la lecture et l'application des règles, sans quoi ce sera pour toi comme tout le monde : le ban' temporaire. Mais, te sachant sporadique, l'exil durera bien plus que 3 ou 7 jours. Et tant pis si tu disparais pour de bon.

Mais enfin, tu radotes. La science jamais ne fera une décision, ni un sentiment, quand bien même elle en décrirait minutieusement tous les ressorts, et quand bien même ces ressorts nous délivreraient le fin mot de notre absolue détermination - ce qui est loin d'être encore le cas. Devant une telle donnée que le déterminisme radical, deux solutions extrêmes avec autant de nuances entre : 1° la déprime suicidaire jusqu'à passage à l'acte, 2° le sentiment d'impunité définitif, et l'attitude hors-norme qui va avec.
Hé non, en effet, ce n'est parce que tout est permis que tout doit être fait.
En vertu de quoi ? ... En vertu de quoi me priverai-je alors de pareille épouvantable liberté ? Où Philo a très bien compris que Dostoïevski se situait sur le plan de la morale : aucun Camus ne nous sauvera, pas même doté d'un "mammiférisme moral" : les Hommes ne seront plus arrêtés que par ce qui les effraie d'agir, point.

Quant à tes énièmes renvois de philosophes à "la philosophie", c'est tout comme pour Avis' : tu m'emmerdes, avec tes préjugés, et que le diable les emporte à défaut de ton âme ! *Lol*
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Avis' le Sam 13 Mai 2017 - 18:01

Mais qu'est-ce qu'il a encore fait, ce con d'Avis !!!

Mal' a écrit:c'est tout comme pour Avis' : tu m'emmerdes, avec tes préjugés,


Tu apprendras, Môôôôsieur, que je n'ai aucun préjugé ni sur les philosophes ni sur la philosophie : la preuve, je suis là. C'est juste qu'il ne faut pas me raconter d'histoires : il est pas frais, mon poisson ??

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Sam 13 Mai 2017 - 18:52

Respecte-toi, voyons. *Soleil*
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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Ragnar II le Lun 15 Mai 2017 - 12:49

Philo a écrit: maintenant on sait pour la reproduction du nématode et du protozoaire, donc nous avons de nouveau le libre-arbitre, puisque nous pouvons détecter ces comportements irrationnels et les éviter (à condition de prendre ses précautions avec la litière du chat).

Ce faisant, on agit en fonction d'un déterminisme biologique des plus puissants, à savoir la conservation de l'intégrité de son corps.


Expérience :

Offrir à une population donnée le choix entre les deux possibilités suivantes :

A ) Manipuler la litière du chat avec toutes les précautions permettant d'éviter toute contamination risquant de provoquer la schizophrénie, la dépression et le suicide.

B ) Mettre chaque matin dans son café au lait quelques grammes d'excréments du chat pour être absolument certain d'être contaminé par le protozoaire en question et être ainsi absolument sûr de devenir schizophrénique, dépressif et suicidaire.

Compter le nombre de A et de B, comparer ces nombre et en conclure ce qu'on voudra sur le libre-arbitre philosophique ou le déterminisme biologique ...

.

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

Message  Malcolm le Lun 15 Mai 2017 - 12:51

Expérience :

Offrir à une population donnée le choix entre les deux possibilités suivantes :

A ) Manipuler la litière du chat avec toutes les précautions permettant d'éviter toute contamination risquant de provoquer la schizophrénie, la dépression et le suicide.

B ) Mettre chaque matin dans son café au lait quelques grammes d'excréments du chat pour être absolument certain d'être contaminé par le protozoaire en question et être ainsi absolument sûr de devenir schizophrénique, dépressif et suicidaire.

Compter le nombre de A et de B, comparer ces nombre et en conclure ce qu'on voudra sur le libre-arbitre philosophique ou le déterminisme biologique ...
Épouvantable, en effet.
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LIBRE ARBITRE

Message  Ragnar II le Lun 15 Mai 2017 - 13:38

Mal' a écrit:
Ragnar a écrit:Il serait temps que la pensée des philosophes soit confrontée aux informations livrées par la science ...
De même qu'il serait temps que tes interventions ici soient renseignées par la Charte et le Bon Usage du forum (pas de doublon, pas d'information précise quant à soi). Tu as de longue date découvert comment poster, et tout juste découvert que tu pouvais modifier ton profil. C'est bien. Découvre, à présent, la lecture et l'application des règles, sans quoi ce sera pour toi comme tout le monde : le ban' temporaire. Mais, te sachant sporadique, l'exil durera bien plus que 3 ou 7 jours. Et tant pis si tu disparais pour de bon.

