Malentendu capitaliste devant la sociologie économique marxiste

Aller en bas

Malentendu capitaliste devant la sociologie économique marxiste

Message  Malcolm le Lun 26 Juin 2017 - 10:55

Karl Marx, /Le Capital/, Messidor - éditions sociales, ''Préface à la première édition allemande'', p.6 a écrit:Un mot encore pour éviter d'éventuels malentendus. Je ne peins pas en rose, loin s'en faut, le personnage du capitaliste et du propriétaire foncier. Mais ces personnes n'interviennent ici que comme personnification de catégories économiques, comme porteurs de rapports de classe et d'intérêts déterminés. Moins que toute autre encore, ma perspective, qui consiste à appréhender le développement de la formation économico-sociale comme un processus historique naturel, ne saurait rendre un individu singulier responsable de rapports et de conditions dont il demeure socialement le produit, quand bien même il parviendrait à s'élever, subjectivement, au-dessus de ceux-ci.
Autrement dit : n'en voulez pas à Emmanuel Macron, qui d'ailleurs sait faire preuve de hauteur de vue et d'intelligence sociale car, singulièrement individué comme nous tous, il est le produit du processus historique qui le situa dans tel contexture économico-sociale. Si jamais il semble méchant - comme capitaliste (banquier, détenteur des moyens de production, bourgeois, etc.) - c'est qu'il est la personnification d'une catégorie économique, soit donc qu'il en ressort en la représentant par-devers soi, comme porteur de rapports de classes et d'intérêts déterminés (soit donc du banquier, du détenteur des moyens de production, du bourgeois). Il est socialement irresponsable, encore qu'individuellement il se soit responsabilisé dans sa voie, à sa place, dans sa démarche - et donc, quand bien même il philosopherait.

Ce qui est surtout intéressant, c'est de voir à quel point le marxisme n'est pas une école de hargne ressentimentale, contrairement à ses pseudo-militants, bien-trop-nombreux à être adeptes de sa vulgate (confère ; voir aussi : Peter Sloterdijk, Colère et Temps).

Au-delà, Karl Marx & Friedrich Engels, ressortant de la bourgeoisie d'alors - comme sociophilosophes donc, et sociologues scientifiques - peuvent effectivement décoller de leur condition sociale sans contradiction, ni autoflagellation - qui serait un genre de charlatanisme d'ailleurs (le bourgeois antibourgeois appelant le prolétariat à démanteler ses comparses tout en se sauvant soi-même, de ce qu'il aurait charlatanement prêché l'avènement du prolétariat comme valeureuse classe).

De plus, et contrairement aux délires soviétiques, il n'y a pas de science bourgeoise devant quelque science prolétaire, comme si les vérités se politisaient ! *Lol* ... tout ce qui n'a jamais empêché les sociétés capitalistes, de préférer la méthodologie individualiste à la méthodologie globaliste (holiste) en sciences sociales, tandis que le marxisme préfère l'approche globaliste. En effet, c'est que l'individualisme semblera plus crédible, à quelqu'un à qui tout veut procurer un sentiment sociautiste dans la démarche (les membres des sociétés capitalistes) ... mais cela n'ôte pourtant rien au fait que les sociautismes soient globalistement contextués, soit donc socialement insérés, permettant qu'on les envisage judicieusement "à la marxiste".

Bref : l'épistémologie marxiste (globaliste, holiste) n'est pas l'épistémologie capitaliste (individualiste, sociautiste) - et pour cause ! ... Marx fait la théorie du capitalisme. On voit mal comment une auto-analyse individualiste, sociautiste ne rencontrerait pas de limites - on voit mal comment elle s'auto-engloberait, encore que l'intro-spection sociale ou l'auto-in-spection, ait aussi sa valeur délimitée. Voilà pourquoi Marx choisit le globalisme, holisme. C'est très rationnel.


Dernière édition par Mal' le Mar 25 Juil 2017 - 18:03, édité 1 fois
avatar
Malcolm
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum