D'un certain empirisme politique qui règne

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D'un certain empirisme politique qui règne

Message  Malcolm le Sam 8 Juil 2017 - 1:00

Être administrateur de forum n'est pas qu'un avantage. Par exemple, disposant des options de suppression de posts, etc. il m'est déjà arrivé de supprimer malencontreusement quatre topics. La bonne nouvelle, c'est que c'étaient tous les miens ... *Ptdr*

Bon. Voici donc le reboot du topic malencontreusement supprimé : D'un certain empirisme politique qui règne. Or, ce que j'y expliquais, c'est que s'il y avait bel et bien un empirisme philosophique, représenté par Francis Bacon (qui, lui, pour le coup, est mal représenté sur ce forum ... passons),  il n'y avait pas à proprement parler un empirisme politique doctrinal. En fait, l'empirisme philosophique a assez logiquement abouti à l'empirisme scientifique qui, couplé au rationalisme, donna l'empirio-rationalisme idéologique de nos mondes plus ou moins communs. C'est-à-dire que même le dernier dé-penseur occidental, trouve "juste évident" de ne se fier qu'à ce qui semble "cohérent" du point de vue empirique-rationnel, même si l'empirisme ignore le perspectivisme, de même d'ailleurs que le rationalisme qui, en sus, dénie la valeur de l'irrationalisme, etc. Bref : suite à la modernité (qui commence, si l'on veut, avec ledit Francis Bacon ... ) nous nous sommes tous comme "mis d'accord" pour ne plus voir les choses que sous un seul angle, pour ensuite qualifier cet angle d'universaliste (socialement) et (techniquement) de scientifique ! *Lol*

Nous sommes épatants.

Mais enfin, on voit mal - à partir de là, - ce que pourrait être un empirisme politique, puisque le politique (par définition saisi dans les rets du devenir collectif et historique) échappe à toute systématisation. En effet, s'il y a certes des "règles de l'art" par quoi on nous inventa Science Po' ... *Lol* ... il n'en reste pas moins que cette science reste proprement artisanale, soit donc une science humaine qui, encore, ne saurait s'arranger des statistiques seulement. C'est-à-dire qu'il y a un kaïros à saisir en politique - un instant propice - que notre actuel nouveau président illustre très bien dans son genre, entre machiavélisme de Petit Prince et nietzschéisme de dernier homme.

Soit donc qu'il illustre à merveille mon intuition, l'an passé, d'un certain empirisme politique qui règne, or, comme nous avons généralement tendance à qualifier notre idéologie de libérale, d'ultralibérale, de libéralisme tyrannique, de mondialisme totalitaire, j'en passe et des meilleures ... il faut bel et bien se rendre compte que ce libéralisme-là, cet ultralibéralisme, ce libéralisme tyrannique (contradictio in adjecto), ce mondialisme totalitaire, eh bien, tous, ils désignent ce certain empirisme politique qui règne - je veux le croire.

Hélas, quand on sait que le libéralisme réel, originel, noble, tend infiniment plus vers la mentalité 300 (emblématiquement, pour aller vite) - et encore que le vrai libéralisme fut éminemment cultivé, aussi : gentilhomme, - on mesure tout l'écart avec ce qu'il est saugrenu mais convenu de nommer "libéralisme" aujourd'hui. (J'invite, pour en prendre la mesure, à lire le Libéralisme antique et moderne, de Léo Strauss.) Notre époque est sombrement dégénérée en affairisme. L'oligarchie-technocratie-ploutocratie de nos mondes se résume belle et bien à cela : à ce certain empirisme politique qui règne, à cet affairisme, qui naturellement n'a plus rien de politique, encore qu'il ait politiquement des effets. (J'invite à lire les propos de Lupus Maior, dans cette partie Politique et droit du forum, mais aussi ses propos dans la partie Historiologie et anthropologie, et plus généralement ... ses propos sur le forum ! *Lol* - car il nous le défendait doucement dans son genre, le libéralisme réel, que je lui conseillais un jour de nommer libéralitarisme, hélas, désormais).

Seulement voilà : quand l'affairisme règne, que doit-on faire ? Se cantonner à s'affairer ? ... Pour cela, il faudrait déjà être totalement saisi par la culture économiste ! Hélas, cet affairisme, vous le retrouvez désormais jusque dans les militantismes et autres altermondialismes marginalisés comme médiatisés par nos mondes.! car c'est une culture en effet, une ambiance, un milieu, un "monde".

Mais, si c'est "tout" le monde, alors, évidemment, c'est totalitaire. Totalitaire venant de totalité, et totalité de total, qui se réfère bien au tout. (Je parle en linguiste.)


Voir aussi : Le Monde diplomatique, 1976
Roland Jaccard, l'Exil intérieur


Dernière édition par Mal' le Sam 8 Juil 2017 - 13:56, édité 1 fois
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