Mais enfin, tu radotes. La science jamais ne fera une décision, ni un sentiment, quand bien même elle en décrirait minutieusement tous les ressorts, et quand bien même ces ressorts nous délivreraient le fin mot de notre absolue détermination - ce qui est loin d'être encore le cas. Devant une telle donnée que le déterminisme radical, deux solutions extrêmes avec autant de nuances entre : 1° la déprime suicidaire jusqu'à passage à l'acte, 2° le sentiment d'impunité définitif, et l'attitude hors-norme qui va avec.
Hé non, en effet, ce n'est parce que tout est permis que tout doit être fait.
En vertu de quoi ? ... En vertu de quoi me priverai-je alors de pareille épouvantable liberté ? Où Philo a très bien compris que Dostoïevski se situait sur le plan de la morale : aucun Camus ne nous sauvera, pas même doté d'un "mammiférisme moral" : les Hommes ne seront plus arrêtés que par ce qui les effraie d'agir, point.

Quant à tes énièmes renvois de philosophes à "la philosophie", c'est tout comme pour Avis' : tu m'emmerdes, avec tes préjugés, et que le diable les emporte à défaut de ton âme ! *Lol*

Je suis prêt à postuler que la philosophie d'aujourd'hui, c'est la science, te disais-je plus haut.

C'est le matérialisme de Démocrite, entre autres, qui s'écrit et se réécrit aujourd'hui

La philosophie qui fait le pain et le beurre de ta pensée philosophique, elle est aujourd'hui rejetée dans l'histoire de la pensée. Le fait que tu le nie, n'y change rien (merci de me congratuler sur la musicalité du « nie, n'y »).

La philosophie actuelle, elle s'écrit en aphorismes aussi nombreux que les étoiles de toutes les galaxies.

Elle répond intelligemment à toutes les questions posées depuis 2500 ans à l'humain se posant la question du pourquoi et du comment de l'étrangeté de son être et de son devenir. En passant, comme elle est touchante de candeur et d'innocence au sens d'ignorance (non pathologique) (non péjorative), ta remarque sortant d'on ne sait pas où et voulant que « la science jamais ne fera une décision, ni un sentiment ». Tu ne sais à l'évidence pas ce qu'est la détermination du scientifique face à sont travail d'exploration et d'explication du monde ... Tu ne sais à l'évidence pas l'émerveillement, l'ivresse, la joie quasi sacerdotale du scientifique face à chacune de ses découvertes ... Ah la la ...

Les questions auxquelles la science ne répond cependant pas, hé bien la philosophie philosophante n'y répond pas non plus. La philosophie philosophante, c'est le radotage éternel des questions posées pour le plaisir de ne pas y répondre, mais avec le maximum de détours verbiageux. Je l'ai dit. Je le redis.

.

Tu es ici chez toi, mon ami. N'hésite surtout pas à me bannir de ton forum si le cœur t'en dit.

Autrement dit, n'hésite surtout pas à exercer ton « libre arbitre » en fonction exacte du déterminisme de ton amour de l'ordre et de la discipline.

Mal' a écrit:
Expérience :

Offrir à une population donnée le choix entre les deux possibilités suivantes :

A ) Manipuler la litière du chat avec toutes les précautions permettant d'éviter toute contamination risquant de provoquer la schizophrénie, la dépression et le suicide.

B ) Mettre chaque matin dans son café au lait quelques grammes d'excréments du chat pour être absolument certain d'être contaminé par le protozoaire en question et être ainsi absolument sûr de devenir schizophrénique, dépressif et suicidaire.

Compter le nombre de A et de B, comparer ces nombre et en conclure ce qu'on voudra sur le libre-arbitre philosophique ou le déterminisme biologique ...
Épouvantable, en effet.

Fais-moi plaisir :

Sois le plus épouvanté possible !

.

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Re: Épouvante biologiste devant le manque d'autodétermination éthologique

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