Démilitantisme sloterdijkien

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Démilitantisme sloterdijkien

Message  Malcolm le Mer 12 Juil 2017 - 15:53

Quand on prend en compte les trois topics déjà produits sous Peter Sloterdijk ici ...
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2070-peter-sloterdijk-max-weber-le-christianisme-et-le-capitalisme
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2077-zorn-und-zeit-apres-lecture
* http://www.liberte-philosophie-forum.com/t2079-elements-de-im-weltinneraum-des-kapitals
... on réalise soudain que Peter Sloterdijk présente une sagesse contemporaine, qui pourrait avoir démilitantisme pour nom.

Mais d'abord, qu'est-ce que l'être-militant ?

L'être-militant, et conformément aux trois topics donc, c'est un être-doué-de-colère-ressentimentale, c'est un ne-pas-être-authentique mais, certes, être-authentiquement-militant ! ou encore, un être-dans-la-moyenne de l'On militant, fatal On, du moment que des dynamiques de groupe s'enclenchent en termes de représentation mouvementale.

L'être-militant individuel, c'est avant tout un être désindividué, précisément, au profit du mouvement collectif, par quoi il procède d'un collectivisme psychique, d'une démarche mimétique-conformiste au nom de la force du collectif, selon le précepte "l'union fait la force", jusqu'au point où il se sent lui-même une force intrinsèque qui, naturellement, l'illusionne et le fait basculer dans l'être-militant. Procédant du collectif, il ne peut plus être que re-sentimental, puisque sa sentimentalité est celle du collectif en re-pétition personnelle, ressentiment donc sur la base de pétitions de principe. Des pétitions de principe qui, hélas, sont clamées si fortes alors (pour entretenir la force collective dite, à laquelle on s'identifie mouvementalement donc) qu'elles en affectent la faculté d'autocritique.

En somme, ça n'est pas celui qui réclame le plus le respect, qui est automatiquement le plus respectueux, encore que cela ne préjuge pas du respect qu'il peut effectivement pratiquer.

Hélas inversement, devant pareils réclamateurs, c'est précisément le mal-respect voire l'irrespect réels parfois - en-deçà, donc, des réclamations, - qui font juger le mouvement mal-respectueux voire irrespectueux, et le dévalorise à raison. Le ressentiment n'est pas sain, encore qu'il puisse être saint.

Finalement, on se retrouve enfermé dans la chambre intérieure mondiale du capital, à condamner le marxisme autant que le capitalisme, depuis une posture démilitante comme celle de Peter Sloterdijk - inspiré par Heidegger.
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Malcolm
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